ANNUAIRE DE L'INSTITUT DES PROVINCES. ^edi 3/ AN]\UAIRE D L'llMSTITlT DES PROVIIVCES ET DES coieBts scKirrnKjra. 1850. ^M31 22110 Parait tous les a&s, du Z^ au X5 f^vrior. ^jnEEINSTITUT^l rDERACHE , RUE DU BOULOY , 7 ; PARIS, IdeNTU. PALAIS-ROYAL; C4E1V , A. HARDEI, , RUE FROIDE , 2. VI fk'^ M PERSONNEL DE L'INSTITUT DES PROVINCES. L'lnstitut des provinces a perdu trois de ses membres dans le coiirs de Tannee 1855 : M. Succ , a Nantes ; M. Pellerin,^ Caen; et M. Schulz, membre etranger, h Dresde. M. Succ , de Nantes , etait un des sculpteurs les plus recommandables de France; ses ceuvres avaient figure avec Lonneur h plusieurs de nos expositions nationales ; il avait et6 charg6 de divers travaux pour le Gouverne- ment. Nomme membre de Tlnstitut des provinces en 18/i9, apres avoir et^ un des laur6ats de Texposition re- gionale artistique organis^e, la mtoe annee, ci Rennes , M. Succ avait assists aux reunions generates de Plnstitut des provinces toutes les fois qu'elles se tenaient h Paris , et , quelques jours avant la derni^re session du Congr^s des d^legues , M. Succ , a son lit de mort , faisait ecrire a M. de Caumont, par un de ses amis, qu'il esperait encore s'y rendre ; malheureusement , Tartiste Eminent , qui an- nongait en meme temps plusieurs ouvrages pour I'expo- sition artistique du mois de juin 1855 , a Caen , se faisait une illusion complete sur son 6tat , et , quelques jours apres, les journaux nous apprenaient sa mort. Les ceuvres de M. Succ ont donn6 lieu , h diverses epoques , a des VI PERSONNEL DE L INSTITUT DES PROVINCES, articles dans les journaux et les revues. En 18Zi3, M. de la Sicoti^re , organe du GongrP.s scientifiquc de France, qui tenait a Nantes une partie de sa session , rendit hom- mage aux oeiivres de M. Succ. .tti : GGdi j>!)fHlB i 'i M. Pellerin , professeur en medecine , tresorier de la Societe des Antiquaires , membre d'un grand nombre d'Academies , secr6taire-general-adjoint de TAssociation normande , a el6 enleve inopinement h sa famille , au moment ou il se trouvait avec elle h Texposition univer- selle. M. Pellerin etait un de ces caract^res fermes et doux , qui ne transigent jamais avec les principes et qui suivent invariablement la ligne de Thonneur et de la jus- tice. Dans toutes les fonctions qu'il a remplies, M. Pel- lerin a deploye un devouement , une impartialite , un desinteressement qui rendent bien difficile le choix de ceux qui sont appeles h le remplacer dans ces differentes fonctions. M. Pellerin s^^tait allie k une des anciennes families de Caen , la famille Dan de La Vauterie , dont Tun des membres est inspecteur-general des ponts et chauss^es , et Tautre , le pere de M"'^ Pellerin , un des medecins les plus honorables et les plus distingues de Caen , qui , pendant long-temps , a siege au Conseil municipal de la ville , et que la Societe frangaise d'ar- PERSONNEL DE l'INSTITDT DES PROVINCES. VII cheologie s'honore de compter parmi les membres de son Conseil administratif. M. Pellerin laisse deux fils, dont il avait surveill6 les etudes avec une grande sollicitude. M. ScHULz , conseiller d'fitat et une des lumi^res du royaume de Saxe , Tami de S. M. le roi Jean , grand pro- tecteur des sciences et des lettres, et lui-meme un des sa- vants les plus ^minents de TAllemagne, est mort h Dresde en 1855. M. Schulz etait d'un 5tge peu avanc6 et rien ne pouvait faire craindre une perte si regrettable. II avait et6 nomme membre etranger de I'lnstitut des pro- vinces , en 1853 , apr^s la session du Congr^s archeolo- gique de PAllemagne , tenu en septembre dans la ville de Nuremberg. Ce Congres , qui eut Tinsigne honneur d'etre pr^sid6 par S. M. le roi de Saxe, comptait M. Schulz au nombre des membres qui composaient son bureau. Sept membres titulaires nouveaux et trois membres strangers ont ie admis en 1855; ce sont MM. : Gustave de Loriere , docteur en droit , auteur de tra- vaux botaniques et g6ologiques sur TEspagne , chevalier de I'ordre d'Isabelle-la-Catholique , au Mans , et a Paris , ruedeTEst, n. 7; Calemard de La Fayette , membre de plusieurs Aca- demies , au Puy ( Haute-Loire ) ; VIII PERSONNEL DE L INSTITUT DES PROVINCES. Le comte Georges de Soultrait ^:^>^ , inspecleur des monuments de TAllier , membre du Conseil general de la Ni^vre, k Lyon ; Mabire, matre de INeufchtllel , inspecleur de l^Associa- tion normande, k Neufchatel ; Sellier ^ , membre du Conseil g6n6ral de la Marne , president de la Soci6t6 d'agriculture , sciences et arts de CMlons ; Le vicomte de Genouilhac , membre de plusieurs So- cietes savantes, k Rennes; Albert de Brives ^ , secretaire general de la XXII*. session du Congr^s scientifique de France. Les membres strangers sont MM. : Kerwtin de Lettenhowe , membre de plusieurs aca- demies , a Bruges ; FoRSTER ^ , professeur ci PAcademie des beaux-arts de Vienne, president de la vingt-sixi^me classe du Jury international ; Le baron de Mayenfisch >^>^^ , chambellan -de S. M. le roi de Prusse et de S. A. R. le prince de Holin- zoltein-Sigmaringen , k Sigmaringen. rtKXi-Oiiji)!! IX COMPOSITION DU BUREAU. Direct eur-gendral : M. de Caumont ^0 >^ G >^ , fondateur des Congr^s scienlifiques de France. Pour la classe des sciences, M. Eudes-Deslong- CHAMPS 5^, doyen de la Faculte des sciences, ^^^^^!^' I ^ Caen. Pour la classe des lettres , M. Bordeaux , docteur en droit , ^ Evreux, generaux. Tresorier : M. Gaugain ^ , inspecteur de TAssociation nor- mande. Sous-directeurs regionaux : MM. Le Gall e^, conseiller ^ la Cour imperiale, sous-directeur pour leNord-Ouest, h Rennes. Des MoLLiNS, inspecteur-divisionnaire des monuments, sous-directeur pour la region du Sud-Ouest, k Bor- deaux. P.-M. Roux ^ C >^, membre de I'Acad^mie , sous- directeur pour la region du Sud-Est, k Marseille. Victor Simon ^ , sous-directeur pour la region du Nord- Est, ^Metz. Challe e^, sous-directeur pour la region du Centre, k Auxerre. LISTE DES MEMBRES DE L'INSTITUT DES PROVINCES (1). S. M. NAPOLfiON III, G. * eJiS , Empereur des Frangais. MM. Le prince Lucien Bonaparte Jjjt, senateur , membre de plusieurs Academies. Le prince Charles Bonaparte. J. GiRARDiN JJi$, correspondant de rinstitut de France, ^ Rouen. Le vicomte de Cussy O j^, C ^, membre de plusieurs Academies, h Paris, et h Vouilly (Calvados). Le Grand ^, D.-M., ancien maire de St.-Pierre-sur- Dives. Lamrert , conservateur de la Bibliothfeque publique de Bayeux. Baron de La Fresnaye ^, membre de plusieurs Acade- mies, k Falaise. Etoc-Demazy , ancien secr6taire-gen6ral de Tlnstitut , au Mans. L'abb6 Lottin , ancien tresorier de Tlnslitut , id. L'abb^ Bouvet, ancien membre du Conseil, id. De Marseul, chef dMnstitution , k Laval. AuEER , chanoine titulaire de Poitiers. Bouillet^, membre de plusieurs Soci^t^s savanles, a Clermont-Ferrand. LecoqJj{j, secretaire perp^tuel de TAcad^mie, i Cler- mont-Ferrand. L6on DE La Sigoti^re, avocat, h Alencon. Taillard ^f conseiller ik la Cour imp^riale de Douai. Guerrier de Dumast >^, membre de TAcad^mie, k Nancy. (1) On a suivi pour cette listeTordre chronologique des nominations. LISTE DES MEMBRES DE l'iNSTITDT DES PROVINCES. XI MM. Bonnet ^, professeur d'agriculture , k Besan^on. BuviGNiER ^, membre de plusieurs Academies, h Verdun. CoMMARMOND ^, bibliolh^airc du Palais des Arts, k Lyon. D'HoMBREs-FiRMAs ^, h Alais (Card), correspondant de r Academic des sciences. SoYET-WiLLBMET f^, tr^sorier-archivistc de TAcademie, h. Nancy. '^ ' Croizet j^, cure de Neschers, prfes Issoire. Marcel de Serres ^, professeur k la Faculte des sciences, k Montpeilier. Weiss O ^, bibliothecaire , k Besancon, Gkraclt, cur6 de Laval (Mayenne), Millet, naturaliste, president de la Societe d'agriculture, k Angers. BoNNRT Jj^, D.-M., chirurgien en chef de THotel-Dieu , ^ Lyon. Viricel ^ , ancien medecin en chef des Hospices de Lyon, MoNiN , professeur d'histoire k la Faculte des ietlres de Besancon. Fournet ^, professeur d'histoire naturelle k la Faculte des sciences , k Lyon. Seringe, professeur de botanique k la meme Faculte. Victor Simon ^ , ancien secretaire-general du Gongres, conseiller k la Cour imp^riale , k Metz. MouGEOT O ^, naturaliste , k Bruy^res ( Vosges). Hepp ^, professeur k la Faculty de Droit , k Strasbourg. Couturat >^, ing6nieur en chef du cours du Rhin, k Strasbourg, Mg'. Donnet O ^, cardinal-archeveque de Bordeaux. Mg'. GoussET O ^, cardinal-archeveque de Reims, Barreau, historiographe et chanoine de Beauvais. Feret, conservateur de la Biblioth^que , k Dieppe. Xn LISTE MM. Mg'. CoussEAu ^t 6veque d'Angouleme. De la Farelle Jjjs, ancien repr^senlant du Gard, h Nimes. L'abb6 Desroches, cur6 d'Isigny (Manche). De Cayrol ^ , ancien d^put^ , k Compi^gne, BiSEUL, ti Blain (Loire-Inf6rIeure). Drouet, inspecteur divisionnaire de la pjyl6 francaise d'archeologie, au Mans. miW-ti/ Marquis de Virraye, g^ologue , h Cheverny , prfes Blois. Le R. P. Arthur Martin, membre de plusieurs academies, ^ Paris. Le R. P. Cahier, membre de plusieurs Academies, -^ Paris. Dlchatellier, ancien secretaire-general de I'Association bretonne , ^ Quimper. De La Baume ^, conseiller h la Cour d'appel, ^ 1% - Nimes.' Comte DE Montalemeert ^ , ancien pair de France, inspecteur divisionnaire de la Societe francaise d'ar- ch^ologie pour la conservation des monuments, a Paris. Reidet , conservateur des Archives de la Vienne, ^ Poitiers. GoDARD , graveur, membre de plusieurs Academies, ci Alengon (Orne). V. HucHER, membre de plusieurs Societes savantes, au Mans ( Sarthe). Comte DE TocQUEViLLE O ^, ancien ministre, membre de TAcademie francaise, ix Tocqueville (Manche). Teissier , membre de plusieurs Academies , ^ Anduse. Comte A. de Gourgces, membre de plusieurs Soci6t6s savantes , h Lanquais ( Dordogne ). Valz ^ , directeur de TObservatoire , ti Marseille. Gog 13 EL ^ , membre de plusieurs Academies , h Boux- veiUer ( Bas-Rhin ). 'i rA ^() fu<)1fj/i?no DES MEMBRES DE L INSTITUT DES PROVINCES. XIII MM. L'abbe Voisin , membre de plusieurs Academies , au Mans. Le Glay fjij:^, conservateur des Archives, correspondant de TAcad^mie des inscriptions, k Lille (Nord ). KchlmanO^, directeur de la monnaie, membre du Conseil g^n^ral du commerce, ci Lille (Nord). Hermand, membre de plusieurs Academies, de la So- ci6te des antiquaires , etc. , h. St,-Omer ( Pas-de- Calais). JouRDAiN , chanoine de la cath^drale , ^ Amiens. L'abb6 Duval , membre de la Society francaise d'arch^o- u logic pour la conservation des monuments, k Amiens. F. WoiLLEz, membre de plusieurs Academies, k St.- Quentin. Baron du Tata e^, president de la Societe d*agriculture des C6tes-du-Nord , k St.-Brieux. Desnoyers, vicaire-general d'Orl^ans, inspecteu ies monuments du Loiret. ^ Malherbe , juge , president de la Soci6t6 d'histoire natu- relle , k Metz. Ballin ^ , archiviste de I'Acad^mie des sciences, arts et belles-lettres de Rouen. Balli ^, ancien president de TAcademie de m^de- cine, h Villeneuve-le-Roy (Yonne). ViLMORiN ^, correspondant de I'lnstitut, aux Barres (Loiret). Bella O ^, ancien directeur de I'lnstitut agronomique de Grignon. Petit, proviseur du lycee de Rennes. Comte DE Tristan ^, membre de plusieurs Academies, k Orleans. Comte DE Lochart ^^ directeur du mus6e d'histoire naturelle , k Orleans. Bayle-Mouillard O >g< , membre de I'Acad^mie de Clermont , conseiller k la Cour de cassation. XIV LISTE MM. Beaudet La Farge 5jj<, ancien sous-pr6fel, raembre de rAcad6mie de Clermont. Petit-Lafitte, membre de TAcad^mie de Bordeaux. L^abbe Blatairou, chanoine, professeur 6 la Faculty de th6ologie de Bordeaux. Barth^lemy ^ , conservateur du mus^e d'histoire natu- relle , k Marseille. Dieuzbt ^ , ex-pr6sident de la Soci6t6 de statistique de Marseille. Bertdlls ^j m^decin dela marine, k Marseille, membre de plusieurs Academies. CoQUAND, ing^nieur des mines, professeur de geologie, h Besan^on. Castel, agent-voyer chef, h St.-Lo. L'abbe Devoccoux, secretaire perp^tuel de la Soci6l6 academique, et vicaire-g6n6ral d'Autun. Niepce, procureur imperial, ci Brignoles ( Var). Baron de Contencin ^, directeur general de Tadmi- nistralion des cultes , 5 Paris. Renault, inspecteur divisionnaire de TAssociation nor- mande, vice-president du tribunal, k Goulances. Comte Olivier de Sesmaisons, ancien directeur de TAs- ' ' sociation bretonne, h Nantes. Cartier, directeur dela Revue numismatique , h Amboise. ' Lambron DE LiCNiM, capitaiuc de cavalerie, secretaire- general de la XV* session, du Congrts scientifique , ^ Tours. Chabipoiseau)^, secretaire-general de la meme session, a Tours. De Sourdeval $ id., juge d'instruction , ^ Tours. J. deFontenay, membre de plusieurs Academies, k Autun. Mg'. Parisis O j^ , eveque d'Arras , ancien representant du Morbihan. De Glanville, inspecteur des monuments de la Seine- Inferieure , & Rouen. DES MEMBRES DE l'iNSTITUT DES PROVINCES. XV MM. L'abbe Le Petit, chanoine honoraire de Bayeux, secre- taire-general de la Soci^te fran^aise d'archeologie pour la conservation des monuments, k Tilly (Calvados). E. DE Blois , ancien repr6sentant du Finist^re , president de la classe d'histoire de TAssociation bretonne, h Quimper. L'abbe Lacurie, chanoine honoraire de La Rochelle, inspecteur divisionnaire des monuments historiques, k Saintes. MATHERONjPh. ^, ing^nieur, membre de plusieurs Soci6tes savantes, h Marseille. De La Terrade, direcleur de la Soci6t6 Linn^enne, h Bordeaux. De BuzoNNiiRE, secretaire-general de la XVIII. session du Congr^s scientifique de France, membre de plu- sieurs Academies , h Orleans. La Crosse C ^ ^, senateur , ancien ministre des travaux publics, h Paris. Dufaur de Montfort $, ex-president de la Societe de statistique des Bouches-du-Rhone , h Marseille. General Remond G ^, ancien depute, membre de plusieurs Academies , pr^s Gisors. Godelle )^, membre de plusieurs Academies, conseiller d'fitat. MoRiiRE, secretaire-general de T Association normande, directeur des Cours speciaux du lycee , k Caen. Lefebvre du Ruffle C ^, senateur, inspecteur divi- sionnaire de TAssociation normande , ancien ministre , k Pont-Authou. LeNormand, ancien sous-prefet, membre de plusieurs Societes savantes , k Tire. Vicomte de Falloux ^, ancien ministre de I'lnstruction publique, SiSegre ( Maine-et-Loire ). DeKerdrel, ancien representant d'llle-et-Vilaine , an- cien eieve de riScole des chartes, k Rennes. XVr LISTE MM. Alp. Le Flaguais, membre des Academies de Caen et de Rouen, k Caen. L'abb^ Cbosnier, protonotaire apostolique du Saint- Si6ge, vicaire-g6n6ral de Nevers, inspecteur des monu- ments de la Ni^vre , ii Nevers. Mg'. DuPONT C ^, cardinal-archevfique de Bourges, k Bourges. AcssANT , membre de plusieurs Academies , professeur en m^decine, ^ Rennes. Tarot e^, president de chambre h la Cour d'appel de Renne?, secr6taire-gen6raIdelaXVP. session duCongr^s. Comte Louis de Kergorlay, ancien directeur de la Revue provinciate , secr6taire-g6n6ral de TAssociation bretonne, ^ Fossieux (Seine-et-Oise). A. Tasle ^, conseiller ^ la Cour d'appel de Rennes. Barre, sculpteur, laureat de Texposition rdgionale de rOuest, ^ Rennes. Baron deGirardot ^, membre de plusieurs Academies, sous-prefet, ci Nantes. GuERANGER, aucien president de la Soci6t6 acad^mique de la Sarthe , au Mans. L. De La Motte, membre de I'Academie , inspec- ! i teur des ^tablissements de bienfaisance, ci Bordeaux. Marechal ^, ingenieurdes ponts-et-chauss^es, ^Bourges. , y Machard ^ , ingenieur en chef, id* Bertrand ^, maire de Caen , doyen de la Faculty des leltres, ^ Caen. Vallat , ancien recteur de I'Academie du Lot, membre de TAcad^mie, i Bordeaux. Boucher de Perthes ^ , president de la Society d'6mu- lation , ^ Abbeville. Raynal ^, avocat-g6n6ral pr^s la Cour de cassation. De La Monneraye, president du Conseil g^n^ral du Morbihan , ^ Rennes. Pot TIER ^,conservateur de la Bibliot. publique de Rouen. DES MEMBRES DE l'iNSTITUT DES PROVINCES. XVII MM. NiciAS Gaillard O ^, avocat-g6n6ral k la Cour de cassation, membre de plusieurs Societ^s savantes. Thevenot , chef d^escadron , secretaire de section h la VP. session du Congr^s scientifique de France, k Clermont-Ferrand, niffi*' Chavin de Mallan :^, ancien conservateur de la Biblio- th^que du palais du Luxembourg, ci Dole. 'ih : Marquis de Chennevieres-Pointel ^, membre de plusieurs Academies, inspecteur-g^n^ral des musses de province, k Paris. GuiLLORY ain6 ^, secretaire-g^n^ral de la X. session du Congr^s scientifique de France, president de la Soci6t6 industrielle , ci Angers. Baron Cuaillou des Barres O ^, G :>^ , ancien pr^fet, president de la Society academique d'Auxerre. De Verneilh-Puirazeau , inspecteur divisionnaire de la Societe fran^aise d'arch^ologie pour la conservation '>?); * des monuments, k Nontron ( Dordogne ). De Surigny, membre de TAcad^mie de M^con , k M^con (Saone-et-Loire). Flechet , architecte, k Lyon. M. Canat, president de la Soci6t6 academique de Chaions-sur-Saone. Bloadot, secretaire-g6n6ral de la XVII. session du Congrfes scientifique de France, professeur ci I'ficole secondaire de medecine de Nancy. Boulaa'ge , ingenieur des ponls-et-chauss6es , membre de I'Academie , h Metz. SiMONiN , docteur-m6decin , secretaire de I'Academie Stanislas, ^ Nancy, secretaire de section k la XVII*; session du Congr^s. Le Page, membre de TAcademie de Nancy , archivisle du departement de la Meurlhe, k Nancy. Comte DE Mellet , inspecteur divisionnaire des monu XVIII LISTE ments, membre de plusieurs Academies, k Chaltrait (Marne). MM. Victor Petit, membre de plusieurs Soci6t6s archeolo- giques, h Sens ( Yonne). Tr AVERS , professeur de litt^rature latine k la Faculte des lettres de Caen, secretaire perp6tuel de TAcad^mie des sciences , arts et belles-lettres , ci Caen. DuPRE La Mahbrie, docteur en Droit, secretaire de section h la XVI . session du Congrfes scienlifique de France, substitut, b Caen. RosTAN, inspecteur des monuments historiques , maire de St.-Maximin (Var). Hardel, imprimeur de Tlnstitut, membre du Conseil de la Society fran^aise d'arch6ologie pour la conserva- tion des monuments , k Caen. DeQuatrkfages ^, ancien professeur d'histoire naturelle k la Faculty de Toulouse, membre de Tlnstitut, k Paris. Paupfin, ancien magistral, membre de plusieurs Acade- mies, ci Paris. Mahul ^, ancien pr^fet, membre de plusieurs Societes savantes , k Carcassonne. Comte DE MoNTLAUR^i^, membre de plusieurs Acade- mies, k Moulins (Allier). L'abbe BouDANT, cure de Chantelle (Allier). Le Pelletier-Sautelet , docteur-medecin , k Orleans. Comte DE Vigneral, president du Comice agricole, k Ry (Orne). De Behague ^, membre du Conseil general de Tagri- culture, k Dampierre (Loiret). Le Vot , bibliothecaire de la marine , h Brest. L'abbe Girot de Laville, membre de I'Academie de Bordeaux. Comte AcHMET d'Hericourt ^^ membre de T Academic d'Arras. DES MEMBRES DE l'INSTITUT DES PROVINCES. XIX MM. Baron de Montrblil ^, depute, h Gisors. Comte DE NiEWERKERKB O ^, G :^, directeur-g6n6ral des musses , k Paris. QuANTiN, archiviste du departeraent de I'Yonne, membre de plusieurs Soci6t6s savantes, ^ Auxerre. D'EsPAULARD , president de la Soci6t6 acad6mique du Mans , adjoint au maire de 3a m^me ville. GoMART, membre de plusieurs Academies, secretaire du Comice agricole de St.-Quentin ( Aisne). De Verneuil O f^, G :^, membre de Tlnstitutde France, h Paris. Baron James de Rothschild C )^, membre de plusieurs Academies , ^ Paris. RiGARD, secretaire de la Soci^te arch^ologique , i Mont- pellier. Arrondeau , professeur de physique au lycee de . / Rennes. Do Bois O ^i dela Loire-Inferieure, inspecteur-gen6ral de rUniversite. Gomte DE Vaublang ^ , membre de plusieurs Acade- mies, h Paris et b. Munich (Baviere). ^"^ Gayot, ancien depute, secretaire de la Societe d'agri- cullure, sciences et arts de TAube. L'abbe Tridon, inspecteur des monuments de TAube , chanoine honoraire , h Troyes. Alluaud aine ^, membre du Conseil general de Tagri- culture , president des Societes savantes de Limoges. Mosselman, membre de plusieurs Societes savantes, k Paris, passage Gendrie. A. Rame, inspecteur divisionnaire des monuments, ci Rennes. Vicomte Du Mono el , ^ Gaen. . PiFTEAu membre de plusieurs Societes savantes, h Toulouse. BouET , membre de plusieurs Academies, h Gaen. XX LISTE MM. Mg'. Rivet ^, 6v^que de Dijon , president de laXXlV session du Congr^s scientifique de France. Henry Beaudot, secr6laire-g6n6ral de la m^me session, president de la Commission arch6ologique de la Cole- d'Or. Le marquis de Saint-Seine, vice-pr6sident g6n6ral de la m^me session du Congr^s. De La Greze ^, chevalier de I'fitoile-Polaire de SuMe et de Charles III d'Espagne, conseiller k la Cour im- p^riale de Pau. Fbantin, membre de TAcad^mie de Dijon. BESNOu:^,pharmacien en chef de la marine, ci Cherbourg. FoissET , conseiller h la Cour imp6riale de Dijon. Le vicomle de Juillac, inspecteur divisionnaire de la Soci^t6 francaise d'archeologie pour la conservation des monuments, h Toulouse. Comte De Pontgibault, membre de pi usieurs academies, ^ Fontenay (Manche). Denis ain6, membre de la Societ6 francaise d'archeologie pour la conservation des monuments, k Fontaine- Daniel (Mayenne). Gustave de Loriere, docteur en droit, auteur des travaux botaniques et geologiques de TEspagne , chevalier de Tordre d'Isabelle-la-Catholique , au Mans, et ^ Paris, rue de I'Est , 7. Galemard de Lafayette, membre de plusieurs aca- demies, au Puy (Haute-Loire). Le comte Georges de Soultrait >^^^, inspecteur des monuments de TAllier, membre du Conseil general de la Nievre, k Lyon. Mabire, maire de NeufchStel, inspecteur de TAssocialion norma nde, ci Neufch^tel. Sellier^, membre du Conseil general de la Maine, president de la Soci6t6 d'agricullure , sciences et arts de Chalons. jbtoA fnmkulq ')U mditf^a , xnoH DES MEMBRES DE l'iNSTITUT DES PROVINCES. XXI MM. Le vicomte de Genouilh4c , membre de plusieurs Soci6tes savantes, h Rennes. Albert de Drives ^, secr6taire-g6n6ral de la XXIP. session du Congr^s scientifique de France, president de la Soci6t6 d'agriculture , sciences et arts , au Puy. SSembres Strangers. S. M. le ROI DE SAXE , president des Soci6t6s academiques de Dresde et du Congres arch^ologique allemand. MM. Comte de Merode C ^ >^5^, minislre d*fitat deBelgique, inspecteur divisionnaire de la Soci6t6 fran^aise d'ar- ch^ologie , au chateau de Trelon , pr^s d'Avesnes , et ci Bruxelies. Lopez C :^ , conservateur en chef du mus6e , a Parme. Gazzera :^, secretaire de TAcademie, b. Turin. Mg'. Rendu :>^, 6veque d'Annecy. Marquis Paretto G :^ , ^ Genes. Marquis de Ridolfi G :^, ancien minislre, h Florence. Pasteur Duby, k Geneve. Baron de Selis-Longchamp ^ , k Liege. Whevvhel, professeur, k Cambridge. James Iates, h Londres. San Quintino >^, conservateur honoraire du mus^e, i Turin. Despines G :^, directeur-g^n^ral des mines du Pi^mont , a Turin. Varnk(:nig ^ , professeur k TUniversit^ de Tubingue. Baehr, professeur k TUniversite de Heidelberg. Schadow :i^, directeur de Tecole des Beaux-Arts, h Dusseldorf. KuPFER :^, professeur de physique, k St.-P6tersbourg. XXII LISTE MM, Krieg de Nochfelden :^, ancien directeur des fortifi- cations du grand-duch^ de Baden, i^ Baden. De Hammer-Purgstall G ^ ^, membra de TAcad^mie itept^riale , h Vienna. De Brinckeu, conseiller d'fitat, k Brunswick. D'Hobialius-d'Halloy C 5^, correspondanl de Tlnstitut de France, k Namur et k Paris, rue Mondovi, 6. Maravigna, professeur d'histoire naturelle, k Catane ( Sicile ). Due Serra di Falco G ^, prince de St.-Pietro, k Flo- rence (Toscane). Bertini O ^, membre de la Chambre legislative de Sardaigne, conseiller k la Faculty de m6decine, membre de plusieurs Academies, vice-pr6sidenl-g6n6ral du Congrfes scienlifique de France , k Turin. Baron de Roisin ^ , au chateau de Kurens , pres Treves (Prusse Rh^nane). BucKLAND, professeur J^, directeur de Tecole de marine, h Genes. DoNALSTON, secretaire de Tlnstitut des architectes, h Londres. Lb Maistre-d'Anstaing ^, president de la Societe ar- cheologique , k Tournay. Quetelet ^, secretaire perpetuel de TAcademie royale de Belgique, h Bruxelles. Jobard ^, membre de plusieurs Academies, k Bruxelles. De WiLMOSKi , chanoine de la cathedrale de Treves , k Treves. Thirman, membre de plusieurs Academies, k Poren- Iruy. Baron de Plancket, docteur en Droit, membre de plu- sieurs Academies, k Bruxelles. MuRCHisoN, membre de la Societe royale de Londres, correspondant de Tlnstitut de France, k Londres. Parcker, membre de la Societe des Antiquaires de Londres , k Oxford. Comte Ernest de Beust C :^, directeur-gen6ral des mines. Hi CS-. k Berlin. L'abbe Baruffi ^, professeur de geometric k I'Univer- site de Turin. Comte Avoyardo de Quaregni C :^ , professeur de phy- sique k rUniversite de Turin. Comte Cesar Balbo C :^, depute, ex-president du conseil des ministres , k Turin. CiBRARio C :^, senateur de Piemont, professeur de chimie k TUniversite de Turin. XXIV LISTE. MM. Ragozini Roch, secretaire perp^luel de rAcad6mie royale d'agricullure de Turin, Baron Joseph Manno C :^ , president du S6nat du royaume de Sardaigne et de la Cour d^appel de Turin, membre de TAcademie. J. Morris, s^nateur du royaume de Sardaigne, professeur de botanique ^ i'Universil6 de Turin. Professeur Cantu ^, s6nateur du royaume de Sar- daigne , ^ Turin. Le comte Joseph Teleki G >^, membre de TAcad^mie imp6riale d'Aulriche, ^ Szerach. Joseph Arneth, directeur du cabinet imperial des Anti- ques, k Vienne. Davidson , membre de la Soci6t6 g^ologique , k Londres. o'Olfers G:^, direcleur-gen^ral des mus6es , comman- deur de plusieurs ordres, ^ Berlin. Le R6v. Petit, membre de plusieurs Academies, k Londres. Thomsen G >^, directeur du cabinet des m^dailles , com- mandeur de Tordre de Danebroc , k Gopenhague. Baron Stilfried, grand-maitre des ceremonies du pa- lai^, commandeur de TAigle-Rouge , k Berlin. Namtjr, secretaire-general de la Societe archeologique du grand-duche de Luxembourg. Kerwin de Lettenhowe , membre de plusieurs aca- demies , k Bruges. Forster ejjs, professeur k I'Academie des beaux-arts de Vienne, president de la vingt-sixieme classe du Jury international k TExposition universelle de Paris. Le baron de Mayenfisch ^^^, chambellan de S. M. le roi de Prusse et de S. A. R. le prince de Holin- zoltein-Sigmaringen, k Sigmaringen. wtmWl i> .., . .., CONGRES DES DELEGIES DES SOCIETES SAVA^TES DES DEPARTEMENTS , SOL'S LA DIRECTION DE L'INSTITUT DES P110VI?(CES DE FRANCE. Meht^ur''^- SESSION DE 1855. SEANCE GENJ^RALE DU 20 MARS.,^,^c| (Presidence tie M. de Gaumont, directeur de rinslilut des provinces. ) La seance est ouverte a deux heiires el demie , dans la salle de la Soci^te d'encouragement pour Tindustrie nationale. On remarque dans la salle, a cette seance et aux stances suivantes , les membres dont les noms suivent : MM. Abadie , architecte, delegue de la Charente. Albigny de Villeneuve (Paul d'), delegu^ de la So- '-'' ciete des sciences naturelles et arts de St. -:^tienne. Alvimare (d'), de Dreux, delegue de la Soci^te pour la conservation des monuments. Ancelon , delegue de la Meurthe. Anisson du Perron , delegue de Tarrondissement de Louviers. AvRiL de La Vergnee , delegue de la Society de Slatistique des Deux-S6vres. 2 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. MM, Balleroy (le marquis de), membre du Conseil g^n^ral du Calvados. Barthelemy ( Ed. de ) , delegu6 de la Sfjcjj^t^ aca^^- mique de CMlons. tu...^Ai^^i^ ...^^ Baudrillard , professeur - suppliant d'^conomie politique au College de France , del6gu6 des Vosges. Baulny ( Camille de ) , membre de la Soci^t6 pour la conservation des monuments. Bausset-Roquefort ( le marquis de ), delegue de la Soci6t6 de Statistique de Marseille. Beaudoin , president du Cornice de I'arrondisse- ment de Rouen. Beaufort (le comte Charles de), del^gu^ de Lille. Beaufort ( Roger de ) , del6gu6 de TAssociation normande. Beaulieu, correspondant de Tlnslitut, vice-presi- dent et delegu^ de la Societe de Statistique des Deux-Sevres. Bertrand (Ernest), delegu6 de la Societe acade- mique de I'Aube. Bethisy (le marquis de), delegue des Bouches-du- Rhone. BiGOTTiERE (de La), delegue de TEure. Bizeul , delegue de la Societe archeologique de Nantes. BoNAND ( de ) , delegue de la Societe d'agriculture del'Allier. BoNNEUiL (dej, d61^gu6 de Seine-et-Marne. Bordeaux ( Raymond ) , d'^vreux. Boucher de Molandon , delegue de la Societe pour la conservation des monuments ( Loiret ). CONGRES DES ACADEMIES. ' 3 ^M, Bouis ( de ) , delegue de la Sociele pour la conser- vation des monuments (Seine). BuRE ( de ) , delegue de la Societe d'^mulation de TAllier. BuTEUx (Joseph), d61egu6 de la Societe d'emulalion d' Abbeville. Calemard DE Lafayette, delegue de la Societe r ! du Puy. Canat ( Paul ) , delegue de la Societe d'histoire et d'archeologie de Chalons-sur-Saone. Gaulaincourt ( le comte de ) , delegue de la So- ciety des sciences de Lille. .; .1 Gaumont (de),directeur de Tlnslitutdes provinces. Ghalle, president et delegue de la Societe d'Auxerre. ..f, Ghandon de Romont , delegue du Gomice agri- cole de Reims. -.,'.., Ghaubry de Troncenord ( le baron ), delegue de la Societe d'agriculture , commerce , sciences et arts de la Marne. j-, ChauviniEre (de La), delegue du Gomice agricole de Saumur et de la Societe industrielle d' Angers. Glement-Mlllet , delegue de la Societe d'agri- culture , sciences et arts de TAube. ; Glocheville ( Ic comtc de), delegue de la Societe de Boulogne. Gourcelles (le comte de), deMgue de la Societe des sciences de Lille. GussY (le vicomte de) , delegu6 de Bayeux. Darcel , delegue de la Societe pour la conservation des monuments ( Seine-Inferieure ). ' David (Ferdinand), membre du Gorps legislatif, pre- sident de la Society de Statistique des Deux-S^vres. h rivsriTUT des provinces de France* MM. Delanoue , d616gu6 de la Societe de Valenciennes. Desormeaux (le docteur) , d^Mgu^ de la Soci6t6 de Stalistique de Marseille. Destourbet, d^legue du Cornice agricole de la Cote-d'Or, Dreolle , del6gue de Libourne. DuHAMEL, del^gue de rAssociation normande. DuMON, ancien ministre des Iravaux publics et des finances , delegue du Lot. Du MoNCEL (le vicomte) , d6Mgu6 de la Societe de Cherbourg. DuRAND (Paul), del6gu6 de la Soci6t6 pour la conser- vation des monuments (Eure-et-Loir). Duval de Fraville , delegu6 de la Haute-Marne. Elie de Beaumont , senateur , membre de FAca- demie des sciences. Ercbville (Gabriel d') , delegue de la Societe pour la conservation des monuments. Ernouf (le baron) , delegu6 de TEure. Espaulart (d'), delegue de la Societe des sciences et arts de la Sarthe. Fontenay ( Joseph de ) , d'Autun , delegue de la Societe ]duenne. Frappier (Alfred), delegue de la Society de Sta- tistique des Deux-S^vres. (lADEBLED, delegue de la Soci6t6 de TEure. Galembert ( le comte de ) , delegue de Tours. Gaugain , de Bayeux , delegue de la Societe acade- mique de Bayeux. Geoffroy Saint-Hilaire , membre de I'lnstitut. Glanville (L^once de), delegue de T Academic de Rouen. CONGRES DES ACADEMIES, 5 MM. GODEFROY DE Menilglaise ( le inarquis de) , de- legue de la Societe des Anliquaires de la Morinie. GOMART (Charles), delegue du Cornice deSt.-Quentin. GossE(Hippolyte), delegue de la Soci^e d'histoire et d'archeologie de Geneve. Guerin-Meneville, delegu^ de la Societe d'accli- matalion. llARPiGNiES, peintre , delegue de la Ni^vre. IlENNOGQUE ( le coloucl ), depute au Corps l^gislatif, delegue de TAcademie et de la Societe d'histoire ;.i)j naturelle de Metz. Heron de Villefosse , archiviste et delegue de la jNi^vre. JoLY (le docteur) , delegue de 1' Association normande. JuMiLHAC (le comte de), delegue de T Association normande. Keridec ( de ) , delegu^ de I'Association bretonne. Langsdorff { le baron de ) , delegue de la Societe . -; jfii' d'agriculture , sciences et arts d'Agen. Lebrun, ancien directeur de TEcole de dialons. Lecadre ( le docteur ) , delegue de la Societe Ha- vraise d'etudes diverses. Lecomte (de la Sarthe ) , greffier en chef du par- quet de la Cour des comptes. Leouien , depute au Corps legislatif , delegue de la Societe centrale de Douai. Lestang (de), delegue de la Sarthe. Le Vavasseur (Gustave), d'Argentan, delegue de la Societepour la conservation des monuments (Orne). LoRiERE ( de ) , delegue de la Societe des sciences et arts du Mans. Mabire, president du Cornice agricolede Neufchatel 6 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. MM. Mahul , d^legue de la Sociele de Carcassonne. Mailly (le comte de) , del^gue de la Sociele d'agri- culture , sciences et arts du Mans. Manoir de Juaye (le comte du), delegue de la Soci^te de Bayenx. Maurenq , d^l^gu6 de Tlndre. MfiLiER ( le docteur ) , del^gu6 de la Societe de Marseille. Mellet (le comte de), delegue de la Society d'agri- culture , sciences et arts de la Marne. Millard , d(^16gu6 de la Societe d'agriculture , sciences et arts de TAube. Millet , inspecteur des forets , delegu^ de la So- ci6t6 d'acclimatation, Montlaur (le comte de), delegu^ de la Soci6te d'emulation de TAllier. Montreuil (le baron de), de Tlnstitutdes provinces, depute , president du Cornice agricole de Gisors. MoRissuRE ( de) , delegue du Cornice de INogent-le- Rotrou. MossELMANN, membre de rinstitut des provinces, delegue de St.-Lo. Nedonchel (le comte de), delegu6 de T Association normande. Oilliamson ( le vicomte de ) , delegue de la Soci6t6 pour la conservation des monuments. Oilliamson ( le marquis d' ) , delegue de PAssocia- tion normande. OsMOY ( le comte d' ) , delegue de TEure. OuDiNOT de La Faverie (Eugfene), peintre ver- rier , delegue de la Societe pour la conservation des monuments ( Seine ). CONGRfeS DES ACADEMIES. 7 MM. OuLMONT ( le docleur), delegiie des Vosges. Paris (Louis) , delegue de TAcadeniie de Reims. Payen , de TAcademie des sciences , delegue de la Societe centrale d'agriculture. Pernot, delegue de la Societe arch^ologique et historique de Langres. Petit (Victor), de Tlnstitut des provinces, delegue de la Societe archeologique de TYonne* PONSARD , de la Societe d'agriculture de la Marne. PoNTGiBAULT (dc) , de Tlnstitut des provinces. PoRiQUET, de rorne, delegue de TAssociation nor- mande. QuATREFAGES (dc) , membrc de Plnstitut. QuENARD , delegue du Loiret. QuENTiN-DuRAND, directcur de la fabrique centrale d'instruments aratoires , vice-president du Comite d'agriculture. Remond ( le general ) , de I'lnstitut des provinces. PiEPECAUD (le colonel de), delegue d' Arras. ROMANET ( le vicomte de ) , delegue de la Society d'agriculture du Cher. ROQUETTE ( de La ) , deMgu6 de la Societe de geo- graphic. RossEY, delegue de la Society d'agriculture de TEure. Rouge ( le comte de) , delegue du d^parteinent de . ,- ] I'Aisne. Saillet , president honoraire de la Societe d'agri- culture de Montmedy. Saint-Germain (de), depute , delegue de la Societe d'Avranches. Sainte-Hermine ( le comte de ) , depute au Corps 8 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. MM. l^gislatif, president du Conseil de direction des Congr^s agricoles de TOuest. Sainte-Tulle ( Robert de ) , membre du Conseil general de ragriculture. Saint-Seine (le marquis de), delegue de la Com- mission archeologique de la Cote-d'Or. SouLTRAiT (le comle Georges de), delegue de la Societe nivernaise des lettres, sciences et arts. Tanlay ( le marquis de ) , president de la Soci(^le d'agriculture de Tonnerre , membre du Conseil general de FYonne. Target ( Paul ) , delegue de la Sociele d'emulation de Lisieux. afHimuO Teste-d'Ouet , de la Societe pour la conservation des monuments. Thiollet , dessinateur du musee d'artillerie. TousTAiN (le vicomte de) delegue de la Societe frangaise pour la conservation des monuments (Calvados). Van-der-Straten Pqn?:hoz (le comte), delegue deMetz. >(:,!) ^ 'i^^ Vauquelin , delegue de Pont-FEveque. Vendeuvre ( Anatole de ) , delegue de la Societe de f'alaise. Verneuil (de),de Tlnstitut (Academic desSciences). Vibrate (le marquis de), de Cheverny (Loire-et- Cher ) , membre de Tlnsliiut des provinces. ViGNERAL (le comte de), de I'lnstitut des provinces , (Orne). Vogue (le marquis de), delegue de la Societe d'agriculture du Cher. tONGftES DiES ACADEMIES, 9 M\L Vroil (Jules de), deleguedu Cornice agricole de Reims. WiNT (Paulde), delegu6 de la Societe francaise pour la conservation des monuments. Sont appeles au bureau : MM. le marquis de Taulay , president de la Societe d'agriculture de Tonnerre ; le comte de Sainte-Hermine , depute au Corps l^gislatif; le comte de Vigneral, de FOrne; de La Bigottiere, delegue de TEure; le comte de Mellet, delegue de la Marne; de La Chauviniere, de Paris. MM. Raymond Bordeaux, d'Evreux; Ch. Gomart,de St.-Quentin; le comte Georges de Soullrait, de la Nievre ; Calemard de Lalayetle , delegue de la Societe du Puy; le docteur de Bonis , secretaires-generaux du Congres. M. de Caumonl prononce le discours suivant : '^ '^ (( Messieurs, (( La reunion des delegues des Socictes savantes, qui ouvre aujourd'hui sa septi^me session , est devenue pour les liommes studieux de nos provinces , d'une necessite absolue ; desormais Tavenir en est assure. (( G'etait, en effet, une bonne pensee que celle qui pre- sidait, il y a dix ans, a la fondation de nos conferences. Etablir un lien entre les Societes savantes, pour les determiner a travailler sur un plan uniforme ; les mettre plus intimement en rapport avec les sommites scienti- fiques ; telle etait cette pensee qui a recu la sanction de rimmense majorite des corps savants. (( Cette adhesion des Societes savantes des departe- ments est d'un bon augure, elle doit produire les plus heureux fruits dans Favenir. a iNotre Congres offre ainsi aux delegues des Societes id INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. savantcs une occasion de se reunir, de se connaitre, de se donner la main : il sera toujours fier de pouvoir ser- vir de trait-d'union k ces compagnies dont il proclame avec bonheur les nombreux services , le desinteresse- ment et le d^vouement au developpement intellectuel dans nos divers departements. M Depuis la session du mois de mars 185^, Tadminis- Iration du Gongr^s a mis ci execution les recommanda- tions que vous aviez faites; les voeux emis dans les pre- cedentes sessions ont ete reunis et imprimes ; le compte- rendu de la derni^re session a paru dans VAnnuaire, dont le septi^me volume vous a ete distribue. (( Get Annuaire obtient un succ^s toujours croissant et se recommande non-seulement parce qu'il renferme le compte-rendu du Gongr^s des delegues des Societes savantcs, mais aussi parce quMl ofTre le resume des pro- c6s-verbaux des assises scientifiques convoquees dans plusieurs provinces. (( Les assises scientifiques sont evidemment une de vos conceptions les plus grandes et les plus fecondes. Quand , a votre signal , sur votre ordre , au jour fixe , les ques- tions choisies par vous sont ^tudiees sur differents points de la France sous la direction de presidents que vous avezdesign^s ; quand ces questions vous reviennentelabo- rees dans des proces-verbaux rediges avec talent , n'est- il pas evident que nous avons cree , par ces reunions dans lesquelles on n'admet que des hommes qui ont fait leurs preuves , une force academique nouvelle , rapide , considerable ? II y a dans ce seul fait un avenir immense , une puissance d'action incalculable. Gette force que nous avons cr^ee , nous saurons la d^Velopper ; les assises scientifiques seront bientot pour CONGRES Dies ACADEMiESi 11 Texcitation inlellectuelle et la direction des eludes dans les d^partements , ce que sont pour d'autres in- ter^ts les fils metalliques qui rayonnent dans toutes les directions pour transmettre partout la pensee humaine. Nous avons public dans VAnnuaire de 1855 le re- sume des proces-verbaux des assises scientifiques de la Picardiey de la Champagne, de V Alsace et du pays Messin, de la Saintonge et du Poitou, Le cadre de VAn- nuaire n'a pas permis d'en publier d'autres, a noire grand regret ; mais nous aviserons Tannee prochaine aux moyens de donner satisfaction a un plus grand nombre de departements , et de ne laisser en arri^re aucun des comples-rendus d'assises scientifiques. En vertu des pouvoirs que nos statuts et plusieurs deliberations m'ont altribues, j'ai pris divers arretes donl on pent esperer de bons resultats. (( Le CoNGREs SGiENTiFiQUE DE FRANCE sc ticnt chaque annee dans une ville, souventtr^s-eloignee du centre qui avail regu le Congres ranneeprecedente. Par suite de celte migration , il y avail dans Tadministralion du Congres un defaut d'unite quMl importait de faire cesser, et auquel le Congres lui-m6me desirait depuis long-temps remedier. (( Ainsi, pour ne citer qu'un fail, le r^glement du Con- gres porte que cent exemp [aires du compte-rendu de chaque session seront adresses graluitement aux Societes savantes et aux etablissements litteraires et scientifiques des departements. Or, on avail bien, chaque annee, rempli celte con- dition ; mais les cent corps savants etaienl choisis d'apr^s les preferences des secrelaires-generaux , sans qulls tinssent compte des choix fails par leurs pred^cesseurs; de sorte que tres-peu de Societes possMenl les 3li volu- 12 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. ines in-8". de nos comptes-rendus. Jl y en a qui onl re^u les cinq premiers ; telle autre society poss^de la serie comprise entre le 5*. volume et le 10^ ; d'autres enflu n'ont re^u que les comptes-rendus des dernieres ses- sions. u Par Tarrete que j'ai pris, aprfes Tavoir fait sanc- tionner par le Congr^s scienlifjque reuni a Toulouse, en 1852, j'ai designe les Societes savantes qui devront a Tavenir recevoir les comptes-rendus du Gongr^s scien- tifique, et il y aura d^sormais plus d'ordre et d'uniformite. dans la distribution. j L'annec academique qui vicnt de s'ecouier cst-eUc plus riclie en travaux que I'anme pi^ecedente ? Telle est une des premieres questions que nous aurons a re- soudre , apres avoir , selon nos usages , ecoute les rap- ports que presenteront sur leurs academies respectives les delegues reunis dans cetle enceinte. Mais deja , d'apr^s les documents qui nous sont transmis, nous pou- vons repondre negativernent. La France academique a moins produit , en 185/i , qiCelle n'avait produit en 1853. Nous aurons a en recherclier les causes. La principale, sans doute , c'est rindifference toujours crois- sante pour les recherches et les etudes serieuses et le peu de compte tenu aux hommes laborieux des peines qu'ils se donnent pour produire des travaux interessanls. > Le Congrfes pent, dans une certaine mesure, reme- dier au mal , opposer a Tindifference , cette paralysie des dmes , ses encouragements et ses exhortations. II ne faillira pas ^ sa tache et si , au milieu du posi- livisme qui envahit la societe , il ne peut arreter la de- cadence academique, il aura la conscience de I'avoir re- tardee et d'avoir contribue k mainlenir le gout de Tetude ' CONGRES DES ACADEMIES. 13 dans un grand nombre de centres ou son action s'exerce et s'exercera long-temps encore. Je d(^clare ouverte la VIP. session du Gongres des delegues des Soci^tes savantes. Cette allocution est accueillie par les temoignages unanimes d'approbalion de TAssemblee. M. le President fait ensuite le depouillement de la correspondance : Lettre de la Societe imp(^riale et centrale d'agri- culture , qui del6gue trois de ses membres pour la repre- .senter au Gongres : MM. Iluzard , Valenciennes et Payen. M. Payen annonce qu'il traitera, les 21 et23 mars, les ques- tions indiquees au programme sous les n"*. 2 et 9 , et passera en revue les progr^s de la chimie pendant Tannee 185/i; Lettre de M. Geoifroy Saint-Hilaire qui , dans la seance generate du jeudi 22 mars, examinera quels ont ete les resultatsobtenus, en 185/i,par Tacclimatation, soil dans le regne animal , soit dans le rfegne vegetal ; M. Duchatellier s'excuse de ne pouvoir assister au Gongres et demande une reunion ulterieure du Gongres des Societes savantes, au moment le plus solennel de Texposition universelle, soit en juillet, soit en aout. Renvoi de cette proposition aux commissaires-gene- raux du Gongres ; Lettres de M, Philippe Beaulieux, de Nantes; M. Fabbe Arbellot , chanoinehonoraire de la cathedrale de Limoges ; " M. de La Gonivi^re, de Saint-Eny, pres Goutances ; ' M. William Wardel, architecte, membre de rinstitut des architectes d'Angleterre ; M. \illiam Borges, de Londres; - 14 INSTITL^T DES PROVINCES DE FRANCE. Lettres de M. Chaillou-des-Barres, president de la So- ciete des sciences historiques et naturelles de I'Yonne ; M. Rame, de Rennes; jVI. Ballin , directeur du Mont-de-Piete de Rouen ; M. Tabbe Cochet, de Dieppe ; >I. A. Diipont , de Fontenay-les-Montbard ; M. Deb'gand , statuaire , de Sens ; ^\, le comte de Robiano, de Bruxelles; M. le vicomle Guslave de Juillac, de Toulouse. Tous ces honorables membres , emp^ches par des motifs divers, expriment de vifs regrets de ne pouvoir prendre part aux travaux du Congres. Lettres de M. de La Roquette, de Paris, qui presente M. Pocy, de Tile de Cuba, qui a deja soumis une partie de ses travaux a F Academic des Sciences ; M. le comte de Galembert, de Tours, annonce qu'il presentera un aper^.u des travaux de la Societe archeo- logique de Touraine, pour Tannee 1854; M. JVaudet Saint-Remy , peintre , a Nantes , exprime les regrets de M. Sue , qui ne pourra se rendre au Congres : M. A. d'Espaulart , de la Soci^t^ d'agriculture de la Sarthe, annonce Tarrivee de M. de TEstang, le second delegue de cette Societe ; M. le president de TAcademie de Stanislas de Nancy annonce que cette Societe a delegue au Congres des Societes savantes MM, Beaulieu , Gerardin et Monnier ; M. le president de TAssociation normande delfegue au Congres MM. le vicomte Du Moncel , le vicomte de Beaufort , le comte de Pontgibaud , le marquis de Granval et Mosselmann ; M. le president de la Societe de Statistique de Mar- seille d^l^gue MM. A . Legoyt , le marquis de Bausset- CONGRKS DES ACADEMIES. 15 Roquefort , et les docteurs Boudin-Desormeaux et Melier ; M. le president de la Societe d' agriculture , commerce, sciences et arts du departement de la Marne , del^gue au Congres M. V. Lebrun, ancien directeur des arts-et- metiers de Chalons ; jVI. le president de la Societe havraise d'etudes diverses annonce que la Societe a delegue au Congres M, A. Le- cadre , du Havre ; M. le president de la Societe d'archeologie de la Loire- Inferieure delegue au Congres M. Bizeul, qui fera un rapport sur les travaux de la Societe pendant I'annee i5Zi; M, Bourasse , president de la Societe archeologique de Tours , delegue , pour la repr^senter au Congres , M. le comte de Galembert ; M. le president de la Societe zoologique d'acclimatation delfegue iVlM. Geoffroy Saint-Ililaire , Guerin-Meneville , Quatrefages, Valserre et Millet ; M. le president de la Societe d'histoire el d'archeo- logie de Geneve delegue au Congres M. Hippolyte Gosse ; M. le president de la Society imperiale d'emulation d' Abbeville delegue au Congres MM. de Chennevi^.res- Pointel et Buteux ; M. le president de la Societe des sciences nalurelles de St.-Etienne delegue M. d'Albigny; M. le president de la Societe de Troyes delegue au Congres MM. Millard et Clement Mullet ; M. A. de Brives, president de la Societe du Puy, delegue au Congres M. Calemard de Lafayette ; M. le president de la Societe d'agriculture , commerce , sciences et arts de la Marne , delegue au Congr^.s 16 INSTITtT DES PROVINCES DE FRANCE. MM. le comte de Mellel, le baron de Chaubry, Ponsard, Ed. de Barthelemy. Plusieurs autres delegations ont et^ presentees ante- rieurement au bureau du Congr^s ; il n'en est pas donne lecture. M. le President passe ensuite au depouillenient des ouvrages offerts au Congr^s et sur lesquels M. Georges de Soultrait est charge de faire un rapport, -mi ^1 J/ Ces ouvrages sont : Programme du concours pour ia construction, dans la ville de Lille, d'une eglise dMiee sous le litre de Notre- Dame-dc'la-Treille et de St, -Pierre. Jn-Zi". , plan ; Recherclies sur les sepultiwes des premiers dues de la maison de Loiimine dans I'abbaye de Sturzeibromi , par G. Boulange. Metz , 185/i, in-S". avec figures ; Vne visile a ia mosaique romaine de Nennig , i}'dY G. Boulange. Metz,185Zi, in-8". , vignettes dans le texte ; Notes pour servir a la Stalistiqiie monumenlale du dcpartement de la Moselle, par G. Boulange. Melz , i85Zi,in8".,lig.; Essais hisloriques sur lesjardins, par Paul de Wint. ~ F\iris, 1855, in-8''. ; Lcs chateaux de la Moselle , notes archeologiques \ par M. G. Boulange. Metz, 1855, 2 broch. in-8.; Cornice agricole central et du canton de Blain , reu- nion du 21 septembre 1852 , pour la distribution des piix. Nantes , 1852 (offert par M. Bizeul); Extraits originaux d'un manuscrit de Quentin de La Fons, intitule : Hisloirc particuliere de I'eglise de SL- Quentin, publics par M. Gomarl. Tome 1". ; St.-Quen- tin, 185/1, in-8^,fig.; ^ . ^.^ _ , CONGRiS DES ACADl^MIES. 17 Monographic de la chapelle et clu prieure ati village de Bois-Garand, cnSautron, par M. Philippe Beaulieiix. Nantes, 1853 , in-8".; Bulletins des Societes savantes et litteraires de Belgique, sous la direction de M. F. Hennebert. 1". an- nee (1855), n*'. 3, in-S''. (offertpar IVI. de Caumont); Le Cabinet historiqiie , revue trimestrielle , contenant , avec un texte et des pieces inedits, le catalogue general des manusciits des biblioth^ques publiques de Paris et des departements, etc., sous la direction de M. Louis Paris. Paris , 185/i, les deux premiers cahiers, in-8''.; Dissertation sur I'apostolat de saint Martial et sur I'antiquite des egiises de France, par M. Tabbe Arbellot. ' Limoges , 1855 , in-8^ ; Des instruments en silex troiives dans le diluviwn du bassin de la Somme, par P. Briez { extrait du jour- nal local J ; Notice sur la Societe archeologique de Nantes et du departement de la Loire-Inferieure , par M. Vandier. Nantes, 185/i, in-8".; Rapport verbal, fait au Gonseil de la Societe frangaise pour la conservation des monuments , sur plusieurs ex- cursions en France, en Hollande et en Allemagne , par M. de Caumont. Paris , 185/j, in-8"., fig.; Memoire historique sur I'abbaye de rile-Chauvet , dans le diocese de Lucon; par le P. Arsene Gochois, pu- blic et annote par M. A. Gueraud. Nantes, 185/i, in-8".; Des monnaies de Charlemagne , et particulierement de celles qui portent, avec son monogramme, la legende GARLVS REX FR. ; par M. E. Gartier , directeur de la Beviie numismatlque, Blois, 1853 , in-8''. , fig. ; I\evuc des provinces de I'Ouest (Bretagne et Poitou ), 18 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. publi^e par A. Gu^raud. Nantes, I", et XIP. liv. (hom- mage de M. A. Gu^raud ) ; Observations rccueillies dans Le Cliartrier dc I'ab- baye de Gisoing, et pr^sent^es k la Commission histo- rique du d^partement du Nord ; par le marquis de Gode- froy de M^nilglaise. Lille, i85Zi, in-8^ ; Note sur quelques manuscrits , par Julien Travers. Caen, Hardel, 1855 , in-8".; Notice sur les trois fr^res Jean Eudcs , Francois Eudes de Mezeray , et Charles Eudcs d'Houay ; par GustaveLe Vavasseur. Argentan, 1855, in-8*'. , vignettes dans le texte ( se vend au profit de Toeuvre du monument Mezeray ) ; offert par M. Le Vavasseur ; Memoire sur les fouilles faites en 1852 et en 1853, dans le champ des Besirais, en Sautron (arrondisse- ment de Nantes ) , par Philippe Beaulieux. Nantes , 185/i, in-8^, fig.; Traduction des discours d'Eum^ne, par les abbes Landriot et Rochet ; accompagnee du texte , preced^e d'une notice historique et suivie de notes critiques et philologiques, par I'abbe Rochet (publication de la Societe Eduenne). Autun, 185/i, in-8''. (offert au Congr^s par M. de Fontenay, au nom de la Societe fiduenne) ; Bepertoire des travaux de la Societe de Statistique de Marseille , public sous la direction de P. M. Roux. Marseille, t. XV, XVI et XVII, in-8*\, fig. (hommage de M.Roux,au nom de la Societe de Statistique de Marseille); Assises scientifiques de VInstitut des provinces pour le sud-est de la France, Actes de la premiere session tenue ci Aix , en 1853 , recueillis et publics par le docteur P. M. Roux. Marseille , 185/i , in-8^ ( hommage de M. le docteur Roux); >w CONGRES DES ACADEMIES. 19 Bulletin de la Societe clcs sciences naturelles et cles arts de St.-tltienne (Loire). St.-Etienne , 1850, 1852 et 185/i , les trois premieres livraisons , in-8". , fig. ; Anniiaire des cinq departements dc Cancienne Nor- mandie , publie par rAssociation normande. 1855, 21^ ann^e, Caen, Hardel,in-8^ (hommage de M. de Gaumont ); Poly graphic des volieres, des menageries et autres asiles d'animaux; par P. -A. Millet de La Turteaudi^re. Angers, 1851, in-S". ; De I'abus des cultures epuisantes, origine et progr^s de la culture du colza dans la plaine de Caen ; par M. Mo- ri^re. Caen, 1855 , in-8^ ; Societe iniperiale et centrale d' agriculture , pro- gramme general du concours de 1855. Paris, 1855 , in-8''.; Societe imperiale et centrale d* agriculture , seance publique de rentree de 185Zi , sous la presidence de M. Chevreul. Paris, 185/i, in-8". ; Bulletin du Cornice agricole de I'arrondissement de St,-Quentin, -- t III, 185Zi, St.-Quentin, in-8^, fig. ( offert par M. Gomart ) ; Exposition artistique organisee a Avranches , par Vlnstitut des provinces et la Societe francaise pour la conservation des monuments , livret. 185Zi , in-18 ( offert par M. de Caumont ) ; L'Hcptameron ou les f^tes d' Avranches en 185Zi , par M. Edouard Le Hericher. Avranches , in-12 ; Installation des Facultes des Sciences et des Lettrcs et de I'icole de medecine et de pharmacie de Nancy en 185/1. Nancy, 1855 , in-8''. ; De la pi'opriete litteraire en matifire de nomen- 20 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. clature scientifique , par M. Charles Des Moulins. Bordeaux , 185/i, in-S". ; Premiere Olymplque de Pindare, par M. J. Travers. Caen, 1855, in-8". ; -.h,. Societe des Freres-Oiivricrs de saint Francois R^gis, ct orphelinat du Puy, seance de 1855. Le Puy, in-S". (offertpar M. Calemard de Lafayette) ; Almanack -Annuaire de St.-Quenlin et de Var- rondissement , par M. Charles Gomart. 1". ann6e, in-8". ; Resume des conferences agricoles sur les fumiers , faites dans les cantons ruraux, par ordre des Conseils g6n6raux de la Seine-Inferieure et du Calvados ; par MxM. Gh^ardin etMori^re. 2^ ed., Rouen, Peron, 185Zi, in-8^ ; Les Veillees de la ferme, histoire du petit Pierron, par iM. Calemard de Lafayette. Le Puy, 1855, in-18 ; Tableaux de statistique quinqucnnale des sept can- tons de I'arrondissement de St.-Quentin, annee 1852 , publics sous les auspices des Cornices de St.-Quentin. 185^1 , in-/i. ; par M. Gomart. M. le President donne ensuite lecture du progranane des questions qui seront discutees au Congres des dele- gues des Societes savantes des departements , en invitant MM. les niembres presents a se faire inscrire pour trailer ces differentes questions. On inscrit successivement : Sur les questions 1, MM. Du Moncel. 2, Payen et Descharmes. , > . V 3, De Verneuil. CONGRESS DES ACADEMIES. 21 Sur les questions U, MM. le marquis Ch. deVibraye et Mosselmann. 5, De Caumont. 6et7, Gomart, de Vigneral, de Caumont. . 8, Delanoue. . 9, Payen , D'. de Bonis. . ^ 10, De Romanet , Ponsard , de Vigneral. . 16, Calemard de Lafayette , Gomart. 17, Geoffroy Saint-Hilaire. 27 et 28, R. Bordeaux , Louis Paris. 29 et 30, Pernot, Darcel, le marquis de Chennevi^res,Gosse, de Geneve. ^ 31a3Zi, R. Bordeaux , Pernot. , 35 k 38, De Caumont, R. Bordeaux, >_ ^2, De La Bigotti^re. _^ 43etM, De Caumont. -_ Zi9 a 52, De TEstang. Sur la proposition de M. le President , I'Assemblee de- cide que la section d'agriculture et des sciences physiques et naturelles se reunira tous les jours , de 10 heures du matin a midi. La section d'histoire, litt^rature, philologie, se reunira tous les jours , de 1 a 3 heures. f^ seance generale aura lieu a 3 heures deTapr^s-midi. M. Charles Gomart donne lecture d'un travail de M. Du Moncel sur le progrfes des sciences physiques , pendant Tannee 185Zi, ^ INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE, RAPPORT DE M. DU MONCEL. L'ann^e 185/i , tant k cause des preoccupations de la guerre que des reserves failes par les induslriels pour Texposition prochaine, a ete moins fertile en d^couvertes imporlantes que Tannee 1853. Nous aurons m6me k en- registrer plusieurs cas de non-reussite, que nous avions , 11 est vrai , un peu prevus d^s Tannee dernifere , mais sur lesquels nous n'avons pas dit enti^rement notre faf on de penser en raison de Tengouement general. Au nombre de ces inventions que le succ^s n'a pas couronnees , nous signalerons d'abord , a cause de Tim- mense retentissement qu'a eu cette decouverte, les mo- teursaair chaud. L'experience a ddmontre, en effet, que non-seulement ils ne pouvaient pas rivaliser avec les machines ci vapeur , quant a I'economie du combustible , mais encore qu'ils se deterioraient avec une si grande facilite, que leur emploi pourrait etre tr^s-compromettanl. Toutefois , je dois faire ici une reserve et n'appliquer cette condamnation qu'au syst^me firicson , le seul qui ait ete jusqu'a present experiments. Au nombre des cas de non-reussite , je dois citer la fameuse pile liydrodynamique du docteur Carosro , de (j^nes , que tous les journaux , et surtout le Moniteur ^ avaient presentee comme une decouverte des plusextraor- dinaires et des plus importantes et qui , comme il etait facile de le prevoir, n'etait possible qu'en theorie. G'etait, en quelque sorle, une reminiscence du mouvement per- peluel. Les metiers eiectro-magnetiques , egalement tant van- les par les journaux , n'ont pas non plus realise les espe- CONGRES DES ACADEMIES. 23 ranees qu'on avait con^ues, et tous les hommes prati- ques ont fini par reconnaitre qu'industriellement cette invention n'etait pas realisable. Ge qui , du reste , a tou- jours ete notre mani^re de voir. La production magneto-electrique du gaz , malgr^ les immenses appareils qu'on a installes , semble etre encore a Tetat de probleme, du moins au point de vue industriel, car elle n'est pas encore sortie de THotel-des-Invalides. Si les encouragements n'ont pas manque pour des decouvertes impossibles ou peu fructueuses , il faut dire aussi que d'autres inventions , qui n'ont d'autre defaul que d'etre trop simples dans leurs applications , n'ont pu r^ussir a 6tre mises en experimentation. De ce nombre, sont les appareils pour prevenir les accidents des chemins de fer , dont nous avons parle longuement I'ann^e der- niere, et qui, certes-, doiventnous interesser tous au plus haut point. Il est vrai que MM. les administrateurs des chemins de fer pretendent qu'iV n' arrive pas d'accidents (sic) ou que ces moyens provoqueraient encore plus d'accidents en endormant la vigilance des employes , Gomme si deux moyens de controle et d'avertissement ne valaient pas mieux qu'un seul. Mais que rapporterait aux compagnies I'installation d'appareils, qui ne servi- raient qu'a preserver la vie des voyageurs et a faire perdre les societes d'assurance, fondees pour Texploitation de ces accidents ? En Italic et en Espagne , la philosophic pecuniaire est moins avancee et Ton essaie, en ce moment, des moyens de securite tout-a-fait analogues a ceux que j'ai proposes il y a deux ans. Si ces essais reussissent, ce qui est pro- bable , nous viendrons hardiment emprunter aux autres nations un syst^me invente primitivement en France , et 2/| INSTITUT DES PROVINCES DE PRANCE. nous aurons la triste gloire d'avoir ete en cela , coinme pour la lelegraphie electrique , k la remorque de lous les autres pays. Niil n'est prophete dans son pags I A ce sujet, je ne dois pas omettre ici une petite anec- dote qui peut avoir son a-propos et son inter^t. On travaille depuis plus de soixante ans au creusement du port militaire de Cherbourg. Ce travail gigantesque , opere dans le roc vif , a ntossit^ Temploi des mines. Or , les mines , telles qu'on les pratique ordinairement , non-seulement ne produisent que tr^s-peu d'effet , en raison de leur defaut de simultaneite d'action, mais encore sont Toccasion de nombreux accidents pour les ouvriers qui y sont employes. Depuis plus de quatre ans, j'avais en vain attir6 Tattention des ingenieurs sur les avantages que presenteraient , pour Tinflammation de ces mines , les moyens electriques; on me repondait toujours que ces moyens n'etaient nullement pratiques et que c'etait un reve des physiciens (sic). Enfm le Gouvernement, en- nuye de voir que ces travaux n'avan^aient pas davantage, s'adressa aux inter^ts particuliers , en les mettant en ad- judication, et deux entrepreneurs fort habiles de Valence, MM. Dussaud et Rabatta, en prirent Tentreprise avec un delai fixe pour leur terminaison. Ces entrepreneurs , qui avaient dej^ execute d'importants travaux , c^ Alger et a Marseille, changerent immediatement le syst^me des mines , et au lieu des trous burines k coups de marteau dans le rocher , ils crurent avoir beaucoup plus d'avan- tages a construire des mines monstres , renfermant cha- eunejusqu'^ 2,000 kilog. de poudre. Pour executerune mine de ce genre, on pratique dans le roc un puits d'en- viron 15". de profondeur , et , de Textremite de ce puits , on fait partir deux galeries horizontales d'environ 5. de CONGRES DES ACADEMIES. 25 longueur, qui se terminent par une chambre carr^e de la conlenance d'environ 2 ou 3. cubes , dans laquelle on inlroduit un sac en gutta-percha, renfermant de 1,000 i 2,000 kilog. de poudre. Quand la mine est termin^e, on magonne a pierre et k platre les galeries et on remplit de terre le puits de descente , de sorte que la poudre n'est plus en rapport avec Texterieur que par les sau- cissons. La difficulte pour ces sortes de mines etait Tinflamma- tion; car, en employant les moyens ordinaires, il arrivait souvent que le feu ne parvenait pas au cceur de la mine , parce que la poudre du saucisson ne s'enflammait pas en- ti^rement. D'ailleurs , il etait impossible d'obtenir la si- multaneity d'action , si necessaire a TefTet de ces mines. MM. Dussaud et Rabatta , se souvenant alors des moyens electriques que j'avais si souvent d^crits depuis quatre ans , vinrent me demander de leur organiser un syst^me d' explosion, ce que je m'empressai de faire, k leur grande satisfaction ; les resultats de cette operation ont ete rM- lement merveilleux, et les entrepreneurs y ont gagne, non-seulement une Economic considerable sur la ma- ni^re d'operer Tinflammation, mais un benefice de force d'un sixi^me , en admettant, dans les deux cas, une 6gale reussite , et , de plus , la certitude du resultat d'in- flammation. Les ouvriers , de leur c6t6 , ont gagn^ h ce proc^d6 une securite parfaite qui , k elle seule , eut du faire prendre, depuis long-temps, en consideration, le moyen que j'avais propose. Ainsi , comme on le voit , rint^ret particulier de deux hommes eclaires a triomph6 d'une routine deplorable, qui existe malheureusement dans une foule d'administrations , notamment dans celles des chemins de fer. Mais Yestonsren 1^ avec les r^crimi- 2 26 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. nations , et voyons ce que les sciences physiques nous ont rapports, cette ann^e, de v^ritabiement important. Dep^chcs transmises en sens contraire, Depuis long-temps, les correspondances t^l^graphiques 6taient soumises ci certaines exigences physiques qui en paraly- saient consid^rablement I'accel^ration. Ces exigences etaient dues principalement k Timpossibilit^ dans laquelle on 6tait de correspondre ^ la fois des deux stations op- posees. II fallait , en consequence , attendre la fin de la correspondance de la station qui parlait, avant que de demander des eclaircissements , et ces 6claircissements , dans beaucoup de cas , eussent abreg6 considerablement cette correspondance. Derni^rement, ci Vienne, M. Gentil a eu ridee de faire agir deux courants en sens contraire , sur le meme fil , afin que les dep^ches puissent etre en- Yoyees a la fois de deux stations oppos^es. Mais pour ob- tenir, avec ce syst^me de double courant, des indications, les appareils tel^graphiques doivent etre speciaux et fondes sur les actions electro-chimiques, car il n'y a qu'elles qui soient assez sensibles pour correspondre aux differences de temps infiniment petites , en rapport avec les interruptions op^rees sur les manipulateurs. Ge sys- t^me a parfaitement r^ussi ; mais je dois faire observer que j'ai , le premier , constate , en 1852 , que deux cou- rants pouvaientcirculer en sens contraire dans le meme fil. Machine a graver electro-magndtique, Cette ma- chine, invent^e par M. Hansen, de Gotha , a pour but de faire agir, sur un burin mu mecaniquement , d'une ma- ni^re analogue k la pointe d'un pantographe, deux electro-aimants assez puissants pour produire Tincision du CONGRfes DES ACADEMIES, 27 m^tal. La pointe libre de Pinstrument , qu'on doit taire passer sur les differenls traits du dessin que Ton veiit graver , est disposee de mani^re k jouer le role de com- mutateur et de directeur du burin ; mais il faut que le dessin soit fait sur du papier rendu conducteur ou du papier m^tallique. Comme on le voit , cette marche a une certaine analogie de principe avec les metiers 61ec- triques de M. Bonelli, Regulateur electrique de temperature, J'avais ima- gine , en 1852, un syst^me de regulateur electrique pour maintenir constante la temperature d'un espacelimiteassez restreint. Depuis, je Tai fait executer de mani^re ci pouvoir ^tre applique a des appartements assez vastes. Pour cela, Jje^fais agir , sur deux bouches de chaleur d'environ 30^ de diametre , deux courants electriques issus d'une pile de Daniel , qui sent dirig^s sous la seule influence d'un thermometre. Quand la temperature est trop elevee , le courant est envoye dans la bouche refrigerante. Quand , au contraire, elle ne Test pas assez, le courant fait agir la bouche du caloriffere, de sorte que la temperature ne peut gu^re varier de plus d'un demi-degre. Cette appli- cation est fort importante pour les magnanneries , cer- taines etuves et minoteries , enfm pour la fabrication de certains produits chimiques qui ne peuvent s'obtenir qu'^ une temperature donnee. Application de la photographie a la gravure sur bois, La gravure sur bois, depuis quelques annees , a pris une telle extension , que dans les ouvrages scienti- fiques eux-memes on Ta preferee h la gravure sur metal, en raison du plus grand rapprochement que Ton peut 28 INSTITUT DES PROVIIVCES DE FRAj^CJT* faire enlre le texte et le dessin qui lui correspond. On a done cherch6 k obtenir des dessins photographies drrecte- ment sur bois , afin que le graveur n'ait plus qu'a Tin- ciser. D6)^, depuis long-temps, M. Martin, a Versailles, avait tente de resoudre ce probltoe diffieile ; n>ais le pro- cede n'est devenu reellement pratique qu'entre les mains du reverend Saint-Vincent Beechey , en Angleterre ; les dessins sur bois qu'il a obtenus ont pu ^tre graves avec la plus grande facilite par le graveur. A ce sujet, je ferai remarquer que la gi^avure photo- graphique sur metal a re^u y depuis un an, de notables perfectionnements, du moins quant a la purete de Texe- cution , de sorte que cette immense question pent etre consideree actuellement comme resolue. II n'en est pas de m^me de la photographic chromatiquCy et j'ai bien peur que les articles si pompeux des journaux americains sur cette decouverte , que nous avions an- noncee I'annee derni^re , ne soit du genre de ces palmi- pedes design^s maintenant sous le nom de Ta7^tarcs. Quoi qu'il en soit, M. Bequerel continue ses recherches sur cette mati^re , et ses recherches Pont conduit a de- couvrir un nouvel instrument fort curieux , auquel il a donn6 le nom ^'actinomHre , et qui pent mesurer, non- seukment Tintensite de la lumiere, mais encore Tintensite relative des differents rayons du spectre. C'est, en un mot , une ratine artificielle dont la sensibilitc est accusee sur ungalvanomfetre, par Tenergie du courant electrique auquel Taction d^composante de la lumiere sur les sub- stances photographiques donne naissance. Ex'pericnccs avcc la machine de Rumkoff, Nous avons longuement parle , Tannee derni^re , de la machine COTVGRES DES ACADEMIES. 29 de Rumkoff , en faisant ressortir Timportance de ses ap- plications , tant scienlifiques qu'industrielles. Les ex- periences que nous avons citees des mines ndonstres de Cherbourg sont dejci une confirmation de cette impor- tance. Mais, sous le rapport scientifique , les resultats qu'on a obtenus depuis un an sont merveilleux. Actuel- l^ment , on peut feire plus de quatre-vingts experiences fort curieuses avec cet instrument. II en resulte : 1**. que le verre, la gomme-laque, etc. , et autres corps reputes isolants , ne suffisent pas pour isoler le genre d'electricite qui se tr^uve produite par cette machine , et que sa ten- sion peut etre augmentee indefmiment par Tinterposition d'un large condensateur dans le circuit enduit et en aug- mentantle nombre des Elements de la pile. 14 sarait beau- coup trop long d'enumerer iei ces diverses experiences , qui sont excessivement curieuses , et je prends le parti de renvoyer ceux que cette question interesse, au travail que je publie en ce moment sur cette machine. Extraction des metaux du corps humain, On sail que , pour dorer ou argenter un metal quelconque , on le trempe dans un bain prepare avec un sel d'or ou d' argent ct danslequel se trouve immergee une plaque d'or ou d'ar- gent. Cette plaque s'attache au pole positif d'une pile et constituc ce que Ton appellc Tanode soluble , tandis que la piece a dorcr ou h argenter est attachee h I'autre pole. Mors le m^tal de I'anode soluble se dissout successive- ment sous I'influence du eourant , a mesure que la disso- lution ou le bain s'aflaiblit et vient se deposer sur Tobjet place ^ I'autre p61e. M. Poey, se fondant sur cette pro^- priete , a pense que si le corps de Thomme se trouve im- pi^gne de substances metalliques , en le mettant en rap- 30 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. port dans un bain avec le p61e positif d'une pile, et met- tant vis-^-vis de lui une surface metallique , on ferait de son corps une anode soluble quant aux parties metalliques incrustees , et que celles-ci viendraient se d^poser sur la surface metallique du pole negatif. G'est, en effet, ce qui a lieu ; de sorte que des ouvriers empoisonn^s par le mer- cure ou d'autres substances de ce genre , pourraient 6tre soumis avec avantage ci ce traitement , qui constitue une nouvelle branche pour la tWrapeutique. Cette communication est accueillie par le Congr^s avec le plus vif int6r^t. M. de Vibraye lit la notice suivante sur la pisciculture : J'aurai , dit-il , tout d'abord ci deplorer les accidents independanls de la marche r^guli^re des experimenta- tions, et de la destruction d'une partie du frai par les cygnes, par des canards intrus, par les bondr^es, les martins-pecheurs et les truites elles-memes d'un age dif- ferent, introduites, je ne sais comment, peut-toe en franchissant les barrages metalliques , dans les bassins destines aux plus jeunes poissons; enfm les inondations resultant de la fonte d'une couche de neige d'une puis- sance inusitee dans nos contr^es. Toutefois, la quantity restreinte des sujets restants ne saurait att^nuer la valeur des experiences et des r^sultats acquis. Malgre la ten- dance au denigrement , il faut accepter le fait accompli ; et la science , qui ne saurait faire cause commune avec I'amour-propre , appreciera les qualites et non les quan- titeSe Les faits les plus saillants, constates pendant I'ann^e qui vient de s'^couler , sont des garanfies pour I'avenir, CONGRiS DES ACADEMIES. 31 des jalons places , pouvant d^s aujourd'hui dinger dans la voie definilivement tracee du progr^s et de la pratique ; je vais exposer ces fails bri^vement. Le grossissement des jeunes poissons 6clos au mois de mars 1853 6tait plus remarquable pour les truites que pour les saumons : les premieres avaient atleint au mois de d^cembre dernier, c'esl-a-dire en 21 mois,jusqu'a 35 centimMres de longueur sur plus de 500 grammes de pesanteur; les saumons de meme age n'avaient que 2Zi centimetres ; peut-etre dans des eaux moins vives leur accroissement eut-il ^te plus considerable , je le consta- terai plustard ; enfin, les ombres chevaliers, ^clos vers le ili avril de I'annee courante (185/i), mesuraient 11 centi- metres 1/2 dans le courant de decembre , r/est-^-dire en huit mois. Ces resultats ont ete constates par plusieurs observa- teurs et notamment par le sieur Gehin , en mission dans le departement de Loir-et-Gher. Dans le courant de Fete , un voyage sur les bords du Rhin m'ayant permis de visiter les piscines du Wolfs- brunn , aux portes d'Heidelberg , j'ai reconnu lout d'abord que j'avais plus d'espace, des eaux plus abondanles et tout aussi limpides, h la condition d'enlreprendre un travail pour les isoler et en alimenter des bassins spe- ciaux ; voici mon travail de fm d'ann6e , travail qui n'est pourlant pas encore achev6 ; mais au lieu de me contenter, comme aux environs d'Heidelberg , d'oblenir le grossisse- ment des poissons , j'ai pretendu pousser les experiences jusqu'aux corollaires de la pisciculture : j'ai voulu con- staler jusqu'^ quel point , k Tetat de quasi-domesticite , les truites suivaient leurs instincts nalurels de repro- duction , obeissaient aux lois de la nature. 32 INSTITUT DES PROVINCES IXE FRANCE. J'avais d6ji remarqu6 les peregrinations inaccoutuntees des saumons et leurs efforts pour sYchapper ti repoqioe naturelle de leurs migrations, efforts malheureusement couronn6s de succ^s pour quelques-uns, malgre de minu- tieuses precautions pour les retenir dans mes bassins. J'en avals conelu que cet instinct devait appartenir egalement ^ la truite ; des-lors, avec mes seules eclosions de moins de deux annees , je r^solus de tenter Texperrence. Je ne m'etendrai pas en ce moment sur la construc- tion d'une fray^re artificielle , non plus que sur la neces- sity de varier le volume d'eau pour simuler des crues naturelles et exciter , par ce moyen , les truites b. re- monter pour frayer, comme k Tetat de liberie naturelle : je dirai seulement que mes previsions ont ete couronnees de succes ; les truites sont remontees dans mon ruis- seau tout artificiel ; les truites ont fraye , les oeufs ont ete recueillis h repoque de leur maturite , de leur emission naturelle; nous avons opere la fecondation artificielle sur plus de Zi,000 ceufs, seulement les ceufsn'ont pas produit, parce qu'ils appartiennent h des individus trop jeunes qui ne sont pas feconds , parce quMls ne sont pas adultes. Nous avon& pu constater que les ceufs etaient sensible- ment plus petits que dans les individus ayant acquis un plus grand developpement, et que la spbericite des ceufs n'etait pas complete. L'impuissance des males pourrait bien , d'autre part , s'etre opposee a la fecondation. Dans leur semence , quoique parfaitement mure en apparence, les spermatozoaires semblaient prives de vitalite , ils se sont montres a nous , dans le microscope , prives de toute espece de sentiment, et cela dans la laitance pure aussi bien que dans la laitance etendue d'eau. Je construis, en ce moment, une piscine ou le jeune frai CONGRES DES ACADjSmIES. 33 trouvera loute esp^ce de defense contre ses ennemis. La reunion d'un grand nombre d'individus dans un espace relativement assez restreint nuira sans doute au develop- pement de la premiere annee , mais sera , quoi qu'on en ait pu dire, un gage de securite pour Tavenir. Du reste , mes grandes piscines, sur un developpement de bliO metres , seront tr^s-prochainement entourees d'obstacles et pourvues de nombreuses retrailes. La piscine pour i'eclosion de Tannee courante sera recouverte en entier d'un grillage en fil de fer galvanise , sans oublier des letraites en briques et tuiles oil pourront s'abriter les lout jeunes poissons; car Teclosion de Tan dernier, de- Iruile en partie par tant d'ennemis, sans compter les epinochettes dont j'avais oubli^ de faire mention , a ete preservee en bien plus grand nombre dans les bassins ou se sont trouvees des retraites , et a presque compl^tement disparu dans un bassin ou les herbes seules offraient un abri aux jeunes poissons. Je ne tarirais pas, si je voulais entrer dans tons les mi- nutieux details des observations journalieres que neces- site la pisciculture. Je veux done simplement rendre compte , en quelques mots , de Teclosion qui s'op^re en ce moment ; elle a ete bien compromise par une crue subite , ayant pour cause la fonte d'une couche de neige tenement epaisse, comme je I'ai dit plus haut, que de memoire d'homme on n'avait rien vu de semblable dans nos contrees; j'ai pourtant , a quelques centaines pr^s , sauve mes jeunes poissons, consistant en 8,000 saumons que je dois a 1' obligeance de M. Goste ; quelques milliers de truiteset d'ombres chevaliers : une partie des ceufs, appar- tenant a la premiere espece , m'avaient 6te fournis par le sieur Gehin. 34 iNSTiTtJt bES PROVINCES f)E t*llANCE. Mais ce qu'il est utile de faire connaltre , c'est un cii- rieiix accident , qui pouvait devenir un d^sastre pour mes eclosions , si je n'y avais rem6di6 tout d'abord. Je veux parler de Temploi des toiles m^talliques et de leur effet galvanique sur les organes des jeunes embryons. Ne pou- vant r(^gler, comme je Tentendais le volume et surtout la temperature des eaux beaucoup trop chaudes dans mon etablissement de pisciculture, temperature qui accel^re trop I'incubation , et nuit souvent , surtout quant aux ombres chevaliers , au developpement normal de Tem- bryon , j'avais fait construire un appareil pouvant 6tre di- rige dans un appartement au moyen d'eaux ramenees a une temperature facultative. Ges appareils , en terre cuite vernissee , ^taient garnis interieurement de plaques de zinc perfore , de la fabrique de M. Collard ; mais, comme ces plaques n'etaient pas sou- tenues , j'avais charge , pendant mon absence , un ouvrier frop intelligent et aimant trop la perfection du travail , de confectionner des supports. Voulant bien et trop bien faire , cet ouvrier fit beaucoup plus que je n'avais desire : des chassis en fil de laiton furent mis en contact avec le zinc, dans des vases isoles par leur vitrification interieure ; les differents bassins se trouv^rent en communication , peut-etre, par le courant continu defeau qui les traversait; jMgnore la force et m^me quelques-uns des details de cons- truction de la pile construite de cette mani^re ; mais ce que je ne puis malheureusement ignorer, c'est son desastreux resultat. Pendant la nuit, plus de 6,000 o^ufs de saumons ont 6te frappes presque inslantan^ment, les uns de rnort, et je le craignais pour tous; les autres d'une simple le- thargie presentant tous les caractferes de la mort : les yeux ternes , tout le syst^me nerveux devenu blanc , car CONGRES DES ACADEMIES* 35 Tceuf n'^tait pas compl^tement opaque , mais seulemenl la region avoisinant la colonne vertebrale. Je fis imme- diatement porter ces ceufs frappes de mort dans mon eta- blissement de pisciculture , ou ils reposerit sans grillage sur une couche de ciment remain , et je pus voir, pour la moiti^ de ces ceufs , c'est-a-dire pour environ 3,000 , la partie blanche diminuer progressivement et compl^te- ment disparaitre. Ces ceufs ont ^clos, mais irregulifere- ment, et Peclosion avait 6t6 singuli^rement retardee pour ces jeunes etres foudroy^s par la puissance electro-ma- gn^tique. J'ajouterai que , dans un bassin d'eclosion , les oeufs places sur des claies en toile metallique galvanisee ne reussissent pas ci beaucoup pr^s aussi bien que les oeufs deposes dans mes bassins de chaux hydraulique : j'attribue done au d^veloppement de Telectricite produite par le m4tal cette influence del^t^re. J'avais pr6c6demment indiqu6 des observations faites sur la reproduction des lamproies ( Petromyzon marinus ; L. ). Je desirais surprendre les secrets de la nature h Ten- droit de leur propagation : je crois 6tre de plus en plus sur la voie , grace h Tassistance de M. Coste qui vient de faire operer I'autopsie de trois individus amenes par moi jusqu'au moment de la ponte pour les femelles et d'une fecondation probl6matique pour les males. Nous pouvons. des aujourd'hui connaitre la conformation des organes de ces 6tres extraordinaires , et , j'ose presque le dire , pr^- juger un accouplement. Ne pouvant, sans risquer de leser les organes , entreprendre par moi-meme une dissection au moment favorable, je n'eus d'autre moyen que de faire perir instantan^ment dans Talcool une lamproie femelle, au moment de remission des premiers oeuts, et deux males sur lesquels les organes generateurs me sembl^rent 36 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. le plus d^veloppes. Sans doute, il eM mieux valu pouvoir op^rer imm6diatement Tautopsie , mais j'ai pense que ralcool conserverait les organes dans une integrite qui permettrait encore des observations utiles. En effet, on a pu constater premiferement : que Tabdomen de la fe- melle est garni d'une longue et double s6rie d'ovaires s'^tendant le long de la region des reins ; que ces ovaires s'ouvrent simultanement et permettent Ttoission , la ponte en quelque sorte instantanee de Timmense quan- tity d'oeufs contenus dans le corps de la femetle ; que , chez les males , la longue et double serie des ovaires est remplacee par un syst^me de nombreux testicules ranges en double serie symetrique , occupant la meme place que les ovaires chez la femelle le long de la r(^gion des reins. Ces nombreux testicules aboutissent tous h un long canal termine par un organe gen^^rateur externe , qui n'apparatt toutefois exterieurement qu'^ F^poque du Aeveloppement et de la maturite des oeufs chez la fe- melle. Enfm les spermatozoaires renfermes dans la se- mence extraite des testicules pr^sentent assez d'analogie avec ceux de certains reptiles ; une sorte de t^te ob- longue et pointue , suivie d'un pedoncule , d'un appen- dice caudal ayant de six h dix fois sa longueur. Peut-etre aurais-je du, Messieurs, attendre le retour de M. Goste pour lui laisser le soin d'exposer plus scien- tifiqueraent le resultat d'une premiere investigation , mais vous comprendrez et vous excuserez Pempressement d'un exp^rimentateur qui se hdte de publier en quel- que sorte k son de trompe un resultat , lorsquMl a fallu (les mois d'attenle pour arriver h pouvoir le constater, je devrais dire avec plus de verity, k Tentrevoir. Je viens d'apprendre , avec une vive contrariet(^, que la CONGRES DES ACADJ^MIES. 37 fonte des neiges, en faisant un vaste lac de toute la val- lee, a fait disparailre, en Tentrainant, mon jeune pois- son , a Texception des Iruites conserv^es dans le bassin aboutissant k la fray^re , et d'un trfes-petit nombre de saumons ; j'esp^re encore que quelques-uns de ces der- niers seront , en suivant le fil de Teau , descendus dans un bassin qu'ils n'auront pu franchir ; mais les ombres chevaliers , les jeunes truites et les saumons 6clos de Tan pass6 ont ete probablement peupler des pieces d'eau trop vastes pour pouvoir les y retrouver, avant qu'ils n'aient atteint un assez grand volume pour permettre a nos filets de les ramener ci bord. L'eclosion de cetle annee, se composant d'environ douze a quinze mille poissons, viendra r^parer ce desastre , et j'aurai soin d'obvier a tous les inconvenients que j'ai pu constater pendant mes premieres etudes pratiques sur la pisciculture. M. Quenard annonce qu'il fera une communication sur la pisciculture pratique, lorsque cette question seratraitee dans le sein du Congr^s. M. Ch. Calemard de Lafayette remarque qu'il est trop etranger a la question scientifique que souleve la pisci- culture , mais que le cote economique le touche vivement com me tout le monde. II tient done a constater que , dans la Haute-Loire , les essais tentes par M. de Causans, et dont on avait d^s Fannie derni^re entretenu leCongrfes, ont parfaitement r^ussi. Sur les pressantes instances de la Societe acad^mique du Puy , le Gouvernement avait envoys le sieur Ii6my , fils du regrettable p^cheur des Vosges, qui a opere la fe- condation sur une tr^s-grande echelle, non-seulement 38 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. sur le lac de St. -Front ou M. de Causans a son ^tablisse- nient et ses bassins d'^closion , mais encore sur tons les cours d'eau les plus imporlants du d^partement. M. de Leguille , sous-inspecteur des eaux-et-for^ls , a pret6 bi ces operations le concours le plus utile et le plus eclair^. L'^closion s'est faite , notamment ci St. -Front , dans les conditions les plus heureuses. Plus de trente mille ceufs pris sur des truites pech6es dans le pays ou apportees par le sieur Remy sont arrives k bien , et le jeune poisson se comporte jusqu'^ ce jour comme on pourrait le desirer. Le Gongr^s scientifique du Puy , au 10 septembre pro- chain , sera une occasion pour les savants qu'int^resse la pisciculture de recevoir d'int^ressantes communica- tions sur ce qui aura M fait dans la Haute-Loire. La seance est levee a 5 heures. Vun des Secretaires-generaux , Gh. GOMART. SECTIOJN D*HISTOIRE NATURELLE. STANCE DU 21 MARS. (Pr6sidence de M. de Verneuil. ) La stance est ouverte k 10 heures 1/2. Siegent au bureau : MM. Uobert (de Sainte-Tulle), de Sain te-Hermine, etc. deLori^re, secretaire de la section. M. de Verneuil pr^sente, aux noms de MM. Gollomb et de Lori^re et au sien , la note suivante : CaNGRis DES ACADJ^MIES. 39 PROGRfiS DE LA GfiOLOGIE EN ESPAGNE PENDANT L'ANNfiE 185ZU L'Espagne , ce pays des arts et de la litt^rature , est entree fort tard , on le sait , dans la voie scientifique. Les nobles efforts qu'elle avait faits sous le r^gne eclair^ d'un de ses plus grands souverains ant ete de courte duree , et cependant Teclat en a 6te assez vif pour que les sou- venirs de Charles III soient restes chers k la nation. Des circonstances malheureuses , des guerres ^trang^res et intestines ont produit un temps d'arret temporaire , aprfes lequel aujourd'hui semble se reveiller , plus ardent que jamais, malgr6 un ebranlement passager, le gout des sciences et des etudes qui les developpent. L'abondance des minerais m^talliques pour lesquels , depuis le temps des Remains , I'Espagne est renomm^e , a de tous temps fixe les regards des hommes pratiques ; mais la mineralogie et la g^ologie en ont peu profite , et Ton pent dire que la culture de ces sciences n'y date que d'une epoque recente. G'est ci la fondation de Tficole des mines de Madrid, qui compte environ vingt annees d'exis- tence, qu'il faut faire remonter le principe du mouve- ment qui s'est d^clar6 depuis et auquel on doit attribuer en iSl\7 la creation d'une Acadtoie des sciences et plus tard celle d'une Commission charg6e d'ex^cuter una carte geographique et geologique de la province de Madrid. L'Academie des sciences a dej^ publie un volume, dans lequel on remarque un m^moire du general don Francisco de Lujan sur la geographic et la geologic d'une parti e des provinces de Badajoz , de Seville , Tol^de et Ciudad- /iO INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. Real. L'auteur de ce travail, aujourd'hui Tun des minislres les plus distingues de la Beine , est le protecteur zel6 et liberal des sciences et surtout de celle quMl a cultiv^e lui- memeavec succfes. Ce m^me volume contientaussi un essai d'une description gen^rale de la structure geologique de PEspagne, par M. Joachim Ezquerra del Bayo , inspecteur- g^neral des mines , un des liommes qui ont le plus con- tribu6 k introduire dans son pays le gout de la geologic que dans sa jeunesse , il y a vingt-un ans , il 6tait venu etudier en Allemagne. Pendant le cours de cette annee a du paraitre, ^Madrid, unnouveau volume deTAcademie des sciences, dans lequel M. Ezquerra del Bayo a fait inserer un tableau general des etres organises fossiles decouverts en Espagne jusqu'a ce jour. QuelquMncomplet que soit ce tableau , qui nous a et6 communique par Tauteur, c'est un signe du besoin qu'^prouvent les geologues espagnols de connaitre quelles sont les lois qui r^glent chez eux la distribution des etres organises a travers les depots sedimentaires et de s'assurer que ces lois sont conformes aux principes que proclame la paleon- tologie , principes dont chaque jour accroit Timporlance en en 6tendant Tapplication ci des regions nouvelles. Il est assez singulier que , sous ce rapport , I'Espagne ait produit un ouvrage remarquable a une epoque qu'on pourrait appeler les temps fabuleux de la paleon- tologie. L'ouvrage du Pfere Torrubia, public en i7Zi5 sous le titre de : Apparato para la historia natural espanola , accompagne de ill planches de fossiles , est certainement fort curieux pour son temps, et par les Trilobites , les Ammonites, B61emnites et Pholadomies quMl renferme ; il donne une id^e de la constitution geologique des environs de Molina de Aragon ou nous CONGRES DES ACADEMIES. Ui avons ete plusieurs fois , et ou 6tait situ6 le couvent du bon moine. II faut croire toutefois que les esprits furent peu frapp^s de rapparition de cet ouvrage , car il ne fut suivi d'aucun autre el, depuislors jusqu'a nos jours, il se fait k cet ^gard le plus profond silence. C'est en grande partie k MM. Ez- querra del Bayo , Paillette et Casiano de Prado qu'on doit le reveil de la paleontologie en Espagne. Le premier appela Tattention des savants sur les ossements fossiles du terrain raioc^ne de Madrid , et les deux autres, ayant decouvert, dans les Asturies et dans le royaume de Leon, des fossiles devoniens d'une tr^s-belle conservation, donn^rent occasion ci M. d'Archiac et ci Tun de nous de faire deux memoires sur la paleontologie de ces terrains. Ces memoires qui font suite a des publications geologiques des deux savants que nous venons de citer, parurent dans le Bulletin de la Societe geologique de France , enl8Zi5etl850 (1). Depuis lors, nous pubMmes dans un travail Sw^ la constitution geologique de plusieurs pro- vinces de I' Espagne (2) , quelques lis les des fossiles que nous avions decouverts dans les terrains secondaires. C'est en partie a Taide de ces travaux et en partie a la suite de ses propres recherches , que M. Ezquerra del Bayo a redige le tableau dont nous venons de vous en- tretenir. Il restait encore toutefois a cet 6gard une lacune con- siderable a remplir. Si nous possedions des listes dejci assez nombreuses des fossiles des terrains paleozoiques (1) Bullet, de la Soc, geoL de France , 2. s^rie, \'ol. II, p. Zi58, et vol. VJI, p. 155. (2) Ibid,, vol. X, p. 661. 42 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. de TEspagne, ainsi que des terrains jurassique et cretac6, nous ne savions rien absolumentdesanimaux.qui avaient vecu entre ces deux grandes 6poques. Des g^ologues tels que MM. llausmann , Ezquerra del Bayo et Casiano de Prado avaient bien signale Texistence du trias , repr6- sent6 par des depots considerables de gr^s rouge , d'ar- giles et marnes bigarr^es , de calcaires et de dolomies accompagnes de gypse et de sel; mais personne n'y avait d^couvert de fossiles determinables , en sorte que Texistence du muschelkalk manquait encore de ces preuves paleontologiques apr^s lesquelles le doute n'est plus permis. Nous avions , nous-memes , dans les ann^es prec^dentes, beaucoup ^tendu le domaine du trias , sans y trouver de fossiles. Ce n'est que dans le cours de Fannie derni^re et de cette ann^e que nous avons enfin d^couvert des coquilles caract^ristiques du muschelkalk, telles que des Ceratites voisines du C. nodosus , le Nautilus bidor- satus , les Myophoria IcBvigata et curvirostris, Ces esp^ces si interessantes proviennent d'Hombrados, a Test de Molina de Aragon , et des environs de Mora et de Tivisa , non loin de Tembouchure de TEbre. Nous vous avons dit que la fondation de TAcademie des Sciences avait presque coincide avec la nomination d'une commission charg^e de faire une carte g^ographi- que et g^ologique de la province de Madrid. M. le general Fr. de Lujan en fut le president; M Casiano de Prado , comme vice-president, eut la direction de la partie geolo- gique et travailla avec un z^le qu'on ne saurait trop louer. La geographic fut confine ci M. Subercase , et This- toire naturelle h M. Graells. Nous devons au z^le de cette commission plusieurs rapports tr^s-int^ressants de M. Fr. de Lujan, et deux CONGRIIS DES ACADEMIES. Ii3 essais de cartes g^ologiques , Tune de la province de Ma- drid, et Taulre de celle de S^govie. Convaincu que , pour elre bien comprise , la geologic d'une province ne pent s'arreter aux limites politiques, M. C. de Prado a fait une serie d'excursions dans les provinces limitrophes de celles dont la geologic lui 6tait confine ; et c'est h son z^le in- fatigable que nous devons les deux esquisses dont nous venons de parler, esquisses dans lesquelles la geogra- phic , grace aux travaux de la Commission et ci la carte de M. Goello, offre une exactitude k laquelle on est peu accoutum6 en Espagne. Pendant le cours de cette annee, M. Casiano de Prado a ete charge de faire une carte to- pographique d6taillee des divers gisements de combus- tibles de la province de Palencia. Personne n'ignore que au pied sud et dans les premiers plis de la chaine Canta- brique , il existe des depots de houille d'une haute im- portance. Deux d'entre eux sont dej^ exploites sur une grande echelle , c^ Sabero dans la province de L^on , et h Barruelo, pr^s d'Orbo, dans celle de Palencia. Le Gouver- nement , interess6 k connaifre , pour Tavenir des chemins de fer, I'etendue des richesses de I'Espagne a cet 6gard, a nomm6 au printemps dernier trois commissions. L'une , compos^e de MM. Casiano de Prado et Aldana , a et6 en- voyee dans la province de Palencia; Tautre, sous la direc- tion de M. Ramon Pellico, a du faire une carte du bassin houiller d'Espiel et de Belmez , dans la province de Cor- doue, et la troisifeme , k la tete de laquelle 6tait M. Amalio Maestre, a eu ^ ^tudier les depots de combustibles de San Juan de las Abadesas, en Catalogne. Nous ne pouvons vous donner de renseignements que sur les travaux de la premiere. Malgr^ les troubles poli- tiques, M. Casiano de Prado a poursuivi sans relache tlh INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE* r^tude g6ologique qui lui avait el^ confiee , et y a Con- sacr6 tout Tet^. II a reconnu trois ilots de granit dans la chaine Cantabrique qui , en g6n6ral , en est presque d^pourvue. Les terrains d^voniens et carbonif^res sem- blent y 6tre disposes de telle mani^re que le premier s'elargit aux d^pens du second , a mesure que Ton s'avance vers Touest. Aussi , dans la province de Leon , on trouve peu de fossiles carbonifferes et beaucoup de fossiles devoniens ; tandis qu'au contraire , dans celle de Palencia , les fossiles carbonif^res sont plus abondants que les devoniens. M. Casiano de Prado parait avoir beau- coup ajoute ci la faune carbonif^re de I'Espagne , car il nous 6crit qu'il a trouve plus de cent esp^ces dans la seule province de Palencia. Tout en s'occupant de son travail special , M. Casiano de Prado a fait des excursions qui lui ont permis de preparer une carte g^ologique de toute la province de Palencia et de celle de Valladolid. Nous ne savons rien des travaux de M. Ramon Pellico , si ce n'est qu'apr^s avoir termini son exploration du riche bassin houiller des montagnes de Cordoue , il a et6 , avec M. Aldhama , faire une excursion geologique en Portugal et visiter le terrain silurien de Bussaco, pr^s de Coimbre, si bien decrit par MM. D. Sharpe et C. Ribeiro. Une publication, qui interesse la geologic et qui, depuis quatreann^es, marche avec une parfaiter^gularite, est celle qu'ont entreprise h leurs frais , sous le nom de Revista minera, des ingenieurs des mines, animus du desir d'etre utiles a leur pays et aux sciences , qui en font la veritable richesse. On ne saurait trop louer le z^le de MM. Ramon Pellico et Naranjo y Garza , qui en sont les principaux 6diteurs. Nous signalerons , parmi les memoi- res int6ressants publics cette annee , dans cette Revue , CONGRES DES ACADEMIES. /tS le travail de M. F. de Botella sur la geologie du royaume de Valence (1). Nous sommes d'autant plus disposes a vous recommander la carte g^ologique qui accompagne ce memoire, que nous en avons jet6 les bases , avec notre jeune et savant ami , dans un voyage que nous avons fait ensemble il y a deux ans , et que c'est dans un second voyage que nons en avons , cette annee , arr^te les principaux contours. Le Gouvernement a saisi cette occasion de manifester Tint^r^t qu'il porte h la geologic , en donnant k M. de Botella la recompense qu'il d^sirait , c'est-^-dire , en le chargeant de faire , en trois annees , une carte geologique detailMe de ce m^me royaume de Valence , qui comprend aujourd'hui trois provinces dont les chefs-lieux sont Alicante , Valence et Casteilon de la Plana. Dans ce meme recueil , nous pouvons encore vous si- gnaler une petite notice de M. Lasala, sur les exploita- tions de sulfate de sonde dans les environs de Cala- layud (2). Cette ville, que nous avons visitee Tan dernier avec M. de Lori^re , est au pied d'une cliaine silu- rienne que baignaient , a Tepoque mioc^ne , les eaux d'un lac ou se sont depos^es des marnes et des masses considerables de gypse. L'existence de sulfate de sonde est un fait assez frequent en Espagne , dans les depots de cet %e. Nous en connaissons h Tauste, pr^s de TEbre, en amont de Saragosse; ^Zerezo entre Haro et Burgos ; ci Espartinas , dans la valine du Tage , au-dessus d'x^ranjuez , etc. M. Casiano de Prado , dont nous vous avons dej^ beau- (1) Revista minera , vol. V , p. 562 et 675. (2) Ibid, , Yol. V, p. 724. 46 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. coup parl6 , a lu aussi devant la Sociele geologique de France deux m^moires , Tun relalif k la province de S^govie , dont il offrait la carte , et Tautre sur la Sierra- Morena , les environs d'Almaden et les montagnes de Toledo. Cette region avait 6t6 en partie visit^e , il y a , vingt ans, par un de nos ingenieurs les plus dislingu6s, M. Leplay, qui en avait public une description accom- pagn^e d'une carte geologique. Dans ce travail excellent , qui a 6te traduit en espagnol , M. Leplay ne pouvait avoir pour but de decrire avec detail les divers etages de ce qu'on appelait alors le terrain de transition. Le grand ou- vrage de sir Roderick Murchison sur le syst^me silurien n'avait pas encore vu le jour. Ge travail restait done h faire. Dans un voyage a Almaden et ci travers la Sierra- Morena , entrepris en 1850 , Tun de nous avait d6jci reconnu que cette region presentait deux des divisions admises aujourd'hui dans le terrain paleozoique , savoir : le syst^me silurien inferieur et le syst^me devonien. Depuis lors , M. Casiano de Prado y a fait des voyages frequents et est parvenu a circonscrire sur une carte, et k separer du terrain silurien qui recouvre la plus grande partie du pays , plusieurs lambeaux devoniens. C'est ci lui qu'on doit de savoir que le mercure d'Almaden est compris dans le syst^me silurien, car il a eu la chance heureuse de decouvrir des Graptolithes k Tentree meme des galeries de mine. On sait que le mineral d'Almaden ne se pr^sente pas en filons , mais qu'il a impr^gn6 des couches de schistes et de quartzites. On remarque que le mercure n'y est associ^ avec aucune substance m^tallique, mais qu'il montre une sorte de predilection pour les mati^res charbonneuses ; car k Almaden les schistes qui les con- CONGRilS DES ACADEMIES. ,? C: 47. tiennent sont noirset amp61ileux, et dans les Asturies on trouve du mercure jusque dans des couches de houille. Le m6moire de M. C, de Prado, qui sMmprime en ce moment dans le Bulletin de la Societe geologique, sera suivi d'une description des esp^ces nouvelles , tant siluriennes que devoniennes, par M. Barrande et Fun de nous. La liste des fossiles dej^ connus dans la Sierra- Morena s'el^ve a plus de cent , parmi lesquels on compte une vingtaine de Trilobites. Nous devons vous parler maintenant d'une carte dont la gravure vient d'etre termin^e en 185Zi , celle de la principaute des Asturies , par M. G. Schulz , inspecteur- general des mines et directeur de Tecole des mines de Madrid. Ce travail, qui a coute a son auteurplus de quinze annees d'^tudes et de voyages , dotera une province de TEspagne de ce qui manque principalement h la peninsule et de ce que le pays attend avec impatience : une bonne carte g^ographique. L'auteur compte y ajouter les cou- leurs geologiques et Tenvoyer k Texposition universelle de Paris. Disons , k ce sujet , que ce grand congr^s industriel . semble avoir un certain retentissement chez nos voisins et que, par ordre royal du ilx aotit dernier, les inspecteurs de district ont et6 invites h r6unir des collections par provinces de tons les mineraux , m6taux et combustibles qu'on y trouve pour etre envoyes k Paris. Puisque nous avons parte de cartes , nous serious in- justes envers deux hommes tr^s-remarquables, si nous passions sous silence les cartes de M. Coello. Cette ceuvre, qui fait partie du grand dictionnaire statistique, public par M. Madoz, aujourd'hui ministre des finances, ne saurait etre trop encouragee. Bien que ces cartes man- 68 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. quent d'une premiere grande triangulation , on doit cependanl reconnailre qu'elles valent beaucoup mieux que les carles anciennes. Cinq k six provinces ont d6ji paru , et celle de Castellon de la Plana a 6t6 publi^e dans le cours de Tannic qui nous occupe. Nous ne pouvons pas douter que le Gouvernement ne donne un grand essor k la construction d'une carte tri- gonometrique de TEspagne , quand nous le voyons pro- c^der avec lib^ralite ci Tetablissement d'observatoires m6- t^orologiques , qui seront si utiles pour connaitre le relief du pays d'ou depend son climat si varie. Jusqu'^ Fannie 1853, il ne se faisait gufere , excepte chez le professeur L^on Salmean , ci Oviedo , d'observations barometriques suivies qui permissent d'arriver ci des moyennes de hau- teur , et qui pussent servir de termes de comparaison a des voyageurs qui , munis de bons instruments , auraient voulu determiner la hauteur des principaux accidents du sol. En 1853, M. Casiano de Prado fut charge d'acheter k Paris un baromfetre de fort calibre , fait et compare avec soin, et de le rapporter a Madrid ou ilfut place dans le local de la commission de la carte g^ologique. Aujourd'hui et h partir du 1". Janvier 1854, M. Rico y Sinobas, connu par un travail Siir les secheresscs dc Murcie, que I'Aca- d6mie des sciences de Madrid avait couronne, a 6t6 nomm6 directeur de Tobservatoire m^leorologique de Madrid et y a commence une seri6 d'observations faites avec de bons instruments. Mais 1^ ne s'est pas arret^e rinitiative du Gouvernement. A partir du 1". Janvier 1855 , vingt-deux autres observatoires du memo genre ont et6 institu6s savoir : dans la region du Nord, ou region Cantabrique , ceux de Vergara , Bilbao, Santander, Oviedo el Santiago ; dans la zone m6dilerran6enne, ceux CON(^RES DES ACADEMIES' tl^ de Malaga , Alicante , Tarragona , Barcelone et Girone , et un special dans les iles Baleares. Dans le bassin de TEbre , on compte ceux de Tudela de Navarra et de Saragosse ; dans le bassin du Duero , ceux de Soria, Valladolid et Salamanque ; dans le bassin du Guadiana, ceux d'Albacete, de Ciudad-Real et Badajoz; enfin , dans le bassin du Guadalquivir , ceux de Grenade , Jaen et Seville. Tons ces observatoires , munis de bons instruments faits et compares en Angleterre , ont ete places sous la haute surveillance de M. Rico y Sinobas. Quand , en 1853, on commenga ci faire des observa- tions regulieres ci Madrid , nous nous decidames a em- porter des barom^tres et ^prendre la hauteur de tons les lieux que nous devious parcourir. Nous avons con- tinue , celte ann^e , ce genre d'observalions , et publie dans le Bulletin de la Societe geologique de Finance et dans les Comptes-rendus de I'Academie des sciences, une partie de nos r^sultats (1). Nous avons ainsi determine la hauteur des principales chaines dans Test de TEspagne , et reconnu que le ter- rain tertiaire d'eau douce , avec Planorbes et Lymnees , s'elfeve sur des plateaux quin'ont pasmoins de 1,122 me- tres k Barahona , au point de partage des eaux du Duero et du Tage , sur la nouvelle route de Bayonne a Madrid , par Soria ; qu'il atteint l,/i72 metres au nord de Teruel et h Test d'Alfambra , et l,Zi58 sur les pentes de la Sierra de San-Just , au sud de Montalban. Les principaux pics que nous avons mesures sont le Moncayo, 2,3Zi9 metres; le pic d'Urbion , 2,2/i0 ; le pic San Lorenzo , 2,297 : tous (1) Bulletin de la Soc, geolog, de France ^ vol. XI , p. 66i. Comptes^rendus , vol. XL. Stance du 2 et 9 avril. a 50 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. Irois dans la chaine Ib^rique , qui va de Burgos ^ Sara- gosse; puis la Torre de Salinas, 2,500 metres, un des sommets les plus 61ev6s de ces c^l^bres pics d'Europe , d'ou P^lasge s'est 61anc6 pour disputer aux Maures son pays natal , et commencer cette glorieuse s6rie de con- quotes qui devait se terminer , au bout de sept cents ans , par la prise de Grenade. Cette annee-ci , nous avons mesure le Montcabrer dans la Sierra-Mariola , au nord d'Alcoy, qui n'a pas moins de 1,388 metres; puis, au sud de Teruel , le pic Javalambre dans la Sierra-Cama- rena , qui atteint environ 2,000 metres. C'est une des plus liautes montagnes , sinon la plus haute , de toute la partie orientale de FEspagne entre Madrid et Gastellon de la Plana au bord de la Mediterranee. La seconde en hauteur, a Test de la Sierra-Camai-ena, est la Pena-Golosa (1,810 metres) , point le plus elev6 de ce haut massif qui regne entre Tortose et Teruel , et qui est en general compost de terrain neocomien. Les voyages que nous avons fails en Espagne, depuis six annees , nous ont inspire la pensee de tracer sur une carte les contours des principaux terrains qui constituent le sol de cette peninsule. Cette carte, pour laquelle nous nous sommes aides des travaux anterieurs , tels que ceux de MM. Francisco de Lujan, Casiano de Prado, G. Schulz, W. Pellico, Ezquerra del Bayo , F. de Botella, A. Paillette, Leplay , Elie de Beaumont, Dufrenoy, etc., n'est sans doute encore qu'une ebauche ; mais quelque imparfaite qu'elle soit , elle figurera , reduite a une petite ^chelle , dans deux cartes g^ologiques d'Europe que preparent en Angleterre et en Belgique nos amis, MM. Murchison , INicol et Dumont , et qui ne tarderont pas a paraitre. Pendant le cours de Tannee 185/i , FAllemagne n'est CONGRES DES ACADEMIES. 51 pas restee 6trang^re aux progr^s de la g6ologie en Es- pagne. Le D"". Moritz Wilkomm , connu d^j^ par diverses publications faites a la suite d'un sejour de deux annees dans la p6ninsule, et par une belle carte botanique, vient de publier un volume intitule : Die Halbinsel der Pyre- naen , eine (jeograpkische statistische monographic, Dans cet ouvrage, dont une partie est consacr^e a la geographic physique, Tauteur donne quelquefois des renseignements sur la geologic des pays qu'il a visiles. La Societe geologique de Berlin vient aussi de publier deux memoires qui nous intercsscnt (1). L'un, sur les environs de Santander, par M. A. Erman, est accompagne d'une planchc , sur laquelle sont figures quelques fossilcs du terrain cretace qui entoure la ville. Nous regrcttons que Tautcur n'ait pas consults ce que nous avions dej^ ecrit a ce sujet (2), et ce que M. d'Archiac en a dit aussi dans son Hisloire des progres de la geologie, Le V^ volume de ce bel ouvrage qui vient de paraitre , resume de la mani^re la plus interessante tout ce qui a et6 public sur la craie de TEspagne. L'autre memoire allemand est du a M. Scharenberg (de Breslau). 11 est intitule : Bemerkungen , etc. Re- marques sur la geologie de la cote sud de I'Andalousie, L'auteur y donne deux coupes interessantes : Tune, de Malaga a Antequera , et Tautre , de Velez-Malaga h Alhama. Mais, al'exception des fossilcs deja connus dans le terrain tertiaire de Malaga, il n'en a trouve aucun (1) Zeitschrift der Deutscher geologischen Gesellschaft , vol. VI, p. 578 et 596 ( Berlin , 1854 ). (2j Del terreno cretaceo en Espana, Memoire publie dans le 111', vol. de la Revista minera. 62 INSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE* dans les roches qu'il rapporte au Jura, au trias et ao terrain silurien. A Tepoque mioc^ne , TEspagne 6tait couverle de lacs d'eau douce ou saum^tre , dont les depots forment les plateaux de Tintc^rieur et s'^tendent m6me , quoiqu'assez rarement , jusqu'au bord de la nier. Les coquilles terrestres ou fluviatiles que renferment ces depots ont ele assez peu ^tudiees jusqu'^ ce jour , et il serait tr^s- interessant, sans doute, de les comparer avec les coy quilles aujourd'hui vivantes sur les memes lieux. Nous croyons done devoir comprendre dans notre resume geologique I'ouvrage que M. Rossmaessler vient de pu- blier : Sur les coquilles fluviatiles et terrestres du sud de I'Espagne, region qu'il a visitee lui-meme durant I'ete de 1853. Get ouvrage fait suite a son Iconographie des molliisques d'eau douce el teiirestres d'Europe , et m forme les 13^ et iZi*. livraisons, ,h L'Angleterre n'a rien public sur TEspagne depuis la notice de M. Pratt ; Sur la geologie d'une partie de la Catalogne, qui date de 1852 (1). C'est Tannee suivante , en 1853, qu'aparu le memoire si interessant de M. Carlos Hibeiro : Sur les formations silurnennes et car boni feres de Bussaco en Portugal , avec les notes de MM. Sharpe y Salter et Banbury (2). Ce n'est pas seulement par des ecrits que se propagent et se popularisent les verites scientifiques , c'est plus encore peut-etre par renseignement public dans les grands etablissements de VtidX. Aussi est-ce avec un ve- (1) On the geology of Catalonia. Quat, Journ, of the geol, Soc. of London t vol. VIII, p. 268. (2) Ibid., vol. IX, p. 135. CONGRES DES ACADEMIES. 53 ritable plaisir que nous avons vu fonder k Madrid une chaire d geologie au Musee des sciences naturelles , di- rige par M. Graells dont le nom vous est deja connu. Cetle chaire a ete confiee k un de nos amis , M. Vilanova , qui s'est prepare a la remplir par trois ou quatre annees de residence k Paris et de voyages en Europe , ou il a re- cueilli de belles collections paleontologiques. G'est cette anneequ'ila du commencer son cours. En vous presentant , Messieurs , ce rapide resume des travaux publics en Espagne sur la geologie , pendant Tan- nee qui vient de s'ecouler , nous avons voulu appeler votre attention sur une nation qui en general attire moins nos regards par les progres de ses sciences que par rinstable mobilite de sesinstitutionspolitiques. Puissions- nous , tout en n'etant que juste , avoir laisse dans vos es- prits une impression favorable , et vous avoir convaincus qu'il s'op^re depuis quelques annees , chez cette nation , un mouvement scientifique veritable que la derni^re re- volution ne semble pas avoir arrete. M. le President invite M. de Lanoue a presenter au Congr^s le resultat de ses recherches sur Temploi du phosphate de chaux en agriculture. M. de Lanoue repond qu'ayant eu occasion de signaler dans le departement du Nord un banc puissant de phos- phate de chaux qui appartiendrait a I'^tage senonien ou partie superieure de la craie , il avait et6 amene k se de- mander quelle serait la manifere la plus avantageuse d'en tirer parti dans Tint^ret de Fagriculture. Cette question lui avait semble elle-meme devoir etre precedee de la solution de cette autre : Quel est Teffet des phosphates dans la vegetation ? Or, apr^s un grand 5/i INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. nombre d'analyses , M. de Lanoue a reconnu que si, pour la croissance des plantes , les sels de soude , de potasse , les silicates, les carbonates sont n^cessaires, pour la formation de la graine , la presences des phosphates dans les amendements estune chose indispensable. U r<^sulte, en elTet , de Panalyse des graines des cereales , par exemple, que sur 100 de sels mineraux les phosphates y figurent pour pr^s de 95. Le phosphore joue done un role de la plus haute im- portance dans la fructification , c'est-ci-dire , dans Facte de la transmission de la vie, et cela non-seulement dans le r^gne vegetal , mais encore dans le r^gne animal lui-meme , partout ou est le siege de la vie ; et , pour n'en citer qu'un exemple, la mati^re cerebrale, le sperme des animaux superieurs , la laitance des poissons, en contiennent des proportions extremement considerables. Aussi, une nomenclature nouvelle serait-elle k faire, on devrait changer le nom de phosphore , qui veut dire : porter la lumifere ; et lui donner celui de zoophore , qui voudrait dire : porter la vie. Mais pour en revenir k nos phosphates , il tombe sous les sens qu'une terre , qui n'en a pas ou qu'une insuffi- sante quantity, pourra bien donner une vegetation luxu- riante , si , d'ailleurs , toutes les conditions de la germi- nation et du developpement de la tige s'y rencontrent , mais qu'elle ne pourra fournir ce qu'elle n'a pas et qui est indispensable pour la formation du fruit. C'est ci cela que Ton doit certainement attribuer ces magnifiques experiences degues, et que les cultivateurs savent si bien exprimer en disant : cela pousse bien , mais cela ne graine pas. 11 serait done de la plus haute importance d'^tudier, '* CONGRES DES ACADEMIES. 55 'd'une mani^re plus approfondie qu'on ne I'a fait jusqu'a ce jour , le role des phosphates en agriculture. N'est-ce pas ^ leur presence, en effet, que Ton devrait, non moins qu'a celles des substances charbonneuses et albu- minxes, ces si remarquables effets produits, dans les provinces de I'Ouest, par le noir-animal , compose sur- tout du produit de la carbonisation des os et de la chair musculaire des animaux ? Dans les departements du Nord ou existent des raffineries de sucre , le noir-animal qui y a servi pourrait y etre livre a Tagriculture a des prix tr^s-moderes. Neanmoins , on ne s'en sert pas : les agri- culteurs ont reconnu qu'il ne produisait pas d'effet sen- sible, tandis que transports a Nantes, pour de la se repandre dans les departements voisins et surtout en Bretagne , il y trouve un debouche facile , quoique a un prix de vente beaucoup plus deve. C'est que, sans doute , les terres des departements du Nord contiennent dejci une quantite suffisante de phosphates, tandis que, dans les schistes et les granites de la Bretagne , on est obhge d'en introduire artificiellement une certaine quan- tite. De ces faits , il resulte qu'on ne saurait trop engager les personnes qui s'occupent d'analyses chimiques, a donner exactement la composition des differents terrains, non pas tels que les entendent les geologues, mais bien tels que les entendent les agriculteurs , indiquant, d'une manifere facile a comprendre pour tous, quels sont les eltoents constituants de tels sols et quels sont ceux des plantes; de sorte que, du rapprochement de ces deux tableaux , I'agriculteur , a coup sur , put dire : le sol que je cultive contient tels principes;ce sont ceux qui con- viennent k telles plantes , ce sont celles-loi que je doig 56 INSTITUT DES PROVIINCKS DE FRANCE. culliver de preference; ou il y a lei Element qui manque je vais Tintroduire pour avoir mon sol normal. Le phosphate, toulefois, ne doit pas 6tre consider^ comme un engrais. Cette distinction est importante ; car, bien que passant dans la plante au moyen de la circu- lation de la s^ve pour former , lors de la maturation , la graine , il lui faut etre allid h des substances azotees , ou, pour parler moins scientifiquement, ci des fumiers, pour qu'il puisse produire les excellents resultats qu'on doit en attendre. G'est comme la chaux , la marne , un amendement, un stimulant, qui a besoin de rencontrer une terre con tenant des principes de fecondit6 qu'il mette en activite. Apr^s avoir d^montre Tavantage que ragricullure pent retirer de Tempi oi des phosphates, M. de Lanoue signale, dans le departement du Nord , un banc calcaire contenant 30 k 35 pour 100 de phosphate et ayant 60 cent, d'epaisseur. Ce banc appartiendrait , comme il Pa deja dit, Il retage senonien. Il est d'une exploitation facile : la roche superieure est peu dure ; celle sur laquelle il re- pose est tres-tendre , puisque ce sont presque parlout des sables glaueonieux. Pour 6tre livre a Tagriculture , ce phosphate aurait besoin d'etre pulverise; rien ne serait plus facile, car, independamment de la cuisson , qui permettrait de livrer cette substance comme un melange de chaux et de phosphate, on pourrait aussi uti- liser la force motrice de moulins a vent pour broyer cette roche, qui est trfes-caverneuse , et, par consequent, susceptible d'etre facilement concassee. En Angleterre, ou on a trouv^ aussi, sur plusieurs points, de ces phosphates de chaux, on les a exploites pour I'agriculture , quelquefois meme dans le seul but CONGRilS DES ACADEMIES. 57 d'en extraire Tacide phosphoriqiie. C'esl que , dans ces localites, la roche, si je puis parler ainsi , est presque exciusivement formee de phosphate : je dis si je puis parler ainsi, car , en Angleterre, ces gisements sont dans le crag , c'est-a-dire dans des sortes d'alluvions tertiaires con- tenant de nombreux galets. G'est au milieu de ces galets que se trouve une quantite enorme de debris d'ossements appartenant , pour la plupart , a des animaux de races perdues , mais d'une taille colossale , et ce sont ces ossements memes qui sont recueillis et broyes pour etre livres comnie phosphates, 11 est de ces riches exploitations, dont on a analyse plusieurs fois des echan- tillons , qui contenaient jusqu'a 95 pour 100 de phos- phates. j\l. de Montreuil s'associe pleinement k Tidee emise par M. de Lanoue, quand il dit qu'on ne saurait trop engager les personnes qui s'occupent d'analyses chi- miques k donner exactement la composition des differents terrains qui se rencontrent dans un pays. Dejci, depuis long-temps, le Gongr^s a emis le voeu que des cartes agronomiques fussent faites. Elles doivent etre le point de depart, la premiere chose ci faire, pour toute personne qui s'occupe serieusement d'agriculture. Si la science ne vient pas la premiere nous dire ce dont est compose le sol que nous cultivons, Texperience viendra nous Papprendre ; mais apres combien de ten- tatives infructueuses, de temps perdu et d'argent depense ! Ce que nous reclamons de la science actuellement , c'est qu'elle vienne, avec ses moyens si precis, nous dresser un inventaire exact des mat^riaux qui composent notre sol arable , non pas avec des moyennes , mais indi- quant localite par localite , champ par champ, la 58 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. nature du sol et les ^l^ments qui le composent. De la sorle , les sciences et la chimie en particulier nous auront rendu , k nous autres cultivateurs , un service veritable et auront atteint le but que tous ceux qui travaillent doivent se proposer : procurer une plus grande masse de bien-6tre, en un mot, 6tre utile k tous. Cette ^tude que la chimie ferait du sol sur lequel nous travaillons , nous serait non-seulement utile k nous, mais lui servirait peut-^tre k elle-meme et lui ferait apprecier , k leur plus juste valeur, les fumiers d'etable qu'elle semble traiter si legferement maintenant. Habitant la Normandie , je fais beaucoup de fumiers d'^table , parce que je trouve qu'en en mettant comme engrais, je produis un quart, un tiers plus que je ne produisais autrefois. Est-ce a dire pour cela que ailleurs qu'en Normandie, et ailleurs que dans la partie que j'habite, la meme proportion se soutiendrait? je n'en sais rien , parce que je ne sais si les elements du sol seraient les m^mes. Pour le savoir , il faut faire les cartes clont je parlais , alors reellement les essais, les tentatives, faits Chez mon voisin, pourront m'etre reellement utiles et ne pas , comme c'est arrive souvent , n'etre que Toc- casion de deceptions. Pour en revenir aux fumiers , je me suis parfaitement trouve de leur emploi ; j'ai done cherche a en produire la plus grande quantite possible. Pour cela , j'ai consi- derablement augments le nombre de mes bestiaux : j'ai done pu livrer , sur le marche , un bien plus grand nombre de betes pour la boucherie ; de sorte que , en augmentant mes profits par la vente d'un plus grand nombre de bestiaux , j'augmentais aussi la production de mes cereales. Mais, si je crois la methode que j'ai adoptee la meilleure pour la nature du terrain que je cul- CONGRES DES ACADEMIES. S& live , je siiis loin de pretendre qu'elle doive Mre iinifor- mement appliquee partout ; je repute, comme je le disais en commen^ant, qu'avant de rien decider siir ce sujet il faiit d'abord savoir sur quel sol on travaille. Je deman- derais done que le Congres emit le voeu que les Societes savantes des provinces et les chambres d'agriculture , les cornices el les cullivateurs se preoccupassenl de faire execuler des cartes agronomiques elablissanl la nature des sols el leur appropriation k la culture. M. de Lanoue fait remarquer que plusieurspersonnes consid^rent k tort les cartes geologiques comme la base des cartes agronomiques. Dans les cartes geologiques , on ne s'occupe nullement de la composition mineralo- gique de la roche , mais bien de son age par rapport k la serie des terrains. On pent done avoir compris sous la meme teinle el sous la meme denomination des sols , qui agronomiquement devraient etre distingues. Bien plus , ce qu'il imporle surtout de connaitre a Tagriculteur , c'est le sol arable , Thumus. Or , souvent , pour ne pas dire presque toujours , le geologue , lui , n'indique que le sous-sol, que la parlie dont il imporle moins de con- naitre la composition. M. de Lanoue ajoute que, si Ton veut que des tenlalives soient failes pour composer des cartes agronomiques , il serait Irfes-utile de dresser une instruction deslinee a ser- vir de guide pour ceux qui voudraienl bien s'en occuper. M. de Caumont dit que M. Elie de Beaumont a adresse une circulaire pour la confection de cartes agronomiques a MM. les ingenieurs des mines, dans laquelle illeur laisse la plus grande latitude. Il leur indique les fails les plus interessants a recueillir , laissant a leur appreciation les moyens h prendre pour arriver au meilleur r^sultat. D^ja 60 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCI!. M. Belgrand a fait parailre la carle du d^parlemenl de TYonne , et plusieurs autres se pr^parent pour diff^renls departements. Dans le but d'encourager des etudes dont les resultats devront 6tre d'une si grande utilile pour Tagriculture , ]\J. Calemard de Lafayette demande qu'un prixsoitdecerne au premier qui , dans chaque departenient , fera une carte agronomique , ne fut-ce que d'un canton. La proposition de M. Calemard est adoptee k I'unani- mite. Au sujet des differentes cultures propres k chaque sol , ]\1. Quentin-Durand fait remarquer que, en Bretagne comme en Sologne , on pourrait cultiver avec avantages Tajonc 6pineux , que Ton detruit, au contraire, avec tant de soin dans d'autres parties de la France. L'ajonc epineux, une fois broye, peut parfaitement servir de fourrage. Il a lui-meme construit des machines pour en broyer qui ont parfaitement reussi. Un membre fait remarquer que, depuis long-temps, on a reconnu, en Bretagne, tout le parti qu'on pouvait tirer de Tajonc epineux, et que, depuis long- temps aussi, on le r6colte pour la nourriture des bestiaux ; que , toutefois^ les preparations qu'on est oblige de lui faire subir pour Temployer ont toujours empeche sa culture de se re- pandre; peut-etre n'en sera-t-il plus de meme, ajoute Phonorable membre, depuis que M. Vilmorin vient de Irouver une variete de Pajonc qui n'a pas d'epines et qu'alors les bestiaux pourraient manger sans trituration pr^alable. M. Quenard insiste pour que Ton propage la culture de Fajonc comme nourriture excellente pour preserver les moutons d'une maladie qui semble prendre , chaque CONGRfes DES ACADl^MIES. 64 annee, des proportions considerables, en Berry surtout, la cachexie aqueuse , et conlre laquelle tous les amers , tels que Tajonc et le genet, ont ete reconnus par TEcole veterinaire d'Alfort, comme produisant les meilleurs effets. u i ;^;. L'ordre dii jour etant epuise , la seance est close c^ midi et demi. Le Secretaire , ' G. DE LORIERE. SEAKCE GENERALE DU 21 MARS. ; (Presidence de M. Payen. ) M. le President appelle au bureau : MM. le colonel de Kepecaud , le general Piemond , le marquis de Vibraye , le marquis de Saint-Seine , le vicomte de Cussy , Walalson. M. Ch. Calemard de Lafayette remplit les fonctions de secretaire. M. de Caumont signale les ouvrages dont il est fait hommage au Congr^s : Le cabinet historique , revue trimestrielle destinee a faire connaitre les manuscrits historiques renfermes dans les bibliotheques , par M. Louis Paris ; Dissertation sur t'apostolat de saint Martiat, par M. Pabbe Arbelot ; . Plusieurs publications de la Society imperiale et cen- Irale d'agriculture , deposees par M. Payen , secretaire perpetuel de cette societe ; Bulletin de la Societe des sciences naturelles deSt,^^ Etienne, depose par M. d'Albigny de Villeneuye, delegue. 62 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. L'ordre du jour appelle la discussion de Tart. 2 du programme ainsi cohqu: Quels ont et6 , en 185^, les progrfes de la chimie , principalement dans ses applica- tions k rindustrie et h Tagriculture ? M. Payen a la parole. Le savant academicien expose que les questions de chimie appliqu^e lui paraissent avoir pour le Congr^s un inter^t special, et que neanmoins il croit pouvoir faire connaitre, en peu de mots, quelques faits interessants qui se sont produits dans la marche generale de la science. Toute grande d^couverte, qui parait d'abord n'appar- tenir qu'a la theorie pure , trouve rapidement des appli- cations souvent considerables et tout-a-fait inattendues. Quand les magnifiques travaux de M. Chevreul sur les corps gras ont et6 mis en lumi^re, ils ne parais- saient pouvoir donner lieu k aucune application imme- diate. Le savant , qui y avait consacre une partie de sa vie, a pu cependant voir ses decouvertes porter leurs fruits dans Tindustrie. L'industrie s'en est empar^e avec un immense avantage ; et les revelations de la theorie pure ont eu bientot de grands resultats pratiques. Cette annee , encore a propos des corps gras , il s'est produit un fait scientifique qui a les proportions d'un veritable evenement. Les corps gras se composent de substances faciles a separer. Mais ces corps separ^s, jusqu'ci ce jour la science pouvait paraitre impuissante a les combiner de nouveau. On arrivait presque h nier la possibilite de reconstituer un corps gras. Eh bien , cette impossibilite apparente est vaincue. M. Berthelot vient de trouver r^cem- ment le moyen de combiner de nouveau, apr^s leur CONGRES DES ACADEMIES. 63 Separation par Tanalyse, la glycerine et les acides; il a reconstitue un corps gras. G'est 1^ un fait chimique du plus haut int6r6t. Dans Tindustrie du moulage des bronzes, on se servait jusqu'^ ce jour de poussieres de charbon dont Tusage avait, a la longue, sur les ouvriers la plus funeste influence. II en r^sultait des affections quelquefois mortelles. Et c'etait un fait douloureux que la France, dont les ceuvres d'art et de gout se repandent avec un si grand succ^s dans le monde entier, dut esperer le privilege de sa superiority , dans Tindustrie des bronzes, pour les dangers auxquels cette Industrie exposait Tou- vrier habile , qui lui consacrait une intelligence souvent distinguee. De plus , les poussieres adherant a la peau, obstruant tous les pores , pouvaient encore avoir de cette mani^re de graves inconvenients pour la sanie. Enfin , comme presque toutes les questions d'hygi^ne et de proprete ont une correlation presque conslante avec les fails de moralite , il arrivait encore que la diffi- culte d'alteindre k un degre de proprete ext6rieure convenable faisait perdre peu k peu k Touvrier le gout d'une tenue decente. Le peu de sympathie qu'un exterieur facheux ren- contre dans les foules , dans les reunions publiques , dans les promenades , releguait Touvrier dans Tasile funeste que lui ouvre le cabaret. De 1^ ci Foubli de tout respect de soi-meme il n'y avait qu'un pas. Tant il est vrai que la proprete de Thomme est un des elements de sa dignite. On comprend combien tout cela etait re- grettable. On avait objecte , il est vrai , qu'en certaines autres 6/ INSTITUT DfiS PROVINCES DE FRANCE. industries les conlacts permanenls avec la poussifere des charbons n'avaient pas au m^ine degr^ les m^mes in- convenients. On disait que les niineurs dans les houill^res, ou les fabricants de charbon dans les for^ls^ n'^taient pas atleints , en general , des memes affections graves que les mouleurs de bronze. L'analyse d^montre k M. Payen que les poussiers employes k la fonte du bronze 6taient loin d'etre aussi purs que ceux pris sur le lieu meme de la fabrication. Soit par le fait de quelques sophistications, soit par le melange fortuit de poussiferes etrangeres , il fut pos- sible de constater que tous les poussiers servant k I'in- dustrie contenaient , en general , de 10 a 30 pour cent de mati^res siliceuses, argileuses , et evidemment dele- leres. Restaient, d'ailleurs, toujours les questions de pro- prete et d'hygi^ne. C'est en de telles conditions qu'un ancien mililaire , M. Roux , a imagine de substituer au poussier de char- bon la fecule de pomme de terre. La fecule est blanche, elle n'alt^re done pas, comme le charbon, la proprete exterieure ; les grains ne sont ni durs , ni anguleux ; ils sont meme digestifs. La fecule etait done un agent d'une innocuile parfaite. Ge bienfait scientifique a , en consequence, et6 reyu avec bonheur dans la pratique. La succ^s a ete complet et general. [ m^ Or L'ingenieux auteur de la decouverte a trouv6 tout de suite la juste remuneration de son heureuse pensee. Sa position a grandement gagne. Le gouvernement a accorde au nouveau precede toute son approbation. Un des grands-prix Monthyon a 6t6 de- cerne a M. Roux. G'est done un grand fait chimique, line heureuse decouverte acquise k^ la ;5cience et a Tin- CONGRES DES ACADEMIES. 65 dustrie. Et, on le voit , le succfes ne s'est pas fait al- tendre. Dans la photographie , il y a lieu maintenant de si- gnaler de nombreuses et remarquables ameliorations. Le progr^s accompli , au point de vue de la valeur artistique des oeuvres, est surtout considerable. On sait combien le miroitage etait , dans le principe , d'un effet facheux et quelle insuffisance il en resultait pour la valeur d'art des epreuves photographiques. Ge grave inconvenient a pu etre evite. L'emploi d'un agent nouveau, I'emploi du collodion, en donnant le moyen d'obtenir une image graphique sur un corps tr^s-mince et transparent, a permis de reussir incomparablement mieux que par le passe. Et on pent voir aujourd'hui , chez M. Bisson no- lamment , des epreuves magnifiques susceptibles d'etre multipliees comme les Epreuves daguerriennes , qui sem- blent ne laisser plus rien a desirer et repondre aux plus rigoureuses exigences de I'art. G'est done la, pour 185/i, un tr^s-grand et tr^s-certain succ^s. Pendant ce mtoe temps , M. Niepce , le neveu de I'il- lustre inventeur , s'occupe, avec des chances a peu pres sures , d'importantes et avantageuses modifications qui , par leur point de depart au moins , appartiennent aussi h I'annee 185^ , et fourniront tres-probablement mati^re, Tannee prochaine, a d'interessantes communications. Le Congr^s entendra maintenant avec plaisir, sans doute, quelques mots sur une conquete de la chimie , qui a eu un grand retentissement, mais dont I'historique est tou- jours bon a enregistrer et qui doit entrer , a coup sur , dans I'inventaire annuel des progr^s accomplis par la science. Il s'agit de la decouverte d'un nouveau metal. Tout le monde a entendu parler de ce metal , tout h 66 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. monde sait ce que c'est que raluminium. Voici succinc- tement les fails. L'aluminium avait ete decouvert par Boelher , mais ce savant ne lui avait trouv6 aucune pro- priety applicable. Le corps obtenu 6tait plutot, d'ailleurs, un melange pulverulent qu'un m^tal pur. Un jeune sa- vant fran^ais, M. Sainte-Claire-Deville , a repris le pre- mier cette etude, et il lui a M donn6 de r^aliser les tenta- tives les plus heureuses. Les r^sultats obtenus ont ete tout-a-fait surprenants , et il est permis de croire , dfes k present , a d'immenses consequences. M. Payen produit sur le bureau un fragment d'alumi- nium, et signale dans le nouveau metal les proprietes sui- vantes : extreme legerete ; Taluminium pese la huitieme partie seulement du poids du platine, h peu pres le poids du verre. Il est brillant comme Targent , inalterable k Fair. Sa densite est de 2,56^ D^s son apparition dans le monde scientifique , ralumi- nium a produit, par le fait des etudes consacrees a sa decouverte, un resultat tres-considerable. On a inci- demment accompli un progr^s tr^s-remarquable dans la preparation d'un agent chimique qui sert precisement lui- meme k la preparation de Taluminium. Avant les travaux de M. Deville, le sodium valait 1,000 fr. le kilog.; il en resultait que les operations ou le sodium etait employe devenaient tres-dispendieuses ; Taluminium , par conse- quent, plus cher encore que le sodium, fut reste a des prix inaccessibles. Aujourd'hui, le prix du sodium a baisse de 1,000 k 150 fr. G'est deja, comme on voit, un pas immense, et on n'en restera pas 1^. G'est ainsi qu'on pent esperer voir prochainement disparaitre la seule dif- ficulte qui put s'opposer k Temploi usuel de Talumi- nium. L- : CONGRES DES ACADEMIES. 67 Ce m^lal , lors des premiers essais , 6tait plus cher que Tor ; le Yoici deja d'un prix c^i peine superieur a celui de Targent. II baissera certainement beaucoup encore. D^s- lors, son emploi pent se generaliser rapidement , et void quelques-uns de ses avantages : II pent etre laming , ^tire en fil ; il est inalterable h Fair , k I'eau chaude , a Teau froide , a toutes les ema- nations sulfureuses ; inalterable , enfin , a tous les acides faibles. On lui reproche de manquer de duret6. Resle a etudier , a son profit, la question nouvelle encore pour lui des alii ages. II pourra peut-6tre atteindre , par certains alliages , h un haut degre de durete. Combien avec le cuivre , par exemple , il deviendrait peut-etre dur. II y a done a esperer de cette d^couverte des applications prochaines et infinies. Toutes les decouvertes n'arrivent pas,du premier coup, au but d'utilite pratique qu'il leur est donne d'atteindre plus tard. Si la fabrication economique de la sonde artificielle, si utile a toutes les preparations chimiques , est sortie complete et irreprochable de la premiere pensee de son inventeur ; si le procede Le Blanc , qui , du reste , a la plus grande analogic avec le procede nouveau qui a permis d'obtenir le sodium a un prix six fois moindre que sa valeur anterieure, si le procede Le Blanc s'est repandu immediatement et sans avoir besoin d'aucune modification , dans I'Europe entiere , il est, par contre , une foule de decouvertes precieuses qui n'ont pas dit leur dernier mot , d^s leur apparition. Au debut de la fabrication du sucre de betterave , on distinguait celui-ci du sucre de canne par sa couleur jaunatre. Aujourd'hui, on distingue le sucre de canne 68 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. parce qu'il est moins blanc , et le siicre indigene resle plus Cher que le sucre colonial , parce que le premier est le plus beau. Le Sucre indigene , avec des apparences inf^rieures , valait 12 fr. le kilog. , k son apparition. Aujourd'hui , il vaut 1 fr. 25 ou 1 fr. 50. 11 est meilleur et plus beau qu'autrefois , el, au prix actuel, les fabriques gagnent plus aujourd'hui qu'elles ne gagnaient aux prix enormes des premiers temps. G'est rhistoire de toutes les nouveautes , et il en sera ainsi pour Taluminium. Ses proprietes permettent de lui assigner une foule de destinations utiles , des que les prix aurontbaisse , et ils baisseront. Qu'on voie Thistoire du zinc : Vauquelin , a ses premiers examens , Pa trouv6 Tun des metaux les plus alterables a Tair , aux acides , etc. ; Tun des plus fragiles , cassant a chaud , k froid. On n'en fera rien, disait-on ; ce n'est pas Ici un metal du- rable , et , sous ce dernier rapport , on disait vrai. Qui ne connait cependant aujourd'hui les applications infinies du zinc ? Pour ce metal , si fragile en apparence et meme en rea- lite , on a trouve un degr6 de temperature ou il devient essentiellement ductile. Il reste cassant k toute autre tem- perature ; mais de 60 k 100 degr^s il est ductile. G'etait le metal incontestablement le plus oxydable ; mais Toxyde qu'il produit est le plus inattaquable , au contraire, et son alteration le rend inalterable. L'oxy- dation naturelle ou artificiellement produite lui devient une defense , une cuirasse qui le protege invinciblement. On niait encore la possibilite d'y appliquer la pein- lure. On avail raison. Mais sur Toxydation qui se produit CONGRBIS DS ACADISMIES. 6^ par le fail meme de son alterabilite , la peinture est plus adherente , plus durable que sur tout autre metal. Qui voudrait done nier, aprfes cet exemple Tavenir, de raluminium?La mine est inepuisable ; elle est partout: c'est Targile * que les prix soient reduits , et I'industrie s'emparera bientot de ce nouveau produit de la science. La maladie de la vigne a conduit a demander la pro- duction de Palcool a des mati^res nouvelles. Tout le monde a entendu parler de Talcool d'aspho- d^le. L'asphodfele est une liliacee a racine tuberculeuse qui donne Talcool en quantites qui seraient conside- rables , au moins pour les regions m^ridionales ; car Tasphod^le des regions du Nord parait ne contenir que peu ou point d'alcool. On a pense h la cultiver en grand pour cette destination. Mais , comme il faudrait trois ans de culture ; que lesproduits ne seraient pas suffisants pour payer la valeur des terrains de bonne qualite qu'on lui consacrerait , M. Payen pense que la culture , si elle a lieu , restera circonscrite en de certaines localites sp6- ciales et sur les sols de peu de valeur. L'extraction de Talcool contenu dans les racines de Tasphod^le a produit un fait qu'il faut enregistren Dans cette racine , qui donne en alcool le double de la betterave , Tanalyse chimique n'a pas laisse voir le sucre. M. Payen, lui-m^me, n'a trouve dans les tubercules qu'il a analyses aucune trace d'amidon. L'analyse chimique immediate permettra done seule de decouvrir le prin- cipe Sucre qui pent seul donner naissance a ralcool. 11 y a lieu maintenant d'esperer que la maladie de la vigne cessera ; mais dut-elle ne pas cesser , la production de I'alcool par le grain, la betterave, la canne ou les melasses, suffira aux besoins de la consomrnalion et 7a INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. fera redescendre les prix b. des proportions normales. II sera, d^s-lors , desirable que , si la vigneguerit, le raisin soil employ^ k produire du vin et non plus de Teau- de-vie. , L'extraclion de Talcool de la canne h sucre doit prendre prochainement des proportions consid($rables. Il y a eu des applications tr^s-heureuses et trfes-nouvelles. D'autre part , MM. Dubrunfaud et Le Clay extraient I'alcool de la betterave par un proced6 inappliqu6 jusqu'a present , qui parait r^ussir. Ces Messieurs obtiennent la fermentation sans ex- traction prealable du jus. La fermentation s'accomplit dans rint^rieur des cellules. Le Sucre se change en glucose , puis en alcool , sans operation exterieure , sansdeplacement, sans dechirure des tranches de la betterave. Ici commence une diffe- rence dans la manifere de faire des deux patriciens. M. Leplay agit a I'aide de Teau bouillante : Talcool va- porish arrive dans des recipients , et Toperation est faite. M. Dubrunfaud , Tauteur primitif de la nouvelle inven- tion , a cependant modifie dans sa pratique son idee pre- miere. Il extrait Talcool forme par le fermentation k Taide du lavage m^thodique des tranches de betterave. II obtient ainsi un sue vineux , qu'il distille ensuite par les procedes ordinaires. Les tranches de betterave restent intactes. . Enfm , un troisi^me precede d'amelioration a et^ mis en pratique par M. Champonnois. Ce praticien a pens6 ci employer dans Textraction , non de Teau , pour la ma- ceration , mais bien le vinasse. On introduisait ainsi , il est vrai , une substance etrangfere pleine de mati^res azo- tees qui produisent une fermentation vicieuse. On voulut CONGRfeS DES ACADiSmIES. 71' obvier d'abord par Taddition de certains acides. Mais un resultat plus stir a ete obtenu par une augmentation presque de inoitie, dans la quantity des vinasses ; et loin que cette augmentation ait diminue la production quoti- dienne de sa fabrique , cette production a 6t6 plus con- siderable qu'ant^rieurement. Les fermentations sont beaucoup plus rapides et elles sont affranchies de leurs defectuosites. Dans la meme fabrique, dans les memes appareils dont la contenance reste la meme , on obtient done beaucoup plus d'alcool, en operant neanmoins sur des jus beaucoup plus etendus. Les residus , tranches de betteraves epui- sees , ou mati^res contenues dans les vinasses , peuvent etre utilises ci la nourriture des bestiaux. Ce fait est surabondamment justifie , non-seulement dans la fa- brique meme , mais par des nourrisseurs qui viennent s'y approvisionner de residus. Enfm , pour la rectification des alcools , M. Payen si- gnale aussi de grands progr^s accomplis par la pratique , Tappareil Derosne a ete am61ior6 , avec un plein succes^ par M. Dubrunfaud. M. Payen donne ici des renseigne- ments pleins d'interet sur les pratiques nouvelles d'epu- ralion. En somme , aujourd'hui les alcools de betterave , de melasse et de grain , parfaitement affmes , melanges avec les alcools de Montpellier , prennent le gout irr6- prochable des alcools de deux ans, et Talcool de vin gagne lui-meme a ce melange. Un dernier mot sur Temploi du bois pour fabriquer de Talcool. II y a evidemment possibility d'op^rer ainsi , mais la necessite de consacrer k cette operation une quantite considerable d'acide sulfurique, la rendra tou- 72 INSTITUT DfiS PROVINCES DE FRANCE. jours peu 6conomique, partant impraticable k la specu- lation. La garance fournirait aussi , par les debris de ses raci- nes, de Talcool. Mais c'est 1^ une fabrication accidentelle qui ne peut pas devenir r^guli^re. D'ailleurs , Talcool ob- tenu est d'une odeur fetide. Les huiles empyreumatiques essentielles leur donnent un gout detestable. M. Valenciennes, membre deTlnstitut, entre en ce moment en seance, et est invito a prendre place au bureau. M. Payen termine ici son premier expose sur les pro- gr^s de la chimie industrielle; dans une seconde com- munication, il exposera les progres de la chimie dans ses applications speciales ci Tagriculture. M. Maurenq voudrait savoir , de M. Payen , combien d'alcool on obtient de la betterave et combien du bois. 11 lui a semble que M. Payen avait dit que la betterave pouvait donner de 3 1/2 a 5 1/2 de son poids en alcool , et la sciure de bois 15 ""/o de son poids. Ge resultat de Textraction du bois lui semblerait tres-remarquable et devoir faire etudier encore la question de la production de I'alcool par le bois. M. Payen confirme les chiffres indiqu^s parM. Maurenq. M. de Saint-Seine signale Texorbitante augmentation du prix du tartre qu'on enl^ve autour des tonneaux et des futs qui ont contenu du vin. II craint d'avoir a en conclure qu'on tente , a Paide du tartre , de fabriquer des vins falsifies. M. Payen repond que Tacide tartrique a de nombreuses applications industrielles. Le haut prix depend done de la multiplicite de ces applications , et , ^ ce prix , il n'y au- rait aucun profit a fabriquer du mauvais vin. M, de Caumont remercie le savant acad^micien de la CONGRfcS DES ACADEMIES. mT) fS lumineuse exposition qu'il vient de faire. L'Assemblee s'associe, par d'unanimes applaudissements , aux paroles de M. de Caumont. Au Congrfes scientifique qui s'est tenu k Dijon, au mois d'aout 185Zi , M. Gosse fils avait pr^sente des plaques de ceinturons en fer, trouvees dans un cimeliere de I'epoque m^rovingienne, cila surface desquelles se voient des ob- jets ayant I'apparence de coquilles , et , d'apr^s Tavis de quelques naturalistes , il les presenta comme des coquil- lages marins. M. Nodot, invito ci donner son opinion , ne vit dans ces objets que des boursouflures de fer sulfur^. M. Gosse s'engagea alors a presenter les pieces ci plu- sieurs savants , pour tacher de faire cesser Tincertitude dans laquelle on se trouvait. II rend compte du r^sultat de ses recherches. D'un cote , MM. Deshayes et Alcide d'Orbigny se sont joints a Topinion de M. Nodot; de Tautre , MM. Moquin-Tandon , Valenciennes, Dufresnoy, Bayle , de Senarmont , Rousseau et Gervais , croient que ces boursouflures ne sont autre chose que des coquilles. M. Dumas , consulte comme chimiste , ne pense pas que Ton puisse voir la un oxyde de fer, et penche pour Tavis des derniers naturalistes. M. Gervais a , en outre , decouvert sur une plaque une coquille univalve, qui, selon la determination faite par M. Valenciennes , se rapproche de VEulyma glabcrrima, Ce fait vient forte- ment a Tappui de leur opinion. Pour elucider les questions qu'on vient de poser, M. Valenciennes repond que les corps sont incontesta- blement des coquilles , mais changees en fer hydrate. On peut done s'expliquer parfaitement les doutes des personnes qui les ont examinees; mais, en somme, il est Evident qu'on s'est g^neralement range h Topinion Ix 7A INSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. d^jci exprim6e par M. Valenciennes , que les coquilles emportees dans les croilites oxyd6es sont bien des co-. quilles marines oxyd^es. Elles sont curieuses en ce qu'elles sont essentiellement marines. Elles peuvent servir h des discussions arcMolo- giques , puisqu'il est tr^s-probable qu'elles ont 6t6 mises dans des tombes en hommage h quelque voyageur d6- funt; mais la g^ologie n'a rien k y gagner. En somme, ces corps ne peuvent pas ^tre autre chose que des co- quilles marines , les unes bivalves , du genre huitre / les autres des gasteropodes roarins du genre Eulyme. M. de Caumont invite M. Valenciennes ci choisir une stance ult^rieure pour faire connaitre au Congr^s ses der- niers travaux de pisciculture. > La stance est lev^e. L'ww des Secrdtaircs-gendra ux , Ch. Calemard de Lafayette. SECTION DES SCIENCES PHYSIQUES. SEANE DU 22 MARS. (Pr6sidence de M. le comte de Vigweral). La seance est ouverte ^10 heures. M. le President an nonce que la question h Tordre du jour est celle des ameliorations introduites dans le sol agricole , par Tameublissement ou par les amendementsw CONGRilS DES ACADl^MIES. 75 M. de Caumont signale la progression croissanle de la consommation des amendements calcaires. Les fourneau x ^tablis par MM. Bunel et Mosselmann , dans le d^parle- ment de la Manche, suffisent h peine aux demandes qui leur en sont faites pour Texportation en Angleterre et par nos proprietaires nationaux. II n'a pas de renseignements suffisanls pour trailer des progr^s obtenus dans Tame u- blissement du sol, par des instruments plus puissants qu e la charrue ordinaire. M. de Glocheville ne Iraite ^galement que la premie, re partie de la question. Le Boulonnois , qu'il habite , ver- sant dans le commerce, pour les besoins de Tagriculture, comme pour ceux de I'industrie , d'enormes quantit^s de chaux, dont la qualite superieure et hydraulique est universellement reconnue partout , les ing^nieurs du gouvernement lui accordent la preference. Aussi son ex- ploitation va sans cesse en augmentant ; grace aux che- mins de fer et aux prix reduits de transport qui en sont Teffet , elle arrive k tres-bon marche k Paris et j usque dans le centre de la France. Dans la composition chi- mique de ce calcaire , il entre une proportion notable , 2 ou 3 centi^mes de sels de potasse, qui exercent une heureuse influence dans Taction de Tamendement m6M au sol araire. Par une harmonic en quelque sorte providentielle , la contree possMe, d une tr^s-faible profondeur, la marne, dont les qualites sont les plus propres ci ameliorer le sol sous lequel elle est situee. 11 s'arr^te pour ne pas aborder la question si imporlante du marnage dans toute sa generalite , et dont on conteste I'utilite par la raison qu'il appauvrirait le sol par la suite, en forfant ses re- coltes. 76 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE, Dans la Seine-Inf^rieure , dit M. Mabire , nous am^lio- rons nos herbages situ^s dans des vallees humides par le marnage ; cetle pratique , k peine connue nagu^re , e repand de plus en plus. Le meme d6partement accomplit un autre progr^s agricole par Tadoption de la charrue fouilleuse , dont on appr^cie Timportance pour ameublir la couche inf^rieure du sol , qu'elle rend tr^s-propre aux cultures des legumes, carottes, navets, etc. IVl. de Montreuil ne croit pas que le d^partement de TEure poss^de encore beaucoup de charrues fouilleuses ; c'est un progrfes qui commence. Son avantageux travail d'ameublir le sous-sol, sans le ramener k la surface , est trop utile pour n'etre pas appr^ci^e ; elle execute , dans les terres fortes , argileuses , une sorte de drainage su- perficiel , favorable k toutes les cultures , et principal- ment k celles des c^reales. M. Charles Gomart expose les bons effets qu'on a re- tires , dans la Picardie , de I'emploi de la charrue fouil- leuse pour la culture de la betterave et des c6r^,ales. Get instrument, qui fouille le sol k une profondeur de 30 k U0\ , dans le sillon meme ouvert par le braban , a le double avantage de rendre le sous-sol permeable , sans le melanger avec la tranche de terre amend^e. Les bons effets de la charrue fouilleuse sont depuis long-temps appr6ci6s dans la culture des racines, mais on a re- marqu6 egalement que les c^reales cultiv^es dans les terres ou la charrue fouilleuse avait 616 employee ^taient plus vigoureuses , moins sujettes k verser et ci sc taper au blanc y que celles plac^es dans les circon stances ordi- naires. En effet, les terres ainsi fouillees ont deux avantages : 1. pendant les grandes secheresses d'^te , les racines du h\6 trouvent encore une humidity qui sou- CONGRfes DES ACADEMIES. ^'^^''-'^ i$ tient la tige et nourrit le ble; 2^ pendant les fontes de neigesde Thiver, Teau descend dans le sous-sol ameubli et laisse libre la surface de la terre , de sorte que la tige du ble pousse plus tot et plus vigoureuse. M, Robert de Sainte-Tulle croit devoir signaler a Tat- tention du Gongrfes la charrue k d^foncement d'un me- canicien de sa contree , ou les inventions et les perfec- tionnements agricoles sont rares. Cette charrue ram^.ne , il est vrai, le sous-sol a la surface, et exigerait, par con- sequent, d'enormes quantites d'amendements et d'en- grais. Il faudrait faire de grandes depenses et attendre long-temps pour enrichir le sol , et cet inconvenient est tel qu'il pent nuire a son adoption dans d'autres con- trees. Cependant , comme le fait observer judicieusement M. de Montreuil, il est possible que la nature et les exigences du sol en rendent Temploi utile dans le pays de rinventeur. M. de Vigneral , k I'appui de cette opinion , raconte qu'il a fait d^foncer , k 19 pouces de profondeur , des terres situees en Normandie ; que , par ce d^foncement , il ramenait a la surface des sables grossiers qui ont rendu ces terres d'une fertilite si remarquable , qu'il a pu louer 80 fr. rhectare les memes terres dont on ne lui offrait que 15 fr. auparavant. M. de Morissure pense que les agriculteurs du Midi, qui, jusqu'^ present, disposent de peu d'engrais, se trouveront bien de donner la preference k la charrue fouilleuse sur la charrue a defoncement. On a fait quel- ques essais de cette charrue dans son departement (Eure- et-Loir). Il ne connait pas qu'il y ait eu d'autres progr^s accomplis dans I'agriculture du pays. M. de Montreuil demande la permission d'entretenir 78 INSTITDT DES PROVINCES DE FRANCE. TAssembMe des ameliorations entreprises par lui dans des prairies tr^s-mauvaises et couvertes de la vegetation la plus detestable ; 11 les defriche par la charrue ordinaire, puis par la charrue fouilleuse. Le sol, ainsi ameiiore, sera cultive en avoine , etc., etc.; au bout de trois ans, il sera convert! de nouveau en prairies. M. Mabire conseille d'ajouter le marnage aux amelio- rations dej^ executees. Dans la presqu'ile du Cotentin , il tombe peu de neige , peu de pluie; le sol n'y est jamais trop humide. La charrue fouilleuse y a ete peu employee , probablement parce qu'elle y est peu necessaire. M. Calemard de Lafayette pense qu'une des pratiques les plus utiles employees depuis peu , dans son departe- ment de la Haute-Loire , consiste dans Thabitude prise par les proprietaires d'occuper , lors de la cessation des travaux agricoles , les ouvriers de leurs contrees k Tex- traction des pierres, k Taide du bident , espfece de bfeche k deux dents , par laquelle cette extraction est rendue prompte et facile. Les ouvriers de Tagriculture se trou- vent ainsi retenus dans le pays , et il y a lieu d'esperer qu'on ne sera plus expose k les voir emigrer et rendre la main-d'ceuvre si ch^re , qu'on a ete oblige , dans les der- nieres annees , d'accorder aux moisonneurs le prix de 3 fr. et la nourriture par chaque journee de travail. Les lerres , debarrassees des pierres , deviennent propres k la culture du lin et des plantes sarciees. Sur la question des amendements , il fait observer que leur administra- tion devrait 6tre reglee et dirigee par des connaissances exactes , sur la composition et sur la nature des sols , qui varient , pour ainsi dire , k chaque pas dans sa contree. CONGRfes DES ACADEMIES. 79 M. de Montreuil demande si la science est arrivee b. connaitre et k fixer cette th^orie de ram^lioration des terres les unes par les autres II ne pense pas que la ques- tion soit resolue , et il est n^cessaire que de nombreuses experiences viennenl Teclairer , pour que la pratique con* firme. C'est elle qui eclairera la science. M. Mabire croit qu'il faut poser en principe Tameliora- tion par les contraires, I'argile par la craie, et vice versa. M. de Morissure fait observer que les frais de trans- port rendent souvent de telles ameliorations impossibles. M. Galemard de Lafayette conclut de tout ce qu'on vient de dire , que la question est loin d'etre resolue ; que la science ne s'en est pas suffisamment occupee. Le Con- gr^s aura servi k faire faire un pas en avant en signalant cette lacune. II faut que la pratique et la science se rencontrent souvent. Le meilleur moyen , selon lui , se- rait de demander que le gouvernement cherch^t k encourager de tout son pouvoir ce contact si utile au d^- veloppement de la richesse du pays. M. de Vigneral ne connait pas de meilleur moyen , de moyen plus profitable, que les conferences nomades; les conferences de ce genre , successivement stabiles par MM. Petit, Girardin, Bonnet, Mori^re , dans leurs de- partements, ont eu les meillcurs resultats. Partout, Tessor a ete remarquable. Comment se fait-il que, loin d'en- courager Penseignement agricole , on lui ait cre6 des obstacles, dans quelques departements ; que les institu- teurs prim aires , par exemple , aient regu de leurs con- seils acad^miques Tordre de cesser tout enseignement agricole, sous peine de destitution, c'est-a-dire sous peine de mort? Au moins devrait-on etablir des confe- rences agricoles dans tous les departements. 80 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. M. de Montreuil admet que les conferences nomades soienl provoqu^es par les cornices agricoles et par les so- cietes d'agriculture , par les conseils gen^raux , lorsqu'ils en reconnaissent rutilit^ ; mais il ne les veut pas impo- s^espar le gouverneinent; il ne veul pas augmenter le nombre des fonclionnaiies. Le Conseil academique dont a parle M. de Vigneral apu avoir ses raisons de ne vonloir pas degouter de Tagriculture des enfants qui lui sont destines, en les for^ant h. Tapprendre comme le calcul, com me le calechisme. M. de Vigneral regrette de dire que le departement de rorne n'a pas tenu compte de To If re qu'il avait faite dans son Cornice de mettre la charrue fouilleuse h. la dis- position de ses compatriotes. Personne n'a ele tente de s'en servir. Mais ce departement a suivi sa voie dans les amendements par la chaux. Aujourd'hui, un seul ar- rondissement compte quarante-deux fours destines h sa production. M. Calemard de Lafayette desirerait qu'on put lui dire dans quelle proportion on repand cet amendement sur le sol , et dans quelles circonslances il est plus particu- lierement employe. M. de Vigneral repond que , dans le departement de rOrne, on s'en est f)rincipalement servi dans les defriche- ments de bruy^res. La ferme-ecole du Sault-Gaultier , di- rigee par M. Louvel , a donne Texemple , et cette ferme a eu mi tel succ^s de pays , quMl faut s'y faire inscrire trois annees d'avance pour y etre admis. Dans le departement de la Somme , Tabus a suivi la pratique , et il est devenu proverbial de dire que si la marne enrichit le p^rc, elle ruine les enfants. Mais la charrue fouilleuse y a eu le plus grand succfes dans les cultures de ble et de colza. 11 CONGRIIS DES ACADEMIJESv ?V 1 g| a employe le plantoir Ledopt pour planler en quin- conce le colza , et il a pu faire ainsi une economie no- table sur la semence. Dans un d^parlement voisin, le Pas-de-Calais , M. Lhermite , m6canicien k Beiiincourl , a eii la pensee d'adapter a la charrue ordinaire nn ferre- ment qui defonce le sol en meme temps que le labourage se fait; on pense voir cette modification nouvelle au prochain concours agricole. M. de Lanoue pense que, pour r^pondre a M. Calemard de Lafayette sur la quantite de calcaire a repandre sur un sol qu'on veut amender, il faut tenir grand compte de la division de cette mati^re. Une des premieres conditions parait de laisser sur la marni^re deux ou trois annees le calcaire qui en a et^ extrait. L'atmosph^re le fait passer a Tetat de carbonate, et le rend plus soluble par consequent. 11 y a peu de temps encore que nous ne faisions aucune attention aux sels de sonde et de potasse contenus dans ces calcaires , et qui nous ont ete demontres par JViM. Kulmann et Beziers. G'est la potasse qui parait donner au calcaire bleu de Tournai ses heureuses propri^tes hy- drauliques, et ce qui rend Taddition des calcaires me- langes de sels de sonde et de potasse tr^s-utiles, neces- saires meme , sur les sols ou Ton veut culliver les plantes qui en contiennent beaucoup, comme le tabac, la betterave. M. Calemard de Lafayette dit qu'il resulte , suivant Torateur precedent , que les analyses chimiques des ve- getaux cultives devrait preceder la science des amen- dements. 11 regrette que MM. de Sussex et Gomart n'aient pu satisfaire k la mission donn6e par une pr6c6- dente session du Congres , de rassembler ces analyses et de les publier. 82 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. Le Congr^s s'occupe ensuite de la seconde partie de la question, celle de ram61ioralion des terres par le drainage. Dans le d^partement de TOise , selon M. de Montreuil , il y a eu une grande impulsion donn^e par une compa- gnie puissante. M. Ch. Gomart dit que le drainage a ^t6 mis en pratique, pendant Tannee 185Zi, sur une grande 6chelle, dans Tar- rondissement de St.-Quentin. Sous les auspices du Co- mice, qui a introduit une machine ^ fabriquer les tuyaux de drainage , trois proprielaires de Tarrondissement de St.-Quentin : MM. Thery, de Grugis ; Dolle , de Giber- court ; du Ghatelet, dTlinacourt, ont draine plus de 100 hectares, avec le secours d'ouvriers draineurs fournis par la Society agricole de drainage de TOise. Les resultats ont 6te remarquables. M. Quentin-Durand pent assurer qu'on revient au drai- nage par la perforation des couches de la terre. Les uns pr^f^renl de petites sondes de 35^ de diam^tre, et lorsque le trou k travers la couche impermeable est oper6 , on retire la sonde et on la remplace par une perche en bois , ; dontla presence suffit pour faeiliter Tecoulement des eaux^ Pourcontenter ses pratiques, il fait construire six grosseurs de m^ches. Un delegue du d^partement de la Loire raconte les difficultes considerables dont il a fallu Iriompher , avant de pouvoir operer le drainage dans la plaine du Forez , dont les etangs poissonneux sont pour les proprielaires une source imporlanle de revenu. Il a fallu proceder au nom de Tinteret public pour apporler cette amelioration non-seulement agricole , mais encore hygienique , dans lacontr6e CONGRES DES ACADEMIES. 83 Le d^parlemenl de la Haule-Loire , dit M. Calemard de Lafayette, sous Tinspiration de M. de Brives, president de la Soci^t^ d'agriculture , est entre dans la pratique du drainage. Les 616ves de la ferme-ecole ont dirige partout, avec succ^s , les travaux. M. Mabire rappelle les services rendus par les con- ducteurs des ponts-et-chauss6es dans le d^partement de la Seine-Inferieure. L'ing^nieur en chef du departement, anime des meilleurs sentiments , avait convoque prece- demment et instruit tons ses subordonn^s , qui ont pu repandre partout les bonnes methodes de drainage. M. de Vigneral croit que le drainage rencontre encore des difficultes ; les tuyaux sont chers ; ils coutent 27 fr. )e mille; si on avait pu obtenir dans son departement une subvention pour Tachat d'une machine propre ci leur fabrication, ils eussent pu ^tre livres au prix de 15 fr., prix qui en eut rendu possible Tacquisition aux petits propri^taires qui couvrent le departement, dont le sol est tr^s-divise. Une des difficultes du drainage consiste dans Tobstruc- tion des tuyaux. On a eu I'occasion d'observer qu'un de ceux-ci, destine k Tecoulement d'eaux ferrugineuses , avait 6t6 bouche par une concretion. M. de xMorissure croit que la penetration de Fair de- vrait surtout etre evitee dans les drains que de telles eaux doivent parcourir. Les carbonates ferriques se fer- ment, se deposent surtout par le contact de I'atmosphfere. M. Calemard de Lafayette croit qu'un obstacle a Tadop- tion du drainage , pour les prairies , se trouve dans I'opi- nion arretee chez les gens de la campagne , que les prai- ries n'ont jamais trop d'eau. M. Quenard, dans le departement du Loiret, a draine 84 INSTITDT DES PROVINCES DE FRANCE. avec des tuiles creuses, preferables, selon lui, aux tuyaux. Pour prevenir rintrodnction des racines dans les drains , il suffit de faire un fosse k distance des plantations des arbres de haute tige. Les arbres fruitiers, n'ayant pas leurs racines profond^ment enfoncees sous terre, ne pre- sentent pas les memes inconv^nients. M. Mabire croit le drainage tout-^-fait inapplicable dans les terrains planle?. M. de Caumont explique la question 7*. , posee en ces termes : Par quels moyens mecaniques pourrait-on ' u rendre prod ic lives les terres rocheuses un peu pro- fondes? II voudrait que la mecanique, qui a fait tant de choses utiles, livrat c^ Tagriculleur un instrument contondant , propre ci reduire en poudre des materiaux qui seraient tr^s-fertiles ou fertilisants sans leur cohe- sion ; ce sont les roches que la geologic range sous le nom de la grande oolitbe. M. Destourbet applaudit a cette pens6e de M. de Cau- mont. Dans la Cote-d'Or, on casse et on brise en poudre, pour les repandrc sur les champs , des pierres qu'on en extrayait avec soin , pour les porter sur les routes , etc. Cette methode a ete tres-profitable ; les cul- tures ont mieux reussi , les sainfoins y durent main tenant trois annees. Ce departement appartient au meme etage geologique. M. de Vigneral , dans le departement de TOrne , ou de telles roches se rencontrent, avait pens6 que la charrue fouilleuse rendrait des services ; mais il fallait , tons les deux jours , la conduire ci la forge et avoir h payer 6 fr. defrais; elle n'est done applicable que lorsque le sous- sol est moins consistant , et M. de Vauquelin s'en est tr^s-bien trouve dans son application h son domaine. CONGRfeS DES ACAD^ailES. iis/if 85 La 8*. question : EsWl vrai que les terres ancien- nement cultivees perdent leur fertilite, etc.? est mise en discussion. M. de Montreuil ne connait de terres anciennement cultivees, ayant perdu leur fertilite , que celles qui sont mal cultivees. La terre n'est pas une bourse ou Ton puisse toujours prendre sans rien mettre. M. de Vigneral pense egalement que les cultures abu-^ sives , comme celles du ble , dans le San terre , ou on le recolte tons les deux ans , est propre ci epuiser le sol , et on arrive ci n'avoir que des cereales de mediocre quality. Le poids du sac de ble , recolte dans cette contree varie de 130 k l/i3 kilog. ; dans TOrne , le meme sac p^se 155 et meme 160 kilog. II en est de meme des avoines, qui ne sont nullement comparables, pour le poids et pour la qualite , aux avoines de Bretagne. M. Mabire prefererait une terre qui se serait repos^e pendant neuf annees a la terre la mieux cultivee. Souvent la jach^re est le fumier qui coute le meilleur marche. La Bretagne a de tr^s-belles recoltes sur ses defrichements , et generalement on recolte , pendant trois annees , de bonnes moissons sur les terres vierges. M. de Clocheville se range k Tavis de M. de Montreuil et il croit que la fertilite du sol s'accroit par la culture , si celle-ci est intelligente. Dans la Flandre , la meme pi^ce de terre donne deux et meme trois recoltes, quel- quefois meme une quatrieme. M. deCaumont rappelle qu'il avait pose cette question, pour savoir si des elements absolument indispensables ne disparaissent pas du sol ci la longue. Le Calvados, dans ces trois dernieres annees, a recolte pour ZiO, 000,000 de colza , et le sol ne parait pas en avoir ete rendu 86 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. moins propre k celte culture. On lui rend , il est vrai , tout ce qu'on peut lui rendre des detritus de cette plante, tourteaux el tiges. Il croit devoir signaler cetle coinci- dence remarquable , que c'est dans les lieux quMl avait reconnus comme ayant ^16 le siege des habitations ro- maines qu'il a trouv6 cette culture plus r^pandue. M. de Montreuil fait remarquer que la question s'est beaucoup eloign^e de son point de depart. On a dit que le repos de la terre 6tait la meilleure condition pour des r6coltes abondantes. U ne peut admettre cette opinion ; ce qui lui parait convenable , c'est de substituer une r6- colte k une autre , qui fournisse au sol les mat^riaux enlev6s par la recolte pr6c6dente, et qui ne demande rien des materiaux enlev^s. Il s'appuie sur Texemple des cultures potag^res. Il y trouve des exemples que Tagri- culture s'efforcera de plus en plus d'imiter par des r6- coltes varices et continues, lorsque la population plus nombreuse , plus instruite , le rendra possible. Il cite , sous ce rapport , le comte de Norfolk comme la contree qui lui parait la plus avanc^e, sous ce' rapport. La terre y a 6te rendue fertile ci une grande profondeur , elle s'y montre plus amoureuse, comme on dit dans le pays. M. de Lanoue ne croit pas qu'on puisse repondie a la question par une r^gle generale. Il y a des sols qui ne s'epuisent pas : le limon du Nil , celui qui couvre le nord de la France. Il y a des terres qui , dans d'autres conditions, sont neanmoins d'une fertility aussi remar- quable. Dans le Midi , il connait une grande terre , pos- s6dee par un de ses voisins , qui pr6senterait , suivant Tassertion de celui-ci, cette remarquable contradiction, qu'elle produirait moins quand on la fume; aussi le propri^taire se borne h un simple labour. Cette terre est CONGRfeS DES ACADEMIES. 87 plac^e sur le sommet d'un c6teau. La fertility, d'ailleurs, n'a pas ^galement 6te excit^e partout par la m^me quan- tity de fumier : 1000 kilog. de fumier ne jouiront pas par- lout de la meme puissance produclrice. Cela tient 6vi- deinment k la difference du sol. Mais lorsqu'on parle de la composition du sol , il faut bien s'entendre. II faut done savoir la composition mineralogique et la composi- tion chimique. Le Limousin a un sol ou Ton trouve le calcaire, mais ^ Tetat de silicate , par consequent inso- luble ; les cer^ales y viennent mal et ne donnent au cul- tivateur que de maigres r^coltes. Quoi qu'il en soit, pour rendre un service , nous savons qu'il faut y nourrir les v6gelaux qu'on veut y faire pousser et pour cela qu'il faut ajouter au sol la nourriture appropriee a ces veg^- taux, des materiaux organiques dont les elements se resolvent en eau, carbone, azote, Facide carbonique , qui rendent les calcaires solubles. L'orateur developpe ses opinions sur les ameliorations chimiques dont le sol est susceptible. M. de Vigneral a compris aussi la question en ce sens qu'il n'est pas vrai que les terres convenablement cultiv^es s'^puisent : il cite la terre de Gavrus , pr6s Caen, dans laquelle il a vu faire trois r^coltes suc- cessives de colza, dans lesquelles les produits se sont montres de plus en plus beaux. Il connait dans la paroisse de Vendeuvre ( Somme ) , telle parcelle de terre ou Ton cultive constaroment la betterave depuis trente-cinq ans. Le sol est calcaire , et la pauvre famille qui le cultive n'emploie pas d'autre engrais que celui des nombreux pores qu'elle el^ve. Dans le meme pays , M. de Renneville a etabli ses recoltes d'apr^s un systeme qui lui parait tr^s-avantageux; le ble ne revient que tous 88 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. les sept ans, sur la mtoe pifece ; il en conclut que, dans les terres calcaires , plus on 61oigne les r^coltes de c6- reales , plus on a de succ^s. M. Calemard de Lafayette, en entendant des hommes de valeursoutenir la jach^re, dit qu'il faut admettre quMl y a, en elTet, des circonstances ou elle peut etre utile; mais lorsqu'on pourrait rendre chimiquement au sol les ma- t^riaux qui lui manquent comme plus tard les l^gumi- neuses aspireront dans Patmosph^re certains principes qui lui sont indispensables , on se dispenserait de toute jachfere ; car on ne peut admettre que la terre ait des caprices. La culture potagfere, invoqu^e par JVl. de Mon- treuil, prouve precisement la n^cessite de rendre au sol les mat^riaux qui lui ont ete enlev6s , ceux qu'on fait par les engrais multiples, comme par les variations suc- cessives des cultures. II a reconnu aussi que les lieux oil Ton trouve des traces des habitations romaines ont les terres d'une fertilite remarquable. Done , la terre ne s'epuise pas par la prolongation des cultures. Les pluies rendent, en partie, au sol les mat^riaux azotes enlev^s par les recoltes , comme I'ont prouve les observations de M. Barral. M. le general Remond est frappe de tout ce qu'il entend. 11 lui semble qu'au fond tout le monde est d'accord. La terre retrouve sa fertilite par Taction de Tatmosphfere , par les engrais ; mais il faut varier les as- solements. Tel est le resultat de toutes les opinions. M. Mabire objecte ci ceux qui lui disent qu'en Flandre on a de belles recoltes sans jach^re, qu'on en aurait probablement de plus belles avec la jach^re d'une ann^e, apr^s une periode de sept ou huit ans. Il regarde cette pratique comme excellente. Il n'admet pas d'assolement CONGRflS DES ACADEMIES. 89 d^termin^ ; seiilement on peut dire : avec les prairies artificielles , il est indispensable de nettoyer le sol par des cultures sarcl^es. Quand la terre vierge est bonne, elle est preferable sans doute ; mais il faut qu'elle soit bonne , autrement il pref^rerait une terre qui aurait ete cultiv^e ; en resume , il croit la jachere bonne pour rer- taines terres. M. Deslourbet croit que la fertilite de la terre est en raison directe de la prolongation de sa culture, si elle a ete bien conduite. M. Quenard fait observer que ses experiences I'ont conduit k regarder I'exc^s du marnage comme nuisible aux cereales. Les prairies artificielles corrigent ce defaut. Les engrais animaux sont tout-a-fait indispensables ; ils rendent au sol les phosphates dont la presence est in- dispensable a la culture du ble. La stance est levee h midi et demi. Le Secretaire , \^ ch. de BOUIS. SEANCE GENERALE DU JEUDI 22 VARS. ( Presidence de M . Payen, ) Sont appeles a sieger au bureau : MM. le docteur Mes- lier , d^legue de la Societe de Statistique de Marseille ; Gamille de Beaulny , president du Cornice de Rouen ; Millard , ancien depute , del^gue de la Societe d'agricul- ture , sciences et arts de PAube ; le colonel Repecaud , del^gue de Tacademie d' Arras ; le general Remond , 90 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. d61^gu6 de Seine-et-Oise ; Deslourbet , president du Co- mice agricole de la Cote-d'Or. Le proc^s-verbal de la stance gen^rale du 21 mars est lu et adopts. M. Payen continue d'exposer les progr^s de la chimie , dans son application k Tagriculture , durant Tann^e 185Zi. II cite rintroduction en France du proced^ Shutzemback pour Textraction du jus de la betterave , k I'aide du lavage de la pulpe h froid , proc^de mis en usage depuis cinq mois , chez M. Perier , k Flavy-le-Martel ( Aisne ). Ordinairement, dit-il, les betteraves, divis6es en pul- pes par la rdpe , sont soumises a une presse hydraulique , pour en extraire le jus. Sous Tinfluence de cette pression assez forte , puisqu'elle represente un poids de 500 mille a 900 mille kilog. , agissant sur la surface d'un piston de 25 k 30 centimetres de diam^tre , on retire environ 80 pour /o de jus, maximum des produits obtenus. M. Pelletan avait, il y a quelques annees, invente un procede tr6s-ingenieux d'extraire le jus de la bette- rave de la pulpe , au moyen de levigation. Le levigateur- Pelletan , qui est encore au Conservatoire , se compose d'une serie d'auges , plac^es en Plages , et dans chacune desquelles se trouvait une vis sans fm pour faire remonter la pulpe d'un vase dans un autre , tandis que le jus descen- dait d'une auge dans une autre. Ce proced6, d'une theorie irr^prochable, a donne d'abord les meilleurs resultats dans la pratique , puisqu'on obtenait des jus plus purs que par Tancien procede, au moyen d'une addition de 20 pour ''/o d'eau; mais au bout d'une semaine , il n'a plus fourni que des resultats tr6s-d6favorables. En effet , dans cet appareil continu, on a remarque un grave incon- gongre:s des academies. 91 v6nient, qui provenait de Timpossibilit^ ou Ton etait d'emp6cher qu'une petite quantity de pulpe ne s6journ^t au fond du lavoir. Or , cette pulpe , au bout d'un certain temps de s6jour, formait un levain, un ferment, qui, agissant sur le jus, transformait le sucre en un produit sans valeur. En 1853, M. Shutzemback a rendu manufacturier le proc6d6 du lavage k froid de la pulpe. Voici en quoi consistent les innovations qu'il a introduites : il dispose en stages dix vases cylindriques , k deux fonds , separes par une toile m^tallique perc^e de rainures circulaires. Chacun de ces vases est muni d'un agitateur mu par la vapeur. L'eau arrive dans le vase superieur et, apr^s avoir lave la pulpe qui s'y trouve, descend dans le double fond , d'oiii elle est conduite , k Taide d'un tube siphon , dans la partie superieure d'un second vase, dans lequel se trouve 6galement de la pulpe ci laver ; du second vase ^ Teau , d6ja chargee de sucre , passe par les memes moyens dans un troisi^me vase ; elle lave ainsi successivement la pulpe contenue dans les dix vases. L'eau s'est alors chargee des principes sucr^s contenus dans les cellules saccarif^res de la pulpe dechiree, et elle se trouve transformee en un jus parfaitement pur et bon pour toe envoye a la chau- di^re. La pulpe, sur laquelle Teau pure a ete jetee, etant compl^tement ^puisee, est retiree du vase el egouttee, au moyen d'une presse , pour etre donnee aux animaux. Le vase , apr^s avoir ete bien nettoye et rince k Teau claire , est recharge de nouvelles pulpes sortant de la rape , et , de premier qu'il etait , il devient dixi^me , c'est-a-dire celui dans lequel le jus des neuf autres arri- vera , avant d'aller a la chaudi^re. On comprend ainsi que Tinconv^nient signal^ dans le 92 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. l^vigateur-Pelletan ne peut avoir lieu et qu'aucun fer- ment n'a le temps de se d^velopper. Ce proced6 , mis en usage depuis cinq mois , chez M. A. P^rier , h Flavy-le- Martel ( Aisne ) , est tr^s-remarquable et a donn6 d'ex- cellents r6sultats, puisqu'il a obtenu plus de sucre que paries moyens ordinaires et des produits magnifiques. En ajoutant environ 10 "; d'eau , on extrait la totality du jus contenu dans la pulpe , c'est-^-dire 98 kilog. de jus pour 100 kilog. de betteraves, tandis que par Tancien proced6 on ne retirait que 70 a 80 kilog. de jus pour 100 kilog. de betteraves. Ce proced6 a 6t6 adopte egalement par MM. Baillet et Gouvion-Deroy , de Denain, pour la fabrication de I'alcool avec le jus de la betlerave , et il a donne egalement les meilleurs resultats. M. Gomart demande a M. Payen s'il croit que la pulpe lavee soit aussi nutritive pour le b6tail que la pulpe press^e, et si Taddition de 10 ''/o d'eau au jus de la bette- rave ne doit pas necessiter une plus grande d^pense de combustible pour I'evaporation. M. Payen repond que la pulpe lavee contient a peu pres les memes substances nutritives que la pulpe press^e, la difference n'est pas aussi grande que quelques personnes se Timaginent. En effel, les residus ont con- serve toutes les mati^res azotees insolubles et n'ont plus les sels solubles qui avaient Tinconvenient de rendre la nourriture purgative. Il cite des lettres de MM. Baillet et Gouvion , qui prefferent la pulpe lavee a la pulpe press6e dans Talimentation du betail. Quant ci la d^pense necessitee par I'evaporation des 10 /o d'eau ajoutes au jus de la betterave , elle est insi- gnifiante, si Ton compare la quantite de charbon employee cette ann6e et Tannee pass6e , chez M. Perier , pour eva- CONGRi:S DES ACADEMIES. tBYl 99 porer le m^me poids de betteraves raphes ; car un peu d'eau ^tait egalement necessaire pour Textraction du jus avec la presse hydraulique. M. Maurenq demande si le principe sucre encore con- tenu dans la belterave pressee n'est pas favorable ^ la nourriture des bestiaux. M. Payen repond que le sucre joue dans Falimentation le role de Pamidon , qu'il fournit la chaleur , mais que ce sont les substances azotees qui sont la base de la nourri- ture ; que la pulpe pressee qui n'est donnee au betail qu'apr^s avoir ^t6 mise en silos , ne contient plus alors beaucoup de sucre , et qu'elle est donnee aux animaux avec d'autres aliments. M. Payen passe ensuite ci Texamen de la 9^ question, ainsi formulee : Quelles donnees nouvelles a-t-on ac- quises sur la valeur relative des engrais? Les donnees nouvelles acquises en 185Zi, dit-il, con- firment les experiences faites pr^cedemment. Cependant il signale un fait capital, c'est que rx\ngleterre et la France sont aujourd'hui d'accord sur la theorie des engrais. La theorie priraitivement adoptee en Angleterre consistait a croire que les plantes pouvaient puiser dans Fair les composes azotes utiles ^ la nutrition des plantes , de fagon qu'il suffisait de mettre des substances mintoles sur les terres. En France, aucontraire, on considerait que les mati^res azotees jouaient un grand role dans la nutrition des plantes, et qu'il etait necessaire de repandre sur le sol des engrais mineraux pulverulents. Les choses en etaient la, lorsqu'en 18/i9, un grand agriculteur anglais , M. Lav^^s de Rothamstedt , ^tablit un laboratoire magnifique , dans lequel il fit bruler jusqu'a quarante voitures de fumier , des bceufs , des moutons 9/l INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. enliers , afin de Irouver la moyenne de la composition de ces corps et d'analyser les cendres obtenues de la com- bustion , soit des animaux , soit des v^g^taux. Puis il fit en grand des experiences comparatives entre du noir- animal , du fumier de ferme ou tout autre engrais, et les cendres,produits de la combustion. A la suite de ces expe- riences , il a ete constate compietement que les cendres seules donnaient moins de produits que les matieres ani- males meiang^es avec des mati^res organiques ; les cen- dres n'avaient done pas remplac6 les mati^res organiques. Aujourd'hui, par suite de ces faits parfaitement constates, on est d'accord , des deux cotes du detroit , que les ma- tieres organiques les plus riches en azote , telles que les dejections animates , la chair musculaire , sont plus pro- ductives que les matieres accessoires minerales qui en- trent dans la composition des vegetaux , on est d'accord egalement que les composes les plus utiles h Tagriculture sont les matieres riches en azote , avec les phosphates : quand on donne k la terre assez de ces deux genres de matieres, tout le reste s'y trouve en general surabondant. Aujourd'hui , en Angleterre , on n'achete que des engrais qui ont pour base les azotes et les phosphates; en agis- sant differemment , on n'a eprouve que des deceptions. Les engrais sont maintenant analyses presque partout en Angleterre ; dans les centres agricoles , les fermiers se sont associes pour creer un laboratoire , fixer le prix des analyses quj ne reviennent pas k plus de 2 ou 3 shel lings. On obtient ainsi , k peu de frais , des garanties pour un marche considerable. M. Payen termine cetle interessante communication , en signalant ce grand progr^s survenu en 1854 , par I'accord entre la theorie et la pratique. M. de Caumont , k propos de la 10*. question du CONGRfes DES ACADEMIES. 95 programme , ainsi con^ue : Les engrais pulv6rulents peuvent-ils compl^lement remplacer les fumiers dans les cultures? Lesysl^me qui consisterail k employer presque exclusivement les engrais pulv^rulentsoffre-t-il de grands avantages ? , signale ce qui se passe en Normandie , oii , depuis deux ans^ quelques cultivateurs se sont d^barrasses de leur betail et ont substitue, au fumier, des engrais pulverulents. Get etat de choses a souleve les inquietudes des proprietaires, et il demande Tavis de M. Payen sur cette innovation. M. Payen ne voit que le guano qui pourrait remplacer le fumier; les fermiers de la Normandie ont-ils le moyen de se procurer du guano en quantite suffisante ? II ne croit ce syst^me praticable que dans des cas exceptionnels et au moyen de controle et d'analyse qui donneraient, d'une mani^re sure , la valeur des engrais pulverulents employes. Supposez, ajoute-t-il, Temploi du sang des- sech6 , avec addition de sels ammoniacaux , sulfate d'am- moniaque, on aura, pendant un certain nombre d'ann^es, dix annees par exemple, dix belles recoltes; mais il arrivera apres que toutes les mati^res minerales que ne contient pas le sang auront 6t6 enlev^es au sol , celui-ci ne donnera plus que de mauvaises recoltes , les frais ne seront plus converts, et la terre ruin6e. Il regarde done rinnovation pratiquee par les fermiers de la Normandie comme une mauvaise m^thode. M. le general Remond demande h M. Payen si les progr^s de la chimie sont arrives h pouvoir utiliser faci- lement les matieres fecales des grandes villes. M. Payen repond que le syst^me de solidifier les engrais dont il etait question , il y a deux ans , parait ^tre aban- donne , parce que les frais de transport n^cessit^s par 96 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. raugmentation du poids se trouvaienl hors de proportion avec la valeur de la mali^re. La question parait prendre aujourd'hui une autre tournure , c'est de r^pandre la mali^re rendue liquide par des proc6d6s ^conomiques , comme Ta pratique M. Kennedy. Le probl^me lui semble possible ^ r^soudre. II cite le transport des vidanges, op^re actuellement h Paris , par les proc^des de M. Ma-*- rie , ingenieur , avec des tubes souterrains de 25 k 30*. ' int^rieurenient , qui conduisent ainsi les vidanges , h raison de 3 centimes par m^tre cube de matifere , qui represente 10 hectolitres. Si on apppliquait ce precede au transport des dejections des grandes villes , on pour- rait conduire les eaux dans des reservoirs 6tablis dans des vallees , ci une certaine distance du centre de popu- lation , ou ces eaux seraient rendues aux rivieres , apr^s qu'on aurait utilise la plus grande partie des sets con- tenus dans les liquides. Cette methode est la seule voie dans laquelle on puisse s'engager , et ce serait le seul precede qui rendrait applicables les produits des vi- danges de Paris. Les liquides pourraient etre employes, avec avantages , a developper la fertilite du sol , et les inati^res de vidanges contiennent des matiferes min^rales azotees , necessaires ci Tagriculture , qui rapporteraient dix fois le prix coutant. M. Calemard de Lafayette dit que ces grands projels ne sont applicables qu'a Paris , ou dans quelques grandes villes , et seulement pour de grands ^tablissements agri- coles ; il voudrait qu'on indiquat , pour la petite culture'? des moyens , meme defectueux ou incomplets , d'utiliser les engrais humains , qui sont perdus le plus souvent. M. Payen pense qu'on pourrait employer, dans beaucoup de cas, des moyens analogues t^i ceux qu'il vient d'indiquer. CONGRIIS DES ACADl^MIES. 97 II y aurait cependant une m^thode plus g6n6rale qui consisterait k enlever a la mati^re celte odeur tellement rebulanle qu'on eprouve de la repugnance k vider une fosse. Dans la Flandre , on ne prend pas cette peine , et les mati^res sont directement repandues sur le sol ; aussi elles exhalent des gaz infects a Tentour du champ ou elles sonl repandues. C'est une methode qu'il ne conseille pas, mais il pr^fererait de beaucoup qu'on enlevat h la mati^re son odeur repoussante , en la m^langeant avec de la terre dessecMe et carbonisee par le proced^ de Tecobuage. Cest 1^ un excellent agent , desinfectant a peu prfes com- pl^tement les mati^res fecales, et qui produit des r^sultals tr^s-remarquables. En resume, trois precedes peuvent 6tre employes pour Tutilisation des matiferes fecales : i\ Firrigation ; 2". le procede flamand ; 3^ la desinfection par des terres carbonisees. ''^ '^^^ M. de Vigneral demande quelques renseignements sur I'emploi du sulfate de fer. M. Payen repond que le sulfate de fer d^sinfecte les inati^res temporairement , mais non pas aussi complete- ment que la terre carbonisee ; il conseille 5 de sulfate de fer , en dissolution saturee , pour 100 de mati^res fecales. M. Galemard de Lafayette demande si le platre ne pourrait pas etre employ^ avec avantage. M. Payen repond que le platre est un agent qu'on pourrait employer, si le prix n'etait pas un obstacle, le plMre employe g6n6ralement etant du pldtre cuit, le seul qui puisse se diviser facilement en poudre. G'est un agent disinfectant , qui agit en d^composant le carbo- nate d'ammoniaque ; il est parfait et d'un grand effet sur les prairies artificielles , repandu par la rosee h raison d*un hectolitre h Thectare. 5 98 INSTITDT DES PROVINCES DE FRANCE. M, Destourbet dit qu'on aremarqu6, dans le d^par- tement de la C6te-d'0r , que le plMre r^pandu sur les prairies artificielles nuit essenliellement ci la culture de la vigne. M. Payen r^pond que c'est possible , et qu'il faudrait tenir compte de la quantite de plMre employee. M. de Vigneral demande ci M. Payen s'il conseillerait Farrosage de Tacide sulfurique etendu d'eau dans les terrains calcaires argileux. M. Payen croit que ce serait une assez mauvaise m6- tjiode; il faudrait, dans tons les cas, queTacide sulfu- rique fut tr^s-etendu d'eau, et r^pandu en Tabsence de toute vegetation. II conseille d'etendre Tacide dans li ou 600 parties d'eau. A la suite de ces communications si interessantes , M. Payen se retire au milieu des temoignages unanimes de gratitude de I'Assemblee. La stance est suspendue un quart d'heure. 2*. SEANCE DU 22 MARS. (Pr6sidence de M. le comte de Mailly, ancien pair de France, delegu6 de la Sarthe). A la reprise de la stance , I'Assemblee est presid^e par M. le comte de Mailly. Sont appel^s a sieger au bureau: MM. Geoffroy de Saint-Hilaire ; Guerin-Meneville; le comte deMontlaur, d61egu6 de la Society d'emulation de TAllier ; le comte de Pontgibaud; Porriquet, de POrne. 11 s'agit de la 17 ^ question ainsi conyue : A-t-on obtenu par Taccliraatation , en 185/i , des ,aOV!ACONGRifeS DES ACADEMIES. ^'': SJ9 {( r6sultats importants dans le r^gne animal ou dans le r^gne v6g6tal? , M. Geoffroy de Saint-Hilaire , dans une brillanle im- provisation , passe en revue tout ce qui a 6t6 fait, en 185Zi , pour Tinlroduction ou Tacclimatation de v6g6taux nouveaux ou d'animaux domestiques, les plus pr^cieuses conquetes de Phomme. Parmi les v6g6taux , il signale Tintroduction du sorgho, du pois oleagineux , et de Vigname de la Chine, Les essais de culture du sorgho , pratiques en grand k Toulon , sous les auspices du Cornice , ont parfaitement r6ussL Cette plante , qui ren- ferme du sucre cristallisable , pent encore etre utilisee pour la teinture , et ses feuilles peuvent servir h la fa- brication du papier. , r>l'>j?'/ si ol L'igname de la Chine , Dioscorea-Batatas , cultive avec succ^s par M. Decaisne , au Jardin-des-Plantes , doit constituer une revolution en agriculture; car le travail de M. Fremy vient de signaler un fait important , c'est la presence d'un principe azote dans Tigname , ce qui tendrait a placer ce tubercule bien au-dessus de la pomme de terre. M. Geoffroy signale au Congr^s les divers envois fails par M. de Montigny , consul de France , veritable tr6sor pour le r^gne animal. Dans la classe des mammif^res , un animal tr^s-rare , provenant de Textrtoe Orient, a ^te introduit, c'est Vyack , ou bceuf h queue de cheval. Avant renvoi de M. de Montigny , il n'y avait en Europe qu'un seul ani- mal de cette classe , dans la menagerie de lord Derby , en Angleterre. M. de Montigny, en Chine, n'a recule devant aucune difficulte pour se procurer ce pr^cieux animal , et apr^s cinq ans , il est arrive en France , de 100 INSTITUT DES PROVINCES DE PRANCE. la region la plus eloigne^e de la Tartarie , un troupeau de 12 yacks de trois vari6t6s diff^rentes: la premiere semblable ti celle de lord Derby ; la seconde blanche , sans comes ; la troisi(jme noire , sans comes. L'yack a ete le sujet d'un travail de M. Duvernoy , et 11 resulte de ses observations que cet animal peut elre auxiiiaire , alirnentaire et industriel. Gomme auxiiiaire , il a la croupe du cheval , mais elle est plus muscl^e et disposee de mani^re k procurer une grande agility , comme monture l^g^re. La taille de Tyack est petite, mais elle pourra 6tre developp6e. Comme alimcntaire , la chair de Pyack est tr^s- bonne , et il fournit du lait , qui en qualite ne le cMe en rien au lait de la vache, puisqu'il contient plus de Sucre et de beurre. Si le lait est moins abondant chez Tyack que chez la vache , sa production pourra elre d^veloppee par une bonne culture. Comme industriel, il fournit trois produits , sans parler de son cuir et de ses os : l^ II porle une toison des plus intenses , pour le mettre a Fabri des froids , toison de longs polls qu'on pourrait comparer aux polls des chevres orientales, T' Il fournit un second produit plus precieux: le crin de sa queue , qui tient le milieu entre le crin et la laine et qui est , en Orient , Tobjet d'un commerce tr^s- important. 3\ Enfm, un poil-duvet se developpe sur sa peau , seulement pendant Thiver , sous Finfluence des froids intenses , et ce produit a la quality du duvet des chevres de Cachemire. Le troupeau d'yacks introduit en France devra 6tre plac6 dans les regions abruptes des Alpes ou des Pyr6- .3DKf CONGRfeS DES ACADEMIES. 1(^1 nees. Quel sera son avenir ? M. Geoffroy pense que ces animaux vivront parfaitement en Europe. Quel role joue- ront-ils dans Tindustrie ? Geci est plus difficile k deter- miner , et I'experience seule pourra prononcer sur cette question. 11 a encore et6 introduit en France, pendant Pan- n6e i85Zi ^ des parties les plus elevees de TAsie-JVlineure , des ch^vres d'Angora , revetues d'une laine trfes-fine et soyeuse , qui a un caract^re particulier. On sait que la culture de la ch^vre est abandonn^e dans certains pays ou elle ne presente pas d'avantages , tandis qu'elle s'est maintenue dans les pays montagneux ou elle est d'une utilite extreme ; il y aurait done avantage a subslituer , dans ces pays , aux ch^vres ordinaires , des chfevres de choix et qui donneraient , en plus de leur produit ordi- naire , une toison tr^s-precieuse. Apr^s la fondation de la Soci6t6 zoologique d'accli- malation , en fevrier 185/i, IVI. Sax a pense que les cir- constances de la guerre en Orient pourraient etre Tocca- sion d'un progrfes pour Tagriculture par Tintroduction en France des chevres d'Angora. Des commissions d'achat ont ete en effet transmises en Orient , et T^mir Abd-el- Kader s'est empresse, dans cette occasion , d'etre utile ci la France en achetant un petit troupeau de chevres d'An- gora dont il a fait don au minislre de la guerre. Aujour- d'hui la moitie de ce troupeau est plac6 dans les montagnes de risfere, et Tautre moiti^ va etre envoyee aM. Sax dans les Vosgeso Des ^chantillons de tissus les plus magnifiques fabriqu^s en Angleterre, avec les polls des chevres d' Angora, montreront ci la prochaine exposition tout le parti qu'on pent tirer de leur toison. Dej^ , TEspagne est dot^e de 1^ INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. deux k trois troupeaux de ch^vres d' Angora qui sont dans le meilleur 6tat , et M. Geoffroy ne doute pas de leur acclimalation en France. M. Geoffroy donne encore quelques details fort int6- ressants sur plusieurs aulres animaux , en voie d'accli- matation : L'agouti, quadrup^de du Br6sil, de la famille des rongeurs. Get animal dont la chair est excellente, a d6j^ multiplie chez M. Chenu ; L'hemione, intermediaire entre le cheval et TAne, introduit en France, en 1835. Le jardin des plantes pos- s6de aujourd'hui un certain nombre de ces individus tons 61eY6s ^ la menagerie, comme des poulains dans une ferme ; Le lama et Talpaka, animaux pris en Angleterre il y a dix ans, vivant parfaitement a la menagerie, sans avoir besoin d'aucun soin particulier, quoique places dans des circonstances peu favorables, puisqu'ils ont ete 61ev6s dans des pares sans herbes, constamment entouresdu public. Ce sont des animaux tr^s-robustes, puisque, depuis dix ans, on n'en a perdu que deux, dont un par accident. M. Geoffroy de Saint-Hilaire passe ensuite en revue les oiseaux qui ont presente des faits certains. II cite, dans les oiseaux d'agrement, la perruche ondul6e qui reproduit comme le serin. Un fait curieux s'est presente pendant Fincubation ; les ceufs pondus successivement sont 6clos successivement aussi , et le premier petit, sorti de Toeuf , est venu aider sa m^re dans Tincubation ; L'oie d'figypte ; le canard de la Chine , nomm6 aussi canard mandarin ou canard eventail. Get oiseau , autrefois tr^s-rare, puisqu'on en payait une paire 1,000 fr. , a beaucoup diminu4 depuis que la Chine est ouverte j .:r)r CONGRfeS DES ACADEMIES, 103 Le canard de la Caroline, esp^ce americaine, oiseau qui se multiplie parfaitement bien; Le cygne noir qui vientde la Nouvelle-Hollande, animal tenement robuste qu'il peut reproduire en toute saison. C'est Ici un magnifique oiseau dont la conqu^te nous est acquise dans un espace de temps peu eloign^. Dahs le groupe des gallinacees, M. Geoffroy cite le colin, inter- m^diaire entre la caille et la perdrix ; oiseau d'une fecon- dite extraordinaire et qui sera fort recherche des chasseurs, puisque M. Saunier a obtenu , Pannee passee , jusqu'a 5/i petits d'une seule femelle. M. Geoffroy de Saint-Hilaire , laissant de c6t6 la classe des poissons , sujet qu'il laisse h traiter b. M. Goste et a M. Millet , signale les esp^ces de vers k sole au mombre de six , qui ont et6 introduites en France , depuis quel- que temps , et dont plusieurs se nourrissent de plantes que nous avons dans le pays , savoir : 2 esp^ces de la la Chine , 2 de la Louisiane , 1 de la r6publique de rfiquateur et 1 du Senegal. Ces esp^ces , qu'il passe en revue , paraissent presenter de grands avantages pour Tindustrie. Le savant orateur est convaincu que , dans cinquante ans, on sera aussi 6tonn6 d'apprendre que la France ne possMait, en 1853 , qu'une seule espace de vers ci soie, que si on nous disait aujourd'hui que nos p^res , il y a cinquante ans , ne connaissaient qu'un seul mammif^re. M. Geoffroy termine ainsi ces curieux details , trop courts au desir de I'Assembl^e : Nous sommes riches comparativement ci nos p^res , mais nous ne sommes pas v^ritablement riches relative- ment h d'autres peuples. Le peuple frangais est-il bien nourri , bien v^tu ? je ne le crois pas. On sait qu'il y a lO/l INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. des millions de Frangais qui ne mangent point de viande ou qui en mangent tr6s-peu. - Les habits de nos ou- vriers sont faits contre toules les regies de I'hygi^ne; ils p^chent par la solidite et ne peuvent conserver la cou- leur. Les Chinois , que nous traitons de barbares , sont habill^s de sole , jusque dans les classes les plus basses. Que les hommes de progr^s refl^chissent sur ces points oil il y a tant a faire. Notre but est d'augmenter le nom- bre de nos animaux domestiques pour accroltre les res- sources alimentaires , et de cr^er des produits industriels precieux pour la soci6t6. Gette brillante improvisation , ^cout^e avec un reli- gieux silence , est accueillie par d'unanimes applaudis- sements. Sur la proposition de M. de Caumont, TAssembl^e decide que , demain vendredi , la section d'agriculture tiendra sa stance ci dix heures du matin. Les rapports des delegues sur les travaux des Societ^s de la province seront entendus k midi , et la section des beaux-arts tiendra sa seance k deux heures ; elle sera suivie de la seance g6n6rale. L'Un des Secretaires gdneraiix , Ch. GOMART. SECTION D'HISTOIRE NATURELLE, AGRICUL- TURE ET INDUSTRIE. SEANCE DU 23 MARS. (Pr6sidence de M. le comte db Vignbral. ) La seance est ouverte ^11 heures. Si6gent au bureau : MM. de Vigneral , president ; de Caumont ; de Cussy ; de Clocheville ; Mosselman ; Mabire ; de Lanoue , et G. de Lori^re , secretaire. La discussion est ouverte sur la li\ question , ainsi formulee : Les richesses m^tallurgiques de la France sont-elles partout connues? Quelles recherches pourrait-on en- treprendre encore avec chances de succ^s dans nos differentes formations geologiques ? M. Mosselman pense que la France a beaucoup de gi- sements k exploiter : Tesprit industriel n'existe chez nous que depuis peu de temps ; on est timide encore pour toutes les entreprises qui n^cessitent des avances , et Texploita- tion des m^taux, qui offre toujours de Tincertitude quant aux resultats , a peut-etre moins que les autres entreprises excite I'attention des capitalistes. M. Mosselman , qui a dej^ , par sa volonte ferme et son esprit d'initiative , dote le pays, notamment le departement de la Manche, de plu- ieurs etablissements d'une grande importance, n'avait pas vules rapports qu'offre le departement de la Manche avec le pays de Cornouailles sans s'etonner qu'onn'eut pas fait plus i66 INSTITVT DES PROVINCES DE FRANCE. d'explorations s^rieuses pour y d^couvrir des m^taux; il exploite en grand les calcaires marbres pour en faire de la chaux, a La Mauffe, pr^s de St.-Lo, et la ii a d^cou- vert un filon de cuivre et de plomb qui donne de belles esp^rances. II a fait venir des ing^nieurs allemands pour explorer les environs , et des travaux d'exploitation se- ront entrepris et diriges reguli^rement avec la mise de fonds n6cessaire. L'ancienne mine de cinabre exploit^e momentan^ment a la Chapelle-en-Juger pourra aussi donner lieu h des r^sultats meilleurs que lors de sa pre- miere entreprise, car on manquait d'argent pour exploiter convenablement. Enfm M. Mosselman ne reculera pas devant les obstacles , pour utiliser les mati^res diverses que renferme le departement de la Manche. M. de Gaumont , qui a esquiss6 la carte g^ologique de la Manche et qui connait mieux que personne toute cette partie de laNormandie , repond k M. Mosselman , que de nombreuses tentatives ont (^t6 faites pour doter cette partie de la Normandie d'un second Cornouailles , mais que les recherches ont toujours du s'arreter devant les depenses necessaires pour le foncement des puits, com- parees a la petite quantite de mati^res extraites. La presence du mineral n'est point une question , elle a 6t6 reconnue par les savants les plus distingues : MM. Du- hamel , d'Omalius , Brongniart , Cordier , etc. Ge qui manque , c'est , il est vrai , des capitaux en quantity suffisante pour rendre une exploitation profitable. Avant 1800 , trente-six tentatives d'exploitations de divers mi- nerals ou de houille ont 616 constat^es, tandis que depuis c'est ci peine si on cite quelques travaux faits dans ce but. Faut-il en d^duire que la science ne s'occupe plus de faire des recherches. Nous ne le pensons pas. La science CONGRfeS DES ACADEMIiJSf. l07 plus 6clair6e, sans faire ces excavations profondes que, la ou Ton trouvait quelque indice on faisait toujours an- ciennement, la science aujourd'hui pent avec une grande probabilil6 dire si dans une recherche de minerals on peut esp^rer quelque chance de succ^s k I'aspect seul d'un pays. L'honorable orateur fait remarquer qu'il est loin de vouloir d^courager, dans la recherche des substances minerales , les personnes qui veulent bien y consacrer leur temps , leur science et leurs capitaux. On doit sur- tout les plus grands 61oges h M* Mosselman qui , avec un d6sint6ressement incontestable et des mises de fonds considerables , veut approfondir des questions qui inte- ressent vivement le d^partement de la Manche. Des mi- nerals de plomb , semblables a ceux dont vient de parler M. Mosselman, ont et6 d^couverts dans les marbres de Carteret et de Surtainville. Des echanlillons peuvent s'en voir encore dans quelques cabinets. Ces minerals etaient associes comme ceux dont vient de parler M. Mosselman, soit a des spaths calcaires , soit k des sulfates de baryte. M. de Gaumont signale aussi comme ne devant point ^tre oublies dans Tenum^ration des gites m6tallif6res , ces bancs puissants de minerals de fer que Ton trouve, dans le d^partement de la Manche , associes au gr^s schisteux intermedaire , et qui, maintenant surtout que rindustrie des fers a pris une si grande extension , pour- raient etre I'objet d'exploitations importantes. On les ex- ploite dejci depuis quelque temps a mer basse pr^s de Carteret. II rappelle aussi les tentatives qui ont 6t6 faites pour employer , comme couverte de poterie , les roches tr^s-feldspathiques , probablement des diorites , qui se trouvent non loin de St.-Sauveur-le-Vicomte. 108 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. M. de Lanoue pr^senle quelques observations au sujet de la communication de M. Mosselman. M. Mabire fait remarquer qu'il devait exister ancien- nement, dans tout le d(^partement de la Manche, de nombreuses usines k fer. On voit encore, dans beaucoup de localites dont le nom m^me rappelle celui de Texploi- tation qui a ete I'origine du village , de nombreux amas de scories. Jadis, quand le combustible se prenait sur les lieux memes , au sein des for^ts , il 6tait possible d'utiliser des minerais dont le transport ne pent avoir lieu sans des frais 6normes. M. Mosselman dit qu'en effet il y a eu un grand nombre de tentatives de faites, pour utiliser les diff6- rents minerais et surtout les minerais de fer qui existent dans le departement; mais il croit que, si tou jours les essais ont et6 infructueux , c'est qu'ils ont et6 entrepris sans capitaux , sans donnees que pent fournir la science , sans industrie. Il ne se dissimule pas que, peut-etre aussi quelquefois , le prix exorbitant du transport a du arreter plusieurs fois Textraction des minerais. Maintenant il n'en saurait etre de meme. On a partout des moyens de trans- port qui anciennement n'existaient pas. M. de Caumont croit devoir appeler tout sp^cialement Tattention de M. Mosselman , dans ses recherches de minerais, sur le point important de savoir sll ne serait pas possible de trouver des couches de gypse dans les marnes irisees du trias. Ce serait une precieuse d^cou- verte pour les arts et Tagriculture , car , dans toute cette partie de la Normandie , on ne pent se procurer de plMre qu'^ des prix tr^s-eleves. M. de Lanoue insiste sur ce que vient de dire M. de Caumont, et ajoute qu'il serait assez extraordinaire quMl .5fO^ CONGRis DES ACADEMIES, 109 ne se trouv^t pas quelques lambeaux de plAtre dans le trias, quand on en rencontre dans le mtoe bassin, dans Test de la France , en Belgique et en Angleterre. M. de Lanoue prend ensuite la parole pour pr^sentei" quelques considerations sur la fertilite de la terre. Nous connaissons, k peu pr^s, dit-il, Tinfluence de Teau et de Tatmosph^re sur la vegetation. Nous commencons ^ savoir que la petite quantity de nitrogene (1) n^cessaire aux plantes leur arrive, soil k Tetat de dissolution, soit k Tetat de carbonate ammoniac gazeux. Nous avons appris recemment que I'enorme quantity de carbone necessaire k leur constitution provient non-seulement de quelques dix-milli^mes d'acide carbonique repandus dans I'atmosph^re , mais aussi des deux k trois centiemes contenus dans toutes les eaux (2) et surtout de cette source incessante de gaz que les engrais fournissent au sol arable (3) , en s'oxydant au contact de Tair et de Teau pluviale. Mais , ce que nous ignorons k peu pr6s compl^tement c'est le role considerable que jouent les substances mine- rales dans I'acte de la vegetation. Nous voyons Thabitat de certaines especes vegetales determine par la presence dans le sol de telle ou telle substance minerale; telle (1) Plutot que d^adopter le nom (Vazote, j'aimerais encore mieux celui plus laconique et plus expressif de zote , puisque c'esl le corps qui constitue les organes les plus vitaux et les substances les plus animalisees. (2) Memoire de M. P61igot k T Academic des Sciences en mai 1855. (3) Travaux de M. Boussingault, 110 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. plante a besoin de soufre , telle autre de calcaire , ou de soude, ou de potasse. Enfin, et c*est 1^ un fait qui se rattache aux plus hautes questions de physiologie, nulle semence v6ge- lale ou animale n'a encore ete trouv6e d^pourvue de phosphore, Ce corps paralt indispensable k la fonction la plus n6cessaire et la plus myst^rieuse de la nature, h la repro- duction des etres (1). Les graines et surtout les cer^ales n'empruntent gu^re au sol que des phosphates (2). II devient done exlremement important pour Tagronome de savoir si le sol ou les engrais en fournissent assez h ses cultures. On se contenlait nagu^re de doser les engrais sous le rapport de Tazote ; desormais, on tiendra compte aussi des phosphates, Les engrais qui contiennent ces deux substances k hautes doses (le guano, les tourteaux, etc.), possedent une puissance fertilisante qui justifie suffisam- ment cette assertion. II faudrait cependant bien se garder d'en faire une r^gle g^nerale. Ainsi , les engrais azotes peuvent toujours accroitre la fertility des meilleures terres, tandis que Taddition des phosphates sera superfine, toutes les fois que le sol sera assez phosphate pour fournir aux graines la petite quantite d'acide phosphorique qui leur est indispensable. Dans le JNord, par exeraple , oil le sol est naturellement phosphate , Tabondance des fumiers et de Tengrais flamand lui rend incessamment ce qu'il perd sous ce rapport : le phosphatage y serait k peu pr^s inu- (1) On devrail dfes-lors I'appeler zdphore plutot que phos- pliore. (2) Analyses de cendres et de terres, par P. Berthier , 1854. .aiJ?!' CONGRES DES ACADEMIES^ j-jg^j 111 tile. Voil^ pourquoi on y dedaigne les residus de noir- animal que la Bretagne, au contraire, vient chercher et enlever k grands frais. Cela explique peut-^tre aussi le peu de faveur dont y jouissent (malgr^ leur azote) le guano et les tourteaux que les strangers consentent k payer un bien plus haul prix. L'emploi des engrais et des amendements phosphates doit done 6tre fait avec discernement. Une 6tude pr61i- minaire du sol est indispensable. Et de meme quMl faut s'assurer de Tabsence du calcaire dans un terrain , avant de le chauler, il faudra aussi y constater Tabsence de Tacide phosphorique avant de le phosphater. Cette espece de monographie du phosphore des terres arables semble, au premier abord, une oeuvre impossible en raison de son 6tendue et surtout de Tetat d'imperfec- tion ou sont sur ce point nos procedes dosinasiques (1). Mais la constitution geologique de la France , du depar- tement du Nord et de la Belgique simplifient beaucoup ce travail en offrant ci Tobservateur de vastes regions ou le sol arable est de composition k peu pr^s iden- tique. La plaine immense qui s'^tend depuis Breteuil jusqu'^ Aix-Ia-Chapelle et de Calais jusqu'a Bavay, est un terrain diluvien ( d'apresM. de Beaumont) ; mais il faut admettre aussi que des eaux douces sont venues le remanier , car on n'y trouve jamais de coquilles marines, mais des fossiles lacustres (rats d'eau, paludines, etc.). Ce qui fortifie cette opinion, c'est qu'on trouve gen^ralement au-dessous le dilivium proprement dit, compost d'abord (1) Tous les anciens dosages d'acide phosphorique et boii nombre de nouveaux sont h refaire. 112 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. de sables mouvants steriles (1) et plus bas d'un d^pot de gravier et de cailloux roul^s (2). Nous appellerons Loess ( Loss J (3), cornile (voir la carte g^ologique de France ),ce d^pot de limon qui occupe presque toute Tancienne Gaule-Belgique et lui procure sa fertilite imm6moriale , car elle a forme le sol et constitue encore aujourd'hui le sous-sol de cette contree , avec une epaisieur qui depasse souvent 12 metres. Ce limon est comme un manteau immense qui se moule sur les on- dulations du sol inf^rieur, mais qui est troue par les monticules (anciens Hots du grand lac) ou d^chire par les alluvions modernes des grandes vallees. M. le President exprime le regret que M. Payen n'ait pu traitor les ll^ et 12^ questions du programme , ainsi con cues : Quelles notions nouvelles a-t-on obtenues sur la tt valeur nutritive compar6e des diff^rentes racines em- ploy^es h la nourriture du betail ? Presenter le tableau complet et synoptique de ces valeurs comparees. Meme question pour les fourrages. Quelques personnes font observer que , dans la pra- tique agricole , le but de ceux qui s'en occupent etant d'en retirer des benefices et non de suivre une experi- mentation toujours plus ou moins dispendieuse , il est rare que, dans une exploitation, on puisse , avec quelque precision , doser la nourriture des bestiaux et se rendre (1) Le sable campinien de M. Dumont. (2) Ce diluvium caillouteux est aussi tr^s-st6rile quand il est seal, h nu, sur les hauteurs, comme aux environs de St.-Omer. (3) M. Dumont Tappelle limon kesbayen. .aDH/CONGRIIS DES ACADEMIES. :TM1 H^^ compte de la quantity exacte d'aliments qu'il a fallu k tel animal , pour arriver k tel point de croissance ou de graisse. Chaqiie animal , d'ailleurs , suivant sa race , suivant sa constitution, en exigera plus ou moins. M. Mabire fait observer que Tagriculteur consultera toujours bien plus les r^sultats que lui donnera la pra- tique que ceux que lui fournira la th^orie. M. Galemard de Lafayette exprime la m^me opinion et cite plusieurs localit^s ou des produits tr^s-beaux sont obtenus avec des m^thodes toutes diff^rentes. Dans la Ilaute-Loire , par exemple , les navets , si preconis^s dans certains endroits , ne sont jamais employes pour engraisser les bestiaux. Dans la partie montagneuse, c'est avec du foin seulement , tandis que dans les parties basses il ne suffit pas ; il n'a point les principes nutritifs de ces herbes courtes que Ton recolte sur la montagne. En disant done que le foin a tant de mati^re nutritive, ce ne peut etre vrai que pour celui de la locality dont Pechantillon a 6te analyse ; mais cela ne saurait s'ap- pliquer k d'autres pays. M. de Vigneral dit que I'engraissement des pores, auquel il apporte un soin tout particulier depuis plusieurs annees, lui reussit parfaitement en leur donnant les proportions suivantes : pour ceux de quatre k six mois , deux livres de farine d'orge par jour et pendant Tet^ , ou toutes les fois qu'il peut s'en procurer , du trifle vert. A dix mois , il leur donne quatre livres de farine et de m^me du trefle , des vesces ou de Therbe. Ce sont les seules choses qu'il leur donne : I'engraissement et la croissance se font ensemble : il a calculi que en moyenne leur poids augmentait de UO livres par mois, jamais moins de 35 livres ni plus de /i5. Ordinairement, il les vend au lift INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. bout d'un an ou m^me moins, et leur poids varie de 180 h 200 livres. Comme hygiene, il est important de les placer dans de vastes cours, ou ils puissent prendre beaucoup de mouvement. G'est k cela surtout qu'est dii le maintien de leur sant6 , comme aussi le nombre assez considerable de petits ( 8 ^ 10 ) que donnent les races anglaises r6put6es pour ^tre peu fecondes. M. Quenard rappelle , h cette occasion , que les pores etant omnivores , on a essaye plusieurs fois de les nourrir avec des animaux morts. II consid^re cette question comme de la plus haute importance. On pourrait ainsi utiliser les debris des animaux que Ton abat k la voirie et cela sans distinction, c'est-^-dire que les animaux soient malades ou non. II cite meme des animaux affectes du charbon qui auraient 6t6 manges par des pores et qui ne leur auraient fait aucun mal. Bien plus, il paraitraitqu'en Lorraine il n'est pas rare que des animaux morts de cette maladie, r6put6e contagieuse, ne soient d^pec^s et prepares comme des animaux bien portants pour les besoins du manage. M. Mabire ne pense pas que Ton puisse manger des animaux morts du charbon, sans de graves inconv6nients. II cite, k Pappui de son opinion, deux exemples qui sem- blent la confirmer. L'un , c'^tait un boeuf mort du charbon et qui avait 4te transports dans un champ voisin pour ^tre enterre. Quelques jours apr^s, une chasse 6tant venue h. passer par ce m6me endroit, une meute d'une vingtaine de chiens d'un de ses amis , qui n' avait point 6t6 pr6venu que ce boeuf etait mort du charbon , devora cet animal ; TOUS LES CHIENS SANS EXCEPTION EN SONT MORTS. Une autre fois , c'Stait un cultivateur qui avait perdu cinq ou six jeunes pores Sgalement du charbon , et qui , CONGRES DES ACADEMIES. 115 pour se donner moins de peine, les avait jetes simplement dans le fosse d'un bois. Les chiens du voisinage les trou- v^rent, en mang^rent, ainsi que des renards , et en sont morts. Un membre fait remarquer que les exemples que cite M. Mabire semblent concluants; que toutefois M. Mabire ne cite que des cas dans lesquels les animaux morts du charbon avaient 6te manges sans etre cuits, tandis que, k r^cole d'Alfort, ou des experiences ont 6t6 faites, la chair de ces animaux avait prealablement 6t6 soumise h la cuisson. G'est tr^s-probablement k cela qu'il faut attri- buer la difference des r^sultats. Quant k la 12*. question, relative aux fourrages, M. Mabire dit que les foins et generalement tous les fourrages doivent ete coupes et r^coltes au moment de la floraison , c'est le moment ou ils ont le plus de parfum et ce sont toujours ceux-1^ que les bestiaux mangent le mieux , avec le plus de plaisir et qui leur profitent le mieux. II conseille aussi de placer les fourrages en tas, d'en faire des meules pour les conserver , mais de ne pas les mettre en bottes, Le foin bottel6 perd une partie de son parfum et de son gout. ^(^w La seance est levee h midi et demi. ^ , ^.^^, ,.,3:; ffj " " ' !/ Le Secretaire ,' ' * G. DE LORlilRE. : eoo'ino') : 116 INSTITUT DES PROVINCES DE PRANCE. SECTION DE LITT^RATURE , BEAUX-ARTS ET ARCHl^OLOGIE. SEANCE DU 23 MARS. (Pr^sidence de M. le comte de Mellet). M. le comte de Mellet, president, invite ci prendre place au bureau MM. Louis Paris, le vicomte de Bon- neuil , de La Bigotti^re et Challe ( d'Auxerre). II est fait hommage au Congres des ouvrages suivants : Par M. Charpentier-Courtin : Pin noir cCAutrichc, son introduction en Champagne^ Reims , in-12 , 1855 ; Par M. Teste-d'Ouet : Jacquemin Gringoneur, nou- velle ; Par M. Paul de Wint : Essais historiques sur tes jardins , en r^ponse k Tune des questions du programme du Congres ; Par M. le baron de Vigan : M^moires du president Henauity toits par lui-mtoe et publics par M. de Vigan. Un vol. in-S". , 185Zi. M. de Caumont analyse la correspondance. MM. le vicomte d'Archiac , de la Soci^te geologique de France ; Buteux ; le R. P. Arthur Martin , de Tlnstitut des pro- vinces , s'excusent de ne pouvoir assister aux stances. M. le comte de Galembert, de Tours, annonce qu'il est oblige de quitter le Gongr^s pour retourner en Touraine. M. le President ouvre la discussion sur les 31. , 32^ , 33*. et 3Zi*. questions qui sont connexes. Ces questions sont ainsi con^ues : CONGRfes DES ACADEMIES. 117 Quels services doit s'efforcer de rendre la presse locale , au point de vue de Tinstruction gen^rale et de <( la diffusion des connaissances utiles, dans les d^par- tements? ; La presse d^partementale a-t-elle compris sa mission? Qu'a-t-elle fait jusquMci dans les diverses localit6s, pour raviver I'esprit public qui s'affaiblit ? Les Societes savantes ont-elles second^ la presse , dans le developpement de ces tendances? N'6tait-il pas de leur devoir de seconder et de diriger la presse locale qui , dans les d^partements , doit s'occuper bien moins de politique que d'int^rets locaux et de recherches statisliques?)) Quels moyens peut-on indiquer, pour associer les efforts des Societes savantes ci ceux de la presse d^par- tementale , dans le but d'occuper les esprits de choses (( utiles et serieuses? M. de Caumont ouvre la discussion par Texpos^ suivant : Dans la plupart des d^partements, la redaction desjour- naux laisse a desirer. Les questions locales y sont n^gli- g^es et ces journaux perdent ainsi une grande ressource pour remplir leurs colonnes d'une mani^re interessante. Les r^dacteurs , ordinairement peu r^tribues , se bornent habituellement a des articles de politique generate , r^p^- tition de ce que Ton voit dans les journaux de Paris que tout le monde lit. Les articles locaux se reduisent a de menues nouvelles tirees , pour la plupart, du chapitre des accidents et de la chronique scandaleuse. Les nouvelles scientifiques , les d6couvertes d'histoire provinciale , les travaux des societes savantes y sont trop gen^ralement negliges. M. Duval de Fraville voudrait que Ton envoyelt 118 INSTITUT DES PROVINCES DE PRANCE. VAnniiaii^e de Clnstitut des provinces aux r^dacteurs de journaux, afm que ceux-ci prissent connaissance des id^es et des travaux du Congres. Les journaux ne deniandent pas mieux que de suivre cette impulsion, mais il faut qu'elle leur soit transmise. Les journaux n'acheteront pas V Annualize; il serait bon de les en gralifier. Dans le d^partemeut de la Haute-Marne , le r^dacteur du journal public k Chaumont marche dans les tendances preconis^es par le Congres. M. Dr^olle Irouve qu'il faudrait que les Soci6t6s savantes publiassent des analyses des proc^s-verbaux de leurs stances dans les journaux. Ces articles devraient ^tre faits par les secretaires des Soci6l6s : il suffirait de les adresser aux redacteurs pour que ceux-ci leur donnassent place dans leurs colonnes, mais la redaction des journaux ne pent prendre la peine de faire des articles sur les travaux des Sociel^s savantes ; les redac- teurs ne s'astreindront jamais k aller aux stances des Soci^tes. M. Calemard de Lafayette rend compte de la mani^re dont un journal qui paralt au Puy-en-Velay est r6dig6 : il donne une grande place aux etudes locales et aux travaux des Societes savantes. M. Bordeaux croit que, dans un grand nombre de localites , il faudrait relever le niveau intellectuel des petits journaux : beaucoup sont r^dig^s par des hommes k etudes incompletes, souvent par Timprimeur lui-meme ou Pun de ses employes. Il en r^sulte que de pareilles feuilles ne peuvent exercer une influence salutaire sur Tesprit public. Les redacteurs n'etendent guferes leur instruction dans Texercice de leur profession , ils ne lisent rien autre chose que les journaux de leurs con- CONGRES DES ACADEMIES. 119 Mres et les correspondances lithographi^es qu'ils re- foivent de Paris , et qui leur apportent des articles tous faits. II faudrait que les journalistes se missent h 6tudier par eux-m6mes les questions nouvelles , afin que les articles s^rieux ne fissent pas disparate au milieu de la redaction habituelle du journal qui trop souvent se compose d'idees rebattues. Les journaux, il faut bien le dire, suivent le cours de Topinion plutot qu'ils ne la dirigent; ils consultent le gout de leurs lecteurs plut6t qu'ils ne le forment. Voil^ pourquoi ils pr^f^rent les menues nouvelles et les articles frivoles aux articles s^rieux. Les journaux de Paris, sous ce rapport, ne different pas de ceux des departements. Si un journal d^partemental public une nouvelle scientifique , on ne la lui empruntera pas; s'il public qnelque fait bizarre, peu s6rieux , tous les journaux parisiens lui feront I'honneur d'une reproduction immediate. Les journaux d'ailleurs semblent avoir peur des id^s neuves, de lout ce qui sort des opinions revues et bourgeoises. Si vous leur portez un article un peu hardi , qui ne respecte pas les doctrines en credit sur I'art , la litterature, Thistoire (il ne s'agit pas, bien entendu, de la politique ) , ils vous prieront de lui donner un peu plus de vulgarite. Enfm , les membres de Societes savantes ne peuvent point approvisionner suffisamment les journaux : ils peuvent bien envoyer k un redacteur bienveillant un article de temps k autre , mais cela ne suffit pas. Les journaux devraient avoir pour les etudes locales une collaboration r^guliere , assur^e , comme ils en ont pour les tMcltres, les faits judiciaires, la police correction- nelle , etc. Ce serait exiger beaucoup du devouement 120 INSTITDT DES PROVINCES DE FRANCE. des litterateurs de d^partement que de les obliger h aller implorer la publicite des petits journaux. Quelle que soit la politesse actuelle des journaux , c'est ^videmment a eux de r^clamer le concours des hommes s6rieux, et non k ceux-ci d'aller frapper k la porte de rimpri- ineur. D'ailleurs, on aurait grand tort de donner aux journaux des proc^s-verbaux de seances qui ennuieraient les lecteurs , et surtout des m^moires etendus qui ne peuvent convenir ci la composition n^cessairenient variee d'un journal. Ce qu'il faudrait, ce sont de menus articles, des entre-filets , m^l^s aux nouvelles locales , souvent repet^s et destines k populariser, sous une forme leg^re et br^ve , les bonnes idees , les faits nouveaux, le resume en un mot des etudes locales. Mais cette categoric d'articles qui devrait tenir sa place dans chaque num^ro, ne pent 6maner que de la redaction elle-m^me , non de collaborateurs accidentels et passagers. iM. Boucher de Molandon n'est pas aussi s6v^re pour les journaux , 11 croit qu'ils ont les meilleurs intentions, que le tort vient des Societes qui ne profitent pas de cette bonne disposition et qui restent dans Tobscurit^ parce qu'elles n'ont pas recours k une publicity qui populariserait leurs travaux. N'^tablissons pas, dit M. de Caumont de susceptibilit^s entre les redacteurs et les litterateurs : il ne s'agit pas de savoir k qui de faire des avances. G'est une question de d^vouement, non d'6tiquette. Les journaux accueillent g^n^ralement les articles qu'on leur porte , d^s que ces articles sont courts, clairs et int^ressants : seulement lis ne viennent pas les chercher, et les Soci^t^s savantes ont souvent tort de se tenir k Tecart. , , ^ , i .. CONGRES DES ACADEMIES. >' 't% . ; M. le comte de Vigneral ne veut pas que Ton dise de mal des journaux; il declare que, toutes les fois quMl s'est adresse aux r^dacteurs de journaux de TOrne et de la Somme , ceux-ci ont accueilli ses comraunications avec la politesse la plus bienveillante. M. Target repousse le reproche de frivolity adress^ par M. Bordeaux meme aux journaux de Paris. Il reclame pour le journal des Debats , qu'il declare redig6 d'une mani^re superieure , et dans lequel on rencontre a chaque num6ro la signature de litterateurs 6minents. Si les journaux ne meritent aucune critique , reprend M. Bordeaux , alors il faut changer la redaction m^me de la question, dont Tenoned implique un certain blame , puisqu'on demande si la presse departementale a com- pris sa mission, 11 faut se hater dans ce cas de pro- clamer que les journaux ont raison et que les Societes doivent faire leur mea culpa , puisqu'elles sont en tort. M. le comte de Baussel-Roquefort, delegu6 de la So- ciety de Statistique des Bouches-du-Rhone , pense que gen6ralement du moins les journalistes de departement ont un talent vraiment serieux. A Marseille, la redaction des journaux est excellente , lumineuse , progressive , a la hauteur de toutes les questions. M. de Bausset voudrait que le Gongr^s s'empressat, par une declaration collective, de recon- naitre que la presse departementale a, en general, compris sa mission , en accueillant toutes les communi- cations serieuses qui ont pu lui 6tre faites dans Tint^rM de I'instruction et de la diffusion des connaissances utiles. Les Societes savantes ont toujours trouv6 , pour rinsertion de leurs communications une grande bonne 6 122 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. volont6 Chez les directeurs de journaux de d^partemenl, et le Congr^s leur recommande de nouveau de s'enlendre avec eux sur les sujets qu'il serait bon de trailer el de vulgariser. Les journaux de Marseille , dil M. Bordeaux , puis- qu'ils sonl cit6s ici , onl-ils , par exemple , dil un seul mol, fail une seule observalion a roccasion de la d6- molilion de Panlique calh^drale de la Major? Onl-ils tenl6 de luller conlre un enlrainement f^cheux , el de reclifier les idees de leurs lecleurs ? M. Ghalles fail observer que la question, Ir^s-acluelle, tr^s-interessante , d'ailleurs , ne saurait etre resolue d'une mani^re g6n6rale. 11 faul lenir comple d'une foule de circonstances , d'influences , au nombre desquelles on doit compter Teloignement des r^dacteurs pour un tra- vail nouveau el de surcroil , par le d^faut d'espace , el surlout, quant aux collaborateurs benevoles, par la repu- gnance que beaucoup de personnes eprouvent b. livrer leur nom au public. Des ecrivains qui placent volonliers leur nom en tele d'un memoire destine au seul monde savant , hesiteraienl a prendre place a cote des collabo- rateurs de la feuille de Tarrondissement. Mais il serait important de fournir des Elements utiles a ces journaux , afin de populariser les connaissances scientifiques ; el c'esl une bonne ceuvre pour les hommes d^vou^s el qui onl suffisammenl de loisirs, d'ecrire de courts articles h la portee du public ordinaire. En un mol , il faul seconder la presse locale , sans pretendre loulefois la diriger. M. Duval de Fraville voudrait que le Congres decidal que le compte-rendu de ses Iravaux sera mis , chaque annee , a la disposition de M. le President , pour ir>/A; CONGRfeS DES ACADiSmIES. '^' 123 6tre adresses k Tun des journaux les plus r^pandus, surtout dans les departements ou il n'existe pas de societe savante. M. Travers, professeur k la Faculte des letlres de Caen, n'ayant pu se rendre au Congr^s , a adresse en r^ponse k ces questions des notes dont voici quelques pas- sages : Les questions de presse , dit M. Travers , ont Tincon- v6nient de paraitre toujours des questions de circonstance et de parti. Par cela meme elles ont toujours un grand interet, et, du moment meme ou elles sont soulev^es , 11 faut qu'elles soient resolues par la raison ou par les passions. Aujourd'hui I'lnstitut des provinces semble provoquer, dans les questions qu'il a posees , une sorte d'eftquete sur la presse departementale, Il voudrait que les Com- pagnies savantes eussent une action sensible sur les feuillesde localite. Il demande sMl n'y aurait pas moyen de r6veiller la torpeur de Tesprit public , etc. , etc. Ces questions et ces voeux ont un interet veritable , ajoute M. Travers , et nous desirous qu'ils soient Tobjet de discussions lumineuses et de memoires independants. Peut-etre entreprendrons-nous de les traiter amplement, quelque jour. Qu'est la presse dans les departements? Si nous en jugeons par les journaux que nous connaissons , son 6tat est miserable et precaire. Triste reflet de feuilles quo- tidiennes de la capitale , elle vit d'un choix de nouvelles politiques, d'anecdotes propres k amuser les oisifs, de comptes-rendus des cours d'assises deparlementales , et de quelques varietes, scientifiques ou litt^raires, par exception, Leur but principal . c'est de plaire au pouvoir, 124 INSTITUT DES PROVINCEiS DE PRANCE. aiin de ne pas 6tre d^pouillees des annonces 16galesqui les font vivre, et si quelque article un peu hardi leur est communique, elles s'empressent de le soumettre k la censure prefectorale. Qu'attendre de cet asservissement volontaire? Est-ce ainsi que se rel^vera I'esprit public dont on deplore Fabaissement ? On a demande si les Academies, si lesSoci^tes savantes de toute esp^ce , ne pourraient pas avoir une influence heureuse sur la presse locale ? Nous en desesperons. Que pourraient-elles communiquer aux journaux de leurs localites respectives ? Des comptes-rendus de leurs seances? Le public n'y tient pas, et les gerants le savent bien. Aussi n'admettent-ils que par complaisance pour leurs auteurs , quelques articles de science et de litte- ralure, doni ils font par fois attenclre Cinsert ion pendant TOUT UN SEMESTRE Cc qu'il Icur faut, ce qu'ils demandent, ce qu'ils achfetent, c'est encore le roman-feuilleton. Leur clientele ne tient pas k ce qu'on VinstruisCy elle veut qu'on V amuse ( tres-bien ). Le genre d'utilite qu'elle re- cherche, c'est le cours de la bourse, les actions des che- mins de fer , et les articles qui peuvent eclairer sur le placement avantageux des fonds disponibles. La jeunesse du moins fait-elle concevoir des espe- rances ? Est-ce par elle que se relevera Tesprit pubhc ? Pour le moment il n'y a nulle apparence. Elle ne semble ^point partager les gouts litteraires des generations aux- quelles elle a succede. Elle boit , elle fume , elle joue; ;pu bien aspire aux places, et, solliciteuse empressee^ elle se fait prematurement aux habitudes de la flatterie et d'une rampante soumission ; ou bien elle se jette dans les speculations de Findustrie , avide de lucre pour ayriver promptement aux jouissajaces mal^rielles , et digne /ir:/CONGRES DES ACADEMIES. ITa/ 1 ^son tour de rindignation d'Horace contre les jeuneg Komains de son temps : An, haec animos aerugo et cura peculi Quum semel imbuerit, speramus carraina fingi Posse linenda cedro et levi servanda cupresso ? L'Assembl6e reconnalt la justesse de ces observations. La 35^ , la 36^ et la 37^ question sont mises en dis- cussion : elles sont ainsi con cues : Quelle part les Societes savantes doivent-elles legi- timement prendre dans la direction du gout, en cc qui touche a Tarchitecture , la sculpture et la peinture (( decorative? Ne devraient-elles pas , dans certaines cir-^ Constances , publier de courtes instructions appropriees aux besoins des localites ? M Cette mission que les Societes savantes pourraient entreprendre , dans le but de contribuer k Passainis- sement du gout , ne serait-elle pas un moyen d'obtenir une plus grande popularite et de nouveaux litres k la : H reconnaissance publique ? Toute institution devant, pour etre durable , offrir' des resultats utiles , et exercer une action appr^ciee de ' tons les hommes serieux , quelles seraient les attri- butions qui pourraient donner aux Societes savantes u des departements une autorite et une action nouvelle^? Comment pourraient-elles fonctionner avec ces nou-' velles attributions ? M. de Caumont se plaint de la somnolence, de Tapathie de la plupart des Societes , qui restent chez elles , ne se mtont de rien , se renfermant dans une abstention persistante , dans une inertie deplorable , qui ne re- pondent pas meme aux questions qui leur . sont sou- 126 IKSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. raises , et ne donnent point de solutions quand on les consulte sur des questions de gout , d'art , de style , loutes choses essentiellement de leur competence, et ou leur opinion devrait etre une autorit^ decisive. M. Calemard de Lafayette se plaint egalement du d^faut d'assiduite des membres de la plupart des Soci6t6s. Sans assiduity, 11 ne peut pas y avoir de travaux suivis, de stances fructueuses. Beaucoup deSocietes ont 6t6 obligees de revenir k Tusage des jetons de presence , Fun des plus puissants moyens d'attirer les membres et de les rendre assidus, II ne suffit pas, ditM. deCaumont, d'avoir de Tassiduit^; il faut surtout de Tinitiative. Or , la plupart des Soci6t6s n'en ont pas. Les idees neuves leur sont inconnues ; elles n'ont que de vieux programmes ; elles s'obstinent a rester sur un terrain epuise. M. de Lafayette voudrait que les Soci(5tes introduisissent de nouveaux elements dans leur sein. II y a dans la plupart de nos villes des jeunes gens dont Padmission pourrait raviver les Societ^s. II ne faut pas toujours demander aux nouveaux membres ce qu'ils ont dej^ fait, mais ce qu'ils pourront faire. La 38*. question , mise ensuite en discussion , est ainsi formulee : charmes , d' Amiens , relatif k Textraction de Topium du pavot : in , GONGREIS DS ACADEMIES. ^fif^Tfj 139 Messieurs , Devant toute autre assembl^e, on pourrait craindre de soulever une question de la nature de celle dont vous m'avez charge. J'ai besoin , je Tavouerai , de savoir com- bien est vif et vivant le sentiment du bien public qui vous amene dans cette enceinte pour oser vous entretenir de la question de la production de Topium indigene. Votre z^le est de ceux que rien ne saurait engourdir ni para- lyser. J'esp^re done que votre attention ne me manquera pas et que vous voudrez bien me suivre dans I'expose de cette question. Je regarde comme inutile de vous entre- tenir de Thistorique des essais tentes anterieurement soit par les botanistes, soit par les medecins pour substituer Topium extrait de nos pavots k celui imports par le commerce. Le probleme n'etait pasmur : aujourd'hui, le temps de la solution est proche , s'il n'est pas complfetement resolu^ il y a lieu de croire que Texp^rience permettra de pro- noncer d'une fagon definitive; toute la question de Topium indigene est r^duite desormais b, celle du prix de revient de la main-d'oeuvre. M. Descharmes s'appuyant des essais tenths par M. B6- nard, pharmacien, son compatriote, dans lesquels il a lui-meme incise, en IZi heures, 2,752 capsules, a recueilli 109 grammes de sue opiace. Remplac6 par un ouvrier , celui-ci a incise 12,000 capsules et ramass6 , 322 grammes seulement de sue en cinq journees de travail , de douze heures de travail chacune. Ainsi de l/i,752 capsules, on a extrait kSi grammes de iliO INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. sue laiteux qui se sont rMuits, par la dessiccation , k 205 grammes d'opium indigene , dont M. B^nard , en 61feve habile du savant professeur Girardin , de Rouen , a extrait 16 "/o de morphine. L'opium du commerce , en moyenne, ne rend que 8 **7o, si on consent k ^valuer la valeur de l'opium indigene , plus riche en morphine , au prix moyen de 50 fr. le kilogr. , prix de Fopium du commerce , il en r^sulte que la valeur des 205 grammes sera de 10 fr. 25 c. Les six jours d'ouvriers pour les ob-* tenir ayant cout6 7 fr. 75 , on a un benefice de 2 fr. 50. Un hectare de terre peut contenir environ 1,000,000 t^tes de pavots dont on pourrait extraire 28 kilogr. de sue, en nombre rond 13 kilogr. 501 gr. par une premiere operation k Paide de Zi08 journ^es d'ouvriers. On peut doubter cette production par une seconde operation qui ne nuira pas h la graine : d'un hectare de terre on peut . done retirer 27 kilogr. d'opium d'une valeur de 1,350 fr. pour|une depense de 1,020 fr. , c'est-^-dire 330 fr. , benefice _ net qui pourrait s'augmenter, si on employait des femmes et des enfants dont le prix de journ^es serait moindre* - D'un autre c6t6, 1'habilet^ acquise par I'ex^cution r6p6t6e . de la manoeuvre n^cessaire pour Tincision am^nera k. I'operer plus rapidement, et, par suite, il en r^sultera une reduction dans le prix de revient de journees pour. I'exploitation. M. Aubergier, de Clermont, a pu faire op^rer quatre incisions sur chaque capsule : on doublerait ainsi les b6nefices. L'auteur du m6moire indique un instrument arm6 de cinq lances saillantes de 3 ^ 5 millimetres, dispos^es cir- culairement et obliquement de fa^on k pouvoir faire des incisions transversales. Une figure en fait tr^s-bien com- 5 CONGRfeS DES ACADEMIES. r 1/|1 prendre la construction et Tusage. II ne nous resterait plus qu'^ demander comment il arrive que noire opium indigene se montre plus riche en morphine que I'opium exolique , recolt^ dans des climats dont la temperature plus elev^e paraitrait, a priori y plus favorable a I'elabo- ration des sues dans les vegetaux dont on Textrait. Qu'on nous permette de faire quelques remarques sur ce point. Nous ferons observer d'abord que nous ne recevons gueres en Europe que I'opium de seconde qualite. Ce n'est pas la premiere fois d'ailleurs que Tindustrie euro- peenne lutte avec succ^s centre Tindustrie plus primitive d'autres contrees ou les produits naturels sont plus riches que leurs analogues de notre pays. Tant il est vrai que partout et en toutes choses la science doit Temporter sur Tincurie et Tignorance. ') Diff^rentes personnes ont fait une objection fondle sur ce que la valeur d'un opium ne doit pas 6tre appreci4e uniquement par la proportion de morphine , puisqu'on y trouve aussi la narcotine , la codeine , la meconine et la thebaine. Sans aucun doute, ces alcalis vegetaux commu- niquent leurs vertus a Topium. Mais en attendant une analyse complete , il nous suffira de proclamer que les bons resultats de Tadministration therapeutique de Fopium indigene ont ete reconnus par les juges les plus competents de TAcademie des sciences et dans TAcademie de medecine. La proportion de ces derniers principes imm^diats etant de beaucoup moinsgrande dans Topium, il en resulte necessairement qu'on est fond6 a classer les qualites de Topium d'apr^s les quantites de morphine qu'on y rencontre. Ne serait-il pas possible que la culture dans des terres am^liorees, comme les terres du nord de la France, ilii2 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. donnM des plantes plus d6velopp6es, plus fortes et ca- pables de donner des sues plus elabor^s , muries dans leur fruclificalion avec une temperature m^me plus faible? Ce qui nous paralt bien Evident , c'est que notre climat ^st tout-^-fait propre k la culture du pavot ; que sa tem- perature etant sulTisante pour murir ses graines, on peut etre certain que les sues de la plante sont parfai- tement elabor^s. La production de I'opium indigene nous parait done interessante pour tout le monde , pour le producteur , pour les populations ouvri^res auxquelles elle offre une nouvelle source de travail et de richesse , et aussi pour les consommateurs dont le nombre augmente sans cesse depuis que la chimie et la pharmacie ont pu fournir des medicaments d'une exactitude mathematique telle que le medecin peut etre certain des eflets qu'il veut obtenir pour le soulagement des douleurs. Le Gongr^s me semble done , dit en terminant M. de Bouis , devoir applaudir compietement aux tentatives en- courageantes , deja entreprises en plusieurs points de la France, pour introduire dans les regions ou cela sera pos- sible cette production de Topium indigene. Le Secretaire , G. DE Beaufort. .a >// CONGRfes DES ACADEMIES, r^'n 148 SECTION DES SCIENCES NATURELLES , AGRI- CULTURE ET INDUSTRIE. SEAN<:E DU 25 MARS. ( Pr6sidence de M, le colonel Rep^caud. ) Si6gent au bureau : MM. de Montreuil , Beaulieu et de Beaufort , secretaire de la section. M. le baron de Montreuil repute apr^s la lecture du proofs-verbal de la stance pr^cedente que Tun des princi- paux moyens pour arriver au progres agricole, estd'amener les cultivateurs intelligents a tenir une comptabilit^. Sans comptabilit^ , dit-il , on peut sans doute faire faire des progres a Tagriculture : produire de plus beaux bes- tiaux, obtenir de plus riches recoltes que par le passe, des croisements judicieux , le choix des reproducteurs sans sortir de leur race , d'abondantes fumures , voilci les moyens d'avoir des succfes. Mais , a quel prix les a-t-on obtenus ? voila ceque le praticien demande aussi bien que Teconomiste. Si je remporte les prix, au concours , par la beaute des el^ves , Tengraissement des animaux de bou- cherie , j'ai satisfait ci Tun des termes du probltoe , mais je ne Faurai resolu entierement que si le prix de revient est d^passe par le prix de vente , ou du moins s'il est at- teint. Comment veut-on que le cultivateur, qui travaille pour le gain , se fasse purement artiste et se contente de la beaute de la forme , si sa ruine et non I'aisance en sort pour lui ? Or, pour que les agriculteurs serieux accueillent avec faveur les fails qu'on leur signale , il faut n^cessaire- ihk INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. ment qu'ils reconnaissent que les ameliorations oblenues donnent des benefices, et qu'elles profitent k ceux qui les enlreprennent d'abord , el ensuite au pays tout entier. Comment peut-on prouver les benefices, sinon par une comptabilil6 r6guli^re, je le demande? On me r^pond: les agriculteurs n'ont pas le temps de la tenir , c'est bon pour une exploitation exceptionnelle; il faut des connais- sances qui ne se rencontrent pas chez la plupart des cul- tivateurs... M. de Montreuil est le premier k reconnaitre qu'on ne pent exiger la tenue d'une comptabilite rurale dans toutes les exploitations; mais on peut en tenir une dans les principales , et lorsque des fermes bien conduites pour- ront juslifier des profits qu'elles tirent d'une culture amelioree, il en sortira cet avantage notable : on prendra confiance dans leurs pratiques agricoles , on s'ingeniera k les imiter de proche en proche, et le progr^s, si lent en agriculture , quoique , si Ton en croit le proverbe , il faut dix ans pour qu'une decouverte en ce genre fasse dix lieues, marchera desormais avec moins de lenteur. La comptabilite rurale, suivant M. de Montreuil, ne doit pas etre compliquee. Sans doute , un resultat agri- cole ressort de faits multiples qu'il est bon de conslater ; toutefois, il faut simplifier tout, afin d'eviter une trop grande perte de temps , la simplification de la compta- bilite est ce k quoi surtout il faut tendre. L'honorable ^membre recommande ce sujet k Tattention du Congrfes. II d6sire qu'on en fasse une 6tude sp^ciale. 11 presente ci I'appui de ce voeu plusieurs tableaux r^sum^s qui lui servent k lui-mtoe dans son exploitation, et qui per- mettent, en un instant, de se rendre compte du prix de revient des denr^es et produits de culture. Il esp^re, CONGRi:S DES ACADEMIES. lZl5 Tannee prochaine , pouvoir soumettre des tableaux plus complets h rappreciation de ses collogues. M. Calemard de Lafayette felicite Tauteur, maisdit qu'il sera difficile pour le cultivateur , de donner ainsi revaluation de ses frais. M. Calemard de Lafayette parle du proced6 de la plantation des cer^ales en quinconce par un plantoir mecanique, et de Tinstrument de M. Mangou, avec le- quel 11 a obtenu des r^sultats qu'il dit 6tre de 150 pour ' 1. II a ensemenc^ ainsi 10 hectares cette ann^e. II croit utile de substituer Tensemencement en ligne et en quinconce h Fensemencement b. la volee. M. de Caumont rappelle que Tinstrument Le Docte doit 6tre presents demain. M. Lecomte dit que ces r^sultats ont d^jci 6t6 si beaux, que M. le Ministre de Tagriculture a charg6 un associe de M. Le Docte d'aller ensemencer k La Saussaye, a Grignonet a Grandjouan, ou une commission comparera et jugera les resultats. M. de Montreuil demande si cet instrument s'applique k Fensemencement des cereales ? Reponse affirmative. M. de Montreuil cite un fait personnel : il a sem6 k la volee, avec soin , 1 hectolitre 1;2 , et 2/3 d'hectolitre avec un semoir anglais. La volee lui a donne 35 hectolitres pour 1 hectare , et le semoir a moins bien reussi. Ajou- tant que parfois, du reste, les chifTres de rendement sont trompeurs , quand on donne le rendement dans un petit espace ou dans une grande culture. M. Ch. Gomart signale la superiority des semis en ligne sur le semis k la volee; mais k la condition ex- presse de faire sarcler entre les lignes; car, sans le binage , les herbes parasites 6toufferaient bien plus 7 146 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. facilement le bon grain dans les semis en lignes que dans les semis k la volee. Dans le nord du d6parten>ent de TAisne, on planle k la main , depuis quelques annees, le ble en lignes; et, avec de bons binages , on a obtenu des r^sultats supe- rieurs m^me aux semis en lignes. Le Cornice de St.- Quenlin a fait venir , 11 y a un an , le plantoir de M. Mangou. Get instrument a 6i essaye dans le canton du Catelet; et, soit qu'il ait 6te mal manie, soit pour toute autre cause , rexperience n'en a pas consacr^ ' Tusage. On est retourne a la plantation a la main, au moyen d'un instrument faisant deux trous dans lesquels un enfant met quelques grains de bl6. M. Lecomte dit que le plus grand avantage du plantoir Le Docte et le plus grand service qu'il puisse rendre, est de repandre de Tengrais pulverulent autour de la se- mence. 11 signale plusieurs localit^s ou ce plantoir est employ^. M. Beaulieu r6p^te ce qu'il a dit , il y a quelques jours, sur Tanglais Bull, qui avait invents U0 instrument introduit en France par Duhamel, cite, en 1751, par TEncyclop^die, et en 1779, par Tabb^ Poncelet, qui, du resle, le voulait changer; ce qui prouve que la methode de planter le ble en ligne etait fort ancienne. ?; M. Calemard de Lafayette convient de toutcela; mai& il insiste sur cet avantage de M. Mangou , qu'il est peut- etre le seul en France ci avoir ensemence 10 hectares par un precede pen usit6 et qui produit beaucoup. M. de Caumontdit que , dans la partie du Calvados qui produit les colzas, la m^canique aurait de grands avan- tages sur la main de Thomme. Le plantoir , s'il pouvait ^Ire applique au colza , offrirait peut-etre des avantages- CONGRfes DES ACADEMIES W pour cette culture , quoique le travail fait a la main aille assez vite et soit tr^s-satisfaisant ; il mentionne un jeune m^canicien normand, qui avail essaye de laire un instru- ment de ce genre , qui aurait plante plusieurs rangs de colza a la fois. M. Quenard cite le pays limitrophe de laBeauce, sol calcaire peu rude , ou le bl6 est excellent et se paie au marclie 5 fr. de plus qu'ailleurs. Le ble y est plants en lignes, au moyen d'une houe k deux dents, par des femmes ou des enfants : on paie ZiO ou 50 sous par arpent. Les semoirs perfeclionn6s ont ete abandonnes, vu leur peu d'appropriation aux usages du pays. Sur une demande de M. de Montreuil , M. Quenard dit que Ton r^colte ainsi l;/t de plus qu'on n'obtiendrait en semant a la volee. Ce pays est Courcelles , pr^s de Pecquigny. M. Beaulieu declare se joindre k M. de Lafayette pour rendre justice a Tinstrument de M. Mangou. M. de Lafayette dit que , cette annee , en Auvergne , le plantage a pris plus d'extension. M, de Lavergnee se joint k M. Beaulieu pour honorer M. Mangou , en exprimant ainsi Topinion du Cornice de Niort. M. de Cussy dit qu'en Basse-Normandie le plantoir a paru Tan dernier. Ce plantoir depose la semence k 2 pouces de profondeur , et, pour la forme , se rapproche du plantoir a colza. M. de Montreuil dit qu'en effet, comme Ta dit M. Que- nard , le plantoir est un perfectionnement dans certains pays , mais qu'il en est d'autres ou il entrainerait des frais plus grands que les produits , ce qui rendrait alors le plantoir plus nuisible qu'utile. 11 demande qu'on exa- 148 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. mine le planloir pour les cer6ales comme ayant un avan- tage agricultural , comme donnant de Touvrage h plus d'ouvriers, et comme donnant plus de produits sans frais plus grands. A Toccasion de la XVI*. question , ainsi congue : Quels r^sultats doit amener dans Tavenir Tassociation de Tin- dustrie a Tagriculture? Quelles modifications pourronl etre par la apportees dans les habitudes des cultiva- teurs ? , M. Gh. Gomart cite les faits suivants , pour d^montrer les avantages de Tassociation de Tindustrie k Tagriculture. Dans Tarrondissement de St.-Quentin, oil la fabrication du Sucre de betteraves a et6 introduite en 1827 , les fa- briques de sucre sont aujourd'hui au nombre de vingt- trois , independamment de deux distilleries et de trois nouvelles fabriques importantes en voie de construction. Quels ont ete les resultats , pour Tagriculture , de I'intro- ductio et du d^veloppement de la culture de la betterave dans cet arrondissement ? 1. LMntroduction, I'usage plus r6pandu d'instruments perfectionn^s : le braban double , la charrue fouilleuse , Textirpateur , le rouleau Groskill, les semoirs perfec- tionnes , tons indispensables k la bonne culture de la bet- terave. Ces instruments ne sont plus seulement fabriqu6s par des constructeurs-m^caniciens; on trouve aujour- d'hui, dans nos campagnes, des mar^chauxde village qui, comprenant le m^canisme des instruments aratoires per- fectionnes , sont en etat de les r^parer et m^me d'en construire d'excellents. 2^ La production de la betterave a force nos cultiva- teurs a am61iorer leur culture par des labours plus pro- fonds , par le defoncement du sous-sol , par le marnage , CONGRES DES ACADEMIES. lZi9 le drainage. Les terres , mieux nettoy^es par le binage , ont donne de meilleurs produits en cereales ; par exemple , la moyenne de la production du ble, qui , dans les statistiques precedentes , n'etait , dans Tarrondisse- mentde St.-Quentin, que de ill hectolitres de ble k Thec- tare , vient d'etre constatee par le resume des travaux des commissions de la statistique agricole de St.-Quentin, ^ une moyenne de 18 hectolitres de ble k Thectare. 3". Les produits de la culture de la betterave , apr^s qu'on en a retire le jus pour la fabrication du sucre , don- nentencore, dans la pulpe,une trfes grande ressourcepour la nourriture et Tengraissement du betail ; il resulte , en effet, de Texperience de plusieurs annees , que la pulpe fournie par un hectare de betteraves, equivaut, pour la nourriture du betail , au produit en foin de 1 hectare de terre. Ainsi , la betterave fournit non-seulement un pro- duit tr^s-riche par son jus , mais encore elle donne par sa pulpe le moyen d'engraisser un grand nombre d'ani- maux qui donnent, par leurs fumiers, les moyens d'entretenir la fertilite de la terre ; et ces engrais sont d'autant meilleurs qu'ils proviennent de bestiaux en- graisses avec de la pulpe melang^e de tourteaux. Enfm , Messieurs , au moment ou Ton se plaint genera- lement de la propension des populations des campagnes k affluer dans les villes , nous vous signalerons que , dans I'arrondissement de St.-Quentin, la population des cam- pagnes n'a pas diminue depuis dix ans, et dans les villages ou se trouvent les fabriques de sucre , les ouvriers se nourrissent mieux , ont plus d'aisance que dans les com- munes purement agricoles ; ils ont de Touvrage pendant tout Thiver et dans le moment ou les travaux des champs sont suspendus partout. 150 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE, M. Ch. Gomart conclut des fails qu'il vient de citer que rassociation intelligente de rindustrie ^ ragriculture sera , suivant la nature du sol , le climat et les circon- stances , la source d'un progr^s reel' pour Tagriculture. M. de Caumont dit que le colza , qui est aussi une plante industrielle , a produit dans le Calvados un bien immense. 11 approuve tout-^-fait les vues de M. Gomart. M. Quentin-Durand dit avoir apport^ des notes sur le drainage , dont il desire donner connaissance. M, le baron Ivan Bratel est le premier, dit-il, qui, a ma connaissance, nous ait fait connaitre le drainage par perforation, pratique dans la Gueldre hollandaise en toutes saisons , en per^ant des trous perpendiculaires de 1 metre 50 centimetres, a Taide d'une sonde et d'ou- vriers ordinaires , et sans endommager les cultures. Ces trous sont ensuite remplis par des batons ou perches dont le nombre pent s'elever , suivant le baron Ivan Bratel a 6,000 par hectare. Ce drainage perpendiculaire , si facile h executor, pre- sente , comme on le voit , une grande economic sur le drainage a tuyaux places horizontalement ; si Ton r^fle- chit ensuite que la couche impermeable pent etre une glaise plastique , ne serait-il pas naturel de croire que la perche , au lieu de remplir le trou , devrait etre plus petite, afln de laisser de suite filtrer les eaux, sans atten- dre que cette perche se pourrisse pour leur livrer passage. Cette premiere reflexion m'a conduit ci une seconde : je me suis dit , toujours en supposant de la glaise plas- tique qui ne se delaiera jamais avant d'avoir ele dess^chee k Fair libre , je me suis dit : k quoi bon des perches ? les trous formes par une extraction de glaise ne pourront se refermer du moins pendant long-temps; ils pourraient CONGRi:S DES ACADEMIES. 151 s remplir de terre arable , permeable , a travers la- quelle filtreraient les eaux surabondantes,et on economi- serait 6,000 perches par hectare. J'ai communique cette idee a un cultivateur de Seine- t-Marne , M. Desbiroux , qui a achete une sonde de U metres, et va drainer 100 perches de ses terres. M. de Caumont dit que Pargile viendra toujours bou- cher les trous, ce qui rend ce systeme impraticable dans bien des terrains. II ne pent , d'ailleurs , sous bien des rapports , produire le meme effet que le systeme ordi- naire. M. de Bonis ne pretend pas parler de la Hollande, qu'il ne connait pas, ni, par consequent, se placer au point de vue de Tauteur hollandais cite par M. Quentin-Durand. II demande dans quelles communes on a employe ce sys- ttoe, qu'il croit inapplicable en general, quoique pos- sible dans certaines localit^s. M. de Montreuil dit que ce drainage est dispendieux , si Ton met des perches perpendiculaires dans le sol ; nul, si Ton n'en met pas , vu que les trous se bouchent. M. Quentin-Durand maintient son opinion premiere. M. le President parle d'un moyen employ^ k defaut de drainage : forer des trous reraplis ensuite de mati^res terreuses permeables , mais il conclut ci pr^ferer le drai- nage dans la plus grande partie des cas. II dit que , du reste , la profondeur du forage permet de diminuer le nombre des trous. Il ajoute que le drainage ne pent s'appliquer 6galement k tous les pays ni k toutes les natures de sol. M. de Gussy demande k M. de Gaumont quels resultats iui a fournis le drainage de terrains argilo-plastiques. 152 INSTITDT DES PROVINCES DE FRANCE. M. de Caumont n'a fait drainer que 3 hectares dans de Targile d'Oxford , et a obtenu un ruisseau d'eau lim- pide resultant de ses drains. Ces r^suitats datent de la seconde ann^e de drainage ; les terres ont port6 d'assez bonnes r^coltes. M. Rondeaux-Pouchet a eu de beaux r6- sultats sur une grande ^tendue de terrain; MM. Binet et de Bonvouloir egalement ; aussi les antagonistes du drainage ont-ils commence k lui rendre pleine justice. M. de Cussy cite aussi MM. Mosselman et Du Moncel , dans la Manche. M. de Caumont ditque les prix n'ont pas encore diminue et restent k 25 fr. les mille tuyaux de 30 centimetres. R. DE Beaufort. SEANCE GENERALE DU DIMANCHE 25 MARS. (Presidence de M. Darcel). DISTRIBUTION DE MEDAILLES. M. de Caumont appelle au bureau MM. Darcel, Mabire, de Cussy et Gaugain. M. de Caumont expose au Congrcs que la Societe fran- ^aise d'archeologie pour la conservation des monuments a juge bon de provoquer une exposition arlistique a Avran- ches. Sous cette denomination , la Societe entendait une exposition comprenant tout ce qui se rattache ci Tart : peintures, sculptures, etc.; et, en meme temps, meubles, orf^vrerie , tissus , ornementation religieuse , etc. CONGRES DES ACADEMIES. 153 M. le Directeur general se hate de proclamer que Tex- position a ete exlremement brillante. De nombreuses recompenses, soixante-deux m^dailles , ont ete distri- buees sur les lieux; mais il restait h remunerer un certain nombre d'exposants de Paris et de quelques autres lo- caliles eloignees d'Avranches. Ce sont les m^dailles des- tinies h ces exposants qui vont etre distribuees aujour- d'hui. M. de Chennevi^res avait bien voulu promettre de faire lui-meme , aux laureats , la remise des medailles. En Tabsence de M. de Chennevi^res , empeche par ses travaux multiplies , son ami et collogue , M. Darcel , pre- sidera a cette solennit^. M. de Caumont appelle les noms des laureats dans Tordre suivant : Medaille de vermeil. < AM. Lefebure , fabricant de dentelles , a Paris et a Bayeux. A M. Hubert-Manage : tissus et ornements d'^glise, executes sous la direction du R. P. Arthur Martin. A M. Poussielgue : orfevrerie re- ligieuse, toujours sous la direction du R. P. Arthur Martin. Peinture. Medaille d' argent, kW^''. Louise deGui- mard, de Paris (un tableau qui a ete immediatement achete par le mus6e d'Avranches ). A M. de Montzey : travaux de sculpture. AM. Victor Petit : travaux d'ar- chitecture. ( Plusieurs publications importantes. ) A M. Bataille , peintre h Versailles : dessins , aquarelles , etc. AM. Thierry : orfevrerie religieuse. Par r Association normande pour les progrfes de Tagri- culture et de Tindustrie : Medailles d'argent, A M. le marquis D' Argent , pour son exposition de produits agricoles. AM. Fleury, fermier dans TEure : bonne lenue des cultures. 163 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. Cette proclamalion de medailles est accueillie par d'unanimes applaudissemenls. Plusieurs des laureats sont venus les recevoir, au milieu des marques de lavive sym- palhie de FAsserabl^e, des mains de M. Darcel et des au- Ires membres du bureau. M. le Directeur general prend en suite la parole pour annoncer que I'exposilion qui a si bien reussi ci Avran- ches , sera renouvelee , cette ann^e , a Caen. L'exposition des objets d'art devra durer 25 jours ,. elle ne durera que li jours pour les objets agricoles. Les produits artistiques devront 6tre arrives avant le terme fatal du 10 juin. Les produits agricoles devront etre parvenus a Caen, avant le 3 juillet. M. Raymond Bordeaux tient ci ce que lesexposants soienl bien prevenus que Texposition artistique devra etre com- prise dans toute Textension du mot. Ainsi , on voudrait y voir representer les produits de Tart du lapidaire, la statuaire coloriee , doree , etc. ; Torfevrerie, les emaux, lestissus et ornements de luxe, la typographic meme ; en un mot , toutes les industries qui; reinvent de Tart du dessin et des lois de la forme. En un mot, 11 est fait appel a toutes les industries ou le gout et Timaginatioft tiennent la plus grande part. M. de Caumont ajoute que la ville de Caen mettra ci la disposition des exposants des locaux tr^.s-considerables La Prefecture offre aussi Thospitalite h quelques-uns des produits. Les. vitraux, par exemple, qui seront tr6s- remarquables en nombre et en beauts , seront tr^s-con- venablement places, . M. le Directeur general recommande chaleureusement Tid^e de pareilles expositions au patronage ^claire du Congr^s et des Societ^s savantes.. CONGRES DES ACADEMIES. 155 Le Congres se forme en seance generale sous la pres- cience de M. le general Remond. M. le general Remond , president, appelle au bureau MiM. le marquis de Beausset-Roquefort , Bizeul et de La Chauvinifere. L'ordre du jour appelle la discussion de Particle du programme ainsi con^u : Quels ont ete les progrfes de la pisciculture en 185^ ? M. Quenard a la parole. Son intention n'est pas d'aborder la question de la f^condation artificielle , qui n'est qu'un des cotes , et meme un c6l6 secondaire de la pisciculture; ce qui lui semblerait important, ce serait surtout Televage et I'amdnagement du jeune poisson. M, Quenard fait ici une rapide analyse d'un memoire presente, par lui, a la Societe centrale d'agriculture , et dont il sera heureux de faire prochainement hommage au Congres. Dans ce memoire, le zel6 praticien donne les indi- cations sur la mani^re de multiplier le poisson , ci Taide de frayeres naturelles. II montre ensuite dans quelles conditions il est possible d'amener les jeunes produits a un developpement rapide: et fructueux pour le pisci- culteur. M. Quenard conclut que , sans dedaigner les lentatives nouvelles qui ont ete faites pour Tacclimatation et la multiplication des poissons de haute valeur, en laissant, par exemple, a la fecondation artificielle, un i^le important pour certaines circonstances , il faut re- connaitre qu'il y a surtout ^normement k faire pour tirer tout le parti le plus avantageux du poisson plus commun des Clangs et cours d'eau circonscrits. La carpe , la tanche et le brochet donneront de beaux resul- tatSjpartoutouonles traitera par desprocedes rationnels. 156 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. La parole est k M. Millet pour indiquer les perfection- nements introduits dans la pratique , depuis ses commu- nications au Congrfes de 185/i. M. Millet rappelle qu'il a fait , Tannic derni^re , I'ex- pose des m^thodes existantes. Cette ann^e , il se bornera done ci faire connaitre quels progr^s out 6t6 accomplis. Qu'est-ce que la pisciculture ? Au point de vue le plus general , c'est la culture , toute la culture des eaux , en ee qui concerne tous les produits de la peche. La fecondation n'est done pas la pisciculture. Les points les plus importants k etudier tout d'abord, ce sont les mffiurs , les habitudes des poissons , lorsqu'ils precedent a la ponte. Pour bien s'entendre , il faut commencer par preciser le sens des mots. La frairie naturelle, c'est Facte de la reproduction du poisson ; le frai est le produit de eet acte, c'est-a-dire Poeuf fecond6 ; la fray^re est Fendroit ou s'accomplissent la ponte et la fecondation. Une premiere observation : La fraie est presqu'entifere- ment subordonnee a la temptoture des eaux ; leur com- position chimique n'a qu'une influence secondaire. Lorsque le poisson est en pleine fraie , si la temperature s'abaisse brusquement, le poisson cesse aussitot de frayer. Les carpes commencent ci frayer a la temperature moyenne de 25**; que la temperature descende a 16 ou 17% la fraie s'arrete immediatement. Pour d'autres poissons , tels que le saumon , la truite , I'ombre , etc. , la chaleur au con- Iraire est funeste. Au-del^ de 22 h 23% ils ne fraient plus. L'insucc^s dans la fecondation a souvent tenu ci cela : pour la truite , s'il fait trop chaud , et pour la carpe , s'il fait trop froid , les ceufs perissent. Il faut done tenir grand compte de la temperature. Dans la ponte^les poissons se comportent diversement, CONGRES DES ACADEMIES. 157 suivant la famille a laquelle ils appartiennent. On sail qu'il faut distinguer les poissons en deux classes, les migrateurs et les non migrateurs. Le saumon et la truite de mer quittent les eaux de la mer pour la ponte. lis s'engagent dans les fleuves et remontent jusqu'^ leur source pour ehercher des eaux suffisamment fraiches et cependant qui soient exemptes de la congelation. Ces poissons ne pourraient frayer dans Teau salee ; le sel d^truit le germe de I'oeuf et entrave k mouventdes spermatozo'ides. Or,ce mouvement des sper- matozoides , d'apr^s les observations de MM. de Quatre- fages et Millet , ne dure qu'une Irentaine de secondes. La laitance, ou principe fecondant, n'a de puissance qu'autant que les spermatozoides sont encore en mouvement. II faut done , que dans la fecondation , il y ait un contact presquMmmediat entre la laitance et les oeufs. Ainsi , Teau salee tuant les oeufs et entravant les mou- vements des spermatozoides , la truite , le saumon , ne pourraient frayer dans Teau de mer , de la leur emigration. La famille des salmoneides recherche, de plus, des eaux douees de certaines conditions particuli^res. L'eau trouble et vaseuse rend la fecondation difficile et T^closion incertaine. La chaleur, comme on Fa vu , nuit aussi a Tceuf de la truite et du saumon ; il faut done pour cette famille rechercher, comme elle le fait elle-m^me, la limpidite et la fraicheur des eaux. Il convient, pour obtenir une eclosion satisfaisante , de rester meme au-dessous de 10" , soit de /i a 6. Les migrateurs , pour atteindre ces eaux ci leur conve- nance , recherchent la proximite des sources ; il leur faut de plus un lit compost de cailloux , de pierres , ou de gros graviers. Les femelles y creusent des trous qu'elles 158 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. debarrassent de toutes les mati^res niiisibles , animales ou vegetales : elles enterrent ensuite leurs ceufs par le precede que voici : la femelle se place en avant du nid , plus ou moins loin , suivant que le courant est plus ou moins rapide. Elle se froUe centre le gravier, les oeufs s'epanchent et vont tomber , entrain6s par le courant, dans le nid creux. Le male , qui se tient derri^re la femelle, ge hate de les arroser par quelques gouttes de laitance, dont le contact les feconde inslantanement ; la femelle alors recouvre le nid avec du sable, des graviers, etc. Jamais tous les oeufs ne sont places dans un meme nid : plusieurs nids, et k plusieurs jours d'intervalle, resolvent la ponte d'une m^me femelle. Dans la fray^re artificielle , il est facile d'imiter ces precedes naturels. Pour arriver a de s^rieux resultats dans Tempoissonne- ment en grand , il faudrait obtenir la fraie naturelle dans des frayeres artificielles. La f^condation artificielle doit rester une ressource secondaire , utile surtout pour transporter les ceufs fe- condes a distance , lorsqu'on ne pent se les procurer sur les lieux. Rien de plus simple k organiser qu'une fray^re artificielle. En jetant des graviers dans les eaux , si elles n'en ont pas et en y introduisant la truite male et femelle n pent esperer le succ^s, pourvu que les eaux aient les conditions convenables de limpidite et de temperature. U. Millet a parfaitement reussi h faire frayer des truites dans des fosses de tourbi^res , en y jetant quel- ques brouettees de graviers. M. de Vibraye a opere de Bi6me. Voil^ pour les poissons qui enterrent leurs ceufs, en les produisant h Tetat libre. Pour ceux-la il faut du sable, des graviers, etc. ; pour ceux, au contraire, dont les CONGRES DES ACADEMIES. 159 oeufs vont se fixer en adherant quelque pari, il faut des lits de gazon , des brindilles , etc. Des fails observes pour la premiere calegorie , on a ele amene a une conclusion de la plus haule importance : puisque la truile enlerre ses oeufs , la luini^re ne leur est pas utile ; eh bien ! robservalion a prouve qu'elle 6tait non-seulement inutile, mais nuisible. Le soleil tue les ceufs de la truile el du saumon ; c'esl la un fait acquis. Les experiences de M. de Tocqueville ont recemment confirm^ celles de M. Millet : Zi,000 oeufs d'une rntoe truile ont ele fecondes avec succes, 2,000 ont ete vus sur la surface de I'eau en pleine lumi^re. II en a peri l,/i63, el M. Millet predit qu'il n'en survivra pas un. Les 2,000 aulres ont 616 mis h I'abri de Taction de la lumiere; il n'en a peri que 32 ; ce n'esl pas la chaleur qui a pu agir el il faut remarquer que le temps est resle conslam- ment obscur dans la periode ou on a oper6 ; ce n'est pas la chaleur qui a pu exercer une influence funeste, c'est evidemment la lumiere, elle seule. Il s'agit loujours ici , comme on I'a dil, des poissons qui enlerrent leurs ceufs, lels que le saumon , la truile , Tombre-chevalier. M. Millet indique ensuile que , comme preservatif de la lumiere, il suffit de recouvrir les tamis avec des herbes aquatiques ou de toule autre fa^on ; on pent aussi orga- niser les tamis de mani^re h ce qu'ils soient un peu sub- merges : pendant Tincubation surloul, le tamis doit enfoncer davanlage ; apr^s T^closion , il faut rapprocjier les jeunes poissons de la surface de I'eau. M. Millet explique alors au Congr^s, en lui pr^senlanl les appareils dont il se sert , en quoi ils ont ete perfec- tionn^s depuis I'ann^e derni^re. Passant a la question de I'alimentation du poisson. 160 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. M. Millet constate que sa manifere de voir diff^re en ce point de celle de la plupart des pisciculteurs. On croit trop g^neralement quMl faut se preoccuper de trfes-bonne heure de la nourriture k donner au jeune poisson , et qu'avant de le disstoiner dans les eaux , il est n^cessaire de lui procurer artificiellemenl un aliment quelconque ; on a conseille les viandes hachc^es ou pilees, le sang cuit, etc.; toutcelaoccasionne desdepenses et surtoutdes soins, des manutentions difficiles. M. Millet estime qu'on donne rarement a Talevin ce qui conviendrait le mieux k la periode ou il se trouve encore, et, quant a lui, il croit tout espfece de nourriture artificielle k peu pr^s inutile. Il y a en suffisance dans les eaux des larves , des ina- li^res tenues , des maliferes organiques , vegetales ou animales tr^s-appropriees aux besoins du jeune poisson. Une nourriture trop substantielle est mauvaise : le poisson prend d'ailleurs, quand on fait trop pour lui, des habi- tudes d'incurie et de paresse avec lesquelles il devient facilement la proie de ses ennemis. En somme et tout bien pese , M. Millet croit inutile de nourrir le jeune poisson. Ce qu'il y a de mieux, c'est de le disseminer dans les eaux d^s que la vesicule ombilicale, qui sert k Talimenter dans les premiers temps, a a peu pres com- pl^tement disparu. Pour le transport des oeufs , il y aurait encore un mot k dire : en alternant, dans les boites , un lit de linge ou de mousse humide et un lit d'oeufs, on peut les faire voyager k de trfes-grandes distances sans inconvenient , et quand cet emballage a 6t6 port^ assez loin , non-seulement les ceufs ne souffrent pas d'un transport de trente ci quarante jours , mais une partie du travail d'incubation s'accom- plit dans de bonnes conditions. CONGRHIS DES ACAD^.MIES. 161 Une derni^re observation doit etre faite , a propos des appareils. Le cuivre et le zinc surtout ne doivent pas se rencontrer simultanement dans les tamis. lis font, par le fait des influences electriques , un effet facheux sur les ceufs. Des tamis en bois, avec toiles metalliques en zinc, meritent la preference. Quand les ceufs sont dans les tamis , il importe encore' de ne pas les deplacer, de ne pas chercher a les nettoyer ni avec une plume , ni avec un pinceau. Les ceufs deplaces donnent des poissons difformes ou contrefaits. Abordant la question de Facclimatation d'esp^ces nou- velles , M. Millet pense que ce qu'il y a de mieux k faire, c'est de multiplier nos meilleuresesp^ces indigenes, sans aller chercher , sans certitude de succ^s , des poissons qui ne valent pas les notres. On parle du sau- mon du Danube, dont les dimensions sont enormes; mais sa chair est blanche , par consequent inferieure ; de plus , il n'atteint ses proportions ordinaires qu'au prix d'une devastation considerable. Nous avons les meilleures esp^ces de saumons , de truites ; nous avons I'ombre , Tombre-chevalier , ce sont 1^ des poissons excellents. Dans un ordre moins recherche , nous avons la carpe , le brochet , le barbot , Tanguille : multiplions-les en don- nant toujours la preference k ce qu'il y a de mieux , et nous arriverons a repeupler de poissons de grand prix tous nos cours d'eau, sans importation de nouveautes douteuses. Fournissons ensuite , pour leur alimentation naturelle , ce qui leur convient le mieux , le v^ron , la loche , le goujon , qu'on pent faire pulluler en des pro- portions enormes, k I'aide de fray^res artificielles. Ily aura encore le frai de grenouilles , si abondant partout, et tant d'esp^ces de coquillages ; tout cela constituers^ 162 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. une abondanle nourriture nalurelle, bien preferable a loute autre. Reste la question de reglementation des eaux. Les reglements sont incomplets , insuffisants ; on n'a rien ou presque rien fait de bon pour la conservation, pour la preservation des poissons. Ici, M. Millet emprunte a une brochure , recemment publiee par lui , un ensemble de mesures qu'il engage les Societes savantes a recommander a Pattention des conseils generaux , et qui auraient pour but de parer a la devastation des eaux. La discussion s'etablit sur les diverses indications. IVl. Destourbet demande s'il est possible de determiner cxactement les epoques de la fraie , pour chaque esp^ce de poissons, et pour chaque cours d'eau. M. Millet repond que cette determination est essen- tiellement variable. La fraie depend surtout de la tem- perature ; et , dans la meme riviere , elle ne s'opere pas simultanement sur tous les points et pour toutes les esp^ces. 11 y aurait lieu , selon lui , de favoriser toujours , par la reglementation , la multiplication des esp^ces les plus meritantes. M. Mabire est plein de sympathie pour les efforts de la pisciculture. Mais, dans Tinteret du repeuplement , il ne voit rien de superieur a une bonne garde. Les moyens de destruction augmentent tous les jours; les moyens de police semblent diminuer. On vient de nous dire que la truite enterre ses oeufs dans la fray^re ; le braconnier vient les prendre au moment de la fraie, et ses engins derangentet detruisent les ceufs apr^s avoir saisi la m^re. M. Mabire s'associe done au voeu exprime par M. Millet pour rinterdiction de la ventedu poisson en temps de fraie. Au voisinage des usines , il se produit des faits qui sont CONGRES DES ACADOflES* i6'd un veritable brigandage. Les iisiniers font curer les^ coiirs d'eau, les braconniers sont a la piste et depeuplent tout. M. Mabire voudrait que, sur Tinitiative du Congres, on s'occupat enfin des usiniers. En somme , il demande que Ton fasse on que Ton applique une reglementation severe pour la peche. Il insiste aussi sur les modifications des curages des cours d'eau. M. de Caumont appuie Topinion de M. Mabire. On ne sait pas assez combien c'est un immense malheur d'toe dans le voisinage des usines. Le proprietaire riverain se trouve greve des plus dures servitudes. M. Bordeaux signale aussi des faits tr^s-graves dans le meme sens. 11 se plaint energiquement de Tabus des curages. Mais il voit bien des difficultes pour 6tablir de nouveaux reglements , capables de sauvegarder tons les. interets. Le general Remond fait observer que les cours d'eau tendent toujours, par le fait de Tenvasement , k bausser. Les usiniers et les ponts-et-chaussees voudraient main- tenir les niveaux. Mais 11 admet que les curages devraient se faire sous une surveillance severe et avec des pre- cautions convenables. 11 signale ensuite, comme une autre cause grave de depeuplement , les residus des 6tablisse- ments industriels , qui empoisonnent bien souvent les rivieres. Les residus ne devraient pas etre deverses dans les eaux ; Fagriculture profiterait souvent ainsi de tres-bons engrais, et le poisson s'en trouverait mieux. En somme, Fhonorable general demande, avec les preopinants , qu'on tienne la main aux reglements , s'il existent; qu'on en fasse , s'ils n'existent pas. M. Duval de Fraville pense que les faits signales ont l6/l INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. trop de gravity, pour qu'il soit possible de laisser la dis- cussion sans conclusion. II propose au Congrfes d'^niettre un voeu en faveur des mesures suivantes : Prohibition de la p^che , laiss^e h la discretion des pr6-* fets; Poursuite s^vfere de la vente du poisson en temps pro- hibe. M. de Fraville demande Tassimilation du poisson au gibier, et qu'en consequence on ne puisse plus pecher sans un permis de peche. En elevant le prix du permis de chasse au profit des communes , on a interesse les habitants ci la repression des debts qui avaient pour objet la destruction du gibier, Avec un permis de peche , on reprimera de mtoe le braconnage qui s'exerce impudemment sur les cours d'eau. M. Mabire appuie Tidee d'astreindre tout pecheur k Tobligation d'un permis. M. R. Bordeaux ne saurait admettre Tassimilation du poisson au gibier. II redoute d'ailleurs tons les empifete- ments qui peuvent conduire b. d^naturer les droits de la propriete. M. Ch. Calemard de Lafayette se demande si , en cette matifere comme en beaucoup d'autres , c'est bien r^elle- ment au defaut ou a Tinsuffisance de la legislation quMI faut s'en prendre. On a cite dans la discussion des faits trfes-graves de braconnage sur des propriet^s privees; est-ce que , dans ces cas , les propri^taires n'etaient pas proteges par un droit, plus fort et plus inconteste que tons les r^glements administratifs ? On a parle de I'empoison- nement du poisson k Taide de la coque ou de la chaux^ CONGRfes DES ACADEMIES. 16i e&t-ce que ce n'est pas la im delit bien caract^ris^ et suffisamment prevu par la legislation ? Ge ne sont done ni les lois ni les reglements qui nous manquent ; mais bien la ferme et eonstante application des reglements et des lois ; c''est surtout la surveillance s^v^re ; il est done moins necessaire de demander une bonne loi que d'ar- river a avoir de bons gardes. Le tricorne du gendarme est respecte ; mais la plaque du garde ne Test pas. Comment veut-on obtenir une surveillance et une repression effi- caces, lorsqu'on peut craindre, k bon droit, la connivence du garde et du delinquant? et il en sera toujours ainsi , tant que le garde , avee un salaire insuffisant , sera , dans la commune , le timide camarade ou le tr^s-humble ser- viteur de tout le monde. Qu'on surveille et qu'on garde convenablement les cours d'eau; qu'on reprime les infractions aux lois et aux reglements existants , a peine aura-t-on besoin de la pis- ciculture pour repeupler les rivieres. Quand on n'em- poisonnera plus le poisson , quand on ne detournera plus les cours d'eau pour pecher ^ sec , ce ne seront pas quelques pecheurs ci la ligne de plus ou de moins , avec ou sans permis de peche, qui feront debien grands dom- mages. En resume , application s^vfere des lois et reglements existants , repression efficace des ddits du braconnage , voila ce que le Gongr^s doit demander avec instance ; et , pour atleindre ce but , I'embrigadement des gardes-cham- petres semble la condition indispensable , Tamelioralion serieuse , vers laquelle il faudrait pousser energiquement les Conseils generaux. Ces conclusions recoivent Tadhesion du Congr^s , qui ti^nt surtout a mellre en evidence les fails de devastation 166 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. deplorabte et les grands inconvenients des curages , si- gnales dans le coursde la discussion. La seance est lev^e. Le Secretaire , G, DE Bouis. SECTION D'AGRIGULTURE. SEANCE DU 26 MAUS 1855. ( Presidence de M. de Montreuil. ) La section entend la communication suivante , de M. Lecomte, de la Sarthe , greffier en chefde la Cour des comptes. NOTICE SUR LA CULTURE EN QUINCONCE AU MOYEN DES INSTRUMENTS INVENTUS PAR M. LK DOCTE. Ces instruments consistent dans : 1. Un plantoir mecanique deposant simultan^.ment (et c'est un des principaux merites de rinvenlion) avec une quantile de semence determinee k Tavance pour chaque pochet , un engrais pulverulent approprie k la nature du sol et de la plan I e ; 2. Un rayonneur-sarcloir , servant encore k biner et meme k butter et h rouler au besoin, lequel n'est compost que d'un seul corps de brouette auquel s'adaptent diverses pieces de rechange , suivant Tusage special qu'on veut faire de cet instrument. CONGRfeS DES ACADJ^MIES. 167 Ces deux instruments sont d'un maniement facile el d'un prix modere : des femmes , des enfants meme , peu- vent les faire fonctionner. lis economisenl k la fois la main-d'ceuvre , la semence et Tengrais dans d'assez fortes proportions; et , par une meilleure distribution de Fair, de la lumi^re et de Ten- grais, ils assurent infailliblernent la bonne vegetation des plantes et une augmentation de produits qui s'el^ve ge- n^ralement du quart a la moitie , et quelquefois plus par hectare. Ces instruments ont et6 I'objet de brevets pris en Bel- gique, en Angleterre, en France, en Hollande et en Prusse. De nombreux essais ont et6 faits en Belgique depuis quelques annees, et lous ont donne des resultats tr^s^- satisfaisants , ainsi qu'on le pent voir dans la brochure dont M. Van Langenhovea fait hom mage au Congr^s, qui renferme en outre des details statistiques tres-inte- ressants pour les hommes pratiques. (Voir notamment, pages 13 et 26 , deux rapports , Tun de M. le chevalier Peers , membre de la Chambre des repr^sentants de Bel- gique, et Tautre de M. le marquis de Renneville, d'Amiens, qui s'est rendu tout expr^s en Belgique pour apprecier rapplication du syst^me Le Docte ). Les Annates de I' agriculture francaise , n". du 15 decembre 185/i, et le Journal d' agriculture pratique , n^ de decembre 185/i , ont aussi public des articles tr^s- delaillessur les instruments de M. Le Docte, et ce qui aura surtout une grande valeur aux yeux du Congr^s , c'est Fextrait que ces journaux donnent d'une lettre par la- quelle M. Dailly , Tun de ses membres , et si connu par le sola intelligent qu'il apporte a la culture de sa pro- 168 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. pri6t6 de Trappes , constate la notable augmentation des produits en betteraves qu'il a obtenue par Temploi de la m^thode de M. Le Docle , augmentation qui s'el^ve k pr^s de moiti6 en sus du rendement ordinaire (de 33,500 kilog. par hectare k Zi7,500 kilog.) et qui Fa determine k planter cette ann^e toutes ses betteraves au raoyen des instru- ments Le Docle. On voit aussi,parun article insert dans Vindepcndance beige (n^ du 13 Janvier 1855), que des resultats tr^s- avantageux ont 616 obtenus chez M. le comte Visart , k Ste. -Croix, sur le colza, etchez M. le baron Woelmont, ti Oplieux, sur la culture des navets ; que de plus le Gou- vernement beige a nomm6 une commission, presidee par un inspecteur general d'agriculture, pour faire faire, dans le cours de Tannee derni^re , des experiences sur les c6- r^ales et beaucoup d'autres plantes dans les exploitations de MM. Letellier , k Ath ( Ilainaut ) et Jadoul , k Fr^sin (Hesbaye). Le journal ajoute qu'il croit savoir que les resultats obtenus sont des plus surprenants, Cette annee , ces Messieurs ont entrepris k forfait des ensemencements considerables , tant en Belgique qu'en Hollande. M. Van Langenhove , qui est en France le representant de M. Le Docte et se devoue , avec une ardeur infatigable, k la propagation de ce nouveau mode de culture , quoique fort des succ^s deja obtenus et bien constates , a encore d6sir6 que le Gouvernement fran^ais fit faire , de son e6t6,des experiences de meme nature, et surtout qu'elles fussent Tobjet d'une constatation officielle. M. le Ministre de Tagriculture , appreciant les avantages que la France pourrait retirer de ce nouveau et ing^nieux mode de cul- ture , s'est empresse de d6f6rer a ce voeu en d^cidant que CONGRi:S DES ACADl^MIES. 169 des experiences comparatives auraient lieu dans les 6coles imperiales de Grignon ( Seine-et-Oise ) , Grandjouan ( Loire- Interieure) et la Saulsaie (Ain), ainsi qu'^ la bergerie imperiale de GevroUes (G6te-d'0r). D'un autre c6t6 , de grands proprietaires , de grands industriels, parmi lesquels on pent citer MM. de Cromb- becq , k Lens ( Pas-de-Galais ) : Lanet et Charbomeur , k Tournus (Saone-et-Loire), qui dirigent chacun une im- portante fabrique de sucre indigene , se sont entendus avec M. Van Langenhove, pour faire une large applica- tion de la methode Le Docte k la culture des betteraves. En ce moment meme , M. Van Langenhove est occupy k preparer de nombreuses cultures a la colonic agricole de Mettray (Indre-et-Loire) et ^ y organiser une fabrique de ses instruments. M. Lecomte , convaincu de Tint^r^t avec lequel le Con- gr6s, si justement preoccupe des ameliorations agricoles, verrait les instruments inventespar M. Le Docte, a engage M. Van Langenhove ci venir les lui presenter et k donner les explications propres a les bien faire apprecier. Malheureusement M. Van Langenhove a et6 oblige de partir immediatement pour Mettray. 11 a alors charg6 M. Lecomte d'exprimer au Gongres le vif regret qu'il eprouvait de ne pouvoir paraitie devant cette honorable assemblee , et il a autorise M Lecomte k presenter , en son lieu et place, les instruments de M. Le Docte. M. Lecomte, quoique peu competent a cet ^gard, a cru devoir r^diger a la hate la notice ci-dessus,qu'ilaeu Thon- neur de remettre au Gongres, et pour laquelle il reclame toute son indulgence. M. de Montreuil pense qu'il faut d'abord soumettre ^ 170 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. la discussion rinstrument en lui-m6me , puis il restera k savoir quels seront les avantages de son application ; commenl il modifiera les frais de culture ; si Taugmen- tation des produits d^dommagera de son acquisition. M. Mabire admire les efforts de la m^canique pour satisfaire aux besoins de Tagriculture et les avances , si pleines de seduction , que leur font les constructeurs de machines. Il craint que Tinstrument de M. Le Docte ne soit pas aussi generalement applicable dans la grande cul- ture que paraissent le croire son inventeur et Thonorable membre qui a bien voulu en enlretenir TAssemblee; 11 lui sembleque c'est plut6t un meuble dejardin, bon pour les terres qui se trouveront situ6es en plaine ; il sera difficile de le faire manceuvrer dans les terres en penle. La moindre humidite empechera Taction du petit rouleau de sente , destine k rouler , k tasser la terre , dont on a reconvert la semence. L'operation du semis en place, qui serait une consequence de Tadoption de rinstru- ment, lui parait une operation toujours faite trop tot; il croit la pratique des semis et des repiquages pr6f6- rable. A T^poque de ces semis, il ne fait pas toujours beau temps. Lorsqu'on fait ces semis en couche, on a tout le temps necessaire pour bien labourer sa terre, pour la nettoyer de toutes les mauvaises herbes , ce qui est certainement un des points les plus importants pour assurer le succ^s des cultures des plantes sarcl^es, betteraves ou autres. Il a vu cultiver les belteraves plan- t^es en quinconce , mais assez grandement espacees pour qu'on put , avec une petite charrue ordinaire , labourer dans les deux sens pour ameublir, nettoyer le sol, etc. Ce moyen simple de sarclage lui parait d'une execution plus facile que celui qu'on voudrait operer h Taide d'un CONGRfeS DES ACADEMIES. 171 cheval trainant derri^re lui trois brouettes de ce genre qu'il sera impossible de maintenir dans Talignement qu'elles doivent parcourir. II faut faire biner de bonne heure, et il ne sera pas facile de distingueralors les lignes de belteraves qui se trouveront confondues avec les mau- vaises herbes. Pour aller droit, il faudra une bien grande attention. Si Ton veut op^rer a bras d'hommes poussant devant eux i'instrument, pour peu que la lerre soit compacte , ils ^prouveront une telle fatigue qu'on sera oblige de renoncer bientot ci son emploi. M. de Gaumont fait remarquer que , malgr6 les obser- vations judicieuses qu'il vient d'entendre, il regarde I'in- strument propose comme utile dans quelques circon- stances. 11 sait qu'on Ta experimente ; quon s'en est servi avec avantage ; il serait porte k croire qu'il trouve- rait une application utile dans le Calvados, pr^s de Caen, ou, dans les terres leg^resdivisees en pelites exploitations, on se livre avec beaucoup d'activite a la culture des bette- raves, des carottes et des autres plantes sarclees. II pense que ses industrieux compatriotes appr^cieraient un instrument a main de ce genre. Il se propose d'en donner Texemple sur son exploitation. 11 engage done Tinventeur a exposer son instrument au concours agricole , qui aura lieu le U juillet prochain , dans la ville de Caen, Il sait que M. Dailly s'en est servi avec un grand profit dans sa ferme de Trappes , et cela seul doit rassurer sur son emploi. M. Mabire ayant dit que les semis en place pour le colza se faisaient en m^rae temps que les semis faits en vue de repiquage , M. de Bouis a releve cet oubli de sa part , en disant que les semis en place se faisaient vingt ou trente jours plus tard. 172 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. M. de Bouis pense que le colza, replants aumoyen du piquet arrange k cet effet , reussit beaucoup mieux dans le d^partement de la Seine-Inferieure que les semis en place, ces semis ayant souvent beaucoup a souffrir des rigueurs de Thiver et de rtiumidit^. M. Lecomle regrette que Tinventeur n'ait pas pu se rendre au congr^s : il eut 6t6 , sans doute , beaucoup plus capable de repondre aux critiques qu'on vient de faire ; sa parole eut eu plus d'autorit^. Cependant, il lui semble qu'il suffit de repondre que tous les inconv6nients donl on vient de parler ne se sont pas rencontres dans la pratique; que Tinstrumenta 6t6 employ^ dans les grandes comme dans les petites exploitations , etc. ; qu'il y a en Hollande et en Belgique plus de 3,000 hectares cultives en quinconce, suivant la m^thode indiqu6e par M. Le Docte , avec les instruments qu'il a inventes pour cette culture : le rayonneur-sarcloir mobile et le plantoir a deux compartiments. Dans Fun, on place les graines qui s'en 6chappent k travers des trous d'un diametre appro- pri6 k I'aide d'un mecanisme fort simple. Dans Tautre , on place un engrais pulverulent, destine k entourer la graine et k en assurer le developpement dans la jeunesse. Get engrais pulverulent sera du guano , du tourteau de colza , du noir-animal , suivant la nature du sol. M. Le Docte attache une grande importance au mecanisme de son plantoir, parlequel la graine se trouve entouree el non recouverte de la poudre fertilisante , parce qu'alors la graine trop activee dans sa premiere germination , pousse une premiere vegetation trop rapide; bientdt elle pourrit et avorte. M. de Montreuil se range k Tavis que le syst^me de culture avec ces instruments pent s' employer avec avan- CONGRES DES ACADEMIES. 173 tage dans les terres plates , sableuses , bien cultiv^es , oil les herbes adventices ne sont qu'en petite proportion. Ailleurs , il le croit inapplicable : la n^cessit^ de se servir d'engrais pulverulents sera un obstacle k son adoption : le cultivateur n'est pas riche, il ne pourra faire cette d^pense ; il pr^ferera se servir des engrais qu'il poss^de. Les en- grais un peu longs ont leurs avantages dans les terres fortes. Un membre regarde comme d6montr6 que Finstrument n'est pas applicable partout. En substituant les engrais pulverulents aux engrais ordinaires , on arriverait k dis- penser le cultivateur de la production de ceux-ci , et , par suite , de I'devage et de Tengraissement du b6tail , si indispensable k la nourriture des populations. > M. Lecomte r^pond que Torateur precedent ne con- nait pas suffisamment le syst^me Le Docte ; que celui-ci ne dispense pas de fumer la terre, comme k Tordinaire ; que dans chaque pochet dispose en quinconce Ton ajoute Tengrais pulverulent. M. Calemard de La Fayette admet que Tinstrument est bon dans certaines conditions; Temploi a justifi6 d6jk son admission dans la pratique. II est de ceux qui favo- risent la culture par espacement, qui a beaucoup d'avan- tage par I'economie de la semence. Elle laisse k la con- sommation un quart ou un cinquifeme du ble. Il est pos- sible que, pour le colza, la replantation soit favorable. Si on n'emploie pas I'instrument pour cette culture, on Temploiera pour d'autres. M. Ouentin - Durand regarde les cultures espacees comme des jach^res dans la partie non cultivee. Le Congr^s , sur la demande de M. de La Bigotti^re , vote des remerciments k Tauteur de la communication. ilii INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. M. de Caumontappelle Tattention de TAssembl^e sur la question relative au meilleur amenagement des laiteries et des divers precedes de fabrication du beurre. Jusqu'a present , dit-il , on n'a pas fait aussi bien qu'on a pu ; ce- pendant la science n'a pas suffisamment 6clair6 la pratique. On fait d'excellents beurres dans le Bessin, dans le pays de Bray ; mais les precedes, les methodes dont on s'y sert , ne sont pas g6n6ralement connus; d'ailleurs, ils sont plutot empiriques que raisonnes. Il y a done interet k appeler Fattention sur ce point. M. Mabire peut nous communiquer ce qu'il sait de la pratique dans sa con- tree. L'honorable membre, interpelle, expose que Ton s'oc- cupe beaucoup de perfectionner ces produits, qui ac- qui^rent un prix double du prix ordinaire par les soins apportes dans la fabrication. On est bien convaincu au- jourd'hui qu'il faut op^rer sur les produits dans toute leur fraicheur , parce qu'ils ont alors le parfum et la sa- veur qui les feront apprecier. Aussi , au lieu d'ecremer le lait au bout de 2li heures , on ecreme le lait au bout de 12 heures , et Ton se sert , soit pour Tengrais des pores , soit pour la fabrication du fromage , du lait doux ainsi ecreme. Jadis on ne battait le beurre dans les fermes que tous les sept ou huit jours ; a present on fait son beurre tous les Irois ou quatre jours , et on Texpedie k Paris deux ou trois fois par semaine. ll sait qu'en Bretagne ce n'estpasla cr^me qu'on bat, mais c'est le lait du jour. Le fameux beurre de la Pr^valaye parait devoir sa supe- riority k ce mode d'op^rer ; c'est 1^ ce qui lui donne cet aspect friand et son gout, si apprecie des consomma- teurs. Sans r^pondre k la demande qui lui a ^te faite sur les barattes employees dans le pays de Bray, il dit que CONGRES DES ACADEMIES. 175 Tusage de grandes baraltes en bois, pouvant contenir AO k 50 kilog. de creme mues par un manege k cheval, est generalement le systtoe employ^. Tous les instruments, comme la laiterie, doivent etre tenus avec la plus exquise proprete. En general , sur le marche , on fait en quelque sorte apprecier la qualite du beurre par la proprete de la personne, de la fermi^re qui le fabrique et qui le vient vendre. C'est un des plus grands secrets de la fabrication du beurre. Dans le Bessin , il sait que Ton met des gants pour intercepter toutes les emanations impures. Avec des soins et des cremes recentes , on fera toujours de bon beurre. On sait, depuis long-temps, que le beurre se fait moins facilement, et quMl est d'autant moins bon que la crtoe est plus ancienne. Lorsque le battage est long , il y a fermentation et le beurre est de moins bonne qua- lite. M. Quentin-Durand a vendu , depuis quelque temps , beaucoup de barattes cylindriques et en metal, plon- geant a demi dans de Teau chauffee de mani^re ci donner h la creme placee a Tinterieur une temperature de i^'' c, reconnue necessaire pour que la creme prenne en beurre, au lieu de battre 1;2 heure , comme cela etait ordinaire ; on arrive ci produire son beurre en 15 minutes environ, k I'aide de la baratte rechauffeuse M. de Beaufort demande ce qu'il faut penser des con- serves de lait. M. de Bonis voudrait savoir Topinion de M. Mabire sur la nature des vases ou Ton place le lait pour le faire cr^mer. Y a-t-il avantage dans Temploi des uns de pre- ference aux autres? En general, on se sert dans les fermes de vases en gr^s ou de vases en terre cuite , couverte d'un vernis. 176 INSTITUT DES PROVINCES DE PRANCE. M. Mabire r^pond qu'on pref6re les terrines en gr^s. On a essaye des vases en zinc; mais on les a rejel^s bien vite. M. de Caumont croitque, dans la fabrication du beurre d'Isigny et dans les fermes qui vendent leur beurre jusqu'^ 6 fr. le kilogr. , il y a des pratiques encore igno- r^es, qui donnent au beurre cette superiorite qui lui nitrite Thonneur de figurer sur les tables imperiales. M. Gosse , de Geneve , croit devoir instruire le Congr^s que, dans les petits cantons de la Suisse, lorsqu'on a ap- pris quMl y avait des moyens de fabriquer vite le beurre , on s'est empresse d'acheter les barattes perfectionnees , mais qu'on a bien tot reconnu que c'etait une deception. M. Quenard entretient TAssemblee de ses experiences pour faire le beurre. M. Quenard dit qu'il s'est livr6 k de nombreuses ex- periences pour arriver a la prompte formation du beurre et pour rechercher les motifs qui y donnent lieu. Il a reconnu que les globules butireux se forment et se reunissent sous Tinfluence d'un degre determine de la temperature de la cr^me , et que cette oeuvre n'est pas due aux dispositions d'^tabiissement des barattes qui, selon lui , sont toutes bonnes , qu'elles soient d'une con- fection ancienne ou moderne. En effet, dit M. Quenard, dans le barattage ordinaire, lorsqu'^ plusieurs reprises on interroge, ci Taide du thermom^tre , la temperature du liquide cremeux , on s'aper^oit qu'a 17 c. le beurre commence k prendre et qu'ci 20'' il est fait. C'est done sur ce point quMl convenait de s'appesantir. M. Quenard op^re alors ainsi : preliminairement, il met dans la baratte de Teau chaude, qu'il y laisse pendant 5 .i:.'. CONGRES DES ACADEMIES. 177 minutes environ ; apr^.s avoir retire cette eau , il y verse la creme ; il mele k la creme un quart de sa quantity en eau chaude , remnant k mesure , de maniere que la cha- leur penetre le melange d'une maniere egale. Il s'assure que la temperature a atteint 20" c. Il ne reste plus qu'ci agiter la masse pendant /i , 5 ou 6 minutes au plus , et le beurre est fait. Ge resultat a lieu , qu'on agisse sur de grandes comme sur de petites quantites de creme. En 6t6, comme en hiver, les choses se passent de meme , c'est-^-dire qu'il faut que le liquide cremeux ait toujours 20 c. Apr^s le beurre forme , il reste , comme d'ordinaire , le lavage a operer. On sait que c'est particuli^rement du soin mis k cetle besogne que depend la dur^e de conser- vation du beurre. Le beurre obtenu par la maniere qui vient d'etre indi- quee, est d'un gout excellent; il pent etre servi sur la table, pendant deux et trois jours, et toe employe dans la cuisine; on le fond, si Ton veut, au bain-marie pour la duree de sa conservation ; seulement , lorsque le beurre n'est pas bien fait, dans ce cas, la pate en est court et moins liante que celle du beurre ordinaire. M. Quenard ajoute , enfin , que Top^ration demande quelque habitude , et ici ( ainsi que dans bien d'autres ceuvres ) le succ^s depend toujours du modus faciendi, de la maniere acquise de bien faire, Le Secretaire , De Bouis, 178 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. SEANCE GENMaLE DU LUNDI 26 MARS- ( Pr^sidence de M. Dumon, ancien m'nistre. ) MM. Challe, de Caumont , Mabire , comte deMellet, de Morissure et d'Espaulart composent le bureau. M. Ray- mond Bordeaux , secr4taire-g6i>^ral , r^dige le proems- verbal. M. de Caumont d^pouille la correspondance et lit des lettres de MM. Travers , Cartier et Pernot. La discussion est ouverte sur la question , ainsi form u lee : Signaler les departcments oil la tenue des assises scientifiques aurait a la fois le plus d'utilite et les plus (jrandes chances de succes, M. Bordeaux croit que M. de Caumont pent seur en- tamer convenablement la discussion sur cette question. M. de Caumont : Puisque vous m'interpellez , je dirai que Tinstitution la plus efficace pour Texcitation intel- lectuelle se trouve dans les assises scientifiques , dont les resultats sont excellents. Si on avait voulu publier tons les memoires lus aux diverses assises scientifiques de 185Zi, on aurait eu la mati^re de plus de six volumes; mais 11 fallait se res- treindre. D'ailleurs, un bon nombre de ces memoires etaient d'int^ret local, et ils pourront etre publics dans les recueils des localit^s qu'ils concernent. Quant au mecanisme des assises scientifiques , il est eminemment simple* Cependant, la tenue des assises est difficile k iroplaoter 1^ ou il n'existe pas de societes scientifiques pour preparer les voles ; toutefois , elle exige CONGRES DES ACADEMIES. 179 ffioins d'appareil que les congr^s. II suffit, en effet, de deux ou trois seances , oil Ton reunit seulement des hommes sp6ciaux et prepares a Tavance. On groupe ainsi d'ordinaire 30 ou liO membres. A Metz , ou a eu lieu la plus nombreuse assise que Ton ait vue , il n'y avait pas plus de 60 membres. Dans la Marne , M. de Mellet ; a Amiens , M. de Yigneral , ont organist avec fruit ces utiles reunions. L'effet de ces assises est de secouer les societes lo- cales, de les faire sortir de leur cercle habituel, et de leur communiquer une impulsion nouvelle, qui vient du dehors avec les presidents , choisis toujours au loin. M. iMaurenq voit la une question d'une grande gravite. La oil les societes manquent, on Ta tr^s-bien dit , il est difficile de tenir des assises avec eclat. Mais ne serait-il pas utile de les assembler precisement 1^ oil manque un foyer intellectuel , puisque Tesprit de notre institution est de produire Texcitation 1^ ou elle n'est pas? Dans les! pays ou il n'y a pas d'associations , il y a des hommes de merite , mais ils sont isoles : la bonne volenti, ne manquerait pas ; mais on a peur de se mettre en avant, et on se fait une grosse affaire de choses qui , en resume, sont fort simples, lorsqu'on prend le parti de les at- laquer. M. Maurenq propose, en consequence , de nommer une commission pour rediger une sorte de manuel indiquant le mecanisme, T usage , la mani^re de diriger ces assises. M. de Mellet; G'est unechose singuli^re et qu'on a peine h comprendre, qu'il y ait dans notre pays de vastes re- gions oil il n'y a aucune association litteraire ou scien- lifique, et oil Ton vit dans I'isolement comme h deux mille lieues du monde civilise. 180 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. Compulscz les recueils speciaux pour I'arch^ologie , par exemple , lisez les listes de la Soci6t6 frangaise , celles du Comity du minist^re et des redacleurs ou abonnes dii Bulletin monumental et des Annates aixheologiqiies. Eh bien ! vous verrez que des d^partements ont des colla- borateurs ci cestrois choses, landis que d'autres sont s^- pares comme par un cordon sanitaire , par une ligne de circonvallation. Que ferait done un manuel 1^ ou il n'y a pas de centre , \k ou les assises ne peuvent avoir lieu? '" M. d'Hericourt se demande aussi ce que ferait un manuel. En general, les manuels ont peu d'efficacite... On en a fait enormement sur Tagriculture, sans resultat proportionne. Pour notre propagande , nommons des membres sur la fronti^re des departements intellectuels , ce sera ce que nous aurons de mieux a faire. *^^^ ^^*i M. Maurenq ne croit pas qu'il y ait un seul d^parteinfeht sans hommes letlres ; mais on n'aime pas h se remuer , on reste dans son cabinet, on craint de se mettre en quelque sorte sur un piedestal. On a envie d'une reunion, mais on n'ose ; c'est a qui ne commencera pas. Qui convoquera ? qui recevra les cotisalions ? 11 n'y a rien d'indigne a nous d'essayer la proposition d'une commission ; c'est une idee acceptable et realisable. 11 s'agit tout uniment d'un simple expose des moyens h employer. M. de Gaumont: Y a-t-il des membres qui demandent des assises? M. de Fontenay : M. Ghalle devait presider une session a Autun. M. Ghalle : G'est mon ami , M. le baron Ghaillou des Barres , qui devait les presider : il n'y a pas renonce ; Tan prochain , je Ty accompagnerai. ^um^wt. ' ' CONGRES DES ACADEMIES. 181 M. Paul d'Albigny , secretaire et delegue de la Socicte des sciences naturelles etdes arts de la ville de St,-tienne (Loire), emet Topinionqu'une tenue d'assises scientifiqiies ne pourrait avoir qu'un effet tr6s-utile , tr^s-efficace , et imprimerait un tr^s-heureux elan aux Societes de cette ville, en attirant sur elles Tattention et Tinteret de Tadministration locale , et en etablissant entre elles et d'autres savants des relations du plus satisfaisant resultat. St.-Etienne offre , par Timportance de sa population , et surtout par son importance industrielle , un milieu palpitant de questions et d'interetsde la plus haute portee; son bassin houiller , si propre aux etudes geologiques et mineralogiques , ses usines metallurgiques, ses teintu- reries , son arquebuserie , son Industrie rubannifere , sont autant de points et de sujets dont peuvent surgir de tres-curieux et de tres-utiles documents. Les hommes instruits, speciaux, ne manquent pas et repondraient avec empressement a Tappel qui leur serait fait par le president des assises. La Soci6t6 des sciences naturelles entr'autres , en temoignerait sa satisfaction , et repon- drait avec bonheur k toutes les questions scientifiques et artistiques, qui pourraient lui etre faites dans cette occur- rence. M. d'Albigny demande done que Ton veuille bien prendre note du vceu qui exprime , au nom de la So- ciete qu'il represente, de voir sieger des assises ti St.- Etienne. La question relative h Thistoire des jardins et de I'hor- ticulture avant 1789, posee au congr^s de iSblx et reservee pour 6tre traitee de nouveau ci celui de 1855, est remise en discussion. 182 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. M. Darcel annonce I'absence de M. Alfred I\ame, qui a r^uni une masse de documents et de dessins sur celte question. M. Rarae , n'ayant pu se rendre au congr^s , a resume ses recherches dans les conclusions suivantes , dont M. Darcel donne lecture : Les recherches que j'ai faites , 6crit M. Rame , relativement k Thistoire des jardins en France , avant le r^gne de Louis XIII, m'ont conduit aux conclusions suivantes : En ce qui concerne les genres de plantes cultiv^es : Que , du V*. au XVIP. si^cle, ces plantes sont de- meurees les memes ; que Timportation des esp^ces americaines n'a commence a devenir un peu active que vers la fin du XV ir. si^cle et surtout au XVIII*. ; qu'entre les derni^res annees du XV*. si^cle et la premiere moitie du XVIP. , on ne pent placer Fintro- duction en France que d'un tr^s-petit nombre de plantes, presque toutes originaires d'Orient; que , par consequent, toutes les esp^ces que nous renconlrons dans les jardins de Louis XIII, dont Texistence n'est pas contestee, ont du se retrouver et se retrouvent en effet dans les jardins du moyen-age. (( En ce qui concerne la decoration et la distribution des jardins : Que tous les ornements dont nous remarquons Tem- ploi dans les jardins contemporains de Louis XIII : rochers factices, fontaines, tonnelles, labyrinthes, galeries^ arbres et plantes soumis k une taille reguli^re , etc. , ont et6 en usage d6s les premieres annees du XVP. si^cle , notamment dans les jardins de Gaillon, etc.; que des lextes et des miniatures de manuscrits nous apprennent que ces ornements etaient connus aux XIII*. et XIV*. CONGRES DES ACADEMTFP. 183 sifecles; que la decoration des jardins ne s'est done pas plus modifiee que leur composition ; mais qu'a parlir du milieu du XVP. si^cle , ils ont pris un developpement en surface inconnue jusque-la ; Que la principale difference , quant au plan, qui distingue les jardins de la fm du XV I^ sifecle de ceux des ^poques ant^rieures , c'est la reunion en un ensemble unique des diverses parties qui avaient jusque-lci ete divisees entre plusieurs enclos differents , savoir : le preau, reserve a la culture des gazons et des fleurs; le verger , h la culture des arbres fruitiers ; le parc^ h la culture des esp^ces forestiferes; Que les jardins des monast^res offraient, indepen- damment du preau , une quadruple division : verger , potagers , futaies pour la promenade , jardin des plantes medicinales En ce qui touche Texistence des jardiniers , ant^- rieurement au r^gne de Louis XIII : Que les jardiniers du roi Louis XII et du cardinal d'Amboise nous sont connus ; que nous poss^dons, pour le chateau de Fontainebleau, la liste des maitres-jar- diniers du roi pendant tout le XVI*. et le XVIP. si^cles ; qu'il en serait de meme pour les autres residences royales dont les archives seraient explor^es. M. Darcel ajoute qu'a Taide des anciennes miniatures de manuscrits , pour le XV*. si^cle, on pourrait masser le plan habituel d'un jardin de ce temps. Pour les XIP. et XIIP. si^cles, la chose serait impossible , parce que les peintures n'ont pas de paysage a enfonce- ment : elles sont toutes k fonds d'or; on n'admettait pas de perspective. Les arbres , places comme acces- soires, jouent le simple r61e d'hieroglyphes. En Italie , 18Zl INSTITDT DES PROVINCES DE FRANCE. dans les manuscrits du XIV*. sifecle , on voit dejci de la perspective et on pourrait s'en aider pour Petude de la question . A ces epoques le caractfere artistique des jardins se resume k ceci : on use d'une taille tr^s-rigoureuse ; on aime des arbres figurant des monstres. Les murs sont unis ou cr^neles et garnis d'espaliers. Une tonnelle fait le tour avec des vignes paliss^es aux treillages , qui d'autres fois sont garnis de tleurs. Les allies sont pavees; les plates-bandes sont limitees par des entourages de briques ou de pierres plates, pour emp^cher les limagons et les mans de communiquer de Tune k Tautre : ce que Ton propose aujourd'hui de renouveler. M Darcel communique en suite ce passage d'un 6crivain du Vlir. si^cle , ou il est question d'un jardin : Inter nemorosa pomarii sistunt infra biquadrum claustra gemina munitione , crebrisque arcuum maceriae foraminibus manent : columnarum capitibus sculpta depictis variaque pictura superficies nitet ; arboribusque generis diversi suo in tempore poma magnitudine virgae dependent ; vite frondes detritae , veluti serta par- ticulge baud densissimae manent. Odora lilia cum rosis rubentibus candent, necnon et reliqui florum aurea luce splendent. {Vie de saint Bonitus , evique dCAu- ver^gne , en 709 ; par un anonyme contemporain. Acta sanctorum Ordinis S, Benedicti, t. Ill, p. 9/i). '^ M. de La Bigottifere esquisse k grands traits ce que nous Savons des jardins de Tanliquit^, des jardins fameux de S^miramis , puis de Lucullus , de Salluste , etc. Arrivant au XVP. si^cle , il rappelle les lies Borrom^es , dont le nom n'a pas encore ete prononc6 dans la discussion , et que le c616bre Lenotre fut visiter afm d'y puiser des mo- CONGRES DES ACADEMIES. 185 d^les, mais dont il revint , en bldmant la pelitesse des dessins , Pabus des statues et la continuite des parall^lo- grammes. JVl. de La Bigotti^re continue ainsi : Au temps de Louis XIV , le po^te Dufresny , toule des Kent , des Browes , artistes anglais , pr^senta au roi un plan qui rappelait les formes du pare de Bleinheim ; il ne fut pas gout6 , et fut trouve peu digne d'embellir une residence royale : Lenotre fut prefere. Il r^unissait en quelque fa^on les deux genres, en menageant, au-del^ de ses lignes symetriques , des horizons varies et d'heu- reuses perspectives. En effet, cet ensemble est saisissant et d'un grandiose inimitable. Ajoutez que, pour brillanter ses creations , Lenotre avait a ses ordres les talents des Coisevox, des Coustou , des Girardon. Quand il s'empare des eaux, Armide semble lui preter sa baguette ; elles ne coulent pas, elles bondissent. Mais, Messieurs, apres avoir paye le tribut k cette merveille , pourquoi se fait-on conduire aux bains d'ApoUon , au bosquet de la reine , k ce petit Trianon qui lui fut si reproche ? G'est que Tennui nait de Tuniformit^, et que les avenues rectilignes finissent par fatiguer les yeux et Timagination. Aimez-vous les sites sauvages, Finattendu, les surprises ? Allez k Ermenonville, k Mor- fontaine , au Raincy : la , vos r^ves prendront un corps. Plus d'arbres sculptes , decapit^s , plus d'architecture , de buis , plus de ces parallelismes , ou chaque allee a sa sceur et chaque berceau son fr^re. ]Nous admirons les toiles des Berghem , des Wouver- mans , des Claude Lorrain ; nous aliens vous les repro- duire sur une bien plus grande echelle. Les eaux, les rochers , les gazons , les forets sont a nous , le sol est notre chevalet , les couleurs je vous les nomme. 186 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. Heureux encore qui peut associer a ses compositions quelques mines du moyen-age I En Angleterre , les dues de Talbot, d'Argyle, de Warwich, et bien d'autres ont fait renaitre de leur cendre les antiques demeures de leurs ancelres, ils en ont par6 leurs vastes domaines. En Normandie , M. de Radepont s'est servi de la ma- ni^re la plus pittoresque des debris d'une forteresse, attaquee et prise sur ses pferes par Louis-le-Gros. Ju- mi^ge paraitra bientot entoure d'une ceinture ombreuse, qui fera ressortir ses mines sans les voiler. Plusieurs d'entre vous, Messieurs, ontvisite, Fete dernier, les tra- vaux de notre collogue, M. Mosselman, ^ saterre de Goride; ils y ont applaudi a Tintelligence de Tagronome et admire les creations du chatelain. Repondant aux observations de Thonorable preopinant et aux critiques que Ton dirige , depuis pr^s d'un si^cle , contre Tusage de tailler certains arbres de mani^re k leur faire revetir des formes artificielles , et k leur donner Tapparence de colonnes, d'edifices , de statues, etc., M. Paul Durand se demande si cet usage , aujourd'hui abandonn^, n'avait point cependant quelque raison d'etre, et s'il etait aussi peu rationnel qu'on le repete sans cesse. <( La r^gularite des anciens jardins , a dit M. Paul Du- rand , et la symetrie de la taille des arbres qui les deco- raient , sont tombes dans un discredit immerite et exa- gere. Au premier abord , aujourd'hui , tout le monde s'accorde k trouver ridicule et absurde un usage qui a et6 regarde pendant long-temps sous un aspect tout op- pose, etqui remonte k une haute antiquite. 11 nous semble, au contraire , que si Ton y faisait un peu d'attention , on CONGRfeS DES ACADEMIES. 187 ne devrait pas trouver mauvais que la main de Thomme et les arts que cr(^.e rimagination , fissent ressentir leur influence ci tons les objels , aux 6tres animes et inanimes qui entourent rhomme et son habitation, et leur fissent subir quelque modification regie par le bon gout. (( L'homme civilise n'habite plus les grottes rustiques et naturelles des rochers, ni des trous creuses grossi^re- ment dans la terre. II se batit , suivanl les regies arbi- traires de Tarchitecture , des demeures reguli^res qui ne ressemblent a rien de ce qui est dans la nature. Les v^te- ments ne sont plus , comme chez les Sauvages , des feuilles ou des peaux de betes avec leur forme naturelle. Des tissus que Tart a inventus et arranges suivant cer- taines lois, couvrent et ornent notre corps. Quelques ani- maux au service de Thorame portent aussi Fempreinte du caprice et de la fantaisie de notre imagination. Ce ne sont pas seulement des harnais que nous mettons sur le dos des chevaux , cela est indispensable , mais parfois nous tressons leur crinf^re , nous formons des ornements singuliers par Tarrangement des crins de la queue, entre- lac^s avec des rubans, etc., etc.; et tons ces usages, loin de deplaire h Tceil , indiquent , au contraire , le soin , le gout et rimagination de I'homme. Les peuples de Tantiquite et ceux qui habitent encore aujourd'hui le Levant, nous fournissent, sous ce rapport, une foule de renseignements sur la mani^re dont ils sa- vent orner les chevaux , les mules , les chameaux et les d^phants.... Pourquoi done vouloir restreindre tons ces usages, si agreables k la vue ? Pourquoi blamer et proscrire Tusage d'orner , de fa^onner et de diriger les plantes qui deco- 188 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. rent les abords de la demeiire de rhomme? 11 nous semble qu'il n'y a aucun inconvenient ci modifier les arbres et arbusles qui sont en contact presqu'imm^diat avec Tar- chitecture , et que c'est plut6t un avantage qu'un incon- venient de voir la parlie des jardins qui louche les pro- duits de Tart de bdtir se ressenlir de ces belles creations, sorties compl^tement de Tinvention de son intelligence. II y a des arbres qui semblent 6tre cre^s pour subir ainsi tout le caprice de cette intelligence. L'if , le buis , Tar- bousier , modifies ainsi par une taille artistique , accom- pagnent parfailement la regularite des lignes droites des Mifices , et servent, pour ainsi dire, d'intermediaire entre I'architecture et la sculpture , entre les ceuvres d'art et les produits de la nature. M. R. Bordeaux croit que la question a d6vie ; en effet , rhistoire des jardins ne doit pas etre confondue avec celle de Thorticulture. L'horticulture est une science pratique et utilitaire : a son point de vue le plus 61eve , comme science, elle est une application de la botanique. La configuration des jardins est , au contraire , une question d'art , non de science : leur forme, leur arrangement mo- numental est une branche de I'architecture ; les anciens jardins d'ornement sont de v^ritables monuments , tout comme les chateaux qu'ils environnent ; leur description est une d^pendance naturelle et inexploree de I'arch^o- logie , de I'histoire de I'art. Il est done bon de considerer les jardins comme monu- ments de la civilisation , comme ceuvres d'art , comme productions du gout , et meme comme I'expression des idees dominantes , des passions et des prejug^s de cer- taines 6poques. CONGRilS DES ACADJ^MIES. 189 Pour se tenir dans la question , les plantes qu'on y cultive sont moins k considerer que leur distribution. A Versailles , c'est le pare , sa distribution , ses eaux artifi- cielles , ses statues que Ton va voir, non les plantes. II faut done etudier, dans nos anciens jardins , les fa- briques que Ton y avait ^.levees pour leur decoration : les terrasses , les fosses , les escaliers , les balustrades , les grilles de fer forg^ et de tole ouvragee , les bassins , les jets d'eau, les cascades, les ponts, les avenues r^guliferes, les palissades, charinilles, tonnelles , labyrinlhes et cabi- ^nets de verdure ; tous les produits de Fart du treillageur: Iportiques , voli^res , etc. ; les pavilions , les kiosques , les grottes, les serres-cbaudes , les collections d'orangers, les mines artificielles , les statues , vases , etc. Toutes ces choses, ouvrage des artistes du temps pass6, disparaissent devant la mode universelle des jardins an- glais , devant le vandalisme des architectes et des dessi- nateurs en vogue, qui, chaque annee, sont appeles de Paris, par nos riches proprietaires , pour bouleverser et remettre au gout du jour les nobles et monumenlales creations des XVP. et XVIP. siecles. II est done grand temps de figurer et de d^crire ceux de ces jardins qui subsistent, ou dont le souvenir est en- core dans les esprits. Ce doit etre desormais une annexe indispensable des statistiques monumentales. Il ne suffit plus de decrire les eglises , les chateaux , les maisons go- Ihiques ; il faut y ajouter les vieux jardins , comme un des traits les plus interessants de la physionomie de I'an- cienne France , et comme une des reliques de ce pass6 qui s'en va de toutes parts , et que Tarcheologie s'occupe de retracer , de fixer , de photographier, pour ainsi dire , pendant qu'il en est encore temps. 190 INSTITUT DES PROVINCES DE PRANCE. Mais pour cela , il faut proc6der avec melhode et user de classifications. U faut bien distinguer trois sortes de creations en ce genre : les pares , les simples jardins , les parterres. Les parterres, avec leurs allies garnies de buis et de petites plantes de bordures, avec leurs broderies et leurs festons compasses , avec leurs vases de faience , etc. , ont presque tous disparu du voisinage des anciennes maisons. Ce ne serait que dans des villes peu peupl6es et oubliees, que Ton pourrait espdrer d'en rencontrer. Les vieux hotels des XVI*. et XVIP. si^cles sont aujourd'hui trop d^figures, pour qu'on puisse esperer de retrouver des traces des parterres qui en decoraient les abords, et dont Templacement, lorsqu'il n'est pas occupe par un jardin moderne , s'est trouve envahi par des constructions, ou change en cours, en magasins, etc., lorsque les riches families qui habitaient ces hotels les ont al;andonnes, et ont fait place k des ateliers, h des commer^ants, ou k des families d'ouvriers , botes ordinaires des vieux logis seigneuriaux, dans la plupart de nos grandes villes. Les grands pares 6taient venus jusqu'^ nous; mais la division des fortunes , le morcellement des grandes pro- pri^tes , Textinciion qui frappe les unes apr^s les autres nos anciennes families, fait tomber de tous cot^s les hautes futaies et les nobles plantations des habitations seigneuriales. G'est ainsi que nous avons vu, depuis peu d'annees , detruire les grands jardins de Navarre , pr6s d'fivreux , dessines par Lenotre , au XVII*. si^cle , et ou Ton avait introduit , au sifecle dernier , quelques parties ."i Tanglaise ; le grand pare de Courteille, pr6s de Verneuil, habitation des Rochechouart et des Richelieu , dessine k Tanglaise dans la seconde moiti^ du si^cle dernier, mais CONGRES DES ACADiSmIES. 191 auquel d'immenses avenues reguli^res donnaient encore un grand style. L'an dernier, c'etait le tour du pare de la Mailleraie , cetle merveille des bords de la Basse-Seine, dont les futaies s^culaires sont aujourd'hui tomb^es sous la hache : M. de Pomereu a etudie ce grand pare ou le style anglais , trace dans de vastes proportions , se mariait au style fran^ais de la meilleure epoque. A Bizy , prfes de Vernon , domaine dont la famille d'Orldans a herite de Penthi^vre, des cascades monu- mentales, restes du jardin primitif, s'el^vent encore derri^re le chateau , dans le jardin arrange ^ Tanglaise , et lomberont peut-etre bientot k leur tour. Dans le de- partement de TEure , nous avons encore le pare de Conde, dont M. de La Bigotti^re vous parlait tout-^-l'heure , et dont j'ai dit un mot dans V Anmiaire de TAssociation nor- mande de cette annee ; mais c'est un jardin tout moderne. On voit, par cette enumeration, combien les jardins pure- ment frangais sont devenus rares. J'ai visite , 11 y a trois ans, avec M. de Gaumont , le beau pare de Canon, dans le Calvados , qui appartient a M. Elie de Beaumont, et qui garde intact le caract^re du milieu du XVIIP. si^cle. II est du style Pompadour le moins m^lang^ : le genre anglais n'y est pas encore mel6; les longues allies, les charmilles rectilignes ou contourn^es abritent de longues files de bustes places sur leurs gaines, de vases rococo, eleves sur des piedestaux k enroulements et a chicorees ; ga el \h des vers de La Harpe , de Voltaire , etc. , compo- sent des inscriptions ci Tentree des bosquets. Mais ce uVst que du XVIIF. si^cle. Dans la plaine du Roumois, . un chateau, inhabite depuisde longues annees, doit^cette circon stance d'etre encore entoure d'un pare du XVII*. siocle. C'est le chateau de la Mesang^re , ci Marcouville 192 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. en Roumois. M. Beaucantin , directeur du jardin bota- nique k fevreux , qui me Pa signal^ , m'a assure que le beau style de Lenotre s'y retrouvait encore dans loute sa puret6 et sa magnificence. Non loin de 1^ , le chateau de Graveron est encore entour^ d'immenses avenues de chines , de Mtres et de sapins , et M. le comte de Sal- vandy possfede d'anciens plans ou sont retracees au vif toutes les dispositions premieres de ces superbes plan- tations. N'oublions pas, aux environs d'Elbeuf, le curieux pare de la Saussaie , attribu^ k Lenotre , et que M. de Bostenney conserve dans son integrite, avec ses lignes d'ifs tailles comme au temps ou la Saussaie etait la resi- dence des dues d'Elbeuf. Mais la contemplation de ces beaux jardins donne na- turellement un autre aliment a la curiosite , et bientot Ton est curieux de connaitre les noms de ceux qui les ont traces. Le nom de Lenotre est le seul populaire ; mais Lenotre a eu cependant des precurseurs et des emules. L'etude des anciens papiers pent fournir en ce genre une infinite de d^couvertes. L'autre jour, h& Archives de t'Arl francais , cet interessant recueil dirig6 par notre collogue , M. le marquis de Chennevi^res-Pointel , laissait 1^ momentan^ment les peintres et les sculpteurs pour donner place aux dessinateurs de jardins, et nous y lisions de curieux documents inedits sur Claude Mollet, Michel Le Bouteux, Claude Des Gots, Charles Dufresny de Riviere et sur Andr6 Lendtre lui-mtoe. L'impulsion donn^e par leCongr^s s'estpropag^ejusque dans les regions officielles , et voici qu'^ son tour le Bulletin des Gomit^s du minislfere, quittant aussi les autres branches de Tar- ch^ologie, nous donne, d'apr^s les registres de T^tat civil d'Avon et de Fontainebleau , d6pouill6s avec grand CONGRfeS DES ACADEMIES. ^^''^'^ i^ soin par M, Tabbe Tisserand, des renseignemenls piquants sur les architectes de jardins et les jardiniers-ingenieurs qui sont nes, qui ont travaille ou sejourn^ , ou qui sont morts k Fontainebleau , depuis 15Zi2 jusqu'a 1661. En 1561, c'est maitre Georges Vaulnaige, qui est jardinier du grand jardin du roi a Fontainebleau; en 1600, c'est maitre Desbouts, auquel succ^dent, dans le courant du XVir. si^cle, Claude et Louis Desbouts. De 1600 k 1650, Alexandre Francini ajoute ci son titre d'ingenieur ordinaire du roi, celui d'intendant des fontaines. En 1612, Nicolas Le Roux , jardinier du roi , se qualifie d'appareilleur des palissades. La memeannee, Frangois de Caen a le titre de maitre-jardinier et de garde des oiseauxdu roi, en son cMteau de Fontainebleau ; et,en epousant sa fille, Martin Jamin, fils du cel^bre commis des batiments royaux, rev^t la meme qualite. Tons ces jardiniers jouissent d'une certaine consideration sociale , et leurs manages attestent le rang qu'ils occupent. Antoine Tabouret , fils du jar- dinier Abraham Tabouret , epouse , en 1596 , Antoinette de Rogery, fille du maitre-peintre Roger de Rogery, et la fille nee de ce manage epousera plus tard Claude de Hoey, fils de noble homme Jean de Iloey , peintre du roL Antoine Tabouret se qualifie , en 16Zi6 , de valet de chambie du Roy, maitre-jardinier du grand jardin et du jardin des Pins. Ces documents nous rev^lent encore les noms de quelques jardiniers-artistes, tels que Outrebon, Claude Nivelon, Jacques Maunay et maitre DubriL Ce fut Andre Lenotre, conlroleur-general des bcitiments qui dessina le grand parterre , que tous les ecrits du temps celebr^rentcomme Tunedes plus belles choses du monde, mais d6s le temps de Francois 1". , ces jardins etaient somptueusement decores : ce fut alors que Ton planta le 9 196 IN9TITUT DES PROVINCES DE FRANCE. jardin des Buis et le parterre du Tibre. Partout on creusa des bassins , on 61eva des fontaines ; il est d^s-lors question du Pavilion de Poinone, du Pavilion de T^tang, de la grotte du jardin des Pins. Sous Henri IV, nous trouvons a mention d'une voli^re,pr6s de la galerie desChevreuils. Tous les anciens ecrits , tous les anciens monuments font foi du luxe deploye autrefois dans les jardins. II y a notamment au musee de Cluny une ancienne tapisserie oil Ton voit comment, h Taide de tonnelles et de berceaux de feuillages , on reliail entr'eux des bdtiments, des tou- relles, quisemblent aujourd'hui fort decousus. G'est sans doute par des galeries de cette sorte qu\a Caen les divers corps de Thotel de Mondrainville , aujourd'hui separes d'une mani^re inexplicable, etaient relies lors de la splen- deur de cette curieuse demeure du XVP. si^cle. II suffit de parcourir, au cabinet des estampes, quelques volumes des ceuvres des anciens graveurs du temps d' Henri IV et de Louis XIII, pourtrouver dans les fends de perspective de curieuses vues de jardins. La bibliographic fournit des documents de toute esp^ce. Quel nombre infini de vieux livres , de manuscrits , por- tent le titre d'Hortus , de Jardin , de Verger. Le Jardin de ptaisance , lei est le titre d'un ecrit du XIV*. siecle. Une foule de livres de devotion s'offraient k la lecture des ames pieuses sous cet intitule altrayant. G'est ci Taide d'un meme artifice qu'en plein XVIP. siecle, les solitaires de Port-Royal tachent de dissimuler Taridite de leur Jardin des racines grecqiies, xMais si ces ouvrages ne se rattachent que par leur titre a notre sujet, le nombre des ouvrages sur les jardins n'en est pas moins grand. Depuis le P. Rapin, qui, dans un curieux po^me latin, celebra, sous Louis XIV , les jnrdins reguliers , jusqu'au po^me ^:r.>y/ CONGRES DES ACADEMIES. 195 des Jardins de Delille; jusqu'ci Fontanes, qui clianta les vergers , le nombre des ecrits plus ou moins poetiques sur le jardinage est enorme : ce fut le th^me favori du XVIir. si^cle. Sous cette apparence pastorale, les idees nouvelles se produisirent , et sous pretexte d'elaguer les charmilles , on s'attaqua surtout aux traditions des aieux, trait^es par les beaux-esprits d'alors de prejug^s gothi- ques. L'anglomanie, mise ci la mode, propagea les jardins anglais , qui firent fureur dans le monde philosophique. C'est une question de savoir si I'idee premiere de ces jar- dins irreguliers, comme Ton disait alors, vient de la Chine , ou si elle fut puisee dans la description du paradis terrestre de Milton et dans quelques morceaux de Spencer. Quoi qu'il en soit , Tanalogie des jardins paysagistes avec les jardins chinois ne put que leur etre favorable, a une ^poque ou les porcelaines, les etoffes, les tentures, les petits meubles de la Chine faisaient fureur. Cependant, quelques tentatives de resistance se firent parfois en- tendre , et un M. de Chabanon , qui parait avoir eu des instincts archeologiques dans un temps ou tout le monde h Tenvi etait presse de rompre avec le passe, ecrivit une ^pitre fort agreable , au dire de Delille lui-meme , en fa- vour des jardins du genre regulier, ou il remarqua que les vieux monuments reveillaient des souvenirs qui de- vaient en recommander la conservation dans un pare ar- range avec gout. Mais les idees revolulionnaires bouil- lonnaient dans la tete de tous les gens qui voulaient se produire et qui donnaient le ton. Aussi , aux approches de la Revolution, parurent unefoule de menus pamphlets, oil Ton c^lebrait les jardins avec beaucoup de choses moins inofTensives L'autre jour, k la suite de la vente de la bibliothfeque de M. le vicomte Hericart de Thury, riche 196 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. en opuscules horlicoles, les quais 6taient couverls d'6crils de ce teinps-1^, relatifs aux jardins, et farcis parfois d'id6es fort peu bucoliques. J'ai ouvert au hasard quel- ques-unes des pages jaunies de ces rimeurs oubli^s, et dans Fun de ces Merits , ridicules aujourd'hui , mais qui echauffaient alors les cerveaux, je suis tomb6 sur ce vers, au moins singuli^rement plac6 dans une apologie des jar- dins anglais : Je d^teste Tencensoir III J'ai ici sous la main une fipltre en vei-s irr^guliers , oil il est k la fois question des jardins, de Tagriculture, des assemblees provinciales , des ministres, des parle- ments, de la tolerance, etc. (Hilarity). Le tout fut d6die , en 1787 , ^ M. de Marnesia , auteur du po^me de la Nature champetre , et designe alors president du district du mont Jura. Mais Tauten r , Cerutti , ne le livra k Timpression qu'en 1790. Apr^s avoir dit : Un bien ^ culliver, voil^ le bicn supreme I Du p^re des Humains , Dieu fit un jardinier : Le monde 6tait alors un jardin printannier : Le monde , h6las I n'est plus le meme I Fiddle, cependant, ci son instinct premier, II n'est point de mortel qui n'aime , Et la fleur odorante , et le fruit nourricier; Et plus d'un souverain voudrail etre fermier ! il prend soin de mettre en note que le fameux Lenctre semble n'avoir fait les jardins de Versailles que pour mettre la Nature et les Dieux aux genoux de Louis XIV ; puis il continue ainsi : L'Anglais fit ses jardins pour la m^lancolie. CONORfeS DES ACADEMIES. 197 II aime un pare ind^pendant, Un pay sage sans limite, Un fleuve qui serpente et s'^chappe en grondant, Un bois inspirateur, un antre confident, Des rocs 6pars, confus, dont le calios imite Le d^sordre pensif de son g6nie ardent : Cest un palais de f(6e ou s'egare un hermite. Lci , sa philosophic assemble avec orgueil , Les ruines du monde et de la race humaine. Sur les debris , pr6s d'un cercueil , Avec d61ice 11 se prom^ne : Tous ses plaisirs portent le deuil Mais ils ne portent point de chaine, etc. Bientdt les opinions de notre amateur de jardins se fontjour etil s'toie : Des oisifs de la cour Tessaim 16ger s'envole Vers les hameaux abandonn^s. L*agriculture se console : EUe entrevoit, de loin , des jours plus fortun6s : Au lieu du noble , au lieu du pr^tre , Au lieu des proconsuls qui ravageaient ses bords , ( Les bords de Tagrieulture I ) Elle aura son conseil champ^tre : La source des talents , le fleuve des triors, Dans les deserts vont reparaitre. Puis emporte par un d61ire qu'il croyait sans doute poelique, il termine par cette tirade, assez peu horticole : . Sorbonne ! B^isaire a ri de tes injures. Pontife des Ultramontains 1 Jette dans les marais P on tins 198 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. Tes Brefs, les Bulles, les Censures. Esprit fran^ais I trioinphe Je vous fais gr^ce du reste ; mais cet ^chantillon suffit pour d^montrer ce que j'avan^ais , en commen- ^ant , que la forme des jardins a et^ Texpression des idees dominantes, et a reflele les passions et les prejuges de certaines ^poques. Au XVIP. si^cle , majeslueux et solennels comme les moeurs aristocratiques des temps de Louis XIII et de Louis XIV, les jardins offrentdes lignes immenses , de magnifiques allees. Les dessinateurs du temps ont relie leurs jardins aux chateaux qu'ils entourent et dont ils ont du manager les tourelles, les fosses, les terrasses, le colombier, la chapelle. Comme Ta dit un ecrivain moderne, la main des artistes de Tepoque a , d'un compas austere , menage ces espaces, regularise cette profusion, distribu6 comme des bales de courtisans tous ces beaux arbres; de la nature meme, elle a fait un salon royal , ou T'ctiquette , plus forte que la seve, mesure aux branches la longueur qu'elles doivent avoir , assigne aux fleurs la place, ou elles doivent s'6pa- nouir. Mais le XVIir. si^cle devait changer tout cela : epris de la nature quMl ne sentait pas , il fit de la pastorale dans ses jardins , comme Boucher et Watteau en faisaient dans leurs trumeaux, et il fallait Erme- nonville pour que Rousseau put y faire Tetalage de ses gouts campagnards. M. Paul de Wint fait hommage au Congr^s des Essais historiqucs sur les j myelins (1) qu'il vient de publier et (1) In-8. ; h la librairie arcb^ologique de V. Didron. ' CONGRES DES ACADEMIES. '^^ 199 qu'il a compose pour repondre a la question en dis- cussion. M, d'Espaulart remarque que Ton a oubii^ de citer Bernard Palissy, dont les ecrils sont tr^s-imporlants pour rhisloire des jardins au XVP. si^cle. II ne faut pas omettre non plus les jardins de Belon , au chateau de Touvoye ou M. d'Espaulart est ne, et qui appartenait aux eveques du Mans. Sous Tepiscopat de Claude d'Angennes, Belon peupla ce jardin de plantes exotiques dont il existe un catalogue. M. Gadebled cite, de son c6t6, les ceuvres de Conrad Gessner, auteur tr^s-important qui donne le catalogue complet de toutes les plantes cultiv^es alors en Europe. Il faut noter aussi les ecrits de Charles fitienne , ainsi que les gravures de certains livres publics en Hollande , par les Janson. M. d'Albigny signale le discours dMntroduction de la Flore du Gentile, par M. Boreau, comme contenant des notes fort interessantes sur les jardins royaux de Blois aux XV^ et XVP. siecles. M. de Bonis constate que , de la discussion , il r^sulte que nous sommes plus avances sur I'histoire de I'hor- ticulture proprement dite, que sur celle de Thistoire de la disposition artislique des jardins, et de leur archi- tecture. A ce sujet, il lit une note developpee sur la serre qu'Albert Legrand avait au convent des Dominicains , et ou dej^ il cultivait des plantes des pays chauds. Un membre rappelle que M. Vitet a consacre aux jardins un chapitre de ses ttiides sur les beaux-arts. M. Bordeaux cite le chapitre que M. Leopold Delisle a reserve aux jardins, dans ses sdiYsmi^s J^tudes sur I'etat de r agriculture en Normandie au moy en-age. II indique 200 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. aussi des articles de MM. Naudet et Uaoul-Kochetle , publies dans la Rcvuc archeoLogiquo sur cerlains pro- cedes horticoles des Homains, el surloul iin charmant article, tr^s-spirituel et tres-caustique , lu par M. A. Blanchet aux Assises scientifiques de Picardie, et intitule : Originc des jardins anglais Ce piquant tableau du ridicule engouement du si^cle dernier pour la nature , rhomme primilif et la reverie senlimentale, a paru dans VAnnuaire de l' Association normande pour 1855, et serait Ir^s-digne d'etre insure dans VAnnuaire de L'ln-- stitut des provinces. M. Dr^olle remarque que Ton s'accorde gen^ralement , en Angleterre, h attribuer k Tamiral Anson rintroduction des jardins dits anglais, h son retour de la Chine. Anson revint de ce pays enthousiaste de tout ce qu'il y avait vu , des moeurs des habitants , de leur agri- culture et de leur horticulture. II tra^a les plans des jardins chinois qu'il avait visit^s et en repandit le goiit en Angleterre. Lorsque les Anglais prirent Honkkong , 11 y a une douzaine d'annees , ils furent ^merveill^s des jardins de cette He qu'ils visit^rent , et dans plusieurs lettres , publiees dans les journaux anglais , que j'ai publi^es en frangais , dit M. Drt^olle , ils parlenl de ces jardins avec le plus vif etonnement; ils vantent la beaute, le charme , Tagrement de leurs dispositions. Ce genre de jardins se repandit en France , vers la fin du dernier si6cle. Le plus beau , a Paris , fut celui de Beaumarchais, fr^quente par la belle compagnie, les gens de bon ton de son temps. Le peuple en elaitexclu. On sait, qu'en 1792 ou 93 , craignant de le voir saccager par la populace , 11 mit cette inscription a Tentree : Ce petil jardin fut plants En Tan deux de la liberie. CONGRES DES ACADEMIES* 201 el les ^meuli^rs respect^rent ce petit jardin. Depuis , on a eu ies jardins Eeaujon , Rivoli , etc. Ce que doit re- chercher le Congr^s, c'est d'amasser le plus tot possible les plans des anciens jardins fran^ais , menaces de dis- paraitre pour faire place aux jardins k Tanglaise. M. Darcel signale , k ce sujet , une carte d'entr^e aux jardins de Beaumarchais dont il poss^de un exemplaire et qui est fort curieuse , k cause du dessin grav6 dont elle est ornee. L'un des Secretaires^generaux , Raymond Bordeaux. SEANCE GENERALE DU MARDI 27 MARS. ( Pr6sidence de M. Challe. ) Le bureau est compost de MM. Bougeot-Saint-Hilaire , le baron Chaubry de Troncenord , le comte d'H^ricourt, le baron Ernouf el le vicomte de Bonneuil. Le proems- verbal estredige par M. Raymond Bordeaux, secretaire-general. M. de Caumont fait distribuer , aux membres du Con- gr^s , une lettre autographiee , accompagn^e d'un plan, par laquelle la Societe libre d'agriculture de TEure invite les autres Societes savantes k souscrire pour Terection d'une pyramide que la Societe de TEure se propose d'dever en rhonneur de Duguesclin dans la plaine oil Tillustre connetable gagna la bataille de Cocherel , aux environs de Vernon. 202 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. M. Gu^rin-M^.neville a la parole et fait la commu- nication suivante : La Societe zoologique d'acclimatalion ne s'occupe pas seuleinent de Tintroduction d'esp^ces exotiqiies ; elle veut aiissi porter d'un pays k un autre , m^me en Europe, les meilleures races domestiques. Elle veut m^ine accli- mater les races d'un departement dans un autre d^parte- ment. Elle veut aussi ameliorer les races domestiques , rendre les cocons de notre ver k sole plus riches en mati^re soyeuse. Notre ver h sole domestique a toujours ete Tobjet de predilection de mes etudes , soit dans le cabinet , soit dans la grande culture. Les travaux poursuivis depuis pr^s de 10 ans a la magnanerie experimentale de S^ -Tulle avec M. E. Robert en font foi. C'est la France qui possMe les meilleures races. Vient ensuite Tltalie qui nous est sup(^rieure , dans quelques localites, pour Teducation en grand. Quelques races d'ltalie, quand on parvient a les acclimatcr, sont susceptibles d'am^lioration. La race de S*^ -Tulle est dans ce cas , et elle est devenue tr^s- riche en sole , comme je Tai demontre dans divers memoires approuv^s par Tlnstitut Sans r^pidemie de la gattinc , dont les causes pro- bables se rattachent aux causes meteorologiques des maladies des vegetaux , les travaux d'amelioration de la race S*%-Tulle n'auraient pas ete interrompus. Depuis rinvasion de cette Epizootic , nous avons ^t^ obliges de conserver et les travaux Oi'aineiioration ont ete suspendus. A S"" -Tulle , nous oblenons des soies aussi belles que dans les Ce venues ; des blancs aussi beaux que ceux de M. Brunski, CONGRilS DES ACADEMIES. 203 M. Guerin-Meneville soumet a I'Assemblee des echan- lillons de ces soies et continue ainsi ; Si nous devons nous preoccuper d'abord de notre ver ^ soie domestique , source de richesse pour le pays, nous devons aussi chercher k en acquerir d'autres, qui donnent des produils non moins importanls dans d'autres pays. G'est pour cela que la Societe zoologique d'acclimalation a fait des d-6marches qui ont ete cou- ronnees d'un plein succ^s. II y a plus de 10 ans que je demande Tintroduction des bombyx Indiens , Chinois et Americains , soit domes- tiques, soit sauvages, dont la soie habille des popu- lations enti^res. Dans une serie de legons faites, en 1850 et 1851, au college de France, j'ai d^montre , comme je Tai fait dans divers meinoires , que cette introduction 6tait possible , mms jamais je n'ai pu Teffectuer parce que je n'avais aiicun moyen d'action. Griice k la vaste association de la pratique et de la science, effectuee par la constitution de la Societe zoologique d'acclimatation , tout ce que je n'ai cesse de demander en vain devient possible et s'effectue. INous avons enfin ce Bombyx Cynthia et ce Bombyx de chene, que j'ai demand^s si souvent en vain. Nous en avons d'autres esp^ces propres a TAm^rique et a TAfrique et nous ne nous arreterons pas Ici ; nous essaierons beaucoup d'autres espfeces qui semblent presenter aussi des con- ditions de succ^s. Le Bombyx Cynthia a ete donne a TEurope par deux savants Piemontais, MM. Baruffi et Bargonzi. G'est une acquisition accomplie et il ne s'agit plus que de chercher 204 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. les meilleurs moyens d'utiliser ses cocons. M. E. Robert a fait des semis de ricin k la magnanerie exp6rimentale de S**. -Tulle pour nos experiences sur ce bombyx. Le Bombyx du cMne , qui vit en Chine dans des contrees plus froides que le Nord de la France , est vf le point de nous ^tre acquis, grace au zMe de M. ae Montigny , seconde par de venerables missionnaires fran^ais en Chine. D^ja , en 1851 , un de ces hommes d^voues, le p^re Perny, avail envoye quelques cocons vivants k Lyon, et c'est en passant dans cette ville, vers la fin d'avril 1851 , que j'ai pu dessiner et decrire , d'apr^s le vivant , le dernier des papillons provenant de cet envoi et donl on ne put obtenir d'ceufs. Ce bombyx , qui portera le nom de Bombyx Perny , en memoire du missionnaire qui a le premier envoye ses cocons vivants en France, est tr^s-voisin du Bombyx assamensis , que j'ai vu et dessine k Texposition uni- verselle de Londres , et des etudes enloniologiques seront necessaires pour nous fixer sur la question de savoir s'il y a des differences specifiques entre ces bombyx appartenant a deux contrees si differentes. La Societe a egalemenl re^u des cocons vivants des Bombyx Cccropia et Po'yphcmiis (le vrai Paphia de Linnee) qui vivent dans TAm^rique du Nord sur divers arbres tr^s-rapproches de nos saules , des ormes , du noyer , etc. ; et eile va essayer aussi leur introduction. Elle a aussi des cocons vivants d'une magnifique esp^ce du Bresil , le Bombyx aurala, Je dois le repeter , en lerminant cet aper^u trop rapide, ces tenlatives d'introduction d'esp^ces etrangeres ne sauraient me delourner des etudes scientifiques et CONGRES DES ACADEMIES. 205 pratiques necessaires k la conservation et a Tamelioration de nos races Jrangaises du ver a soie ordinaire , et je ne cesserai de demander k notre agriculture , comme je le fais dans un Calcndricr du magnanicr qui parait chaque mois dans V Agriculteur praticien , de se decider enfin k faire quelque chose de serieux et d'efficace pour que notre pays conserve la superiority smcicole qu'il doit aux belles races que Tepidemie actuelle menace de nous faire perdre. M. Gu^rin-Meneville fait circuler de nombreux 6chan- tillons de papillons , de cocons , de soles filees et de tissus de Tlnde. Ces tissus sont inusables : un meme habit sert k plusieurs generations. M, Guerin exhibe des tissus de soie cardee , tels que les filoselles, et des tissus de soie devid^e, comme le sont les foulards. Voici un specimen de certains grands cocons qui atteignent jusqu'ci un metre de grandeur, et qui ont ete rapportes de Madagascar par M. Coquerel , fils du pasteur protestant et officier de marine. Voici les tissus Malgaches qui en proviennent : ils sont grossiers, ce soDt des filoselles , mais tres-solides. Ces bombyx vivant sur les Mimosa seraient convenables dans le Midi de la France. M. Guerin-Meneville termine par Texhibition d'un cocon gigantesque du Mexique , qui ne pourra etre introduit en France , k cause du climat, mais qui reussirait dans nos colonies. M. DreoUe a demande k M. Guerin-Meneville s'il avait eu connaissance des echantillons de soie d'une blancheur admirable, exposes en 18M et 18Zi9, par M. Brunski, 206 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. de la Br6de , pr^s de Bordeaux. On trouva alors la sole de M. Brunski la plus belle qu'on ait jamais vue en France. M. Brunski fut recompense de ses soins , de ses travaux par le Gouvernement qui le crea chevalier de la L^gion-d'Honneur. M. Dr^olle voudrait bien savoir ce qu'est devenue la sole de M. Brunski qui avail ofTert de vendre au Gouvernement son syst^me d'educalion ? M. Guerin-M^neville a r^pondu qu'il avait eu con- naissance de la sole de M. Brunski. G'^tait bien, en effet , une tr^s-belle sole que la sienne , d'une blancheur eblouissante ; mais M. Brunski n'a jamais pu en exposer de grandes quantites pour le commerce , pour Findus- trie ; 11 n'a presente jamais que de faibles echantillons. La sole de M. Brunski est , en quelque sorte , un tour de force. G'est ce qui a empech6 le Gouvernement d'acheter k M, Brunski son secret. M. Guerin a presents un echanlillon de la sole de M. Brunski et , h cote , il en a montre d'autres en gros ^cheveaux qui ne cMent en rien en qualite et en blancheur k Techantillon de M. Brunski. M. Eugene Robert lit le travail suivant : NOTE SUR LES TRAVAUX D'AM^LIORATION DE DI- VERSES RACES DE VERS A SOIE A la magnanerie expirimentale de S*.-Tnlle (Basses-Aipes). '''-' Toutes les personnes qui s'occupent de s6riciculture savent aujourd'hui que la d^generescence et Tab^tardis- sement des races 4e vers a sole sontle principal obstacle aux progr^s et au developpement de Tindustrie sericicole. Ce fait est suffisamment 6tabli , par les plaintes unanimes .a;W.COJ\GIlES DES ACADEMIES. ' ^'^^^^^ 207 dont sont remplis les journaux speciaux , par les enqu^tes faites dans les principales contrees sericicoles, par les rapports de Tinspecteur general de la sericicullure et enfin, par les nombreuses petitions adressees au Ministre de Tagriculture et du commerce , par les sericiculteurs, les tilateurs et les negociants en sole les plus connus. Deux effets tres^facheux resultent de Tappauvrisse- ment et de la d^g^n^rescence de nos races : ^^uW V, L'affaiblissement de la sante des vers, ce qui augmente beaucoup les difficult^s de Peducation , et en diminue considerablenient le produit ; 2". L'inferiorite du brin de la sole qui resulte des cocons informes , satin^s , faibles et donnant des soies bouchonneuses , duveteuses , sans nerf , ni elasticite , etmanquant de presque toutes les qualites indispensables a la filature et k la bonne fabrication des tissus. Dans certaines regions sericicoles et principalement dans la partie inferieure de la vallee du Rhone et en Provence, les races des vers a soie sont plus parti- culi^rement frappees de cet abatardissement. Les soies qui en proviennent sont d'un placement plus difficile, et beaucoup moins avantageux. La regeneration des races est done une chose tr6s- essentielle. Par cette regeneration on se propose de corriger les defectuosites qui viennent d'etre signalees, en introduisant , en acclimatant , ou en creant meme des races plus pures, plus robustes , plus faciles b. elever, produisant desrecoltes de cocons plusabondantes, et des soies superieures en qualite. II faut trouver les moyens d'assurer les produits de la recolte des vers a soie , autant qu'on pent raisonna- blement Tesperer, en cherchant les procedes les plus 208 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. rationnels pour pr^venir les iiombreuses maladies que rabAtardissement des races et beaucoup d'autres causes que nous avons eu Toccasion de signaler souvent, introduisent dans les Educations ordinaires. II faut conlinuer le perfeclionnement des methodes d'^ducation, qui sont susceptibles , on le comprend bien, de s'enrichir comme la pratique de toutes les autres industries, des decouvertes de la science moderne et de la pratique r^unie, 11 faut les faire p6n6trer peu k peu dans les contrees sEricicoles ou Tempirisme domine encore. II faut augmenter la richesse en sole des cocons , par le perfeclionnement dont les races types de vers a sole sont susceptibles , afin de pouvoir obtenir le plus grand produit possible en sole , d'une quantite de feuilles de murier donnee. Au perfectionnement des types se rattache une question dont les consequences sont incalculables. Nos experiences ont mis hors de doute que telles ou telles contrees donnent des qualites de soie qui conviennent plus particuli^rement ci tel ou tel ordre de produits de I'indus- trie. 11 ne s'agit done de rien moins que de determiner les types qui conviennent le mieux a chaque contree serici- cole , d'amener ces types une fois trouves a leur etat de developpement le plus complet , d'etablir les propriet^s particuli^res de la soie fournie par chaque type , afin de spEcialiser les races , s'il est permis de s'exprimer ainsi. On arrivera necessairement ainsi , en appliquant par analogic les methodes de perfectionnement du betail et des esp^ces domestiques qui ont donn6 de si beaux r6sul- tats en Angleterre , ci TEtablissement de la Classification industrielle des races de vers a soie, C'est k cette ceuvre de progr^s qu'a ete consacrE , de- .''V CONGRES DES ACADEMIES. 209 puis bientot vingl ans , la magnanerie exp^rimentale de Sle. -Tulle , qui est devenue en meme temps une ^cole de sericiculture , depuis que Thonorable M. Guerin-Mene- ville, sur Finvitation qui lui en avait 6i6 faite en 18Zi6, par le Congr^s scientifique de France , a bien voulu se charger de faire , chaque an nee , un cours d'entomologie sericicole. Nous possedons aujourd'hui un certain nombre de races frangaises perfectionnees , et de races etrang^res en bonne voie d'acclimatation , dont on verra les produits k Texposition universelle. Nos travaux seraient bien plus avances, si, depuis trois ou quatre ans, nos campagnes n'etaient pas desolees par des maladies , par des epide- mics, qui p^sent bien cruellement sur le r^gne v6g6tal et sur le rfegne animal tout ci la fois ; tous nos efforts , en ce moment, tendent exclusivement ^ conserver les races que nous avons perfectionnees ou acclimatees par des efforts si permanents. 11 s'agit avant tout , on le comprend aisement , de les emp^cher de p^rir. Ce n'est 6videmment que lorsque nous n'aurons plus cette lutte h soutenir que nous pourrons reprendre convenablement nos travaux d'ameiioration et d'acclimatation des races de vers ci sole , but constant de nos soins et de nos legitimes esperances. M. Guerin-Meneville offre au Congr^s et apalyse ver- balement un curieux memoire public dans sa Revue et Magasin de zoologie , sur les metamorphoses inconnues jusqUMci du Cebrio Gigas , insecte coleopt^re dont le male et la femelle presentent de si grandes differences que Lalreille crut devoir creer pour la femelle un genre distinct, le genre Hammonia, G'est aux patientes ob- servations de M. Lefebure de Gerisy , ingenieur de la 210 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. marine ii Toulon que Ton a du de connallre enfin la v6rit6 sur cet insecte singulier , dont la femelle reste toujours sous terre , tandis que les males se montrent en temps d'orage. MM. Chapuy et Cand^ze, auteurs d'une Histoire dcs iarvcs des coLeoptcrcs qui va paraitre en Belgique , ont d^cril le premier etat du Cebrio Gigas, qui offre des ressemblances avec la larve du Tenebrio moLitor* /^'^ Desireux de faire connaitre aux membres du Congr^s les decouvertes les plus recenles en entomologie, M. Guerin-M^neville analyse egalement, avant de le deposer sur le bureau , un second memoire publie aussi dans sa Bevue de zoologie, et ou il fait connaitre les moeurs singuli^res d'un crabe trfes-curieux, sorte de faux Bernard Termite qui protege la partie molle de son corps en se refugiant sous la moitie d'une coquille bivalve , et dont I'honorable savant a form^ un nouveau genre, qu'^ raison de cette circonstance il nomme Hypoconcha. M. Guerin-Meneville offre egalement au Congres ses Recherches sur les vers a sole sauvages et domestiques et son travail sur les Maladies des ve- getaux et particulierement sur la maladie de la vigne. M. Charles Gomart, a Toccasion de la lettre de M. Duchatellier qui propose que le Congres tienne extraordinairement quelques seances pendant Texposition universelle, afin d'etudier, au point de vue de Tart, de rindustrie et de Tagriculture , les objets exposes par la province , demande que la proposition de M. Ducha- tellier soit accueillie par le Congres et que la lenue de ces seances soit fixee au 25 aout , epoque deja choisie pour une autre reunion. II ajoute que, pour rendre fruclueuse cette session ex- CONGREIS DES ACADEMIES. ^?'^J 2i4 traordinaire, il faudrait qu'un certain nombre de membres voulut bien se faire inscrire , et accepter la mission d'etudier soit un groupe , soit une section , soil une classe des objets exposes , afin de presenter des docu- ments , des apergus , pour etre examines par le Congr^s le 25 aout. M. le president Challe fait une objection a cause de la session des Gonseils generaux. M. Paris propose d'adopter au lieu du 25 aout le 27 septembre k raison des vacances. Le 25 aout est prefere par la majorite des membres. Cette seance etant la dernifere du Congrfes des d^le- gues , M. Galemard de Lafayette en profile pour convo- quer , dans une allocution chaleureuse , les delegu^s des Societes savantes a assister au Gongr^s du Puy. II rappelle tons les titres de cette ville k Tinteret et ci la curiosity des etrangers : ses illustres souvenirs ; la visite que les rois de France faisaient a Notre-Dame du Puy , comme pour faire ratifier la consecration qu'ils avaient regue a Reims ; les grands pelerinages dont cette ^glise fut Tobjet; son jubile particulier qui attirait des foules immenses; TUniversite ; les cours d'Amour , et une serie de grands evenements qui ont laisse tant de traces. M. de Lafayette termine cette vive improvisation , en esquissant I'histoire biogra- phique du fondeur en bronze Groizatier , n6 aux environs du Puy. II rappelle le legs quil fit a la ville avant de niourir, son testament donnant : 200,000 fr. pour une fontaine en marbre et bronze; 100,000 pour le Musee, afin de Tenrichir d'une facade monumentale ainsi que d'addi- tions utiles; 212 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. ^0,000 fr. pour faire I'Mucation d'un jeune homme apte aux beaux-arls ; 8,000 pour fonder quatre lits h Thospice du Puy pour les pauvres du village ou M. Croizatier est ne. En presence d'un si noble emploi d'une grande fortune, acquise dans les arts, TAcad^mie a vote une adresse k la veuve de M. Croizatier qui n'est pas frustr^e , car il lui reste encore un million. ( Applaudissements. ) De telles marques de sympathie pour une ville, reprend M. de Lafayette, d6notent sa valeur ! Je vous dis done non pas adieu, mais au revoir au Puy , en septembre 1855 !1 (JSouveaux bravos,) M. Gu^rin-M^neville prend la parole en ces termes : En remerciant M. le Directeur-g6n^ral de Thonneur qu'il a bien voulu me faire , en m'invitant au banquet du Congrfes et en y conviant aussi mon ami, M. E. Robert , je le prie de vouloir bien m'autoriser k y faire figurer un ami tr6s-distingu6 , qui a suivi les travaux de la Compagnie , M, Andr6 Poey , savant physicien de la Havane ( Cuba ). M. Poey a fait une des decouvertes les plus consi- derables de notre epoque, en d^montrant qu'on pent retirer par r^lectricit^ , les m6taux introduits dans le corps humain. Cette decouverte excite Tinl^r^t universel et m^riterait a son auteur Thonneur que je sollicite pour lui , en ce moment. Le Congr^s entend M. Poey avec le plus vif int6r6t. M. Poey expose comment il s'y prend pour oter les substances metalliques du corps humain. Il a ainsi repete ses experiences sur un batracien. Il a introduit une pi^ce de 20 sous dans Testomac d'une grenouille. Au bout d'une heure , il ne restait de la piece qu'une mince plaque d'ar- CONGRfes DES ACADEMIES. 213 gent. Celte pi6ce ainsi amincie passe sous les yeux de TAssemblee ; elle est presque detruite. L'argent a 6t6 en- leve par molecules , et la pi^ce a ete se reformer au pole positif de la pile. M. de Saint-Hilaire ajoute que des medecins ont pens6 a suggerer une idee a M. Poey pour que , par le m^me proc6de , il introduise des metaux dans le corps humain , aussi k Taide des courants. M. Poey repond qu'il a d6jk eu cette idee , et certainement on pourra metalliser le corps et rendre ainsi des services a la m^decine. M. Gomart : Tout le metal est-il enlev6? s'en perd-il? M. Poey declare qu'il ne s'est pas preoccupy jusqu'ici des quantites. M. le docleur Lecadre sMnforme si , par ce proc^d^ , on peut decomposer et enlever les metaux organiques du corps humain , metaux organiques qu'il faut distinguer des metaux introduits d'une maniere 6trangere ? Non , repond M. Poey ; le fer du sang est retenu par la force vitale : il faudrait tuer I'homme , pour detruire cette puissante afTinite. M. Lecadre: Mais en cas d'empoisonnement , le metal destructeur pourrait-il 6tre retire ? Oui certainement , repond I'auteur de la communica- tion , les corps etrangers a Tetat normal , au syst^me orga- nique disparaissent par ce procede, et on pourrait enlever ainsi I'intoxication : c'est precisement un des cotes inte- ressants de la decouverte , au point de vue pratique. M. de Caumont lit une lettre de M. Vincent , de I'Aca- d^mie des inscriptions et belles-lettres , dans laquelle cet honorable membre de I'lnstitut expose au Congr^s les causes qui Font empeche de prendre part a ses tra- vaux , et ou il invite les delegues qui s'occupent de This- 21/l INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. toire el des perfectionnemenls de la musique , b. venir entendre chez lui , lue Sl.-Jacques, 236, son orgiie a quarts de tons , qu'un artiste habile touche tous les jeudis soirs, Enfin , pour clore cette septieme session du Congr^s des delegues des Societes savantes , M. Challe, president de la seance , se l^ve et prononce le discours suivant : Parvenus au terme de nos travaux , nous allons nous s^parer pour rapporter dans nos departements les fruits de cette reunion si feconde , oil les maitres de la science sont venus nous tenir au courant des progres qu'elle a accomplis, depuis notre dernier Congr^s, ou nous nous sommes tous retrempes ti ces communications confrater- nelles dans lesquelles nous avons trouve tant a profiter , pour apprendre et pour aller repandre et propager dans nos contrees respectives. Le contact des hommes de savoir et de devouement est, en eifet, le plus precieux sti- mulant pour alimenter et developper le feu de la science; et je ne veux pas laisser passer cette derni^re occasion de vous rappeler les nouveaux moyens que cette ann(^e nous presentera, de nous eclairer et de nous encourager reciproquement. (( Le Gongr^s archcologique de Clialons-sur-Marne , ou nous trouverons de grands souvenirs et des monu- ments cel^bres , et ou nous pourrons honorer chez lui notre collegue, M. deMellet, dont la parole vive et animee nous est a tous si sympalhique et si chere. Et, s'il m'est permis d'en parler, apr^s M, Calemard de Lafayette, qui vient d'en parler si bien, le grand Congr^s du Puy, qui offrira tant d'interet aux naturalistes pour visiter cette contree si curieuse, aux archeologues CONGRfeS DES ACADEMIES. 215 et aux artistes pour etudier ces monuments et ces paysages si remarquables, cet interessant Mus6e de dentelles, creation si digne d'etre imitee; et cette ville heureuse, qui inspire a ses nobles enfants de si genereuses fonda- tions (1) ; b. tons les savants pour resserrer leurs commu- nications avec cette societe scientifique si eminente, dont M. Galemard de Lafayette est parmi nous un si honorable et si digne representant. II est une autre reunion qui offrira aussi un bien vif in- ter^t aux amis du progr^s scientifique, c'est le concours provincial de Caen, cette capitate intellectuelle de la Nor- mandie, ou il nous sera permis de voir fonctionner cette Association normande , si puissante et si feconde , dont je voudrais voir imiter Texemple dans les autres provinces. L'isolement est une grande cause d'alanguissement pour les societes departementales , et quel profit ne trouve- ' raient-elles pas a se grouper dans des grandes affiliations provinciates qui , en offrant a toutes un point d'appui, stimuleraient leur activite, en meme temps qu'eiles ac- croitraient, dans une si grande proportion, leurs moyens d'action et d'intluence ? jNous pouvons deja nous enorgueillir legitimement , Messieurs, du bien que nos Societes diverses ont ac- compli , en tournant vers I'etude tant d'activites aupara- vant steriles; en propageant le gout des arts; en substituant k fesprit barbare qui detruisait, degradait ou denaturait les monuments de Fart , Pesprit eclaire qui les respecte , les conserve et les glorifie ; en popularisant la science ; (1) a Un fabricant a donne fanriee derniere, h cette ville, 20,000 francs, pour fonder le Mus6e de dentelles. Un artiste distingu6, M. Crozatier, vient de lui leguer /iOO,000 francs pour diverses fonda lions utiles. 216 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. en d^veloppanl le progr^s agricole , arlistique et indus- triel;en fecondant le champ in^puisable de I'hisloire; en apprenant ^ nos concitoyens ^ mieux aimer leur pays, donl nous leur faisons connaitre les vicissitudes passees et les ressources presentes ! Mais nous serions bien in- gratssi,en jetanl un coup-d'ceil sur les resultats deji acquis et sur ceux auxquels nous pouvons encore parvenir, nous ne reportions le bienfait k sa source , et si nous n'en faisions remonter la reconnaissance k son auteur. Notre illustre directeur-general n'est pas seulemenl le createur de plusieurs de nos societes et le lien puissant et durable de nos communications; il est le guide, le chef et le maitre de chacun de nous ; et tous , tant que nous sommes , archeologues de France presents et absents, agronomes , artistes et savants de province , nous pouvons lui dire comme le Dante a Virgile : Tu duca , tu signor et tu maestro 1 Qu'il sache bien qu'il n'a pas affaire k des ccEurs oublieux , et que dans tous nos departements , et jus- qu'aux points les plus recules de la France, nous ne prononfons son nom qu'en nous decouvrant avec amour et v6n6ration. Je propose au Congr^s de clore sa session , en votant h M. de Caumont les remerciments les plus reconnais- sants et les plus alTectueux. J'ai rhonneur de lui proposer de voter de semblables remerciments k MM. les Secretaires-gen eraux , pour le z61e si empresse et si obligeant qu'ils ont montre dans Texercice de leurs fonclions, et la mani^re si distinguee dontilss'en sontacquitt^s. CONGRilS DES ACADEMIES 217 M. de Caumont remercie k son tour M, Challe et les membres du Gongr^s. Le Secretaire , Raymond Bordeaux. NoTA. Les stances du Congr^s des d6!^gues des Society savantes ont dur6 cette annee un peu moins long-lemps que Tannee pr^c^dente , par suite du d6sir t^moign^ par plusieurs membres de tenir une seconde session en aout pendant Ja dur^e de Texposition universelle. Cette seconde parti e de la session a 6le purement adminis- trative, et il a el6 convenu que les rapports, sur les r^sultats de I'exposition, ne seraient pr^sentes que dans la session du nois de mars 1856. 10 RAPPORT SI.R LES mAYADX ETLES PUBLICATIONS ACADSMIQUES DES PROVINCES pendant l^'ann^e 1954^ D^'APRfeS LES RENSEIGNETtfENTS COMMUNIQUES AU CONGRES DES DEL^GUES DES SOCIETES SAVANTES, PENDANT LA SESSION I>E MARS 1855; Par MM. le comle Georges de SOULTRAIT et le comlt de BEAUFORT. Messieurs , Charges^de vous rendre compte (fu iiiouvemeiit scient^- fique des provinces pendant Tan nee 185Zi , ce n'est pa& sans un grand embarras que nous entreprenons ce rap- port En effet, comme vons le disait M. Bordeaux au dernier congr^s, pour bien juger les nombreuses publi- cation& qui tous ont ete envoy^es, pour analyser d'une mani^re exacte et eompl^le les divers rapports qui vous ont ete soumis par MM, les Delegu^s des Socfetes savanle des provinces , il faudrait un long travail et une Erudition encyclopedique dont nous sommes bien loin. Il faudrait aussi un espace plus considerable que celui qui nous est donne dans VAnnuaire de I'Institut des provinces, Notr& defiance augmente quand nous nous rappelons les rap- ports analogues si int^ressants et si remplis de fails qui vous ont 6t(^ pr^sent^s les ann^es pr^c^dentes^ Nous allons PUBLICATIONS ACADEMIQUES EN 1854. 219 faire de notre mieux pour ne pas rester trop au-dessous de ces excellent^ modeles. Nous suivrons un plan diffe- rent de celui que M. Bordeaux avait adopts pour son travail si remarquable de VAnnuaire de 185/i. En effet, il nous a semble qu'il serait peul-6tre plus commode, pour les recherches , de prendre les d^partements par ordre alphabetique , et de passer en revue tout ce qui se rapporte a chacune de ces subdivisions , ou du moins tout ce dont nous avons eu connaissance ; car il est k r^gretter que les Soci^tes savantes des departements n'aient pas mis plus d'empressement jusqu'^ ce jour k seconder les intentions de M. de Caumont, k se ineltre n rapport avec I'lnstitut des provinces^ k envoyer deS delegu^s ou , tout au moins , des rapports au congr^s annuel des academies. Nous n'avons pas besoin de d6- montrer de quelle utilite serait un travail du genre de celui que nous entreprenons , s'il 6lait complet. Le notre sera bien loin de Tetre. Nous desirons vivement que les secretaires qui seront charges des rapports des ann^es suivantes aient a leur disposition un plus grand nombre de renseignements et puissent faire mieux que nous ne f'aisons aujourd'huL Nous allons commencer notre revue des departements. La Society d'emulation de Bourg s'occupe d'agriculture, des sciences et des arts. Voici , d'aprfes M. Jules Baux , le savant et laboiieux archiviste du departement,les travaux qui ont ate publics dans TAin pendant I'annee 185Zi. Polemiquc religicusc, 1", M. Pabbe Gorini , cur6 de St -Denis, pres Bourg, a public un ouvrage remar- 220 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. quable, intitule : Defense cle i'^glise contre Ics erreurs kistoriques de MM. Giiizot , Thierry, Ampere, Mi- chcict , etc* , etc, 2 volumes in-8. , Girard et Josseran , editeurs , Lyon. 2^ MM. les Professeurs du grand seminaire de Brou ontfait imprimer un compte- rendu des conferences du clerge du diocese de Belley, traitant plusieurs sujets de rficriture-Sainte et de Thistoire ecclesiastique. In-8% , Bourg, imprimerie Milliet-Bottier. Archeologie, /t% volume des Courses arcfieologiques dans le departement de I'Ain, par M. Sirand , juge , ouvrage qui a pour but d'enregistrer toutes les d6cou- vertes d'objets antiques, medailles , sceaux, poteries , statuettes , avec planches lithographiees. In-8. , impri- merie Milliet-Bottier. Histoire, 2*. edition de VHisloire de I'egtise de Brou , par M. Jules Baux , archiviste du departement de TAin , notes nouvelles, planches chromo-lithographiees. Grand in-8. , Bauchu , editeur, Lyon. Litterature. Jeanne Hackette , petit poeme par M. le comte Emmanuel de Coetlogon , prefet de TAin. Des sceurs de charity et plus specialement des salles d'asile, par M. le vicomte de La Boulaye , autre petit poeme. Sortis Tun et Tautre des presses de Milliet-Bottier. tconomie. De la valeur progressive du sol com- par^e aux fortunes mobili^res, par M. Perrault de Jotemps, receveur des finances h Belley, suivi de la reimpression de V Anti-Desmon de Mascon , ouvrage d'un ancetre de Tauteur precit6. In-12 , imprimerie de Milliet-Bottier. PUBLICATIONS ACADEMI^UES EN 186Zl. 221 Statistique, Annuaire de I'Ain pour Tannee 185/i, public et imprime par Milliet-Bottier. In-8. , 1^ feuilles. Agriculture, Expose de la question des Clangs et de I'assainissement de la Dombe , par M. Lamairesse , ing^nieur hydraulique. In-12 , imprimerie Milliet-Bottier. Manuel de drainage, par le Meme, In-12, imprimerie Milliet-:^ttier. M. d'Assier de Valinches, de Lyon, vient de faire paraitre sous le titre de Memorial de Dombe , un ma- gnifique volume orn6 de planches et d'armoiries , con- sacre ci donner Thistoire du Parlement de Tancienne principaute de Dombes et un armorial de cette cour. Le volume est sorti des presses de M. Louis Perrin , Thabile imprimeur Lyonnais , dont nous parlerons h Particle de I* yon. M. Valentin-Smith , conseiller ^ la cour imperiale de Lyon , s'occupe de colliger une bibliothfeque Domboise et de r^unir tous les documents historiques relatifs a cette contree. Nous ne Savons rien de la Soci6te d'^mulation de Nantua. AlSNE. M. Charles Gomart, Tun des secretaires- gen^raux du Congr^s , vous a rendu compte des travaux du Comice de St-Quentin. Apr^s avoir parle des eoncours annuels de bestiaux , des prix de moralite dternes chaque annee aux ouvriers agricoles, il ajoute que le Comice continue ses efforts pour introduire dans les usages de la ferme le livret agricole 222 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE^ qui, tout en sauvegardant les int^rets du niailre aussi bien que ceux de Touvrier, les amfene tous deux h rester fidMes h leur contrat. 11 cite les r^sultats qu'on a obtenus pour le drainage dans Tarrondissement de St.- Quentin. II y a deux ans on produisait seulement quelques tuyaux ; en Tann^.e 185/i , on a draine plus de 80 hectares. Le Cornice a encourage par des medailles MM. Thery de Grugin et Dolle de Gibercourt, qui les premiers sont entres dans cette voie. La cherts des grains a fait multiplier , avec un admi- rable entrain, les machines a battre dans Tarrondis- sement de St.-Quentin , et au mois d'aout 185Zi, apr^s Tepuisement des bles anciens , les machines ci battre ont et6 d'excellenls auxiliaires pour aider k fournir des ble s nouveaux necessaires h la consommation. Quelques cul- tivateurs et proprietaires ne se sont pas bornes ci intro- duire dans leurs fermes des balteuses h manage, quelques-uns ont fait etablir, dans leurs exploitations, des machines h vapeur fixes pour battre leurs grains. Ces machines fixes, une fois instances dans la ferme n'ont pas servi uniquement a battre , mais encore ci broyer les grains, ci hacher la paille, concasser les tourteaux, couper les racines et fournir de Teau pour le betail. II cite encore un cultivateur du Catelet, M. Lemaire-Journel, qui, k Texemple du mecanicien Bruney, de la Loire- Inferieure, fait construire une machine k vapeur loco- mobile , et une machine a battre portative pour aller battre les recoltes de village en village. En m^me temps les semis en lignes et meme la plan- tation du bl6 se developpent sur une certaine echelle. Ces innovations ont I'avantage de donner, avec moins de semence , des recoltes plusabondantes, de moins fatiguer PUBLICATIONS ACADEMIQUES EN 185Zl. 223 le sol et d'offrir, par les sarclages qu'elles rendent obli- galoiies, uoe augmenlaUon de travail bien precieuse pour la portion la plus faible des populalions rurales. Jusqu'alors rintroduclion des bles anglais en France a ele faile plutot comme changement de semence que comme choix des espfeces et varietes les plus productives. Le Cornice de St.-Quentin , pour arriver ix ce but , a fait venir directement, de la maison Peters Lawson and son d'Edimbourg , les deux esp^ces de bl6 les plus productives de Tficosse : bles blancs, Hunter et bl6s rouges , Bed lammas, Ces bles, grace a la facility accord^e cette annee de les faire entrer en France au faible droit de 25 cent, par 100 kilos au lieu de 8 fr., ont pu etre livr^s aux cultivateurs dans les meilleures conditions. Get essai a parfaitement reussi et le Cornice compte Tappliquer cette ann^e h la regeneration de la semence ^es vesces d'hiver, des pois blancs et des pois gris, qui, en Angleterre, sont d'un grain plus gros, tr^s- pesant, et qui fournissent un fourrage abondant. Puis il a depose les ouvrages suivants auxquels il a Ja plus grande part : Bulletins du Cornice agricole de V arrondissement ds St.-Quentin , tome IIP. , i85/i. ln-8''. de 256 pages, avec un plan de drains et 12 gravures sur bois. Almanacli-anniiaire de St.-Quentin et de V arron- dissement , l'^ annee. St.-Quentin, Hourd^quin. In-18. Tableaux de statistiquc quinquennale de L'arron- dissement de St.-Quentln , publies sous les auspices du Cornice de St,-Quentin ISbli , in-Zi".. Extraits originaux d'un manuscrit de Quentin de La Fons , intitule : Histoire particuiitre de Veglise de 224 INSTITL'T DES PROVINCES DE FRANCE. SL-Quentin, publics pour la premiere fois par Oh. Gomart , t I. St.-Quentin , Doloy , 185Zi ; in-8". de 31 feuilles 1;2. Cette histoire fort int^ressante est prec6- d6e d'un avant-propos et d'une notice biographique sur Quentin de La Fons, dus ci M. Gomart. Le volume est orn6 d'un plan et de diverses gravures. Allier. M. le comte de Montlaur, d61^gu6 de la Soci6t6 d'6mu- lation de TAllier , vous a fait le rapport suivant sur les Soci^tes savantes de ce d^partement : Le d^partement de T Allier compte trois Societ^s qui rivalisent de zele pour repandre le gout des sciences, des lettres et des arts autour d'elles : La Soci^te d'agriculture , La Societe d'emulation, La Societe d'liorticulture* La premiere de ces Soci6tes,qui existe depuis de longues annees et qui a rendu d'^minents services au pays , en- courage de tous ses efforts le progrfes en agriculture ; elle s'occupe avec devouement de repandre les nouvelles d^couvertes , d'ameliorer les races de bestiaux ; elle fait vendre chaque annee des taureaux charolais venus des meilleures ecuries , ainsi que des beliers , qui sont ache- t^s avec enipressement et deviennent une ressource pre- cieuse pour le petit fermier qui , sans ce concours intel- ligent, verrait son cheptel diminuer chaque annee de va- leur. Aussi plusieurs agriculteurs de I'Allier ont-ils ob- tenu de brillants succfes aux divers concours gen^raux. La Soci6t6 d'emulation, dont j'avais Thonneur d'entre- tenir le Congr^s k la session precedente ^ n'est pas rest^e PUBLICATIONS ACAD^MIQUES EN i855. ^^5 inactive pendant Tannic 1855. Elle a redouble d'ef- forts. Elle continue la publication de son bulletin , qui a pris m^me plus d'importance. Des planches gravees ou lithographiees avec talent accompagnent plusieurs des Iravaux que contiennent ses pages. Elle porte avec raison son attention sur les hommes qui ont honore le departe- ment, comme le programme de cette ann^e, dans sa Zi2% question , en exprime le voeu. Les biographies provin- ciales que quelques-uns de ses membres ont publiees sont dej^ nombreuses ; des travaux du m^me genre sont n preparation. Le Congres archeologique s'est tenu , en 185Zi , h Mou- lins ; nous regrettons de ne pouvoir d^s aujourd'hui pre- senter le volume qui en est le fruit au Congres de Paris ; mais I'impression de ce volume , assez fort, n'est pas en- core terminee. Au reste , sous peu de temps, il sera dis- tribue aux membres de Tlnstitut des provinces. Pendant la session du Congres de Moulins , la Soci6t6 d'emulation a decerne le prix qu'elle avait fonde pour T^loge du natu- raliste Francois Perron ( de Cerilly ). Deux m^moires , tous deux fort remarquables , avaient ete pr^sentes au concours , Tun d'eux avait ete compose par un studieux ecrivain de TAllier , membre de la Society d'emulation , M. Louis Audiat. Le musee de la Soci6te , si recent encore , prend una rapide et heureuse extension ; ses richesses s'accroissent plus vite qu'on n'aurait ose Tesperer. Depuis le Congres de cet ete , les dons ont et6 nombreux , et pour repondre au vote bienveillant 6mis alors, des moulages precieux ont ete effectues. Le Conseil-general , de son cote , en- courage chaque annee , par une allocation , les efforts de la Societe d'emulation. 226 INSTITDT DES PROVINCES DE FRANCE. Une Iroisi^me Soci6t6, nous Tavons nomm^e plus haut, la Soci6ie d'horticultiire , soeur cadelte des deux premie- res, exisle depuis deux annees dans I'Allier. Presque tous les proprielaires du ddpartement ont tenu h honneur de figurer parmi ses menibres : les services qu'elle a d^j^ rendus sonl inconteslables , ses expositions de fteurs, qui se renouvelient chaque annee a Tepoque des courses , sont des fetes charmantes auxquelles on s'empresse d'as- sister. Les Annates qu'elle public sont lues attentive- ment et consultees avec fruit. La culture maraich^re, tr^s-arrieree parmi nous , aura , grace a ce recueil , fait avant peu d'annees de larges progres. L'arboriculture , cette branclie si importante de Feconomie domestique , lui devra d'etre mieux etudiee ; enfin , Tornemenlation des jardins sera plus brillante. Le departement de TAllier pourra lutter sans trop de desavantage contre les mer- veilles des horticulteurs parisiens. Telle est la situation des diverses Societes dans le departement qui m'a fait Thonneur de me deleguer au Gongrfes central. Cette situation est bonne , elle tend a devenir meilleure encore. Ces Sociefes seraient heureu- ses d'obtenir Tapprobation du Gongr^s. M. le comte Georges de Soultrait a ajoute quelques details sur le mus^e de laSociete d'emulalion de TAllier ; il annonce que la Societe d'emulation a commence la collection des ouvrages ecrits sur le Bourbonnais ou par des auteurs originaires de cette province. II entretient aussi le Gongr^s des importantes constructions en style du moyen-age qui s'el^vent et vont s'elever k Moulins ; ce sont : Teglise du Sacr6-Gceur , en style ogival primaire, dont la construction est fort avancee; la nef de la cath6- drale, dont on pose les fondations et la chapelle du Goeur- IPUBLICATIONS ACADEMIQUES EN i85/l. 227 immacul6 de Marie , de style roman. Les travaux sont dus k MM. Lassus et Esmonnot. AUBE. Nous n'avons eu, cette annee, aucun renseignement sur la Society d'agriculture, sdences, arts et belles-lettres de Troyes. AUDE. M. Mahul, delegue des Societes de Carcassonne, vous a fait les rapports suivants : La Societe de Carcassonne vous a d6j^ ^te signage com me ayant pour attribut principal Tadministration du Musee et de la Biblioth^que , beaucoup plus que la dis- sertation academique. Ce role modeste , mais utile dans une ville d'une importance moyenne particuli^rement , n'exclut pas le patronage intelligent et la surveillance attentive de tout ce qui , dans le rayon d'action de la Societe , interesse la science et Tart. C'est pourquoi je ne oroirai pas sortir de la question en comprenant dans cet expose succinct les divers symptomes de vie ou de pro- gr^s qui se sont manifestes, cette ann6e, dans notre depar- tement , et auxquels elle n'est jamais restee etrang^re soit collectivement , soit par Taction individuelle de ses membres. Le siege episcopal de Carcassonne fut occupe depuis 1730 jusqu'en 1778 , par Armand Bazin de Bezons , fils du marechal de Bezons , vieux capitaine illustre du r^gne de Louis XIV , et neveu de Tarcheveque de Rouen , du meme nom de Bezons, membre du Conseil de r^gence , ^28 rWSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. pour les affaires eccMsiastiques. C'est assez dire que si M. de Bezons resta eveque de Carcassonne durant prfes d'un demi-si6cle , c'est qu'il ne vouiul pas consenlir k quitter ce siege recule , pour des ev^cli^s riches et plus rapproclies de la Cour. M. de Bezons s'^tait attache k nous par ses propres bienfaits. ll employa ses revenus considerables ci batir le palais episcopal , a ouvrir des routes , ci construire des ponts , a planter des prome- nades publiques , h elever des halles , h doter les hopi- taux de bureaux de bienfaisance , d'ecoies de Fr^res de la Doctrine Chretienne. Enfin , il voulut etre enterre au milieu des pauvres qu'il institua heritiers du peu qu'il n'avait pu leur distribuer de son vivant. Le nom et I'ef- figie de ce pieux eveque , lequel , comme tous les 6v6ques du Languedoc , fut un habile administrateur , ne se voyaient nulle part, dans la ville qu'il avait si long- temps combine de ses bienfaits; le peuple, qu'il avait tant aim6 , commengait k I'oublier. 11 a suffi d'appeler sur cet 6tat de choses I'attention de la Soci^te des arts de Carcassonne : elle a immediatement adopte avec cha~ leur le dessein d'elever, par voie de souscription publi- que , un modeste monument a la memoire de M. de Bezons. En attendant , la Societe a vote I'ex^cution de son portrait pour la galerie iconologique locale de notre museum , et elle a bien voulu me choisir pour rediger une notice biographique de notre illuslre ^v^que. M. rabb6 Vergnet , missionnaire apostolique, a public, dans notre ville dont il est natif , la relation de son apostolat dans la Nouvelle-Cal^donie , en 2 vol. in-8'^ accompagnes de gravures dont il a lui aussi donn6 les dessins. Immediatement apr^s la publication de cet ou- vrage , dont elle ne pouvait manquer d'apprecier le m6- rUBLIGATlONS ACADEMIQUES EN 185/|. 229 rite , la Sooiete s'est empress^e d'admetlre M. Tabbe Vergnet au nombre de ses membres residents. On a recommence , cette annee 185/i, la publication de VAnnuaire statistiqiic du departcynent de I'Aude , sus- pendue depuis iSlxS, Ce volume, resserre dans des bornes trop etroites par les exigences de Timprimeur qui I'a edite , ne peut manquer d'acquerir par la suite tout Tin- t^r^t dont il est susceptible , si la publication continue d'etre placee sous la direction intelligente de celui des membres de la Societe , qui a bien voulu s'en charger cette annee. Le Gongres a paru ecouter avec interet une discussion elevee dans son sein sur la redaction des journaux de departement. J'ajouterai mon temoignage ci ceux que le Congres a deja re^us touchant la facilite d'acc^s que les hommes lettres de nos provinces sont habitues k trouver aupres des editeurs des feuilles periodiques des deparlements. Voici Tindication de celles qui ont paru cette annee dans le departement de FAude. A Carcassonne , chef-lieu du departement : Le Gourrier de I'Aude, journal cautionne, paralt le mercredi et le samedi. La Societe des sciences et arts lui permet de prendre communication de ses proces- verbaux , qu'il pilblie par extraits. VEcho de I'Aude, journal cautionne, paralt le samedi. J out mil de la Societe d'agriculture de CAude , un cahier in-8". Chaque mois la Societe y public le lexte des proces-verbaux de ses assemblees. A Limoux, chef-lieu d'arrondissement , le Cornice agricole public un Bulletin mensuel, Hormis les affiches judiciaires , il n'existe aucune 230 1NS1"ITCT DS iPHOViNCES ht ]?RANCfe. publication p^riodique, dans les deux autres arron- dissements de Narbonne et de Castelnaudary. Cetle annee a vu eriger en lycee imperial , le college municipal de Carcassonne. Les avis ont et6 partages sur Topportunite de cette transformation : du moins , elle a attir6 dans nos murs une colonie universitaire dont la presence parait devoir r^veiller jusque dans les rangs des hommes fails , la culture trop generalement d^laissee des belles-lettres anciennes. A cette occasion , et pour faire la part de Teducation du peuple , Tadministration municipale a ouvert k rhotel-de-ville , des cours gratuits de chimie et de geometric appliquees aux arts. La liturgie romaine a ete introduite, cette ann^e , dans le diocese de Carcassonne. On a public addition- nellement un propre des saints du diocese, qui doit etre note pour prendre son rang dans les biblioth^ques liturgiques. La Society d'agriculture de TAude continue d'exercer une active et utile influence sur le progr^s agricole dans le departement : 1". par la publication de son journal mensuel , parvenu a son 3Zi*. vol. ; 2^ par Texhibition publique, les jours de marche, des musses agricoles qu'elle a institues ; 3". par les concours qu'elle ouvre et les primes qu'elle distribue; savoir : 1^ au domaine rural le mieux tenu , alternativement dans chacun des arrondissements ; 2". primes diverses a Tedu-. cation du cheval , du bceuf et de la vache , des b^tes h laine , du pore , des vers ci soie. Le drainage, encore peu pratique en Languedoc , a aussi fixe Tattention de la Society d'agriculture de TAude. PUBLICATIONS ACADEMIQUES EN 185Zl. 231 S'apercevant que la propagation de celte utile methode 6tait arretee, soit par ladifficulte de se procurer des tuyaux k drainer , soit par le defaut d'operateurs intelligents et exerces, la Societe a ouvert une liste ou elle invite ci s'inscrire les personnes qui auraient Tintention de soumettre au drainage un ou plusieurs hectares de leurs terres. Elle a en meme temps informe les souscrip- teurs, qu'aussitot que la liste atteindrait le chifTre de 100 hectares a drainer ( ce qui suppose une somme moyenne de 25,000 fr. h 30,000 fr. k depenser, kraison de 250 fr. k 300 fr. de depense par hectare ci drainer), elle s'adresserait soit au Ministre de TAgriculture , soit k rindustrie privee, afm d'attirer dans le d^partement un ingenieur experiments, qui consentirait a se charger, a forfait , du drainage de 100 hectares portees sur la liste de souscription , dans lequel marche ci forfait de- vraient ^tre compris , soit Tembrigadement d'une es- couade d'ouvriers draineurs habiles , soit la fourniture des tuyaux et manchons necessaires pour Faccom- plissement de TopSration. Cette souscription , accueillie avec faveur par les agriculteurs du departement de TAude, parait devoir aboutir a une prochaine realisa- tion. M. Gasimir Courtejaire , Fun des membres les plus actifs et les plus intelligents de la Societe d'agriculture de TAude , a obtenu au concours regional , ouvert ret6 dernier a Valence en Dauphine , entre les departements du Sud-Est de la France, la grande medaille d'or, pour les garances et les chardons ti brosser les draps (cardfere), cultives sur ses terres. Les produits de M. Gourtejaire ont done ete jug6s supSrieurs aux s garances de Vaucluse et aux chardons de St.-Remy , que 232 INSTITDT DES PROVINCES DE PRANCE. Topinion g^nerale et les prix courants du commerce classent au premier rang. Enfm un progr^s qui s'est manifeste sensiblemenl cette ann^e dans le departement de TAude, et auquel la Soci6t6 d'agriculture n'a pas ele ^Irang^re , c'est Tadoption assez ^tendue de la machine k battre les bles, laquelle se substitue aux anciennes m^thodes du fl6au et du haras , et ci la m^thode plus recente du rouleau. Les opinions comme les preferences se trouvent partagees entre les machines connues sous le nom de leurs constructeurs , MM. Lotz, ^Nantes, et Bonnet, ci Toulouse. L'abais- sement sensible du prix de ces manages qui exigent, avantde fonctionner, unemise de fonds, 1,200 fr. environ, serait un moyen decisif de generaliser T usage de ces precedes. II ne nous est venu aucun renseignement sur le mouvement scientifique et litteraire dans le departement de TAveyrop. Bouches-du-Rhone. La ville de Marseille compte plusieurs Soci6tes savantes , mais nous n'avons eu d'envoi que de la Sociele de sta- tistique, dont les trois derniers volumes vous ont ete adresses par le savant et infatigable docteur P.-M. Roux, secretaire de la Society. Ces volumes, contenant les travaux de la Society de slatistique pendant les ann^es 1852, 1853 et 185Zi , sont les 15^ , 16^ et 17^ de la collection, publics sous la direction de M. Roux; ils sont remplis de faits curieux et de documents du plus haul int6r6t pour les diverses branches de la statistique. PUBLICATIONS ACADJEMIQUES EN 1865. 233 Nous devons aussi a M. le docteur Roux les Actes de la premiere session des assises scientifiqucs du Sud-Est de la France , tenue a Aix, en 1853 (sous la presidence de M. le docteur Roux) ; 1 volume in-8. de 10 feuilles. Cette premiere session a et6 des plus remplies : on y a discut^ des questions fort interessantes. Calvados. M. Travers , secretaire de TAcademie de Caen , vous a envoye la communication suivante sur cette Academic : L'Academie des sciences, arts et belles-lettres de Caen avait mis sous presse un volume de Mtooires , k la fm de 1853. Ce volume ne paraitra que dans le courant d'avril 1855. A moins que la Compagnie ne s'endettdt , elle ne pouvait le faire paraitre plus tot. Ses publications, du reste, semblent devoir etre desormais plus reguli^res. Elle vient , en Janvier dernier, de s'imposer une cotisation annuelle , qui produira pres de 500 fr. Le Conseil general du Calvados et le Gou- vernement continuant de lui venir en aide , elle donnera un volume tous les dix-huit mois, ou du moins tous les deux ans. Reconnue Societe d'utilite publique , le 10 aout 1853, elle a pu accepter deux legs : Tun de 12,000 francs, fait par M. le docteur Le Sauvage; Tautre de pareille somme (mais dont la jouissance , partagee avec la Societe d'agriculture de Caen , n'aura lieu que tous les deux ans) , fait par M. Lair, ancien conseiller de pre- fecture. Les formalites relatives k Tautorisation de toucher les fonds n'etanl obtenues presentement que pour le premier de ces legs , TAcademie s'est empress^e 23fl INSTITDT DES PROVINCES DE FRANCE. de r^pondre au voeu du lestateur, et elle a mis au concours le sujel suivant : Action de r^lectricite sur Torganlsation hnmaine, dans r^tat de sante et dans T^tat de maladie. Voici les termes du programme : Les concurrents exposeront d'abord , dans une rapide introduction , Tetat actuel de la science. Quant au fond mtoe de leur travail , ils ne devront pas se borner k une simple exposition des faits ante- rieurement constates ; ils seront tenus de presenter des resultats qui leur soient propres , soit pour appuyer ou infirmer des theories dej^ emises, soit pour en ^tablir de nouvelles. L'Academie , pour laisser plus de liberte aux con- currents , ne determine pas tel ou tel point de vue special sur lequel leurs recherches pourraient se con- centrer; mais elle desire qu'ils circonscrivent eux- m^mes leur question et s'attachent plus particuli^rement k une de ses faces. Le prix consiste en une m^daille de la valeur de 800 francs , qui gera decernee dans la seance publique de 1856. Les concurrents devront adresser leurs memoires franco k M. Julien Travers, secretaire de TAcad^mie, avant le i". juillet 1856. Les memoires devront etre ecrils en frangais ou en latin. Les membres titulaires ou associ^s-r^sidants sont xclus du concours. Le volume que TAcademie de Caen va publier contient un choix de morceaux qui ont 616 lus dans ses reunions, ii la fin de 1853 et dans les neuf seauces de 185Zi. Nous PUBLICATIONS ACADEMIQUES EN 185/i. 235 disons neuf, afin que Ton remarque le peu de temps dont dispose celle Compagnie et surtoul Felroite cir- conscription de ses mati^res. Avant 1790, ses reunions etaient plus frequentes , et , bien que son titre semblat embrasser moins de niatieres, en realite son champ etait beaucoup plus vaste que de nos jours. Mors, en effet, Tagriculture et le commerce, la medecine , Thistoire naturelle, les recherches archeologiques etaient de son domaine, et ce sont autant de branches detachees du vieux tronc qui fleurissent aujourd'hui en Compagnies sp6ciales. On dirait qu'elles n'auraient laisse a la Compagnie- mere que ce dont le monde se d^tourne aujourd'hui, la litterature proprement dite ; n'eut-elle pas quelques sciences reservees , ce lot , ingrat en apparence , serait encore assez riche ; il r^pond h la plus noble partie de nous-m6mes , et seule , dans les ames d'elite , il ^^^f^-^^' tient lieu de tout le reste. 4 Le nouveau volume de I'Acad^mie de Caen n'a pas vu le jour; il appartiendra done ci la revue de Tannee 1855. Qu'il nous suffise de dire qu'il contiendra des articles de MM. Pierre , Chauvin et Girault , de la Faculte des sciences; Charma , Hippeau , Travers, de la Faculty des lettres ; Le Cerf , de la Faculte de droit ; Thery, aujourd'hui recteur de Clermont; de Gournay, inspecteur d'academie; A. Le Flaguais, le chantre des gloires normandes; Vicillard , bibliothecaire du Senat; Alleaume , de Fl^cole des chartes , etc. Grace a la munificence de MM. Lair et Le Sauvage, TAcademie aura des prix a decerner reguli^rement , et les memoires couronnes seront imprimes par ses soins, s'ils ne le sont point dans ses Memoires. 236 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. M. le docleur Le Sauvage , d6c^d6 le 10 d^cembre 1852, a 16gu6 ^ rAcad^mie des sciences, arts et belles-lettres de Caen , une somme de 12,000 francs , dont Tint^r^t accumul6 , dit le testateur , servira k 6tablir tons les deux ans un prix : le sujet dii concours sera choisi plus particuli^rement dans les sciences physiques , d'histoire naturelle et m^dicales. Les derni^res for- malit^s relatives ci la delivratice du legs n'ayant 6t6 remplies que dans les premiers mois de 185Zi, le sujet du premier concours n'a pu etre adopts par PAcademie que dans sa stance du 20 mai. M. de Caumont vous a fait hommage, au nom de TAs- sociation normande , du 25^ volume de VAnmiah^c des cinq ddpartements de I'ancienne Normandie, Caen , Ilardel , in-S**. de trente-sept feuilles. Le m^rite de cette interessante publication et les services rendus par I'Asso- ciation normande sont trop connus pour quMl soit n6ces- saire de vous en entretenir. Le m^me membre vous a fait connaitre les travaux de la Society fran^>aise d'arch^o- logic consign^s dans le XX^ volume du Bulletin monu- mentaL M. le vicomte de Gussy , del^gu6 de Bayeux , a fait le rapport suivant sur la Soci^te des sciences et des arts de cette ville : La Society des sciences et des arts de Bayeux continue ses travaux avec un z^le soutenu. Ses reunions , plus ou moins frequentes , sont assez nombreuses , surtout celles qui ont pour objet les questions agricoles. La section sp6- ciale organise des concours d'animaux dans les divers cantons de Tarrondissement, et comprend dans ses re- compenses les serviteurs des deux sexes qui , par leur d6- vouement, leur morality, leurs longs services, se sont PUBLICATIONS ACAD^MIQUES EN 185/l. 237 particulierement dislingues ; et d^jk Feffet de cette Emu- lation dans le bien est sensible et ne peut manquer de s'Etendre d'une manifere heureuse. De son cote , la section historique et litt^raire ne reste pas inactive et vient se joindre aux nombreux travaux que j'ai eu I'honneur de vous signaler , Messieurs , lors de nos precedentes reunions , une notice fort remarquable sur le beau et imposant chateau de Greully , elev6 ci peu de dis- tance de Bayeux et encore debout. On sait que les barons de Greully, venus des dues de Normandie , rois d' Angle- terre , ont joue un role , on peut dire de premier ordre , dans cette partie de la France, au commencement du XIP. si^cle jusqu'au debut du XVIP. Jamais encore M. le president Pezet , k qui la Soci6t6 bayeusaine doit d^jk tant de travaux d'elite , n'a deploy^ plus d'habilete dans les details , dMnteret dans le r6cit des faits et leur agencement, de conscience, de zMe et de succ^s dans les recherches. La biblioth^qne de Bayeux , toujours sous Theureuse direction du savant et devoue M. Lambert , a obtenu , pendant I'annee qui vient de s'ecouler, un certain nombre d'ouvrages plus ou moins importants et de prix, les uns dus k la munificence de Tfitat , les autres k la generosity priv6e. Le cabinet d'antiquit^s , qui en r6unit d6jk beaucoup , d'autant plus interessantes qu'elles ont 6i generalement recueillies dans la localite et servent k en Ulustrer I'his- toire , pour me servir de Texpression ci Tordre du jour, le cabinet d'antiquites s'est encore enrichi de quelques nouveaux specimens. Enfm , Messieurs , comme durant le cours de nos d6- bats et selon la teneur du programme de cette session , 238 INSTITUT PES PROVINCES DE FRANCE. on s'est entrelenu des journaux de province , j'ajonlerai que la ville de Bayeux compte deux feuillcs publiques , tr^s-sagement el intelligemment redigees par MM. De- launey el Pfislre Duvant. Je dirai ^ celle occasion que ja- mais les personnes qui onl desire faire connaitre les tra- vaux donl elles se sont occupees , n'ont Irouve pr^s de ces messieurs une hospilalil6 douleuse, encore moins un refus peu bienveillant. Les brochures suivanles , ofTertes au Congr^s par les auteurs , onl 6te publi^es k Caen : De Cabiis des cultures epuisantes. Origine et progres de la cuUure du colza dans la plaine de Caen, Comptcs de culture comparee du colza , du ble et de la bette- rave y par M. Mori^re. Caen, Hardel, 1855. In-8. de une feuille. Premiere Olynipique de Pindare et note sur quel- ques manuscrits , par M. J. Travers. Caen , 1855. In-S". Les d^partements da Cantal, de la Charente et de la Gharente-Inferieure, qui renferment cependant plusieurs Societes savantes , ne nous ont adresse aucune commu- nication, Cote-d'or. La commission des anliquit^s de ce d^partement , re- presentee au Congrfes par M. le marquis de Saint-Seine , continue ses interessantes et belles publications. La pre- miere livraison du t. IV de ses Memoires , qui a paru Tann^e derni^re^ renferme une longue notice sur les fouilles de Landunum , accompagn^e de plans et de nombreux dessins, par M. IMignard et Coutant; un PUBLICATIONS ACADEMIQUES EN 1854. 239 memoire sur Espoisses , par M. 1 abbe Brouillard ; une notice sur les fragments romains, decouverts dans les substructions de Tancien palais ducal de Dijon, par M. Fran tin. M. Destourbet, delegue du Comit6 central agricole de la Cote-d'Or , yous a entretenus des travaux de cette Societe qui continue la publication de son journal mensuel; le Comite central distribue des recompenses agricoles, 11 encourage la culture de lavigne et Td^ve desbestiaux; 45 etalons ont ete amenes dans le departement depuis 1819 , et ont ete donnes aux cultivateurs qui offraient le plus de garanties. Le Conseil general a consacre, Tan dernier , une somme de 3,000 fr. a Fachat de taureaux reproducteurs, qui seront vendus ensuite par le Comity central a des cultivateurs ; on esp^re ainsi doter chaque canton , d'un de ces animaux. Une douzaine ont dej^ ete introduits Tan dernier. M, de La Voy^re, membra du Comity central , a invente un plantojr pour les pesceaux de la vigne. M. Apparutti a presente un trieur pour enlever au ble les grainerons ; ce trieur Temporle bur celui de M. Vaizon. On s'est occupe aussi de la maladie de la vigne sans avoir obtenu de resultats bien evidents, mais ayec roidium, on a trouve deux autres maladies : Tune consiste en des taches circulaires noires, placees sur les ceps , dans leur longueur; on les attribue soit ci des insectes, soit a une maladie; mais on n'en a encore trouve au juste ni la cause ni les remedes. Une autre maladie, tr^s-apparente , plie sur elle-meme les feuilles de la vigne et rend Tarbre improductif. La Societe a publie encore une enquete sur la vigne et la vinification , d'un haut int^r^t, ou Ton s'occupe de la culture de la vigne et de ses 2ZlO INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. pratiques. Le Comity s'occupe aussi d'une enqufete pa- reille sur les fourrages , les racines et les arbres fruiliers. CdTES-DU-NORD. Nous ne connaissons point de nouvelle publication de la Soci^te archeologique de St.-Brieuc , mais nous avons lu avec int^r^t le premier volume de Thistoire des 6v6ch6s de Bretagne par MM. de Barthelemy et Geslin de Bourgogne. Ge volume commence par une introduction offrant de curieuses recherches sur la Bretagne , depuis la period e gauloise , jusqu'au moyen- Age. Un point interessant de cette introduction est la discussion sur les origines gauloises. Selon MM. Geslin et de Barthelemy, les Gals auraient ete les premiers habitants du pays anterieurement aux Geltes, qui ne seraient entres dans TArmorique que six sifecles avant J6sus-Ghrist , et c'est aux Gals qu'il faudrait attribuer ces enormes monuments nommes druidiques , les Druides n'ayant vu naitre leur religion et leur pouvoir que liOO ans avant T^re chretienne. Arrives a la p^riode gallo-romaine , les auteurs disent quelques mots de la geographic armoricaine d'alors , au consciencieux travail de M. Bizeul de Blain , qui , du reste , regoit dans ce livre un eloge merits. Les epoques Armorico-Bretonne et Bretonne offrent aussi des parties intc^ressantes ; les auteurs parcourent ensuite les divisions ecclesiastiques des dioceses de Dol, Porgoet, Alet, et St.-Malo, St.- Brieuc et Treguier, puis les divisions politiques des chlitellenies de Jugon, Cesson, Pontgi^vre, Montcontour, Goello , Guingamp , Minibriac et Lannion , indiquant lapidement les traits principaux de leur histoire et PUBLICATIONS ACADEMIQUES EN 185Zl. 241 ^numerant les communes qu'elles comprenaient. Cette introduction est pleine de details curieux et offre un coup-d'ceil d'ensemble interessant, Le premier volume , le seul qui ait encore paru , concerne le diocese de St.-Brieuc. En t^te se trouve la suite des ev^ques de St.~Brieuc, depuis Adam , ^veque en 1023, jusqu'ci Teveque actuel Mg*". Le Met. L'administration religieuse y est ensuite traitee, toujours avec une egale conscience. Les deux chapitres suivants, 2^ et 3% de Touvrage, sont d'un grand interet. Les auteurs y examinent quels furent les droits feodaux des eveques, tel que celui de nommer le roi des poissonniers et celui des boulangers, et la suzerainet^ directe sur les coquins , serfs de T^glise, sorte de parias , dont la position sociale offrait une question curieuse que les auteurs projettent de traiter plus tard. Au sujet de la milice episcopate , les auteurs etudient la question des milices feodales dans la Bretagne, ou le syst^me feodal, y compris Theredite des fiefs, existaient bien avant la mort de Charlemagne. Revenant ensuite a la partie religieuse , nous etudions la constitution du chapitre de la cathedrale, dont les statuts capitulaires sont fort detailles. Ce chapitre ne craignait point de se presenter au parlement de Bre- tagne , quand , ainsi qu'une fois cela advint , un chantre soutenait un sous-chantre contre les chanoines. Viennent ensuite des recherches sur les fiefs du chapitre , ses revenus g^neraux, ceux du tresorier, Tadministration et les diverses digniles capitulaires ; enfin quelques mots sont ajoutes sur les commencements de la revolution fran^aise dans ce diocese. 11 242 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. Les auteurs ^tudient ensuite au point de vue archi- tectonique la cathMrale de Sl.-Brieuc, qu'ils font remonter au XllP. si^cle , d(^crivant le monument et les tombes qu'il renferme, parlant de son histoire et des fondations qui y furent attach^es. La derni^re partie du l'^'*. volume est consacree k des etudes ana- logues k celles qui viennent d'etre faites sur la cath6- drale : elles regardent les diverses paroisses et couvents de la ville. A Pouvrage est joint un atlas renfermant une carte de Tancien St.-Brieuc , et douze belles planches litho- graphi^es d'apr^s des photographies. Quelques graviires offrent les sceaux de plusieurs eveques et couvents. Nous ne pouvons rien dire des travaux des Soci6tes savantes des d^partements de la Creuse , de la Dordogne , du Dt)ubs et de la Drome. EURE. M. Bordeaux vous a parl6 , en ces termes, du mouve- ment scientifique et litteraire dans ce departement : Le departement de TEure n'a vu produire , pendant Tannee 185Zi, qu'un tres-petil nombre d'ecrits. M^ Phi- lippe-Lemaitre a donn6, dans le Bulletin monumental, > deux bonnes monographies relatives a des paroisses de ce departement. M. AlphonseChassantapublielaZi*. edition de sa Paleographie elementaire , qu'il a augmentee d'un chapitre consacre a la sphragistique ou sigillographie. Dans les premiers mois de Tannee, M. Raymond Bordeaux a termini les derni^res feuilles de sa description histo-. rique et piltoresque du departement de TEure, dont la PUBLICATIONS ACADEMIQUES EN 185/i. 2Zl3 publication avait ^te commencee dfes rannee 1853, par Fedileur Charpentier , de Nantes , et qui fait partie de la Normandie illustree , ouvrage formant deux volumes in-folio. La Societe libre d'agriculture , sciences et arts de PEure qui, d'ordinaire, envoyait deuxdelegues au Congr^s, n'y a pas ete representee cette annee. Cette Soci6t6 , dont Paction parait s'^tre ralentie , a cependant fait paraitre un volume imprim6 avec gout a Evreux, dans les ateliers de M. Herissey. En laissant de cote les trop nombreuses pages de ce recueil consacr^es h des discours de circonstance et a d'autres pieces qui ne peuvent avoir d'interet que pour les membres memes de cette society , nous trouvons a signaler dans ce nouveau volume un article sur le drainage, par un membre de Plnstitut des provinces , M. le baron de Montreuil ; un travail sur la vaine-pature , par M. de Vatimesnil ; un inventaire dress^ apr^s la mort de Thomas Corncille et ou Ton voit quel modeste mobilier garnissait la maison ou cet ecrivain c61^bre passa ses derni^,res annees et que Ton montre encore sur lagrande place des Andelys. Viennent ensuite un document curieux envoye a la Societe de I'Eure par M. Leopold Delisle,les statuts de la leproserie des A.ndelys, en 1380 , et une biographic etendue et complete d'un navigateur celebre, Jules de Blosseville, dont la fin mys- terieuse sous lesglaces du pole, parait avoir ete semblable a celle de sir John Francklin et du lieutenant Bellot. Cette biographic, ecrite avec des documents inedlts , par le frere meme de cet intrepide niarin, M. le marquis de Blosseville , a fourni les materiaux des nombreux articles publics depuis quelque temps , dans les journaux quoti- diens , sur Jules de Blosseville. G'est le travail le plus etendu et le plus piquant qui soit renferm^ dans le vo- 2^ INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. lume de la Soci6t6 de I'Eure , dont il forme environ le tiers. M. le marquis de Blosseville a r^cemment 6t6 du vice-president de celte Sodel6 , et e'est lui qui aura k supporter desormais tout le poids de sa direction , car la presidence titulaire renouvcl^e chaque ann6e n'est qu'une charge honorifique qui n'a gu^re d'influence sur les des- tines de cette compagnie. FlNISTiHE. M. le vicomte de E^ridec vous a parle des travaux importants qui s'ex^cutent en Bretagne ou on ei6ve en ce moment deux belles filches sur les tours de la cath6- drale de Quimper ; pour subvenir aux depenses de ces nouvelles constructions, Mg'. Le Graverend, dont la perte r^cente est si vivement sentie , avait eu Theureuse pens^e de s'adresser ci la charity des habitants de son diocese , et de proposer une cotisation annuelle de 10 centimes par personne; chacun s'est empresse de re- pondre k Tappel du v^n^rable prelat, et les plus pauvres,- meme les mendiants , ont apporte leur offrande. Ce mode- si simple, si populaire et si eminemment Chretien de reparer et de completer les anciens monuments de la foi et de la pi6t6 de nos p^res, sera sans doute apprecie par le Congrfes. A liennebont, on re&taure aussiles tours de F^glise; leS' travaux sont dirig^s avec beaucaup de soin par M. Lam-^ bert. M. de Gaumont avait bien voulu signaler , dans le* BuUetin monumental, ce beau monument du XVIl*. sifecle, et attirer ainsi Fattention de MM. Merim^e et Lassus ; gr&ce k leur bienveillante intervention, ce grand travail sera bient6t termini. PUBLICJLTIONS ACADEMIQUES EN 1854. 2Zl5 Les d^partements du Card et de la Haute-Garonne n'ont iadresse aucune communicalion au Congres, GiRONDE. M. Des Moulfes, Fun des sous-directetirs de I'Institut des provinces , vous a envoye rexcellent rapport suivant sur le mouvement scientifique, archeologique et litteraire dans son departement : I*". Architecture religieuse. La Societe fran^aise est toujours condamnee k Tinaction , parce que tous les monuments de quelque importance sont classes ou dans |a main de la Commission departementale, presidee ad- ministrativement par le sous-prefet de Bordeaux. Sur la demande de M. le comte de Kercado et du proprietaire des mines precieuses du prieur^ de Cayac (visite par une commission du Congrfes arch^ologique de 1852) , j'avais ecrit au prefet pour lui demander de retirer un arrete rendu par lui pour la demolition d'un ^ngle de ces mines ( q ouvrage de plus de quinze annees et dont la publication prochaine fera le bonheur des bibliophiles et facilitera considerablement les recherches historiques sur le Forez. La section des arts appliques ci Tindustrie , revendique, comme appartenant ci Tun de ses membres , une de ces applications heureuses et utiles qui demontrent assez que la science est sceur de Tindustrie, M. Peyrot , horloger de notre ville , homme aux perseverantes et laborieuses recherches , vient d'appliquer T^lectro-magnetisme aux metiers k tisser , d'abord k titre de m^canisme destine a avertir Touvrier des fautes de son travail , puis encore comme force motrice. ij. Voici, en quelques mots, Texposition de son invention, et Putilite evidente jointe k Teconomie qu'il est facile d'y constater. Dans la fabrication des rubans broch^s , velours , etc. , qui a lieu sur des metiers ci la Jacquart et k plusieurs navettes, il arrive que, malgre I'active surveillance de Touvrier , qui doit se porter sur toutes les navettes et les pieces de son metier , la trame d'une des canettes venant a manquer ou h se detendre , et ci se derouler avec peine, par cette meme cause ou toute autre , telle encore que la presence de bouchons dans une trame de filatier moins irreprochable, il se produit dans le tissu une faute que Ton nomme etranglure ; dans ce cas , Touvrier est obhg6 de detravailler toute la portion du tissu fabriquee ci la suite de ce defaut. 11 arrive encore que le fil de trame , par suite d'une trop grande tension , se rompt , ou bien que la canette 268 INSTITLT DES PROVINCES DE FRANCE. de Tune des navelles, finissant trop tot le dessin qui se fait au ruban, reste en retard sur celui des aulres pieces; dans ce cas, Touvrier est oblige de laisser chomer la pi^ce et d'attendre le retour du carton et du coup qui doit faire le raccord. Dans la fabrication des rubans de velours, deux tissus se forment Tun sur Tautre , et un rasoir les separe en formantle poll. Deux navettes concourent au travail de ces deux tissus formes, en effet, par le travail de deux chaines : elles sont superpos^es et marchent ensemble. Les difficultes deviennent plus grandes, la surveillance est plus souvent mise en defaut ; de 1^ aussi des fautes multi- pliees, dont la reparation n'a pas lieu sans une perte de temps assez considerable, dont il est necessaire de tenir bon comple. L'invention heureuse de M. Peyrot a pour but et resultat constate de pr6venir instantanement la production de ces divers accidents, et d'en avertir Tou- vrier , avant quMl ait pu poursuivre son travail et perdre ainsi un temps precieux; le moniteur electrique, ap- plique aux metiers k la Jacquart mus k bras d'hommes , a compietement resolu ce probltoe d'economie. Ce syst^me ingenieux , applique aux metiers de mtoe genre , mus soit par Teau soit par la vapeur , ou tout autre agent aveugl^ment m^canique , donne un auxiliaire precieux, en ce qu'il rend pour ainsi dire intelligente cette force aveugle , par Taddition du moniteur eicc^ trique, qui, dans ce cas, produit son effet, en arr^tant completement le mouvement du metier , au moyen d'une detente lachee par Telectro-aimant. Ce syst^me , si visi- blement appele a de larges et fecondes applications , se compose d'une pile de Daniel , formee de Zi a 8 elements t>UBLICATI3NS ACADEMIQUES EN 185Zl. 289 (renferm^e dans une petite caisse), seloQ I4 ipjjce de, I'electro-aimant. ytmd sh \'u,' Un des fils conducteurs va toucher un syst^me de petits ressorts qui communique avec toutes les navettes, puis passe, en retouraant k la pile, dans un electro-aim ant qui fait vibrer soit un timbre , soit une detente destin^e k arreter le mouvement de Tengrenage. Ghaque navette est munie d'un petit appareil qui permet , lorsque la trame est en defaut , de fermer le circuit electrique et j par suite, fait fonctionner le signal ou la detente. La ques- tion d'^conomie est positivement resolue. L'entretien de la pile ne demande qu'une depense de 5 fr. par an , en moyenne. Un battant muni de son appareil moniteur a et4 mis k Fexposition industrielle de 1853 , et , quoique bien moinsparfait qu'il ne leseraitaujourd'liui, Tutilit^ de cette ingenieuse invention n'a pas moins vivement frapp6 le Jury, qui a d^cerne une m^daille d'argent k son inven- teur. M. Peyrot ne s^est pas born6 k ce premier et important resultat , il construit actuellement un moteur electrique epicycloidal, dont la force sera de nature k faire mouvoir un ou plusieurs metiers, sans le secours de bras. La ques- tion d'economie reste seule k resoudre et ne le sera que par une experience de quelque temps. II serait k desirer que des encouragements s6rieux vinssent seconder ces laborieux et utiles essais , dont Tindustrie retirera des fruits incontestables. Voila, Messieurs, Fesquisse de nos modestes travaux accomplis ; si j'avais a vous exposer le plus grand nombre de ceux que nous aurions voulu accomplir, ma tache serait infmimentplusetendue ; mais,je ne puis assezle re- peter, nous avons la conscience de notre faiblesse, en face 270 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. de risolement et d'un mauvais vouloir inqualifiable de la part de beaucoup d'hommes qui sacrifient h d'autres dieux. Nous avons le d^sir qui anime , le z^Ie qui m^ne h bonne fin , Funion qui donne la force ; il ne nous manque que la protection qui aide et encourage. Si notre fervent appel k rinstitut et k la bienvefllance de ceux qui peuvent y r^pondre avec fruit est entendu , si de bonnes et frater- nelles relations surgissent de oette communication toute naive et toute simple et de cette favorable reunion , 11 ne nous restera rien ci d^sirer. M. de Villeneuve vous a transmis , en m^me temps , le& trois premiers cahiers du Bulletin de la Societe des sciences et des arts de St.-iltienne , in-8. avec figu- res (1850, 1852, 185Zi). Haute-Loire. ^ M. Charles Calemard de Lafayette, delegu^ de la Soci6t6 d'agriculture , sciences , arts et commerce du Puy , apr^s avoir parle en peu de mots des travaux de cette Societe , vous a fait hommage de son Rapport sur la Societe des Fr^res-Ouvriers de saint Francois-Regis et Orpheli- nat , oeuvre fbndee par le P, de Bussy , et d'un petit livre in-18 , intitule : La veillee de la ferme , dont il est ^galement Tauteur. LoirE'Inf^ieure. , . 'J^^^.. Nous devons h M. Bizeul, del^gue de la Soci6t6 arched-* logique de Nantes , le rapport suivant sur les travaux de cette Soci6t6 pendant Fannie 1854 : PUBLICATIONS ACADEMIQUES EN 185^. 271. Le Congr^s des delegues des Societes savantes sail deja par les rapports des annees pr^cedentes et surtout. par le rapport general fait , en 1853 , par M. le comte > d'H^ricourt, qu'en consequence de TAssociation bre-' tonne etablie par notre iiluslre directeur, TVL de Caumont, ! a I'exemple de TAssociation normande, il s'est form^/f dans chacun des cinq d^partements de la province de Bretagne , une Societe archeologique , et que ces Societes fonctionn^nt depuis onze ans. Gelle de Nantes depasse le nombre de 120 membres. II est h i^gretter que le nombre des travailleurs archeologiques ne soit pas , dans cette cite d'ailleurs si industrieuse et si commer^ante, en proportion avec le chiffre que nous venons d'enoncer, '; Quoi qu'il en soit, les travaux auxquels cette Societe S'est' iivree , en iSbli , ne sont ni sans importance ni sans interet ipoque ceitique. M. Bizeul , de Blain , a essaye de decrire et de bien topographier tous les monuments de cette epoque qui se trouvent sur le territoire des anciens Nann^tes , alors resserr^s entre la Loire et la Vilaine , el ne depassant pas encore la Loire au midi. Pierres tombales, baches de pierre et de bronze, armes de toutes sorles , medailles celtiques , restes du Ian gage breton dans le pays, tel a et^ Tobjet des recherches de M. Bizeul. Une partie de ce travail , lue a la Soci6t6 archeologique , est deja publiee dans la Revue de I'Ouest, editee par Tun de nos confreres , M. Armand Gueraud. Epoque romaine, 1. La Society a nomme une Commission pour visiter le camp de la Motte-de-i Bougon , commune de Bouguenais , h 2 lieues de Nantes, sur la rive gauche de la Loire , a I'occasion duquel la Societe fran^aise a vot6 une somme de 100 fr., destin^e 272* INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. k y pratiquer des fouilles , provoquees par Tespoir d'y faire des decouvertes importanles , en suivanl la direclioDi: d'un mur romain , b. petit appareil et cordon de briques^;| encore fort apparent sur une longueur de 12 a 15 m^tres.ii La Commission a de nouveau reconnu les lieux et s'esit mise en rapport avec les proprietaires du sol forU etendu de ce camp , divis6 en un assez grand nombre de parcelles. Ges arrangements ont un peu retarde les travaux, mais on pense que cette interessante ope^i ration pourra se commencer au mois d'avril. 2. L'ouverture d'un chemin vicinal traversant le bourg de Rezay , b. une lieue de Nantes , aussi sur la rive gauche de la Loire , et coupant Tancien cimeti^re pr^s de Teglise, a mis au jour une immense quantite de debris remains de loutes sortes, poterie de tout genre, dont une vingtaine de beaux vases ont ^te trouv^s entiers; des briques de carrelage et de magonnerie, des tuiles c'l rebord, des fragments de mosaiques peu con- serves , des tron^ons de colonnes , des cliapiteaux , une sorte d'architrave chargee d'un bas-relief tr^s-curieux dont Testampage vous sera presente; des fragments tr^s- frustes de statues ; enfin , dans ce meme cimeti^re , des cercueils en pierre calcaire coquillifere de deux espfeces , mais dont la majeure partie provient evidemment des carriferes de Doue , en Anjou. Ges cercueils etaient dish pos6s en deux etages , les uns a cote des autres , sans une grande regularite dans Fagencenient. Quelques-uns, de Telage inferieur , sont resles engages sous le mur meridional de Tabside; tous ces cercueils avaient un couvercle et conlenaient encore des squelettes humains. La Societe a suivi ses fouilles avec zele , puissamment aidee du concours dfiXQttft. eUnt^llig^nt.de.M, Sabp , PUBLICATIONS ACADEMIQUES EN 185/i. -273 agent-voyer, qui a recueilli, avec une admirable per- severance, tons les objets antiques exhumes dans les travaux qu'il dirigeait. Ges objets sont venus enrichir notre mus6e Nantais. 3. D'autres fouilles faites ci Santeron, par M. Phelippes- Beaulieu , ont fait croire que le manoir des Croix avail remplac^ une villa romaine. >\ ipoque moyen-dge, 1 . La presence , a Nantes, d*un jeune et savant el^ve de TEcole des chartes tend k imprimer h la Societe archeologique une louable et forte impulsion vers les recherches historiques puisnes k leur vraie source. M. de La Borderie, charge par le Ministre de rinstruction piiblique du classement methodique des archives ducales de Bretagne , et de celles de la Chambre des comptes de la m6me province , a com-^ tnenc^ un inventaire analytique de ce riche depot , et en a tire dej^ de curieux et interessants renseignements, enti^rement inedits, et dont il fait part de temps en temps a la Societe archeologique de Nantes. C'est ainsi quMl nous a donne , cette annee , une lisle d'artistes bretons dont les noms, resles enfouis dans des docu- ments non consultes, etaient compl^tement inconnus, bien que quelques-uns merilassent d'etre inscrits h un place honorable sur les monuments qu'ils ont eleves. Je crois devoir donner ici ces noms et leur date : 1. Vers 950. Goeder , architecle de la cathedrale de Treguier. 2. 1150^1 19Zi. Robert de Kerchehou , orfevre , k Fougferes. 3. 1237. -- Raoul Lema^on , ^9 LanTM^ptj, ajchj* tecle des Jacobins de Morlaix, /x Y^ .^^/"^ 16^F * 27U IKSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. U. 1306. Derien Lemafon el ses compagnons, arcliilecles des Carmes de Ploermel 5. 1306. Laurent Le Vitrier, de Redon, travaille pour les Carmes de Ploermel. 6. 1306. Jouhan Lema^on , de Sarzan , recon- struit une partie du chdteau de Succinio. 7. 1318. Pierre Le Bordiec, f^v7^e, favre, ou forgeron, fil la grille du lombeau de Jean II, ou d' Arthur II k Ploermel. 8. 138/t. Thomas Meidon , orf^vre de Jean IV , due de Bretagne. 9. IZilO. Pierre Picart , sculpteur , fit Tautel de la cath^drale de Do). 10. 1420. Raoul de Cerisay , etait ecrivain k Vitr6. 11. lZi37. Raoulet Le Charpentier, ingenieur du due Jean V, architecle du chdteau de Ptaisance , pr6s de Vannes. 12. l/i35. Eon Bigarre , ingenieur du due Fran- cois 1". 13. ilxk^, Jean Gaignart , repareur et maistre (Vceuvre des chateaux et forteresses du sire de Montauban. ill. l/i56-lZt71. - Mathurin Rodier , architecte de la cathedrale de Nantes. 15. 1469-lZi72. Geppetin Julin, orf^vre , fit la crosse du tresor ducal. 16. lZi69-l/i72. Jean Ilux, orfevre du due. 17. l/i69-lZi72. Jean Champion, dit de Vannes, autre orfevre du due. 18. iliSU. Pierre du Moulin, peintre-verrier , travaille k Notre-Dame de Guingamp. 19. XV*. et XVr. sifecles. Les Carmonets , ar- PUBLICATIONS ACADIEMIQUES EN 185Zl. 275 muriers heredilaires k Lamballe, sont anoblis pour ce fait. '> Ges recherches curieuses ne sont point les seules communications que M. de La Borderie ait faites k notre Soci6t6 arch^ologique. Elle a 6cout6 avec un grand inter^t deux dissertations, remplies de considerations neuves et de cette erudition serieuse autant que pro- fonde, puisee par notre confrere k Tillustre ^cole d'ou il est sorti. Dans la premiere, il examine les divers merites de nos grands historiens de Bretagne : Lobineau, Morice , Taillandier , Gallet , et justifie parfaitement la haute preference accordee aujourd'bui k dom Lobineau. La seconde traite de la guerre de la succession de Bretagne au XIV^ si^cle et de la politique de Jean IV, qui usurpa le duch^ de Bretagne sur Jeanne-La-Boiteuse , femme de Charles de Blois , et fut jusqu'ci la fin le servile allie de TAngleterre. 2. La partie du departement de la Vendee qui touche la Loire-Inferieure , renferme un assez grand nombre de monuments inedits, de toutes les ^poques. La Societe archeologique de Nantes consid^re ce pays comme etant de son domaine et se permet d'y faire quelques excur- sions. M. Armand Gueraud nous a lu d'abord une bistoire du monast^re de Camaldules de File Chauvel, '^crite, en 1763, par le P. Cochois, son prieur; puis il a fait suivre celte communication , d'une notice archeologique sur ce monast^re, situ6 au milieu du marais Vendeen , commune de Bois-de~Cene , arron- dissement des Sables. M. Gueraud m'a charge de deposer sur votre bureau un exemplaire de celte notice. 3. M. Blanchard-Mervaux s'est jet 3 beaucoup plus en dehors de nos hmites naturelles, en nous donnant ^16 mStl'tUT Ms PROVINCES DE FRANCIS. la description de T^glise de S*%-Cecile d'Alby. M. Blan- chard voyage en observateur serieux et habile , en archeologue aussi zel6 qu'intelligent , et sa plume facile et ^l^gante nous reproduit ^ merveille ce qu'il a observe* Nous regrettons tous que M. Bianchard ne Voyage pas en Brelagne. U. Un autre de nos confreres, M. Benoist, nous a conmm-' nique un album rempli de fort beaux dessins d'un nombre' considerable de ces admirables eglises dont la Normandie! est si richement dotee. ]\ous avons tous pense que le crayon de M. Benoist n'etait pas reste au-dessous de son sujet. Miisee arc lie o log (que. Le nombre d'objets recueillis et offerts, qui forraent ce musee , devient considerable^ et rend dejci trop petite la vaste salle que la iVlairie de Nantes lui a provisoirement acCordee. M* Vandier , Puri de nos confreres les plus zeles , a bien voulu devenir le conservateur du musee, appliquer tous ses soins k son arrangement ; mais c'est avec grande raison quMl a dit dans la notice qu'il lui a consacree^ que ces objets n'etaient point encore Classes, mais en quelque sorte entasses dans Tenceinte qu'ils rendent de plus en plus trop etroite. J'ai I'honneur de deposer sur le bureau quelques exemplaires de la notice de M. Vandier. II vous a ete adresse ^galement de Nantes les bro-* chures suivantes : Notice sur la Societe arckeologique de Nantes et du departement de la Loire-Inferieure, par M. Vandief* Nantes, 185/i , in-8\ de 1 feuille 1/2. Memoire historique sur I'abbaye de rile-Ctiauvet, ordre de St,-Bcno(t, dans le diocese de Lucon; par le W Gochois , prieur de cette maison , public et annot6 PUBLICATiOlffS ACADI^MIQUES EN 185Z|. 277 par Armand Gu6raud. Nanles , 185Zi , in-S". de U feuilles. Monographic de La chapelle et du piHeure, au village de Bois-Garaud , enSautron, parM. Philippe -Beaulieu. Nantes, 1853, in-8. de 1 feuille 1/2. Memoire sur les fouilles faites en 1852 et 1853 dans le champ des Besirais , en Sautron (arrondis- sement de Nantes), du meme auteur Nantes, J1854, in-8^ de 1 feuille avec plan des fouilles* r, \ / Bevue des provinces de I'Ouest (Bretagne et Poitou)* Histoire litterature , sciences et arts, V^, et 12. livraisons. Nantes. Cette revue, publi^e avec la colla-* boration de MM. Fillon , de La Borderie, Gueraud ^ Duchatellier . Marchegay, etc. , renferme de curieux articles interessant les provinces de TOuest ; elle parait le 1". de chaque mois, par livraisons de U feuilles, ornees de planches. Le Conseil general du d^partement de la Loire-Inferieiire , appreciant son importance , Pa honoree d'une souscription ^ 20 exemplaires. Cornice agricole central et du canton de Blain, Distribution des priX en 1852 In-8". de 1 feuille 1/2. La Societe archeologique de TOrleanais continue la publication de son Bulletin qui rend compte de ses stances et des faits qui peuvent interesser le pays, au point de vue de Thistoire et de Parcheologie ; elle public , en outre , de temps en temps des volumes de memoires. II est h regretter qu'elle ne se soit point fait representer, cette an nee , par un delegue qui aurait pu doqper quelques details s^r, ses .qgiiy^aj^ tra.\(^vix. 278 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. Les d^partements de Lot-et-Garonne et de la Loz6re n'ont rien envoye au Congr^s. Maine-et-Loire. M. de La Chauvini^re a communique au Congr^s une lettre de M. Guillory , president de la Society industrielle d' Angers, qui exprime son regret de n'avoir pu venir ci Paris represenler la Societe quMl preside , ni m^me adresser au Congr^s une note sur les travaux de ladite Societe. II a fail hommage du 5*. volume de la 2% s^rie du Bulletin de cette Compagnie (Angers, 185/i, in-8''. de 20 feuilles), qui renferme des notices relatives en g4n6ral k Tagriculture , ci Tindustrie et k Teconomie politique. M. de La Chauvini^re a parl6, en ces termes, du Cornice agricole de Saumur : (( M. Persac, qui pr6sidait le Cornice, a quilts ce monde ; je me trouve , par cet evenement , prive des renseignements quMl m'adressait pour etre remis au Congres. Voici les seuls details qui me sont parvenus : La contr^e a 6te tr^s-favoris6e dans ses recoltes de bl6 en 185/1 Si le prix en est trop eleve pour les pauvres des villes qui n'onl pas ou ont peu de travaux en hiver , les gens de la campagne profitent des ventes avantageuses de leurs recoltes actuelles pour reparer le deficit de Tann^e precedente. Quant aux vignobles , ils sont dans le plus triste etat. La recolte du vin a 6te compl^tement nulle ; aussi la gene est grande parmi les vignerons. On arrache les vignes, dans beaucoup de communes, pour obtenir d'autres produits des terrains qu'elles occupent. M. Millet de La Turteaudi^re vous a fait hommage de PUBLICATIONS ACADEMIQUES EN 185Zl. 279 sa brochure dont voici le titre : Polyphagie cles valid- res y des menageries et autres asiles cCanimaux , ou de la nourriture quHl est convcnable de donner aux animaux que Von tient en captivite ou que Con eldve en domesticite. Angers , 1855. In-S". de 5 feuilles. ; h Manghe. /iq^trn Off 3^ VAnnuaire a rendu compte de Fexposition qui a eu lieu k Avranches, en 185Zi; nous n'avons done point a nous en occuper ; menlionnons seulement les deux pe- tites brochures relatives h cette exposition , qui ont, ete offertes au Congr^s: ,,, l^rn^^a^^j ^^.^^ .^^^^^^^ Le Livret de ^exposition artistique d! Avranches et VHeptameronoMl^^ F(^tes d' Avranches, en 185Zi; par E. Le Hericher. M m ^mviBlA f^] II ne nous est parvenu aucun rapport sur les Soci^t^s savantes du d^partement de la Manche. Marne. M. le comte de Mellet , d^l6gu6 de la Societe d'agricul- ture , sciences et arts de la Marne , a pr^sente le rapport suivant : La Society d'agriculture , commerce , sciences et arts du deparlement de la Marne a continue , pendant Tannee 185Zi , a donner une vive impulsion aux progres de Tagriculture , de Thorticulture , h ceux de Tindustrie et aux sciences archeologique el historique. Une riche ex- position horticole , organisee sous les auspices de la Societe , a provoque un rapport tr^s-remarquable , de M. le comte de Lambertye , sur les m^rites des exposants et sur les recompenses nombreuses qui devaient leur 5^0 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCH. ^tre d6cern6es. Des m^dailles ont et6 egalement distri- butes par la Soci6t6 aux communes qui , dans Tannee prec^dente , avaient donne les soins les plus actifs et les plus intelligents au d^veloppement de leurs chemins vici- naux. Les courses de chevaux , organis^es depuis peu d'ann^es dans le d^partement de la Marne , sous les auspices de la Soci6te d'agriculture , etc. , avaient attire k ChMons , au mois d'aout 185/i , un tr6s-grand concours d'habitants du pays et des environs. Enfin , une mono- graphie historique et monumentale de la belle eglise de Notre-Dame de Chalons-sur-Marne a et6 mise au concourS pour Fannie prochaine 1855. Jie terminerai cette tres-courte et tr^s-incomplfete es- quisse des travaux et des merites de la Societe d'agri- culture , commerce , sciences et arts du departement de la Marne, en faisant observer que, lors des assises scien- tifiques tenues a Reims , en juillet i85/i , cette Society avait envoye , par Tintermediaire de son honorable pre- sident , M. Sellier , des memoires sur la plupart des questions qui etaient port^es au programme de la ses- sion. Le Gongrfes arch^ologique de France , qui doit s^ouvrir k Ghalons-sur-Marne, le 20 mai 1855 , a trouv6 dans tous les membres de la Soci6t6 Taccueil le plus favorable et le concours le plus empresse. M. le baron Chaubry de Troncenord , delegue de la Marne , a fait hommage au Congres d'une brochure in^ litulee : Rapport sur Les monuments historiques de- partement mix. GhMons , 185/1. In-8". de 1 feuille. Le m6me delegue a fait la communication suivante : A Tapproche du moment ou le Congres arch^ologique doit s'ouvrir k Chalons , il n'est peut-6tre pas sans int^r^t PUBLICATIONS ACADEMIQUES EN 185^1. 28i de meltre sous les yeux de rAssemblee la representation de quelques-uns des monuments que poss^de notre ville. C'est d'ailleurs un devoir pour un delegue, de faire con- naitre les travaux artistiques qui s'ex^cutent dans la ville ddnt il est le representant. Nous avons done Thonneur de placer sous vos yeux les deux premieres livraisons d'un ouvrage intitule : Histoire de Chdlons-sur-Marne et de ses monuments. Get ouvrage , accompagn^ de plans, de cartes et de gravures, se divise en^ quatre par- ties : Thistoire monumentale ; Fhistoire topographique ; la biographie de ses 93 eveques ; enfin , Tabr^ge chronologique de Thistoire commerciale et militaire , etc. L'auteur est M. Barbot, membre dela Society acad^mique de la Marne, qui a fait d'autres travaux dont il donnera connaissance , sans doute, au Congr^s archeologique. M. Paris a parM ensuite, en ces termes , de I'Academie de Reims : -^ Je n'ai point k vous entretenir , Messieurs , des travaux qui , d^s son debut , ont fait prendre a TAcad^mie de Reims un rang distingu6 parmi les corps savants de notre France provinciale. Ses annales , dont la publication s'est continuee sans interruption depuis Tepoque de sa creation, justifieraient au besoin de la perseverance de ses efforts et de la continuite de ses succes. Api'^s Timportante et dispendieuse edition du Mar lot Francais {k gros vol. in-Zi^ ) , la voici qui nous donne , et toujours a ses risques et perils , les OEuvres completes de Flodoard, texte et traduction. ^^ L'annee derni^re , dans un de ces spirituels rapports, comme il salt les faire , M. D6rode , president et d616gu6 de TAcademie de Reims , vous a dit quelques mots de 282 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. celte publication que commen^ait alors la docte Com- pagnie. Aujourd'hui que les tomes III et IV sont k la veille d'etre livr^s au public, je puis vous parler avec confiance de celte publication qui me semble devoir prendre place dans la biblioth^que de tous les amis des etudes his- toriques. Je ne reviendrai pas sur VHistoire de I'eglise de Reims (Historia ecclesicB Remensis) qui forme les volumes 1 et2 de la collection et dont M. D6rod6 vous a suffisamment entretenus. Vous vous rappelez que la traduction en est due k M. Lejeune, de TAcad^mie, et professeur au Lyc6e imperial de Reims. Les notes , 6claircissements et scholies qui I'accompagnent font de cet ouvrage un livre tout-^-fait nouveau et qui m^rite I'estime du monde savant. La Chroniqiie proprement dile, est sur le point de paraitre et doit former les tomes 3 et Zi des OEuvr^es com- pletes de Fiodoard, Vous savez de quel int^r^t elle est pour I'histoire nationale : commencee en Tan 919, et finie avec Tan 966 , c'est par elle que nous avons appris k peu pr6s tout ce que nous connaissons des r^gnes de Charles-le-Simple , de Louis d'Outre-mer, et d'une partie du r^gne de Lothaire. Peu de discours offrent plus de faits , et sont ecrits avec plus d'exactitude et de sinc^rite. La Chroniqiie de Fiodoard avait ete dej^ Tobjet de trois Editions. P. Pittiou le premier Tavait ins6ree dans le recueil de ses Historiens. Paris, 1588, et Francfort, 159Zj. Andr6 Duchesne avait imprime son texte dans le 2^ volume de ses Historiens de France et Tavait fait suivre d'un supplement qui commengait k 966, annee sur laquelle Fiodoard n'avait marqu6 que deux evenements, ayant cesse de vivre cette annee- PUBLICATIONS ACAD^MIQUES EN 185Zl. 283 la' rn^me. Enfin M. Guizot avail insure une premiere traduction de cette Ctironiquc dans la Collection cles Memoires relatifs a I'tiistoire de France, Mais ce document n'en 6tait pas moins assez peu connu , perdu qu'il etait dans ses trois grands recueils , d'un prix eleve , et a la portee de peu de biblioth^ques. L' Aca- demic a cru rendre service aux amis de notre histoire nationale en reeditant cette Chronique , revue sur dif- ferents manuscrits et en accompagnant son texte d'une nouvelle traduction et de toutes les elucidations ne- cessaires ci une pareille publication. Le nouvel ^diteur ajoute ci IdL Chronique , les opuscules, les legendes, les petits poemes et pieces diverses de Tauteur; le tout h peu pr^s in6dit jusqu'ci ce jour. Vous dire que cette importante partie de T^dition academique est due en totality aux etudes de M. I'abbe Bandeville, de regret- table memoire, c'est vous attester qu'elle est irr^prochable. Chanoine de la cathedrale, aumonier du Lyc^e imperial et Tun des membres fondateurs de PAcad^mie dont il etait le secr6taire-general , M. Bandeville , Messieurs , se trouvait votre collogue k plus d'un titre. L'un des or- ganisateurs, en 18/i5, du Congr^s scientifique de Reims, qui a quelque peu marqu6 dans cette brillante suite de congr^s , 11 avait 6t6 , k Tissue de la stance de cloture, unanimement proclam6 membre de Vinstitut des pro- vinces, M. Tabbe Bandeville, plus que personne, avait contribue par ses utiles et nombreux travaux k la juste estime que conquit, d^s sa premiere periode d'existence, la naissante Academic. Les Actes de la province eccle- siastique , publication toute benedictine , etaient I'ceuvre k peu pr^s exclusive de M. Bandeville, qui prec^dem- ment avait port6 presque seul tout le travail de T^dition 284 INSTITDT DES PROVINCES DE FRANCE. du Marlot Francais, On le voit, M. Tabb^ Bandeville s'6tait placd au premier rang parmi ces habiles mis- sion naires de la science, appel^s ci reveilier en province le gout des fortes et bonnes etudes. C'^tait un homme des anciens jours par sa profonde pi6t6, par la bont6 de son coeur et Petendue de ses connaissances ; un homme de son 6poque par I'amenite de son caract^re, la finesse, la grace et le liant de son esprit; aussi n'h6sitons-nous point a dire que TAcademie de Reims, la Republique des lettres et le cercle nombreux de ses amis ont fait ci sa mort une irreparable perte. L' Aca- demic a t6moign6 de son estime et de ses regrets , en donnant k son secretaire-general actuel, M. rabb6; Tourneur, la mission de preparer el de publier sousi ses auspices , les oeuvres de feu M. Tabbe Bandeville. Et c'est encore 1^ un travail d'un haut int^ret qui doit 6tre porte k Tactif litteraire de la Compagnie. Apr^s les ceuvres de Flodoard, TAcad^mie public,^ ainsi qu'on vous Fa ^galement annonce I'annee dernl^re , , la Chronique de Richer, qui, vous le savez. Messieurs, ) complete et continue la Chronique du chanoine de Reims. Cette Mition, faite d'apr^s le texte autographe, avec une traduction nouvelle en regard (par M. Ponsignon,. docteur ^s-lettres et membre de I'Academie ) , accom- pagn^e de notes et d'un index, comblera dans la biblioth^que des gens de lettres et des amis des sciences historiques une veritable lacune ; car on ne pent se dissimuler que T^dition qu'en a donnee la Soci^te de THistoire de France, edition coiiteuse et tiree h petit nombre, n'ait quMmparfaitement repondu a Tattente publique. L'Acad^mie de Reims , tout en continuant d'ailleurs PUBLICATIONS ACADEMIQUES ^N f85Zl. 285 sasympathieetses encouragements aux etudes d'^conomie agricole , industrielle et sociale , ne perd point de vue non plus la mission qu'elle s'est donnee de doter le pays d'une monographic compile sur larichecathedrale qui fait Thonneur du sol Vimois. Des mMailles d'or sont an- nuellement d^cernees a Tauteur du meilleur memoire sur une des parties de ce somptueux Edifice. Inces- samment la reunion de ces divers trayaux couronnes, formera un ensemble de mat^riaux tout disposes pour Thistoire et la description de Tensemble du monument^ D6j^ des artistes d'un talent 6prouv6 ont reproduit, dans des dessins d'une admirable execution, les parties principales de T^difice , et gr^ce au concours acad^mique et a la puissante et chaleureuse impulsion du savant Cardinal qui preside aux destinees de Teglise de Reims, nous avons la ferme esp^rance de voir bientot se realiser la publication dei. la mijnographie caiopl^e^ de la grande basilique. '."i mi2.mmo'J d\ Uyo DU[y o^xi Apr^s vous avoir entretenus longuement des travaux et publications du corps academique , je pourrais pro- longer ce rapport , en y faisant entrer Tanalyse des travaux individuels de quelques-uns de ses membres ; mais eloigne de Reims, depuis quelques annees , il m'est donne , moins qu'^ personne , de vous en parler con- grument. Je me bornerai a vous dire quelques mots d'un livre fort remarquable que vient de publier i\l. Lo- riquet, secr^taire-archiviste de I'Academie, sous le litre d'Essai sur I'eclairage chez Ics Romains, C'est un traite h peu pr^s complet sur la mati^re et que TAcademie des inscriptions a dej^ su distinguer par une mention honorable , bien que ce travail ne soijL qu'une sorte d'introduction h VHistoire du iumlTtaire 286 INSTITUT DS PROVINCES DE PRANCE. dans l'4glise , ouvrage que termine en ce moment i'auteur , et qui , soufTrez que je le dise , est destine k Jeter un veritable jour sur cette partie de nos antiquit^s nationales. Enfm , nous devons mentionner , parmi les travaux imporlants publics dans le departement , pendant Tannic qui vient de s'^couler : Vllistoire de la ville de Chd- ions-sur-Marne , et de ses institutions , depiiis son origine jusqu'en 1789; par M. Edouard de BartMlemy. Chalons , 185Zi , in-8". de 23 feuilles , avec un plan de la ville. . Haute-Marne. La ville de Langres poss^de une Society historique et xircheologique. M. Pernot, son delegue, a exprime le regret de n'avoir pas re^u de lettre du secretaire de la SQciete ; il pense que cette Compagnie n'a rien fait pa- raitre de|i.ou;yeau, mais il mentionne les ouvrages sui- -vants icituoq q| ,,^^piffi6i Notice sur le sire de Joinville , par M. Feriel ; Jeanne-d'Arc ou la fille du peuple au JlF*. si^cie ; par M. Renard , ancien depute de la Haute-Marne ; Souvenirs du Bassigny Champenois : Jeanne-d'Arc t Donremy ; Du nom de Jeanne-d'Arc. Examen d'une opinion de M. Vallet de Viriville. M. Pernot annonce en outre qu'il s'occupe de terminer plusieurs travaux : une Statistique de la France , au point de vue des arts , du dessin , de I'histoire et de I'archeologie ; Une carte, h rimitation de celle de M. C. Dupin, indi- quant par des teintes les departements qui ont des mu- PUBLICATIONS ACAD^MIQUES EN 185Zl. 287 sees, qui s'occupent des beaux-arts, et qui ont des acar demies ou societes savantes ; Influence du genie de saint Bernard , abbe de Clair- vaux , sur son siMe ; ouvrage orne de figures , d6di6 au clerg^ de France. Rechcrches sur les saints Patrons des corporations d'ouvriers, depuis le moyen-dge jusqu'a nos jours ; Notice historicjue sur le chateau et sur les sires de Joinville. ' M. Pernot fait aussi savoir au Congr^s que M. Duval de Fraville s'occupe, ^ Chaumont, de reconstituer rancienne Soci^te d'agriculture et des arts de la Haute-Marne. - -" }h,^dij^^ Meurthe. uioi^;,, -.ii>,.ii:>ii|rnjqaa5 W a et6 fait hommage au Congr^s d'une brochure inlitulee : Installation des Facultes des sciences et des lettres et de I'^cole de medecine et de pharmacie de Nancy, le 7 decembre 185/i. Nancy, 1854 , in-S". ^^.hMM^., ............ .^^ .. ,_>ii,o ... ' M. le colonel Hennocque , delegu6 de TAcad^mie et de la Societe d'histoire naturelle de Metz, vous a fait savoir que PAcademie de Metz a publie un travail sur la constitution geologique du d^partement, et sur la decouverte d'une mine de houille qu'un habile ing^nieur, M. Jacquot, y a faite dans un riche bassin d'ou Ton pourra extraire la houille ci has prix. La section d'ar- ch^ologie a publie un travail sur la mosaique trouvee ^ Nennig, pr^s de Treves ; ce travail vous a 6t6 offert. Moselle. 9%^ INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. M . Hennocque vous a dit de plus que laSoci^^ d'Histoire nalurelle de Metz n'a pu encore publier son volume, qui est sous presse. Elle a r^ussi , par ses efforts , k conserver le jardin bolanique de Metz, qui a pris de rimportance. Elle a aussi augmente les collections du museum , qui devient considerable. Mentionnons diverses brochures relatives k I'histoire et k Tarcheologie de ce d^partement, qui vous ont 6t6 pfferles : Note pour servir a la statistique monumeniale du departement de la Moselle, par Georges Boulang^. Metz, 185/i, in-S**. de 2 feuilles 1;2, planches. Gette notice donne la description monumeniale des .communes de Mont-St, -Martin , d'Aube , de Baron ville, dje Walmunster , de Morhange , de Jarny , de Gravelotte ef ide Doncourt, Les cfidteaux de la Moselle, notes archeologiques, par G. Boulang6. Metz, 1853, in-S". de 2 feuilles. Histoire fit description accompagnee de nombreux dessins jdes chateaux de Gons-la- Grand ville et d'Ancerville. Recherche sur les sepultures des premiers dues de la maison de Lorraine , dans I'abbaye de Sturzelbronn, par G. Boulange. Metz, 185Zi , in-8. del feuille 1/2, accompagnee de planches. .Nous avons lu avecbeaucoup d'interet cette notice , mais nous demandons k M. Bou- lange la permission de ne pas partager son opinion au sujet des dales en chiffres arabes dont il parle (p. 16). L'inscription dii c^IjCe ne nous paralt pas devoir ^tre rapportee a une epoqiie anterieure aux premieres annees du XVP. siecle , d'autant mieux que la forme et Torne- mentation de ce vase sacre se rapportent tout-^-fait k cette epoque. II serai t ^ d^sirer que M. Boulang6 en- PUBLICATIONS ACADl^MIQUES EN 185A. 2B^ voyat k la Society frangaise, ou au Gomite des arts du minislfere de rinstruction publique , des estampages de cette inscription et de sa date gravee sur la tour de r^glise de Schorbach. Pour notre compte , nous ne pensons pas qu^'on puisse trouver Temploi des chiffres arabes , dans Tepigraphie , avant le milieu du XV^ si^cle. M. Boulange, dont les excellentes publications nous ont d'autant plus vivement interesse, que nous nous occupons aussi de statistiques monumentales, nous pardonnera, nous Tesp^rons, notre observation. Une visite a la mosaique rornaine de Nenning , par M. Boulange. Metz , 185Zi , in-S**. de 1 feuille , avec vignettes dans le texte. Gette mosaique , qui repr^sente des jeux du Girque , se trouve dans le petit village prussien de Nenning, sur la rive droite de la iMoselle. NifeVRE. MM. de Villefosse et le comte George de Soultrait ont parle de la Society Nivernaise des lettres, sciences et arts qui , fondee en 1851 , n'a cesse depuis cette epoque de publier des annates renfermant les proc^s- verbaux de ses seances et diverses notices historiques et archeologiques interessant le pays. Elle vient en outre de faire paraitre un magnifique volume orne de nombreuses planches : la Monographic de la catlie- drale de Nevers ( Nevers , 185Zi , grand in-8. ) , due ci la plume de son president , le savant abbe Grosnier, vicaire-general du diocese. L'histoire et la description archeologique de la cathedrale sont suivies d'une notice historique sur les eveques, et d'un pouille du diocese. V Almanac h et VAnnuaire de la NUvre publient , 13 290 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. tous les ans , des documents hisloriques dMnt^r^t local ; rinstitut des Provinces a hautement f^licite , en 18/i9, Tediteur de la premiere de ces deux petites publications, M. B^gat. VAimanach pour 1855 renferme , dans sa seconde partie , les articles suivants : Statistique mo- numcntaie de la Ni^vre ( canton de Fours ) , par M. G. de Soultrait. Litt6rature Nivernaise : Les Bocages , do Cotignon de la Charnays , par E. Cougny ; Geographic de la France (en vers mnemotechniques ) , par L. Vincent, fiph^merides Nivernaises : Le chateau ducal ( extrait d'un ouvrage inedit sur les duchesses de Nevers ) , par M"^ Chevalier. VAnnuaire pour 1855 a donn6, dans sa seconde partie , une Notice historique sur U administration de la province du Nivernais et du departement de la Ni^vre de 1787 a 1852. M. le comte de Berthier-Bizy a fait le rapport suivant sur la Society d'agriculture de la Nievre : Dans la Nievre , on s'est principalement occupe des bestiaux et d'ameliorer leur race. Le melange du sang anglais n'a pas reussi ; Ton en est revenu completement a Tesp^ce Cbarolaise. On s'occupe un peu de drainage , un peu de perfectionnements agricoles, tr^s-lents jusqu'ci present , mais que le chemin de fer va faire avancer. La ferme-ecole de Poussery va fmir ; le bail premier expire, et M. Salomon va prendre sur un autre pied la direction de la ferme , qui d'ailleurs est mal situee. M. le comte George de Soultrait a public , en 185/i , un Essai sur la numismatiquc Nivernaise ( Paris , Rol- lin, 1854 ; in-8''. de IZifeuilles 1/2, fig.), dans lequel il a decrit et reproduit tous les monuments numismatiques qui se rapportent h celte province , depuis les tiers de sol PUBLICATIONS ACADEMIQUES EN 185Zl. 291 m^rovingiens jusqu'aux medaillles modernes et aux bil- lets de confiance. 11 ne nous appartient pas de juger ce travail, qui a 6te honore d'une mention de TAcad^mie des Inscriptions et Belles-Lettres au concours des antiquites nalionales de Tannee derni^re. Mentionnons aussi Le Morvand, on essai geogra-- phique, topographiqiie et historique siir cettc conMe, par Tabbe D.-F. Baudiau (2 voK in-S".). Get ouvrage vient de paraitre, et nous n'avons point encore pu I'appr^- cier par nous-meme. NORD, Nous n'avons eu aucun rapport sur les travaux de la Commission historique du departement du Nord. M. le marquis de Godefroy-Menilglaise vous a fait hommage de la brochure dont voici le litre : Observations recueillies dans le chartrier de Cabbaye de Gisoing et presentees a la Commission historique du departement du ISord, Lille, 185/1 , in-8^ , 2 feuilles 1;2, M. earlier , delegue de la Societe Dunkerquoise et du Comit6 Flamand de Dunkerque , vous a pr^sente les rap- ports suivants sur ces deux Societ^s : Les travaux de la Societe Dunkerquoise pour I'encou- ragement des sciences, deslettres et des arts, pendant Tan- nee 185Zi , ont marche activement dans la voie qu'elle s'est tracee. Un volume de Memoires, actueliement sous presse , temoigne du z^le qu'ont mis les Societaires , sous la cha- leureuse impulsion de leur president, M. Victor Derode , ^ remplir leur tache dans le but que s'est propose Tlnsti- tulion. Ce volume renfermera des discours et des rapports 292 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE* entendus dans les stances de la Societe, et en outre de quelques remarquables pieces de poesie , les notices suivantes : Observations met^orologiques, faites h Dunkerque, en 1853 , par le docteur Bobillier ; Des fails et des doctrines en m^decine, par le doc- teur Ad. Lebleu; ProbUme sur les proprieles de I'ellipse , par M. Fla-r ment, architecte; De I'elat actuel du port de Dunkerque , par le capi- taine Conseil ; Reflexions sur I'insufpsance de noire legislation a I'egard des sourds-muets , par M. Ed. Hovelt , notaire ; Notice fiistorique sur le seel communal , les armoir ries et les cachets municipaux de Dunkerque, par M. J. -J. earlier. L'auteur refute Topinion accreditee par Thistorien Faulconnier,quelesarmoiriesde Dunkerque lui viendraient de celles des comtes de Bar , seigneurs de Dunkerque en 13ZiO ; il fait voir Torigine de ces armoiries dans des anciens seels communaux des XIP. et XIIP. si^cles , qu'il a trou- ves aux archives de FEmpire. Notice historique sur Zuydcote, par Raymond de Bertrand. Cette notice est accompagnee de la reproduction du Testament d'Adam de Mardike, Ce curieux document est du ci M. V. Gaillard , prepose aux Archives du Con- seil de Flandre , a Gand ( carton E , n^ 97 ) ; Memoire sur les archives du chapitre des chanoi- nesses de Bourbourg , par M. Leglay, archiviste du de- pa rte ment du JNord , ^ Lille. La Society Dunkerquoise a adopte Tusage acad^mique PUBLICATIONS ACADEMIQUES EN 185Zl. 29^ des discours de reception pour ses nouveaux membres. Cette innovation a ^te accueillie avec un vif inter^t par une population qui a conserve precieusement de ses traditions communales flamandes I'amour du sol et des faits qui le glorifient. Le Comity Flamand de France, k Dunkerque, institution historique et litt^raire , qui a dejk 6t6 signal6e au Congres, dans sa session de 185Zi , repond a un besoin imperieux des deux arrondissements considerables qui formaient jadis la Flandre maritime. Dans ces riches et belles con- tr6es , le peuple n'a rien desappris de sa langue originaire, malgre les proscriptions legales prononc6es par les ordon- nances de 1663 et de i68/i i lors de Tannexion du pays h la France. Le clergy , en contact chaque jour avec le peuple des cantons agricoles , ^prouvait le plus grand obstacle a le moraliser par la proscription de Tenseignement de son langage familier. Des sollicitations instantes ont enfm obtenu , en 1853, que, dans les ecoles primaires de ces arrondissements , la langue flamande fut enseignee , afm que les enfants pussent apprendre le cat^chisme dans leur langue maternelle. Le premier soin du Comity Flamand de France a et6 de faire editer , pour le peuple des campagnes , un almanach flamand qu'il etait oblige d'aller acheter en fraude , par milliers d'exemplaires , dans la Belgique. Enfm , tout le passe dunkerquois avait ete flamand pendant des si^cles , il 6tait utile d'etudier son histoire dans sa langue et dans ses archives flamandes. C'est la m^me pensee qui a fait recueillir ailleurs les 29li INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. Merits et les poesies des langues bourguignonne, proven- ^ale , bre tonne et autres. La langue flamande pretend toutefois avoir plus de litres nationaux k 6tre etudiee , en ce qu'elle a conserve presqu'intacte la trace du langage des peuples francs, ces anciens fondateurs de la monarchie fran^aise. A peine etait-il conslitue , que le Comit6 Flamand a donn^ un ^clatant signe de vie , en faisant paraitre un premier volume de ses Annates, Cette publication a eu un grand retentissement en Belgique. Ge volume renferme entr'autres, en outre de curieux documents bibliographiques sur les ceuvres des pontes flamands (fran^ais), le Kribbetje (la creche), esp^ce de Noel, ou poeme lyrique sur la Nativite du Christ, qui se chantait de temps immemorial a Thospice St.-Julien de Dunkerque. Cette pastorale a 6te recueillie d'une tr^s- vieille femme aveugle , habitante de I'hospice , par les soins de Tabbe Caruel , et pour la musique , par le pre- sident du Comite M. Ed. DeCoussemaker, savant musico- graphe, qui prepare la publication d'un Recueil de chants populaires du pays flamand. La devise du Comite Flamand est : Moedei^tael en vaderland { langue maternelle et sol de nos p^res). En outre du volume des Annates, le Comite a fait encore hommage au Congr^s des Societes scientifiques du premier numero qui a paru d'une publication des QEuvres litteraires des Ftamands de France et d'un recueil qui se continuera sous le titre : La petite rucke , lectures destinies aux enfants du peuple. Enfm,M. de Caumont a depos6 sur votre bureau le Programme du concours pour ta construction , dans ta vilte de Lille, d'une eg Use dMiee sous te titre de PUBLICATIONS ACADEMIQUES EN ISbli- 295 Notre-Dame-de-la-Treille et de SU-Picrre, in-Zi". de 2 feuilles et plans, Vous n'avez eu aucune communication des Societes savantes du departement de TOise. Orne. M. le comte de Vigneral a parle , en ces termes , du Cornice de Putanges (arrondissement d'Argentan) , dont il est ci la fois le fondateur et le president : Le drainage commence, dit-il, h. etre compris dans le canton. Passant ^ ses propres travaux, M. de Vigneral dit qu'il a employe Tan dernier le plantoir Le Docte , in- strument peu connu et tr^s-bon pour la plantation du colza et les semailles du ble. Get instrument consiste en une brouette leg^re, surmont6e d'une barre transver- sale, h laquelle on adapte plusieurs dents servant de rayon- neur et h laquelle on peut substituer une houe , un sar- cloir et un butoir. Gomplet, cet instrument revient a 145 fr. ; le plantoir seul coute Zi5 fr. Le semoir est forme de deux tubes contenant Tun des semences, et Tautre des engrais , dont un seul coup de piston fort leger sufFit pour determiner la chute. Ne s'en etant servi que Tan der- nier , M. de Vigneral ne peut preciser les resultats qu'il en a obtenus; mais, malgre la rigueur de Thiver, Taspect de ses r6coltes est des plus satisfaisants. Le grand avan- tage du plantoir Le Docle est son economic; il ecomomise, par hectare , environ ZiO c^ Zi5 litres de ble et pour une cinquantaine de francs d'engrais pulverulent. Un autre avantage ressort de la remarque suivante : Les col- zas nouvellement plantes sont tr^s-souvent devastes par 296 II^STITUT DES PROVINCES DE FRANCE. les ramiers ^ qui en mangent les feuilles et souvent per- cent ta tige qui est penchee ver^ le sol. Cette ann^e , les colzas plant^s avec cet instrument n'ont perdu que leurs feuilles, et leurs tiges etant k peu pr^s droites ont 6chappe aux ramiers. M. de Vigneral dit , en terminant , que , dans le canton de Putanges , les races animales sont bien soi- gnees et les perfectionnements se portent maintenant sur les instruments aratoires. M. Baudouin demande combien de terre pent tre ensemenc^e , en un jour, par le planloir Le Docte. M. de Vtgneral repond que deux enfants suffisent pour faire fonctionner cet instrument, et, qu'avec leur aide. Ton pent distribuer en un jour les semences sur une eten- due de 35 a li5 ares. Sur la demande de M de Lafayette , qui voudrait savoir quelle Economic on trouve dans Temploi du plantoir Le Docte, et quel espacement on doit observer dans la planta- tion des semences , M. de Vigneral r6pond que , par les methodes anciennes , il fallait k peu pr^s mettre un hecto- litre de ble par hectare , quantite du reste modifiee par la nature du sol ou le temps de la plantation. Avec le plantoir Le Docte, au contraire, pour un hectare , il suffit de liO a 60 Utres de froment, de 7 ^ 9 kilos de betteraves, 1 kilo de carottes, le double de colzas et 180 livres de feveroUes. Quant k Tespacement, on peut, dans les fortes terres , laisser entre les toufTes une distance de 18 ci 22 centimetres ; dans les terres 16g6res, on peut rapprocher davantage , mais cependant avec moderation : il n'est jamais avantageux de rapprocher trop les touffes , dans les terrains calcaires et les terres franches. Plusieurs semences tombant quelquefois ensemble, il faut ne laisser dans chaque pochet ou touffe, que 3 plants de carotte et PUBLICATIONS ACADEMIQUES EN 185Zl. 297 iin seulplan de navet dechou, de rutabaga ou de colza. M. de Vigneral dit, en finissant, que, pr^s de St.-Quen- tin , M. Sauvais de S6zincourt emploie , pour le ble , la plantation a la main ;